• Les enjeux politiques de l’intelligence artificielle s’inscrivent dans la longue histoire de l’amélioration des capacités humaines. Ils sont indissociables :du rapport que l’homme entretient avec la technique depuis les Lumières ;de la méthodologie et des domaines d’application des algorithmes, ces outils d’aide à la décision ;de la révolution organisationnelle marquée par la forte intégration des algorithmes dans les systèmes d’information ;d’une modification des grilles de lecture de la société par la rencontre des univers physiques et numériques.L’intelligence artificielle transforme substantiellement le politique au niveau de l’organisation institutionnelle de la société, des rapports de force et des politiques publiques. Une culture critique et éclairée des algorithmes est nécessaire pour se saisir des enjeux du numérique.

  • Civilisation 0.0

    Virginie Tournay

    • Glyphe
    • 16 Septembre 2019

    Que se passerait-t-il si l'intelligence artificielle qui supervise l'ensemble de l'activité humaine s'arrêtait subitement ?
    2062. L'intelligence artificielle Li-La surveille et régule à elle seule l'humanité connectée. Température ambiante, santé, circulation... tous les aspects de la vie individuelle et collective sont maîtrisés par le supercalculateur. Le jour où la machine s'arrête, le chaos s'installe. Après l'hébétude, la barbarie. À quoi tient la survie de l'humanité?? Virginie Tournay invite le lecteur à réfléchir aux aspects politiques et sociaux de la société de demain.
    Ce roman de science-fiction pointe avec brio les impacts possibles des nouvelles technologies sur notre société hyperconnectée.
    EXTRAIT
    Autour de nous, l'environnement est toujours chaotique. Je suis saisi d'effroi. Dix minutes déjà que les trois Bugatti foncent avec ses passagers. Mes repères familiers sont mutilés. Quelques centaines de mètres ont amplement suffi. La place de la Nation est en désolation, surplombée par un silence de mort. Après quelques instants, François reprend :
    - Quand les écrans virtuels ont déboulé, ça a été un vrai bordel. Tout le monde a voulu se débarrasser des vieux écrans. Les bennes de recyclage ont fonctionné vingt-quatre heures sur vingt-quatre pendant plusieurs mois. J'ai tenu jusqu'en 2034, moment où les ordinateurs sont tous tombés en obsolescence. Je me souviens, j'adorais tracer un écran virtuel avec ma Googatch et discuter avec en déambulant dans la rue. Mais le contact avec l'écran devait être continu pour que le système s'arrête pendant la traversée de la voie, et se réactive quand le piéton atteignait le trottoir opposé... Pas simple. Je réponds à François :
    - Vous voyez bien qu'on n'avait pas d'autres choix que la e-Guthrie. Les écrans virtuels se sont révélés bien trop énergivores. Avec tous les bugs et les accidents, c'est même étonnant que le dispositif ait tenu trois ans. Maintenant, le système est en nous, plus besoin d'interfaces pour rendre le monde intelligent, pour nous rendre intelligents. En terminant ma phrase, je suis à nouveau saisi d'effroi : plus aucun système ne nous trace. J'aperçois le big data center qui a remplacé la Maison de la Radio. On s'apprête à sortir de Paris. Mon compagnon de route tente de me rassurer en m'expliquant que les grands axes autoroutiers ne sont pas complètement impraticables. Il y a très peu d'humains en raison de toute sorte de dangers. En effet, nous n'avons croisé que des animaux errants. En l'écoutant, il me revient en tête la première question que j'ai posée à Steve :
    - Où allons-nous ?
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    Une vision de notre société aux mains des algorithmes et d'une intelligence artificielle qui ne va pas exactement dans le sens d'une amélioration de notre condition, loin s'en faut. - France culture
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Virginie Tournay, biologiste de formation, est politologue. Elle travaille au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et à SciencesPo Paris. Ses recherches portent sur les rapports science-société et les nouvelles technologies numériques. La prospective scientifique la passionne, elle siège dans différentes instances d'évaluation des choix scientifiques et techniques.

  • Pourquoi un assemblage provisoire de solidarités humaines se prolonge-t-il au point parfois de former un collectif stable marqué par une puissance d'expression et de survivre à celui qui en a été l'initiateur ? Bien que l'institution soit aisément descriptible en termes de totalité isolable délimitée par des frontières, cette découpe du social n'est qu'une expérience sensible parmi d'autres et elle varie selon l'échelle d'observation. Les controverses qui entourent sa définition nous rapprochent de celles des naturalistes concernant la notion d'espèce biologique il y a plus de deux siècles. Elles posent la question de leur mode d'existence.
    Cet ouvrage envisage de distinguer les agencements sociaux à partir de leurs mouvements. Il traite du mouvement de la matière sociale dont l'institution ne figure que comme une détermination possible parmi d'autres assemblages sociaux. Par analogie avec l'échelle de Jacob, les agencements sociaux montent et descendent les échelles de l'être.

  • Comment construit-on une innovation médicale ou un nouveau champ de recherche ? Cet ouvrage analyse les succès de l'innovation à partir des pratiques concrètes des chercheurs, des associations de patients, de l'industrie du médicament et des historiens qui la relate. Entre expertises scientifiques multiples, contestations sociales, revendications et démonstrations scientifiques, la "fabrique" de l'innovation médicale n'est pas seulement un progrès technique c'est surtout et avant tout une transformation radicale de nos sociétés contemporaines.

  • Alors que les rapports entre État et société civile ont été largement modifiés, notamment par la mondialisation, et que l'État-providence semble en crise, comment saisir la place et la vie des institutions ? Comment rendre compte des processus d'institutionnalisation au-delà de l'État-nation ? Que nous révèle l'analyse du changement dans les organisations marchandes et/ou supranationales pour comprendre l'action politique et observer le monde social ?
    Cet ouvrage propose une histoire raisonnée de la sociologie des institutions ainsi qu'une cartographie des travaux les plus actuels dans ce domaine. Il invite à appréhender les institutions comme des phénomènes vivants.

  • Cet ouvrage est un plaidoyer pour l'établissement d'un cadre d'analyse particulier aux technologies de l'espoir, c'est-à-dire à l'ensemble des procédés biotechnologiques définis par leurs promoteurs comme des outils médicaux dotés d'une capacité potentielle à préserver ou à prolonger la vie. Les productions techniques sont le résultat d'une histoire simultanément matérielle et subjective, individuelle et collective. Reconstruire cette histoire nécessite de regarder simultanément les institutions, les outils et les procédés liés à la fabrique de ces technologies de l'espoir ainsi que les attentes, les demandes et les publics constitués par et autour de ces agencements. Sous cet angle, l'hypothèse développée est que l'espérance est dotée d'une puissance structurante qui engage les assemblages technologiques dans une voie particulière, dans un future possible collectivement partagé ; c'est la dimension performante des scénarios du futur qui est ici remise en question. L'objectif de cet ouvrage est de préciser ce régime de l'espoir uni à la circulation globale des connaissances technologiques et à l'évolution des cultures matérielles.

    Réunissant des contributeurs de différentes disciplines (anthropologie, sociologie, travail social, politologie, histoire de la médecine) qui travaillent à l'analyse de contextes culturels variés (Brésil, France, Canada, Allemangne, Amérique du Nord, Chine, Grande-Bretagne), ce recueil offre un aperçu des différentes manières d'appréhender les technologies de l'espoir et propose de définir les jalons de ces histoires à accomplir.

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