• Le moment m'a semblé venu de faire le point et de retracer mon parcours sans faux-fuyant ni complaisance.
    En choisissant, une fois n'est pas coutume, d'écrire à la première personne, il ne s'agit en aucune façon pour moi de rabattre la connaissance sur la confession et de défendre une vérité purement subjective. Je joue cartes sur table, je dis d'où je parle, mais je ne dis pas pour autant : à chacun sa vision des choses. Je ne me défausse pas, par une déclaration d'identité, de l'obligation de dire le présent, d'interroger le passé qui fait de nous ce que nous sommes et de mesurer mes propres dettes envers un legs intemporel qui s'évanouit chaque jour un peu plus sous nos yeux. De la nostalgie quelquefois, mais point de déploration : le vrai que je cherche encore et toujours est le vrai du réel ; l'élucidation de l'être et des événements reste, à mes yeux, prioritaire. En dépit de la fatigue et du découragement qui parfois m'assaille, je poursuis obstinément cette quête.
    A. F.

  • «L'immigration qui contribue et contribuera toujours davantage au peuplement du Vieux Monde renvoie les nations européennes et l'Europe elle-même à la question de leur identité. Les individus cosmopolites que nous étions spontanément font, sous le choc de l'altérité, la découverte de leur être. Découverte précieuse, découverte périlleuse : il nous faut combattre la tentation ethnocentrique de persécuter les différences et de nous ériger en modèle idéal, sans pour autant succomber à la tentation pénitentielle de nous déprendre de nous-mêmes pour expier nos fautes. La bonne conscience nous est interdite mais il y a des limites à la mauvaise conscience. Notre héritage, qui ne fait certes pas de nous des êtres supérieurs, mérite d'être préservé, entretenu et transmis aussi bien aux autochtones qu'aux nouveaux arrivants. Reste à savoir, dans un monde qui remplace l'art de lire par l'interconnexion permanente et qui proscrit l'élitisme culturel au nom de l'égalité, s'il est encore possible d'hériter et de transmettre.» Alain Finkielkraut.

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  • Wagabon : voiture récalcitrante, qui se détache du train et décide de vivre hors des rails.

    Livresse : étourdissement, visage hagard, démarche titubante des jours où l'on a trop lu.

    Armoure : ensemble des défenses qui protègent l'individu contre la douleur d'aimer.

    Eauverdose : torpeur hallucinée de celui qui a séjourné trop longtemps dans le bassin d'une piscine.

    Les dictionnaires ne manquent pas. L'ennui, c'est qu'ils contiennent presque tous les mêmes mots... Pourquoi ne pas en imaginer de nouveaux et faire des enfants à la langue française ? Voici donc un petit recueil de mots-valises indispensable, drôle et poétique, qui provoque notre imagination.

  • Malaise dans la culture. Car la culture, c'est la vie avec la pensée. Et on constate aujourd'hui qu'il est courant de baptiser culturelles des activités où la pensée n'a aucune part. Des gestes élémentaires aux grandes créations de l'esprit, tout devient ainsi prétendument culturel. Pourquoi alors choisir la vraie culture, au lieu de s'abandonner aux délices de la consommation et de la publicité, ou à tous les automatismes enracinés dans l'histoire.
    Certes, nul ne sort plus son revolver quand il entend le mot « culture ». Mais, champions de la modernité ou apôtres de la différence, ils sont de plus en plus nombreux ceux qui, lorsqu'ils entendent le mot « pensée », sortent leur culture.
    Une question simple est à l'origine de ce livre : comment en est-on arrivé là ?

  • «Le roi Salomon suppliait l'Éternel de lui accorder un coeur intelligent.
    Au sortir d'un siècle ravagé par les méfaits conjoints de la bureaucratie, c'est-à-dire d'une intelligence purement fonctionnelle, et de l'idéologie, c'est-à-dire d'une sentimentalité binaire indifférente à la singularité des destins individuels, à quelle instance adresser cette prière? Ce livre répond : à la littérature. Me fiant à mon émotion, j'ai choisi neuf titres : La Plaisanterie de Milan Kundera, Tout passe de Vassili Grossman, Histoire d'un Allemand de Sebastian Haffner, Le Premier Homme d'Albert Camus, La Tache de Philip Roth, Lord Jim de Joseph Conrad, Les Carnets du sous-sol de Fédor Dostoïevski, Washington Square de Henry James et Le Festin de Babette de Karen Blixen. Et je me suis efforcé de mettre dans mes lectures tout le sérieux, toute l'attention que requiert le déchiffrement des énigmes du monde.» Alain Finkielkraut.

  • « Les années trente, dit-on, sont de retour. L'ordre moral sort des catacombes, la crise économique pousse à la recherche d'un bouc émissaire et l'islamophobie prend le relais de l'antisémitisme. Cette analogie historique prétend nous éclairer : elle nous aveugle. Voulant lire ce qui arrive à la lumière de ce qui est arrivé, elle en occulte la nouveauté inquiétante. Montrer que nous vivons un tournant historique, paradoxalement masqué par la référence incessante à l'Histoire ; appréhender ce moment crucial dans ce qu'il a d'irréductible au répertoire de nos vicissitudes : tel est le pari de ce livre. Et l'enjeu est existentiel autant qu'intellectuel. Si, comme l'écrit François Mauriac, "l'épreuve ne tourne jamais vers nous le visage que nous attendions", il nous incombe d'être à l'heure au rendez-vous et de regarder en face le visage que nous n'attendions pas. Dans une époque qui tend à se prendre pour une autre, l'exactitude devient la tâche prioritaire de la pensée. »

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  • Dans la ligne d´ Un coeur intelligent, Alain Finkielkraut s´attache cette fois au thème de l´amour tel qu´il est traité dans quatre grands romans, de facture, d´époque et d´auteurs très variés :Madame de La Fayette, La Princesse de Clèves Ingmar Bergman, Les Meilleures IntentionsPhilip Roth, Professeur de désir Milan Kundera, L´insoutenable légèreté de l´êtreComme il excelle à le faire, il donne à ceux qui n´ont pas lu le livre les clefs pour comprendre l´intrigue, en même temps qu´il éclaire le roman de sa vaste culture, littéraire et philosophique ; sous sa plume, les personnages de ces quatre romans deviennent des enjeux existentiels lestés de tout le poids qu´une lecture distraite, ou conventionnelle, laisse inaperçu. Tout le monde a lu ou entendu parler de La Princesse de Clèves ou de L´insoutenable légèreté de l´être, mais personne n´avait su donner à ces livres l´écho qu´Alain Finkielkraut leur confère. Encore une fois, il s´attache à montrer tout ce que peut la littérature, c´est-à-dire nous permettre une meilleure lecture de nos vies.

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  • « Aujourd'hui, notre pitié ne s'arrête plus à l'humanité. Elle continue sur sa lancée. Elle repousse les frontières. Elle élargit le cercle du semblable. Quand un coin du voile est levé sur l'invivable existence des poules, des vaches ou des cochons dans les espaces concentrationnaires qui ont succédé aux fermes d'autrefois, l'imagination se met aussitôt à la place de ces bêtes et souffre avec elles.
    L'homme moderne est tiraillé entre une ambition immense et une compassion sans limite. Il veut être le Seigneur de la Création et il découvre progressivement en lui la faculté de s'identifier à toutes les créatures. Ainsi s'explique l'irruption récente de la cause animale sur la scène politique.
    La nouvelle sensibilité aux animaux aura-t-elle le pouvoir de changer la donne ou l'impératif de rentabilité continuera- t-il à faire la loi, en dépit de tous les cris du coeur ? » A. F.

  • " Descartes non lu nous détermine que nous le voulions ou non ", écrit Hans Jonas. A quoi Descartes nous détermine-t-il ? Hier encore, il était possible de répondre : à nous rendre méthodiquement, polytechniquement maîtres de toutes choses pour soulager le sort des hommes et rendre leur vie plus agréable. Mais voici que les réalités nées de la philosophie de l'homme moderne s'ingénient à contredire les ambitions de cette philosophie, à transformer ses promesses en menaces, à fonctionner pour elles-mêmes. Il est devenu difficile d'opposer, sans autre forme de procès, les calculs de la raison aux ténèbres de la superstition car les processus que la raison déchaîne n'ont rien de raisonnable. Cette surprise philosophique réservée à la philosophie, cet ébranlement de la modernité par elle-même, inlassablement Alain Finkielkraut les explore et les interroge. Aux questions que l'intelligence pose de sa propre initiative, selon son projet ou ses plans, et auxquelles elle met le monde en demeure de répondre, il préfère les questions que le monde pose et impose à une intelligence qui n'en peut mais. Par là, il rejoint Michelet : " J'ai toujours eu l'attention de ne jamais enseigner que ce que je ne savais pas. J'avais trouvé ces choses comme elles étaient alors dans ma passion, nouvelles, animées, brûlantes, sous le premier attrait de l'amour. "

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  • Pourquoi péguy, maintenant ? qu'avons-nous à faire des tourments d'un paysan normalien qui fut tout à la fois dreyfusard, catholique et socialiste, prophétique et désespéré ?
    Il fallait mettre péguy à l'ordre du jour car c'est peu de dire de cette oeuvre qu'elle est actuelle : en vérité, elle nous attend.
    L'heure est venue d'entendre dans notre présent et pour l'avenir les âpres questions dont péguy a harassé son époque.
    L'heure est venue, si nous voulons comprendre notre temps, de lever la quarantaine, de lire péguy, de réintégrer dans la cité intellectuelle la grande pensée poétique et critique qui annonce " une panmuflerie sans limites " et voit poindre " un monde non seulement qui fait des blagues, mais qui ne fait que des blagues, et qui fait toutes les blagues, qui fait blague de tout ".

  • Il existe, dans de nombreuses langues, un mot qui désigne à la fois l'acte de donner et celui de prendre, la charité et l'avidité, la bienfaisance et la convoitise - c'est le mot : amour.
    Mais qui croit encore au désintéressement ? Qui prend pour argent comptant l'existence de comportements bénévoles ? Depuis l'aube des Temps modernes, toutes les généalogies de la morale font dériver la gratuité de la cupidité, et les actions nobles du désir d'acquisition. Il n'est pas sûr cependant qu'en reléguant l'amour du prochain dans la sphère de l'illusion, nous soyons mieux à même de penser le réel. Il se peut au contraire que nous ayons besoin de ce concept démodé, et d'une autre intrigue que celle de la possession, pour comprendre la relation originelle à autrui et, à partir de là, aussi bien le rapport amoureux que la haine de l'autre homme.
    En s'inspirant de l'oeuvre d'Emmanuel Lévinas, Alain Finkielkraut interroge d'un seul tenant les grandes expériences collectives de notre modernité et le rapport à l'Autre dans la vie individuelle. Philosophie sans doute, mais philosophie dramatisée par des personnages concrets, et par la présence de la littérature qui, à travers Flaubert, James et surtout Proust, est traitée ici en moyen de connaissance de l'homme.

  • « Le Juif errant, c'est moi ; le détenu famélique au pyjama rayé, c'est moi ; moi, le torturé de l'Inquisition, moi Dreyfus à l'île du Diable. » Voilà le roman dans lequel j'ai passé mon adolescence. Le Différent, l'Écorché vif, le Rescapé : je n'en finissais pas de brandir et de savourer cette image. Du judaïsme, je ne retenais que l'adjectif auquel il me donnait droit et l'usage narcissique que je pouvais en faire. J'allais chercher dans mes origines, les fastes que me refusait la trame sans accroc d'une existence studieuse et sage. J'étais, d'un seul tenant, un Juif authentique et un Juif imaginaire. Ce livre ne raconte pas, après mille autres, l'histoire édifiante et pathétique de l'enfant né au judaïsme sous les espèces de l'injure et de la malédiction. Il relate un autre cheminement : le passage, jamais tout à fait accompli, de l'ostentation à la fidélité.

  • " l'homme contemporain ne se pense plus comme un héritier.
    Il se veut délivré du donné ; il n'exerce sa vigilance qu'à l'encontre des vieux démons, et quand il cède aux injonctions du devoir de mémoire, c'est pour constater la supériorité de la conscience actuelle sur un passé ténébreux tissé de préjugés, d'exclusions et de crimes.
    A délier ainsi l'être de l'héritage, est-on, comme le croit notre temps, plus lucide, plus ouvert et plus libre ? voilà la question à laquelle s'efforce de répondre cette conversation silencieuse.

    La conversation a été menée, avec une ténacité inlassable, par mon ami québécois, antoine robitaille. le silence et la patience m'ont été nécessaires pour passer de la parole vive à la pensée vivante d'un livre dont les lieux, les thèmes et son sujet, sont nés d'une conversation de l'amitié. ".

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  • Ce livre est, d'un bout à l'autre, hanté par les événements qui font du XXe siècle la plus terrible période de l'histoire des hommes. Il ne se veut ni panorama ni bilan, mais méditation obstinée et narration inédite de ce qui, depuis 1914, est advenu à l'humanité et plus précisément à cette idée d'humanité si difficilement conquise par les Temps modernes. Il cherche à comprendre pourquoi l'affirmation la plus radicale de l'unité du genre humain a pu, comme son désaveu le plus fanatique, produire un univers concentrationnaire.

    À la fois mortelle et meurtrière, l'idée d'humanité ne peut plus être maniée ni pensée innocemment. Il nous faut la défendre et la concevoir autrement, veiller à ce qu'elle vive et faire en sorte qu'elle ne recommence pas à tuer.

    1 autre édition :

  • «Ne pas écrire un journal, ne pas tomber dans la chronique, ne pas tenir le registre de mes premiers mouvements, ne pas fixer chacune de mes impressions, ne pas thésauriser mes humeurs, mais déchiffrer comme l'énigme du Sphinx chaque interpellation par les circonstances. Remplacer l'éternelle question "Qu'est-ce que... ?" par l'inlassable question "Qu'est-ce qui se passe ?". Extraire le mémorable du flot de l'actualité. Tenir les détails en haute estime. Chercher la vérité dans ce qui apparaît et non derrière les apparences. Confronter sans relâche la fatalité des processus à l'imprévisibilité de la conjoncture. Renoncer, pour interroger les événements, au désir de surplomber une fois pour toutes, l'histoire... Voilà les principes que j'ai essayé de mettre en oeuvre tout au long de la première année de ce qu'il est convenu d'appeler le troisième millénaire».
    Alain Finkielkraut.

    1 autre édition :

  • Le passé parle au présent. Il s'adresse à nous. Il nous interpelle. Il réclame. Mais comment le présent doit-il répondre ? Comment être au rendez-vous ? Comment distinguer, dans l'obsession des années noires, la fidélité du simulacre et la vigilance de l'instrumentalisation ? Que faire, maintenant que la mémoire d'Auschwitz n'a plus d'ennemis déclarés, pour en soustraire l'exercice à ses amis désinvoltes ou inquiétants ? Que faire pour éviter à la fois la crispation et la manipulation ? Ceci, au moins : tendre l'oreille ; accueillir les voix venues de l'autre rive.

    1 autre édition :

  • Il faut du courage pour porter une kippa dans ces lieux féroces qu'on appelle cités sensibles et dans le métro parisien ; le sionisme est criminalisé par toujours plus d'intellectuels, l'enseignement de la shoah se révèle impossible à l'instant même oú il devient obligatoire, la découverte de l'antiquité livre les hébreux au chahut des enfants, l'injure " sale juif " a fait sa réapparition (en verlan) dans presque toutes les cours d'école.
    Les juifs ont le coeur lourd et, pour la première fois depuis la guerre, ils ont peur.

  • « Une civilisation qui oublie son passé est condamnée à le revivre. C'est forte de cette maxime, énoncée au début du xxe siècle par le philosophe américain George Santayana, que notre civilisation a instauré et institutionnalisé la mémoire de l'extermination des Juifs d'Europe. Mais voici que surgit, pour cette civilisation, un problème inattendu : non pas l'oubli du crime, mais l'oubli de tout le reste. Hitler hante notre actualité, et du passé désormais personne d'autre, ou presque, ne surnage. Aujourd'hui le malfaiteur suprême est en passe de siéger seul sur le trône de la mémoire.
    Dans cette société de l'accusation perpétuelle et de l'expiation tapageuse qui arraisonne à tour de bras les fameuses heures-les-plus-sombres-de-notre-histoire, je me prends parfois à rêver d'une mémoire sans oriflamme ni destrier, d'une mémoire pédestre, modeste, discrète, silencieuse ou qui ne fasse pas d'autre bruit que les pages que l'on tourne dans le colloque singulier de la lecture.
    Comment parler de la Shoah sans tout mélanger ni sacrifier les exigences du jour ? Quelles leçons tirer de cet événement proprement incroyable ? Comment penser le mal, la radicalité du mal, la banalité du mal, l'industrialisation du mal, sans abandonner au mal tout l'espace de l'immortalité ? Ces dialogues que voici sont nés de ces interrogations et de ce scrupule. » Alain Finkielkraut Sont rassemblées ici, sur une vingtaine d'années, les principales émissions consacrées au nazisme et au génocide des juifs faites par Alain Finkielkraut. Ensemble historiquement significatif, car ce sont les grands livres sur le sujet qui sont ici discutés, avec leurs auteurs la plupart du temps. On sera sensible, en lisant cet ouvrage, à l'évolution de l'historiographie sur le sujet, à la mutation des grandes questions qui nous occupent depuis les années 1990. En outre, ce livre constituera, au fil des pages, une contribution sans précédent d'Alain Finkielkraut lui-même à la question du génocide.

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  • Ancien élève de l'ecole normale supérieure de saint-cloud, agrégé de lettres modernes, alain finkielkraut est professeur au département humanités et sciences sociales de l'ecole polytechnique.
    Il est l'auteur de plusieurs ouvrages dont le fait imaginaire (seuil), la sagesse de l'amour (gallimard), la défaite de la pensée (gallimard), l'humanité perdue (seuil), l'ingratitude (gallimard), une voix vient de l'autre rive (gallimard), penser le xxe siècle (editions polytechnique), nous autres modernes (editions polytechnique/ellipses). plutôt que de passer en revue les systèmes philosophiques de la modernité, j'ai voulu, dans ce cours, apporter l'éclairage d'un philosophe à chaque fois différent sur quelques unes des grandes questions anthropologiques de notre époque: le mal, l'égalité, la démocratie, l'inconscient, la technique, la guerre, l'éthique, l'histoire.
    Le but de ce périple, qui va de jean-jacques rousseau à hannah arendt en passant par marx, tocqueville, nietzsche, freud, heidegger, schmitt et lévinas, n'est donc pas touristique, mais herméneutique. il ne s'agit pas de visiter les monuments de l'intelligence; il s'agit de découvrir ou de redécouvrir des penseurs essentiels pour comprendre le principe comme les passions du monde qu'ils ont pensé et pour tenter d'accéder ainsi à l'élucidation de nous-mêmes.
    Ce livre est né d'un cours en 8 leçons prononcé au sein du département humanités et sciences sociales de l'ecole polytechnique par alain finkielkraut depuis 2003.

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  • «La spécificité du XXe sièlce réside non dans la tragédie - toutes les époques ont connu la tragédie - mais dans le cauchemar, c'est-à-dire la dénégation de la tragédie elle-même. À l'horreur vécue s'ajoute le refus idéologique d'en admettre l'existence. "La guerre de Troie n'a pas eu lieu", telle et la contribution propre de notre siècle à l'histoire de l'épouvante.
    On pouvait espérer qu'avec l'effondrement du communisme, une telle conjoncture ne serait plus possible. Il faut en rabattre : le cauchemar du XXe siècle n'est pas terminé, c'est aux Croates et aux Bosniaques d'en faire l'épreuve. Je les ai défendus d'autant plus ardemment qu'ils vivent une double souffrance : d'une part, celle d'être les victimes d'une guerre criminelle et, d'autre part, celle de voir la vérité même de leur souffrance niée ou calomniée. Camus disait que "mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde". Français en tête, les démocrates de tous les pays ont célébré le triomphe de leurs valeurs en ajoutant au malheur de la Croatie et de la Bosnie.
    D'où cette question politique et philosophique : "Pourquoi le cauchemar du XXe siècle a-t-il survécu à la chute du Mur de Berlin ?"» Alain Finkielkraut.

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