• Étonnant destin que celui de Jacques-André Émery (1732-1811).
    Né au pays de Gex à proximité de la résidence de Voltaire, il choisit de rejoindre la Compagnie de Saint-Sulpice.
    Apologète engagé et ouvert à son temps, passionné par les écrits de Thérèse d'Avila et, de manière plus originale, par la pensée de Leibniz, Descartes et Bacon, il devient supérieur de la Compagnie de 1782 à 1810. C'est là qu'il doit affronter le choc de la Révolution.
    Refusant clairement la Constitution civile du clergé, il se montre plus conciliant avec les serments exigés ensuite par les gouvernements successifs, dans le but de permettre aux chrétiens de retrouver l'exercice de leur foi. Emprisonné pendant la Terreur, il est « sauvé » de la guillotine par l'événement du 9 thermidor. Fidèle au pape Pie VII, il est écarté par Napoléon du gouvernement du Séminaire de Saint-Sulpice en 1810. Il meurt l'année suivante au moment où l'empereur s'apprête à supprimer la Compagnie qui reprendra ses activités en 1814.

  • Si la figure de Madeleine Delbrêl (1904-1964) bénéficie aujourd'hui d'un grand rayonnement, à travers une spiritualité de la vie ordinaire qui a su rejoindre de nombreux chrétiens, l'influence de Charles de Foucauld (1858-1916) sur sa propre démarche reste peu connue.
    Quel point commun y a-t-il entre le « Frère universel » et celle qui se convertit à la foi chrétienne dans les années 1920 et décide de partir en banlieue ouvrière et communiste, à Ivry, pour promouvoir une vie communautaire inspirée par l'Évangile ? Avec clarté, Bernard Pitaud fait apparaître cette filiation spirituelle, sans masquer la liberté et la nouveauté de cette femme engagée dans l'Église.
    Madeleine Delbrêl a été déclarée « vénérable » : son procès de béatification est en cours. Elle continue, à travers ses écrits, de toucher un public attentif, à un moment où il s'agit pour beaucoup d'être chrétien dans un monde qui ne l'est plus.

  • Un accompagnateur qui réfléchit sur son expérience se sent toujours un peu un apprenti. Celui qui croit être un bon accompagnateur ne l'est déjà plus à partir du moment où cette idée s'installe en lui, à supposer qu'il ne l'ait jamais été.
    L'accompagnement n'est pas une technique à mettre en oeuvre, mais un chemin à parcourir qui n'est pas balisé d'avance. On en connaît le terme : une vie avec Dieu de plus en plus intense, une charité qui s'accroît de plus en plus.
    Nous ne savons pas à l'avance par quelles routes nous allons passer, quelles étapes nous allons franchir, quels obstacles nous allons rencontrer. Pour que la Parole de Dieu vienne ensemencer l'expérience de la vie, il est bon que cette expérience s'exprime sous la forme d'une parole, dite à un frère ou à une soeur. Ce n'est que dans la parole que l'expérience prend pleinement conscience d'elle-même.
    Personne n'échappe à cette loi de la vie.

  • Histoire de la compagnie de Saint-Sulpice au 18ème siècle

  • Jean-Jacques Olier (1608-1657), au coeur de la Réforme catholique qui atteint la France au début du XVIIe siècle dans la mouvance du Concile de Trente, a vécu une expérience spirituelle très originale.
    Destiné par sa famille aux plus hautes charges ecclésiastiques, il changea soudain de vie après ses études ; conseillé par saint Vincent de Paul, il s'orienta d'abord vers l'apostolat des missions. Puis, après une épreuve spirituelle qui dura plus d'une année et qui le libéra de son attachement à lui-même, il devint curé de la paroisse Saint-Sulpice à Paris, fonda le séminaire du même nom et une société de prêtres spécialisée dans la formation des prêtres.
    Homme de prière, accompagnateur spirituel renommé, il a laissé de nombreux écrits qui montrent clairement son appartenance à ce qu'on a appelé l'Ecole Française de spiritualité, dans la ligne du Cardinal de Bérulle (voir Prier 15 jours avec Pierre de Bérulle) et de Charles de Condren dont il était lui-même le disciple. L'année 2007 marque le 350e anniversaire de la mort d'Olier et l'année 2008, le 400e de sa naissance.

  • On ne dira jamais assez combien le clergé catholique, en France et au Canada notamment, aura été marqué par la Compagnie des prêtres de Saint-Sulpice à travers la formation dispensée dans les séminaires.
    Fondée par Jean-Jacques Olier (1608-1657), grande figure de l'École française de spiritualité, cette Compagnie entendait travailler ainsi à une réforme de l'Église en profondeur, dans le sillage du concile de Trente. Mais qu'en fut-il durant les années qui suivirent la disparition du fondateur ?
    Bernard Pitaud décrit avec précision toute cette histoire et comment, dans la deuxième moitié du XVIIe siècle, la « petite Compagnie », selon le mot même d'Olier, a pris peu à peu la forme d'une institution, avec ses règles, ses coutumes et son esprit. Le mot « esprit » est ici essentiel. Les règles et coutumes ne se sont établies, du moins selon la volonté des successeurs d'Olier, que dans la mesure où elles étaient en conformité avec l'esprit que M. Olier avait voulu insuffler à la Société.

  • L'oeuvre de Jean-Jacques Olier (1608-1657) eut sur son temps et sur les siècles suivants une influence assez considérable. C'est lui qui, par la création du Séminaire de Saint-Sulpice à Paris, donna l'impulsion définitive à l'institution des séminaires en France. Grâce à lui, l'application du décret du concile de Trente sur la création des séminaires trouva en France une expression originale. Par ses successeurs réunis dans la Compagnie des prêtres de Saint-Sulpice qu'il avait fondée en même temps que le séminaire, le « modèle sulpicien » a gagné le Canada, puis les États-Unis et bien d'autres pays du monde.

    Ce que cet ouvrage privilégie, c'est la dimension spirituelle de l'itinéraire de Jean-Jacques Olier. En effet, sa vie avec Dieu est la meilleure clef de lecture du déroulement de son existence. C'est pourquoi, parmi les sources, une place particulière a été donnée à ses Mémoires et à sa Correspondance. C'est pourquoi aussi beaucoup de détails historiques ont été laissés de côté pour mieux faire percevoir le mouvement intérieur qui anime sa vie.

    L'ouvrage peut se lire également comme le portrait de la société religieuse du XVIIe siècle français.

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  • Comme son titre l'indique, ce livre offre au lecteur une ouverture sur deux dimensions clés de la vie et de l'oeuvre de Madeleine Delbrêl, l'Eucharistie et le discernement.
    Si la place de la Parole de Dieu chez elle est déjà bien connue, celle de l'Eucharistie l'est moins. Elles ont pourtant un sens similaire dans le mystère de l'Incarnation : les hommes habités par la Parole deviennent « aptes à être missionnaires » et, dans l'Eucharistie, ils sont pris dans « l'élan même de Notre Seigneur voulant résider sur la terre entière ». Madeleine Delbrêl utilisent, au fil des événements et des situations vécues, des clés de discernement.
    Ses choix acquièrent de l'objectivité et du réalisme parce que sa recherche est d'abord une recherche de foi. Les situations furent très diverses. Leurs racines historiques aident à s'orienter aujourd'hui. Madeleine Delbrêl chemine avec les gens, très libre d'à-priori. Ces deux études permettent de mieux connaître la profonde union de Madeleine Delbrêl à Jésus-Christ, qui faisait dire au cardinal Veuillot : « Le secret de la vie de Madeleine, c'est une union à Jésus-Christ telle qu'elle lui permettait toutes les audaces et toutes les libertés.
    C'est pourquoi sa charité sut se faire concrète et efficace pour tous les hommes ».

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  • Serviteurs du peuple de Dieu Nouv.

    Depuis quelques décennies, la figure du prêtre a été malmenée, sa place contestée, sa vocation profonde interrogée.
    Cette retraite est bienvenue, pour aider chaque prêtre à retrouver l'ancrage de sa vocation dans l'appel du Christ, à la suite des Douze apôtres. L'auteur, fort de sa longue expérience, nourrie par les évangiles et saint Paul, invite à retrouver tout le sel du sacerdoce, à méditer sur l'évolution du service pastoral, à la place des laïcs, à la bienveillance fraternelle entre prêtres.
    Six jours pour fortifier le choix d'une vocation à être pleinement « serviteurs » du peuple de Dieu.

  • Madeleine Delbrêl (1904-19064) a écrit toute sa vie sur la souffrance et la joie. L'Église a beaucoup de choses à se faire pardonner en ce domaine : un dolorisme, une forme de justification de la souffrance par l'espérance de la vie éternelle, aujourd'hui inaudible. Madeleine elle-même trompe son monde car elle était toujours gaie, au témoignage de ceux qui l'ont connue. L'histoire de sa vie montre que la souffrance l'a assez intimement touchée : séparation d'avec celui qu'elle aimait, mésentente puis séparation de ses parents et maladie psychique de son père, ses propres problèmes de santé, les crises de l'Église en France, avec en particulier la question des prêtres-ouvriers, la crise des Équipes entre 1956 et 1958, et ce n'est là qu'une énumération sommaire et extérieure. Mais il faut aussi aller à la source de sa gaieté qui n'est pas seulement son amour naturel de la vie, mais aussi et surtout la joie de la Résurrection.
    Dans Joie et souffrance chez Madeleine Delbrêl on parcours sa vie entière à travers ses textes donc certains d'entre eux sont inédits, comme plusieurs de ses poèmes, encore inconnus du grand public.

  • Madeleine Delbrêl apparaît de plus en plus comme une des plus belles figures apostoliques du XX ? siècle, dans la ligne de Charles de Foucauld et de Thérèse de Lisieux auxquels elle s'est référée dans son dernier écrit quelques jours avant sa mort. Ce petit livre veut être une initiation à la manière dont elle a vécu dans « un coude à coude fraternel avec les incroyants et les pauvres », à Ivry-sur-Seine, de 1933 jusqu'à sa mort en 1964, en plein Concile. Il est aussi une introduction à l'ensemble de sa pensée spirituelle, rendue aujourd'hui plus accessible par la publication des oeuvres Complètes. Divisé en deux parties, la première plus biographique, la seconde plus théologique, il essaie de montrer au lecteur comment Madeleine Delbrêl est pour les chrétiens un modèle d'évangélisation, fait à la fois d'un dialogue sans concession avec l'athéisme marxiste, d'une proposition claire de la foi, d'une prière contemplative intense et de l'exercice d'une charité inconditionnelle envers tous.

  • Trente ans après l'excellente biographie de Christine de Boismarmin, l'une des proches compagnes, ce livre est le fruit de la recherche opiniâtre de deux hommes passionnés. Mettant en contact avec les écrits et avec de nombreux témoignages, il renouvelle en profondeur la connaissance que l'on avait de Madeleine Delbrêl.
    Son itinéraire, de l'athéisme à l'éblouissement de la foi et à l'engagement, se dessine avec netteté au fil d'un récit qui parcourt ses soixante années de vie, dont plus de la moitié à Ivry-sur-Seine, près de Paris, là où, dit-elle, se trouvait une population « incroyante et pauvre ».
    Tour à tour poète, assistante sociale et mystique, femme de prière et d'action, Madeleine Delbrêl offre à notre société sécularisée et à l'Eglise un beau visage, riche d'inspiration pour une vie chrétienne en dialogue avec l'athéisme et la misère sous toutes ses formes. Son procès en béatification est engagé et sa réputation de sainteté ne cesse de croître.

  • Madeleine Delbrêl avait l'art de bousculer les bonnes manières et ne craignait pas de provoquer « un beau scandale de charité ». Et, au fond d'elle-même, elle était très convaincue que « de seule pitié nous pouvons être aimés », si bien que la miséricorde est une clé de compréhension de sa vie et de son oeuvre. Cette approche de la vie lui permit d'aller très loin dans la confiance et la tendresse, avec un sens aigu de la vérité. Elle savait que l'homme peut être dégoûté « de toucher de si près cette pâte à misère dont il ne sait jamais si elle est lui-même ou autrui ».
    Après une introduction biographique, quatre de ses textes sont ici présentés et médités, appuyés de nombreuses citations, toutes issues des oeuvres complètes déjà publiées. Ils forment un parcours, car la miséricorde, venant de Dieu dont elle est l'attribut principal, fait son chemin en l'homme. Madeleine gardait de nombreuses situations concrètes comme des prières dans son missel quotidien, son « Herbier » comme elle disait, tant il est rempli d'images, de photos, d'articles de journaux et de lettres mais aussi de fleurs séchées en hommage à la Création.

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  • Ce livre propose quatre études qui continuent l'ébauche biographique amorcée dans : madeleine delbrêl connue et inconnue, livre du centenaire paru en 2004.
    Le lecteur trouvera ici : les années 1924 à 1933 révèlent la très grande profondeur de son union mystique au christ qui la conduit d'un projet de carrière littéraire à un engagement social.
    De 1933 à 1940, totalement donnée au christ et à l'église, madeleine mène une vie de laïque engagée. assistante sociale professionnelle, elle découvre avec ses premières compagnes le communisme et la pauvreté ouvrière en banlieue industrielle.
    L'abbé j. lorenzo était " une voix qui criait l'évangile ". pour lui, l'évangile était d'abord " fait pour être vécu ". son double rôle d'accompagnateur des equipes et de directeur spirituel de madeleine pendant 30 ans fait de lui une figure sacerdotale incontournable dans la compréhension de la spiritualité de madeleine delbrêl. comment être missionnaire ? c'est l'invention d'une réponse adaptée à l'incroyance de leur temps qui a réuni le père jacques loew et madeleine.
    La crise autour des prêtres ouvriers les a obligés à aller au bout de leur engagement à la suite du christ.

  • à l'écoute de la parole de Dieu avec Madeleine Delbrel Nouv.

    L'ouvrage s'ouvre sur le sens du silence, signe du lien important que Madeleine fait entre prière et silence. Á ses yeux, deux grands obstacles s'opposent à la prière dans la vie des gens ordinaires : le fait d'avoir à faire face à beaucoup d'occupations et le fait de vivre dans le bruit. Pour prier, il faut un minimum de silence.
    Chez Madeleine Delbrêl, rien ne reste seulement au stade de l'intelligence ; quand elle parle d'« explosion » de l'Évangile, cela signifie qu'il se répand partout en elle, qu'elle en est habitée, qu'elle devient elle-même Évangile vivant. La lecture de la Parole prend alors en elle toute sa dimension spirituelle et missionnaire. Comme elle le dira sans craindre le paradoxe : l'Évangile n'est pas fait pour être lu, il est fait pour être reçu en nous.

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