• Les photos argentiques étaient des images-choses statiques, à regarder.
    Les photos numériques sont des images dynamiques, à échanger. Elles circulent en flux ininterrompus sur les réseaux planétaires : à la fois incorporelles et agissantes, ce sont des forces à part entière.
    Elles instillent subrepticement et continûment dans la subjectivité de chacun la rationalité néolibérale : instantanéité, accélération, fluidité, circulation, horizontalité, partage et ubiquité. Cette dissémination du modèle du marché - même là où il n'est pas question d'argent - fait exploser les anciennes limites entre l'ici et l'ailleurs, la nation et le monde, le privé et le public.
    Dans le sillage de Theodor Adorno qui a théorisé l'art comme fait social, l'auteur, un des meilleurs connaisseurs de l'histoire de la photographie et des images, élabore une critique globale des processus esthétiques, techniques, économiques et politiques à l'oeuvre actuellement.
    Il montre comment la photo-numérique a ouvert une nouvelle ère qui se caractérise par la profusion d'images aberrantes, l'apparition de nouveaux pouvoirs, l'essor d'une nouvelle économie et la fabrique d'un individu néolibéral.

  • La légitimité culturelle et artistique de la photographie est récente. Longtemps tenue pour un simple outil dont on se sert, elle est désormais, dans les galeries et musées, contemplée pour elle-même.
    Apparue avec l'essor des métropoles et de l'économie monétaire, l'industrialisation et la démocratie, elle fut d'abord l'image de la société marchande, la mieux à même de la documenter et d'actualiser ses valeurs. Mais si elle convenait à la société industrielle moderne, elle répond aujourd'hui difficilement aux besoins d'une société informationnelle, fondée sur les réseaux numériques.
    La photographie est donc l'objet de ce livre : dans sa pluralité et ses devenirs, du document à l'art contemporain ; dans son historicité, depuis son apparition, au milieu du XIXe siècle, jusqu'à l'alliage présent «Art-photographie» qui conduit André Rouillé à distinguer «l'art des photographes» de «la photographie des artistes».

  • La photographie est l'une des grandes inventions du XIXe siècle.
    Elle a suscité une multitude d'écrits, dès les premiers tâtonnements de Niépce en 1816. Ces documents écrits sont de toute première importance pour connaître la photographie dans ses dimensions esthétiques, techniques, sociales, économiques et idéologiques ; pour aborder d'un point de vue original la science, l'industrie, la communication, et l'art lui-même qui a été profondément ébranlé par cette " intruse ".
    L'ouvrage d'André Rouillé n'est pas une simple juxtaposition de textes, mais une mise en sens des écrits, des propos et des positions. Il rend compte de façon claire et précise des controverses dont la photographie a été l'objet au cours de ses cinquante premières années. Jamais un tel ensemble de textes fondamentaux, inédits ou inaccessibles, n'avait été établi. Cet ouvrage de 548 pages ilustré de 160 photographies est conçu comme un instrument de travail.
    Il est précédé de leurs références précises, sont présentés et replacés dans leur contexte. L'importance des annexes facilite l'étude, la recherche, la découverte : Un glossaire des principaux procédés techniques et un tableau chronologique de leur période d'utilisation. Une chronologie détaillée des événements photographiques. Une bibliographie d'ouvrages et d'albums d'époque de près de 400 titres. Un index des noms.
    Un index analytique des notions. Un ouvrage pour connaître, comprendre, étudier, approfondir, découvrir la photographie française du XIXe siècle. Un ouvrage de référence.

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  • Quatrième de couverture La grande silhouette de Nadar domine l'aventure de la " vie moderne ". Moderne, sa correspondance l'est par son contenu, ses thèmes et ses acteurs. Elle l'est aussi par sa facture. Moderne, elle l'est parce que Nadar, engagé dans la presse, le roman-feuilleton, la caricature, la photographie, et même la navigation aérienne, a été l'un des grands acteurs de l'épopée de la communication. Cette correspondance se situe en fait entre la naissance de la grande presse et celle du téléphone. Le premier volume est celui des années d'apprentissage. Nadar débute dans la petite presse, en pleine bohème. Il noue là de solides amitiés avec Baudelaire, Banville, Asselineau, Labiche, Murger ; avec des éditeurs comme Hetzel ; des journalistes, Philipon, Commerson, Balathier de Bragelonne ; des artistes, Gavarni ou Guys ; mais aussi avec Millaud et Solar, futurs banquiers. En 1848 débute l'engagement de Nadar dans le combat républicain contre Louis-Napoléon, avec l'arme de la caricature à La Revue comique, Le Journal pour rire, Le Tintamarre, etc. De la bohème au combat démocratique, du roman feuilleton à la caricature politique : un itinéraire qui bifurquera avec le coup d'Etat du 2 décembre. Le second volume (1852-1955) suivra Nadar jusqu'au Panthéon et son entrée en photographie.

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