Sciences politiques & Politique

  • « A douze ans d'intervalle, nous avons assisté à deux événements à la portée symbolique opposée : la chute du Mur de Berlin en 1989 et l'effondrement des Twin Towers le 11 septembre 2001. Le premier a été considéré dans les milieux libéraux comme marquant la fin des totalitarismes et la naissance d'une ère de prospérité et de paix universelle débouchant sur la « fin de l'histoire » (Francis Fukuyama). Le second, tout au contraire, a révélé la puissance du « fanatisme religieux » faisant irruption dans un monde globalisé cherchant à s'unifier par le moyen de la technologie et du commerce. D'un côté, le triomphe de la pensée « rationnelle », de l'autre le spectre des « fous de Dieu ».
    La théologie politique, du même coup, a repris ses droits : au cours de la dernière décennie, des centaines de livres, d'essais, d'articles, de colloques sont venus témoigner de son actualité, qu'il s'agisse des efforts déployés par les Eglises pour échapper à la privatisation intégrale de la foi et reprendre pied dans l'espace public, des débats sur la laïcité et le statut civil des religions, des discussions sur le « matérialisme pratique » et le « désenchantement du monde », mais aussi sur le « retour du religieux », le nouvel essor de l'islam (et de l'islamisme politique), le renouveau charismatique et le développement des sectes d'inspiration évangélique qui, en Amérique latine, exercent aujourd'hui une séduction que l'ancienne théologie de la libération des années 1970 et 1980 a perdue. (...) La question de la pertinence politique du christianisme reste ainsi ouverte, tout comme celle d'une éventuelle levée de l'«excommunication» publique de la religion. On peut la formuler ainsi : si la modernité a pu être définie en termes de sécularisation, la postmodernité doit-elle être comprise comme désécularisation, c'est-à-dire comme un moment où la religion fait retour dans l'espace public sous des formes nouvelles ?»

  • La vogue actuelle de l'écologie (et de l'écologisme) s'explique par deux facteurs essentiels : l'aggravation des pollutions de toutes sortes, qui saccagent les paysages, détruisent les écosystèmes, infectent les nappes phréatiques et menacent les océans ; et l'épuisement programmé des réserves naturelles, dont on sait aujourd'hui qu'elles ne sont ni inépuisables ni gratuites, à un moment où plus des trois-quarts de nos ressources énergétiques sont encore des ressources fossiles (gaz, pétrole, charbon, uranium).
    S'y ajoutent les débats sur le réchauffement climatique, le traitement des déchets industriels et nucléaires, les perturbateurs endocriniens, les menaces sur l'alimentation, etc.
    De nombreux auteurs se sont déjà attachés à étudier ces problèmes. Mais peu l'ont fait au point de prendre fermement position en faveur de la décroissance.
    Le constat de base que font les « décroissants » est celui-ci : une croissance matérielle infinie est impossible dans un espace fini (comme l'est notre planète). Sans pour autant vouloir arrêter l'histoire ni retourner en arrière, vient un moment où il est nécessaire comprendre que « plus » ne veut pas automatiquement dire « mieux » et qu'il est parfois nécessaire de dire : « C'est assez ! » Alain de Benoist, à qui l'on doit déjà de nombreux essais d'histoire des idées et de philosophie politique, explique dans ce nouveau livre pourquoi le « développement durable » est voué à l'échec : en prétendant concilier croissance et écologie, il revient, dans le meilleur des cas, à réduire la vitesse sans pour autant changer de cap dans la mauvaise direction. La notion même de croissance, issue de la modernité occidentale, est ici déconstruite à partir d'une critique radicale, qui s'appuie notamment sur les notions d'« empreinte écologique » et d'« effet-rebond ».
    L'ouvrage contient également plusieurs textes sur le sens profond de le pensée écologiste, ainsi que sur l'idée de « valeur intrinsèque de la nature ». L'auteur plaide, en conclusion, pour restituer un rapport de co-appartenance à la nature rompant avec l'idée d'un monde transformé en simple objet du vouloir humain : « Le monde naturel n'est pas un simple décor de nos existences, c'est l'une des conditions systémiques de la vie ».

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  • L'extraordinaire défiance de couches de population toujours plus larges envers les « partis de gouvernement » et la classe politique en général, au profit de mouvements d'un type nouveau, qu'on appelle « populistes », est sans nul doute le fait le plus marquant des transformations du paysage politique intervenues depuis au moins deux décennies.
    Ce phénomène, qui a d'abord touché l'Europe du Sud et de l'Ouest (Syriza, Podemos, Front national, Mouvement Cinq étoiles), avant de s'étendre à l'Allemagne (montée de l'AfD) et aux pays anglo-saxons (« Brexit » britannique), atteint même désormais les Etats-Unis (phénomènes Trump et Sanders). Partout se confirme l'ampleur du fossé séparant le peuple de la Nouvelle Classe dominante. Partout émergent de nouveaux clivages qui rendent obsolète le vieux clivage droite-gauche.
    Mais que faut-il exactement entendre par « populisme », étiquette aujourd'hui péjorative employée comme une sorte de fourre-tout par des esprits trop souvent partisans ou paresseux ? C'est à ce question que cherche à répondre ce livre, qui part de l'actualité la plus immédiate pour situer les enjeux politiques, sociologiques et philosophiques du débat.
    L'auteur fait notamment le point sur la nature et le sens exact de la crise de la représentation et de la crise de la démocratie (la « gouvernance » nous fait-elle entrer dans une ère post-démocratique ?), sur l'histoire du populisme et sur la façon dont ses représentants entendent répondre à ceux qui veulent « gouverner sans le peuple ».
    Plusieurs chapitres sont également consacrées aux « conservateurs de gauche », à Ernesto Laclau, théoricien de gauche du populisme, aux thèses de Jean-Claude Michéa, ainsi qu'à celles d'Antonio Negri et Michael Hart (la théorie des « multitudes »).
    A quelques mois de l'élection présidentielle, où le débat sur le populisme ne va pas manquer d'être relancé avec vigueur, Alain de Benoist publie un véritable manuel de la question.

  • Paru pour la première fois en 1981, Comment peut-on être païen ? avait lancé un débat dont l'écho n'a cessé depuis lors de s'amplifier. L'ouvrage a d'ailleurs déjà été traduit en sept langues différentes. En France, en revanche, il était épuisé depuis de nombreuses années. Cette réédition, très attendue, est augmentée d'un nouvel avant-propos et du texte intégral d'un substantiel entretien avec Alain de Benoist sur le paganisme.


  • peut-il y avoir une croissance infinie dans un espace fini ? tout montre que non.
    aux dérèglements climatiques et à la dégradation du milieu naturel sous l'effet des pollutions de toutes sortes s'ajoute l'épuisement des ressources naturelles, à commencer par le pétrole, sur l'exploitation accélérée desquelles repose toute la civilisation industrielle. en un siècle, l'homme a consommé des stocks que la nature avait mis 300 millions d'années à constituer. on sait désormais que si tous les habitants du globe consommaient autant que les occidentaux, il faudrait quatre ou cinq planètes supplémentaires pour couvrir nos besoins en matières premières ! les partisans de la décroissance savent que le " développement durable " ne fait au mieux que repousser les échéances.
    ils savent qu'on ne peut durablement préserver le milieu naturel tout en permettant à la croissance de poursuivre sa folle course en avant, cause principale de sa dégradation, et que la protection de l'environnement ne peut se concilier avec la recherche permanente de profits financiers toujours accrus. ils veulent agir sur les causes, et pas seulement sur les effets. rompant avec la logique du " toujours plus ", ils s'emploient à mettre en application le mot d'ordre lancé par ivan illich : " vivre autrement pour vivre mieux ".
    les préoccupations écologiques touchent aujourd'hui de plus en plus de monde, mais toutes les conclusions n'en ont pas encore été tirées. une rupture est nécessaire. et d'abord dans les mentalités. rupture vis-à-vis de l'omniprésence de l'économie et du primat des valeurs marchandes. rupture aussi dans notre rapport à la nature : il s'agit d'en finir avec l'idéal qui fait de la terre un objet intégralement appropriable par le sujet humain.
    au travers d'une interrogation sur la croissance, c'est tout le problème de la relation de l'homme à la nature et du sens de la présence humaine au monde qui est posé.

  • Les réformes « sociétales » mises en oeuvre par le gouvernement de François Hollande, à commencer par le « mariage pour tous », font une large part à la théorie du genre. Celle-ci se retrouve ainsi propulsée au centre du débat. Mais de quoi s'agit-il exactement ?
    La théorie du genre trouve son origine dans le féminisme égalitaire, qui soutient que l'égalité ne sera vraiment acquise entre les hommes et les femmes que lorsque rien ne les distinguera plus vraiment. Son credo de base est que le sexe biologique ne détermine en aucune façon l'identité sexuelle. L'identité sexuelle serait une pure « construction sociale » qui ne serait absolument pas conditionnée par l'appartenance sexuée. L'individu étant sexuellement « neutre » à la naissance, les différences de comportement que l'on observe entre les garçons et les filles, puis entre les hommes et les femmes, s'expliqueraient uniquement par l'intériorisation de « stéréotypes » qu'il conviendrait donc de « déconstruire » dès le plus jeune âge, en particulier à l'école.
    Relevant du fantasme d'auto-engendrement et de la mystique de l'indistinction, la théorie du genre repose en fait sur un certain nombre d'erreurs fondamentales. Alain de Benoist en fait ici une critique de fond, solidement argumentée, qui n'a pas de mal à faire apparaître son caractère proprement délirant. Et sa nocivité.

  • « Le sacre des droits de l'homme », a écrit Marcel Gauchet, « est à coup sûr le fait idéo- logique et politique majeur de nos vingt dernières années. » Les droits de l'homme tendent, en eff et, à devenir la boussole unique d'une époque désorientée. Ils auraient même un caractère sacré. C'est pourquoi il paraît désormais aussi inconvenant, aussi blasphématoire de critiquer l'idéologie des droits de l'homme qu'il l'était autrefois de douter de l'existence de Dieu.
    Mais aujourd'hui, le discours des droits de l'homme n'a pas seulement pour but de fournir une idéologie de substitution après l'eff ondrement des « grands récits ». En cherchant à imposer une norme morale particulière à tous les peuples, il vise à redonner bonne conscience à l'Occident en lui permettant de s'instituer une fois de plus en modèle et de dénoncer comme des « barbares » ? ceux qui refusent ce modèle. Dans l'Histoire, les « droits » n'ont été que trop souvent ce que les maîtres de l'idéologie dominante avaient décidé de défi nir ainsi. Que les droits de l'homme soient proclamés avec force dans une société de plus en plus déshumanisée, où les hommes tendent eux-mêmes à devenir des objets, où la marchandisation des rapports sociaux crée partout des phénomènes d'aliénation inédits n'est pas un hasard. Associé à l'expansion des marchés, le discours des droits de l'homme constitue l'armature idéologique de la globalisation. Il est avant tout un instrument de domination et doit être regardé comme tel.
    Les hommes doivent pouvoir lutter partout contre la tyrannie et l'oppression. Contester l'idéologie des droits de l'homme, ce n'est donc évidemment pas plaider pour le despotisme, c'est bien plutôt contester que cette idéologie soit le meilleur moyen d'y remédier. C'est s'interroger sur la validité des fondements de cette théorie, sur le statut nomologique de ces droits, sur les possibilités d'instrumentalisation dont ils peuvent faire l'objet. C'est aussi proposer une autre solution. La question des libertés ne saurait se résoudre en termes de droits ou de morale.
    Elle est avant tout une question politique. Elle doit être résolue politiquement.

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