• Cet ouvrage est centré sur les espaces coloniaux français, du Maghreb à l'Afrique noire et Madagascar, et de « l'Indochine » aux îles du Pacifique du début du XIXe siècle jusqu'aux Indépendances des années 1950-1960.
    Les auteurs ont fait un choix pertinent et varié d'oeuvres satiriques, souvent inédites, qui révèlent les regards contradictoires de la domination de la pensée coloniale.
    Elles pointent la complexité de l'époque coloniale, où l'adhésion aux valeurs dominantes - fortement marquées par un racisme envahissant - s'exprimait ouvertement, que les efforts de ceux qui s'y opposaient par les mêmes moyens artistiques. L'ouvrage soigne la présentation des informations historiques accessibles à tous pour décrypter la propagation et les traits les plus caractéristiques de ce régime visuel.

  • C'est un paradoxe : l'histoire du communisme reste aujourd'hui encore, alors que ce mouvement n'a plus dans la vie politique ni le poids ni la force d'attraction d'antan, un objet de controverses à nul autre pareil, en « pour » et en « contre ». Cet état d'esprit atteint un paroxysme lorsqu'il s'agit d'évoquer les actions et analyses du communisme - français et algérien - face à la question coloniale en Algérie, des origines dans les années 1920 à la guerre d'indépendance (1954-1962). Et s'il était temps, écrit Alain Ruscio, de sortir des invectives ?
    C'est l'ambition de cette somme exceptionnelle, qui propose une plongée dans les méandres - le mot s'impose - des politiques communistes des deux côtés de la Méditerranée (PCF et PCA) durant plus de quatre décennies. Des tout premiers temps, lorsque le jeune parti commençait à s'affirmer et tentait de briser le consensus colonial, aux tempêtes de la guerre d'Algérie, en passant par les espoirs et illusions du Front populaire. Les relations avec le nationalisme algérien, qui ne furent jamais simples, sont finement analysées, avec le récit d'un grand nombre d'épisodes ignorés ou mal connus et l'évocation de parcours de multiples acteurs, qui donne chair à cette saga.
    Novateur, l'ouvrage d'Alain Ruscio ne l'est pas seulement par son esprit. L'historien a utilisé tous les fonds d'archives spécialisés, dont ceux du PCF, désormais accessibles, révélant des documents totalement nouveaux. On découvrira, au fil des pages, non pas une ligne politique, mais une succession, et parfois une cohabitation, de logiques et de pratiques.

  • Quand il s'agit de blesser l'Autre, présumé faible et sans défense, l'imagination humaine est sans limites, le vocabulaire s'enrichit - mot contestable - en permanence. Quand, de plus, une communauté humaine est persuadée qu'elle est supérieure, quand elle est seule à posséder le Verbe, majuscule à l'appui, à traduire par mille canaux le regard méprisant ou condescendant, le flot se fait torrent. Durant quatre siècles, la dévalorisation des êtres à peaux noires, basanées, brunes, jaunâtres, croisés, puis soumis au joug, mena à des comparaisons insultantes : ces êtres étaient des sous-hommes, des animaux sans doute légèrement perfectionnés.
    Aussi l'ère esclavagiste, puis la période coloniale ont-elles donné naissance à une grande quantité de mots insultants : les Maghrébins étaient des bicots, des crouïats, des troncs... les Noirs des négros, des bamboulas, des chocolats... les Indochinois des nha-qués... Parfois, des mots migraient : ainsi, bougnoules passa des Noirs aux Maghrébins.
    Les mots appliqués aux femmes de ces races inférieures connurent un sort parallèle, de bicote à négresse, en passant par bamboulette, etc.

    Sur commande
  • La nostalgie idéalisée des temps de la jeunesse est légitime, a fortiori lorsqu'elle s'ajoute à celle d'un pays irrémédiablement perdu, l'Algérie : pour des centaines de milliers d'Européens qui y ont naguère vécu, sa mémoire s'est transformée en une « nostalgérie », beau mot chargé de mélancolie. Mais le drame commence lorsqu'on constate qu'une seule famille politique française, celle des anciens de l'Organisation armée secrète (OAS) et de leurs héritiers, l'a durablement instrumentalisée. Non contents d'avoir mené toute une communauté à l'impasse puis à l'exil, les « ultras » de l'Algérie française ont tenté, depuis, d'accaparer sa mémoire. Comme l'avait écrit Pierre Nora dès 1961, ils ont voulu « bloquer l'histoire ». Et ils y sont en partie parvenus.
    Pour comprendre les racines de ce scandale historique et mémoriel, et contribuer à y mettre un terme, Alain Ruscio propose dans ce livre une histoire claire et précise de l'action des hommes de l'OAS et de ses séquelles contemporaines. Il rappelle les traits de l'histoire de l'Algérie coloniale qui ont pu conduire, à partir de février 1961, à leur engagement dans une incroyable spirale de violence terroriste, en Algérie comme en France, laquelle a profondément marqué les premières années de la Ve République. Mobilisant un impressionnant corpus documentaire, Alain Ruscio retrace précisément la dérive de ces « soldats perdus », mêlant officiers à l'idéal patriotique dévoyé, nostalgiques du fascisme et petits malfrats transformés en assassins. Enfin, il explique comment et pourquoi la mémoire brûlante de ces années de folie meurtrière de quelques centaines d'extrémistes travaille toujours, de façon souterraine, la société française.
    Cette étude fouillée et documentée est une précieuse réponse à l'un des derniers négationnismes que véhicule encore une certaine histoire coloniale « à la française ».

  • Histoires ordinaires et extraordinaires du temps des colonies Nouv.

    L´auteur a rassemblé en un recueil anecdotes et historiettes, glanées au cours de son travail d´historien du colonialisme. De la « Mauresse de Moret », fille présumée de la Reine sous Louis XIV, jusqu´à l´assassinat de Maurice Audin par l´Armée française en 1957, en passant par la contribution surprenante d´un célèbre magicien à l´« oeuvre coloniale », le lecteur traverse une galerie d´histoires parfois drôles, joyeuses, tristes, banales, épiques, mais toujours glaçantes, avec son lot de personnages connus ou inconnus, grotesques ou tragiques, qui font apparaître, en creux, l´image cohérente d´un passé qui a parfois bien du mal à passer. Un recueil qui réconcilie avec brio histoire et microhistoire, dans un style alerte qui n´enlève rien à la rigueur de l´historien.

    À paraître
  • Sur commande
  • La guerre dite " française " d'Indochine fut le premier grand conflit de la décolonisation et marqua le début de l'effondrement de l'Empire français.
    Epreuve mortelle pour la IVe République, elle déchira le monde politique français. Mais elle affecta également - et durablement - les relations internationales au cours de la phase la plus aiguë de la Guerre froide. De ce fait, des milliers d'ouvrages, d'articles, de discours, lui ont été consacrés, en France, au Vietnam, partout dans le monde. De la même façon, un nombre important de films (de fiction ou documentaires) ont traité de ce phénomène.
    Un demi-siècle après la guerre, il a semblé utile d'en faire un recensement, le plus complet possible. Le bilan est impressionnant : 12000 références bibliographiques, 263 thèses universitaires, 335 références filmographiques, dont 78 de longs métrages... Le tout en langues française, vietnamienne, cambodgienne, anglaise, chinoise, russe, allemande etc... Une chronologie, un répertoire biographique et diverses autres informations complètent cette somme.
    Un index très détaillé permet de retrouver rapidement les informations sur toutes les facettes du conflit. Seul un travail collectif - et international - pouvait venir à bout d'une si vaste entreprise. Alain Ruscio, spécialiste de longue date de cette période, a réuni une équipe d'une cinquantaine de chercheurs reconnus, venus de divers pays. " La Guerre française d'Indochine : les sources de la connaissance " s'imposera vite comme un outil indispensable aux témoins et acteurs des événements, aux chercheurs et étudiants en Histoire contemporaine, mais également à tous les hommes soucieux de comprendre le siècle de braise qui vient de s'écouler.

  • Alain Ruscio est né en 1947.
    Historien, Docteur ès Lettres, il était jusqu'ici surtout connu pour ses travaux portant sur l'histoire coloniale française. Parmi ses derniers ouvrages, Que la France était belle au temps des colonies (Maisonneuve et Larose), Le Credo de l'Homme blanc (Complexe) et La Guerre française d Indochine. Les source., de la connaissance (Les Indes Savantes).

  • L'Encyclopédie est prévue en 6 volumes :
    - le tome 1 couvrait A-B, - le tome 2 C.
    Elle couvre dans le temps une large période allant des Croisades à la décolonisation de la deuxième moitié du XX e siècle.
    Pays et régions, institutions, explorations, esclavage, post-colonialisme, religions, etc. sont traités dans des notices allant de 2 à 10 pages.
    Chaque volume comprend plus de 600 notices, rédigées par une soixantaine d'auteurs, tous spécialistes reconnus dans leur domaine.

    Sur commande
  • Le général Giap est un des pères fondateurs du Vietnam contemporain, et un des plus grands stratèges du XXe siècle.
    Sous sa direction, l'armée vietnamienne a successivement défait les armées française, américaine et chinoise. Giap parle de son parcours personnel, de son implication dans la lutte pour l'indépendance du Vietnam, depuis l'époque coloniale jusqu'à la lutte contre les Français, puis les Américains. Il éclaire également, par des " petites phrases ", de nombreux aspects de l'histoire du Vietnam jusqu'en 1975.
    Giap vient de fêter ses 100 ans et est aujourd'hui une figure emblématique du Vietnam.

  • Le livre d'Alain Ruscio se présente comme une galerie de portraits au vitriol. C'est un dictionnaire de personnalités ayant une certaine importance sur la scène politique française actuellement, et qui se distinguent par un discours empreint d'un certain néo-colonialisme latent, ou en tout cas une certaine nostalgie des colonies et d'une France puissante sur le plan international et diplomatique, mélée à un racisme sous-jacent. L'auteur montre que ces personnes, de François Copé à Éric Zemmour en passant par Brigitte Bardot, au delà de leurs sympathies politiques et de leur rôle dans la société française, tiennent un discours aberrant mais décompléxé et en apparence socialement admis.

  • Sur commande
  • Encyclopedie de la colonisation - tome 4. lettres g a k Nouv.

  • Il y a 50 ans, la France quittait l'Indocchine, après huit années d'une sale guerre. La IVe République a mené et justifié de bout en bout cette guerre. La majorité du monde politique, l'a soutenue ou, pour le moins, tolérée. Mais des voix se sont élevées pour protester. Des hommes se sont mobilisés pour lutter. Henri Martin fut de ceux-là. Durant trois années, ce jeune militant communiste, sera emprisonné pour avoir demandé la liberté pour le peuple vietnamien. Pour défendre Henri Martin, une masse considérable d'hommes et de femmes de bonne volonté ont uni leurs efforts. Certains grands intellectuels, comme Jean-Paul Sartre, ont également élevé la voix. Au début de l'année 2004, plusieurs centaines d'acteurs et de témoins se sont retrouvés. Cet ouvrage résulte de cette rencontre. Ouvrage sous la direction d' Alain Ruscio.

  • "L'engagement de L'Humanité contre la guerre colonialiste en Algérie lui valut un déferlement de procès, de censures, de saisies de la part des gouvernements qui se sont succédé pendant huit ans, quelle que fût leur couleur, de droite ou socialiste. Rédacteur en chef de L'Humanité après mai 1958, René Andrieu évoquait, dans son livre La guerre d'Algérie n'a pas eu lieu paru trente ans plus tard (1992), le véritable parcours du combattant auquel dut se livrer le journal dans sa lutte pour la vérité : saisi à 27 reprises, il sera l'objet de 150 poursuites, dont 49 pour « provocation de militaires à la désobéissance », 24 pour « diffamation envers l'armée », 14 pour « atteinte à la sécurité de l'État ». Il suffisait pour être coupable de dénoncer la systématisation de la torture, voire simplement de se prononcer pour la négociation.

empty