Images En Manoeuvres

  • « En arrivant en Provence en 1991, j'assistai au Musée Granet (Aix-en-Provence) à une conférence formidable de Jean Arrouye sur les Sainte Victoire de Cézanne. J'arrivais d'années passées, au Nouveau Mexique, puis en Andalousie, où je me passionnais pour l'Expressionnisme allemand, puis pour la Scuola Romana.
    Randonneur, aimant le rythme très lent de la découverte des lieux, je commençais peu à peu à marcher dans tous les coins de la région, dont, l'inévitable Montagne Sainte Victoire. J'en faisais des photos, comme ça, en passant, sans idée de projet ou d'exposition. Les années passèrent, je publiais les photos de la Réserve Géologique de Haute-Provence, du Jura, de l'Ardèche, de l'Aragon, puis un jour, des amis me convainquirent de réunir celles de la Sainte Victoire. Je découvris ainsi une série de photos toute en lumière très blanche. Marcher là-haut est une expérience de clarté absolue. C'est ainsi qu'est née «La montagne blanche». Aussi en hommage à Black Mountain, l'école d'artistes américains des années 50 à laquelle appartenait un bon ami à moi, le poète Robert Creeley. Face à la beauté de ce lieu, je décidais de rajouter quelques photos «de notre époque», en la photographiant depuis les trains ou voitures avec des symboles d'aujourdhui, poteaux électriques, autoroutes, fast-food...
    Telle est l'histoire de cette série. » Bernard Plossu

  • De 1965 à 1966, Bernard Plossu voyage au Mexique et ramène des images qui révolutionneront le monde de la photographie.
    Le livre Le retour à Mexico, à travers une centaine de photographies en noir et blanc inédites, relate son retour dans la capitale mexicaine en 1970. S'immergeant dans les banlieues, il immortalisera la vie sociale de ces quartiers défavorisés.

  • Hyères est une commune à la fois rurale, urbaine, littorale et insulaire.
    On passe chaque jour d'une dimension à l'autre et on s'y dépayse sans cesse. l'espace y est toujours ouvert et, à proximité de chez soi, on est aussi aux portes d'ailleurs. on doit à sa lumière l'expression côte d'azur. mais le chemin de fer, au xixe siècle, l'a évitée pour filer plus à l'est vers cannes et nice. elle a ainsi été épargnée par le béton, le fric et la frime. on peut encore savourer d'y être à l'écart du temps et goûter à sa beauté si étrange pour peu qu'elle apparaisse.
    C'est ce qui est arrivé à plossu.

  • À travers les photographies de ce livre, Bernard Plossu nous plonge au coeur d'un calme irréel, une nouvelle harmonie surprenante d'où se dégage un charme presque oriental. Paysages, scènes champêtres, des images qui nous renvoient au grand romantisme du XIXe siècle. Nous sommes contemplatifs face à cette grande nature : espaces dégagés, végétaux, arbres, animaux, poésie, magie, frontière, terre et eau. Sans oublier les hommes qui travaillent et façonnent ces endroits.
    Véritable «état des lieux» sensible des sites situés sur les rivages des lacs d'Annecy, du Bourget et du Léman, cet ouvrage reflète l'atmosphère si particulière des lacs de Savoie et de Haute-Savoie.
    Les photographies ont été réalisées pour le Conservatoire du Littoral, organisme qui a pour mission de conduire une politique foncière permettant d'assurer la conservation des sites naturels et de valoriser son patrimoine paysager.

  • Le voyage mexicain évoque le parcours du photographe Bernard Plossu au Mexique durant les deux années (1965 et 1966) au cours desquelles il a immortalisé la route, le voyage, l'errance, la recherche des autres, les sensations de liberté.
    Il y brosse un pays rêvé pour toute la génération beatnik. Ce périple dont les images furent publiées dans l'emblématique Voyage mexicain publié aux éditions Contrejour (1979), s'est imposé dans le monde de la photographie comme un témoignage d'une force et d'une poésie exceptionnelles.

  • Voilà 30 ans que Bernard Plossu déambule dans Marseille, se promenant à l'écoute du hasard.
    Il retient le flou des silhouettes, creuse les noirs et blancs rendus en contrastes. Photographier procède non pas d'une mise en scène artificielle mais d'une approche sensible par le pas de l'errance dans la ville. Il ne s'agit pas ici de dérober une image, ou trivialement « prendre une photo », mais de voir. « Sans style » dit-il, sans fard. Le geste du photographe est un instant vécu, en route, au coin d'une rue. Parfois le temps s'arrête : d'une fenêtre, cadre dans le cadre, on aperçoit un ferry. Plus qu'une « carte postale à la marseillaise », ce livre revient sur 30 ans de photographie de Bernard Plossu à Marseille - l'histoire d'une vie dans la Cité phocéenne.

  • Au commencement, il y a le cadeau d'un terrain sur les hauteurs d'Hyères, face aux Iles d'Or, propriété offerte par sa mère à Charles de Noailles pour son mariage - le 12 Février 1923 - avec Marie Laure Bischoffsheim. Qui sont-ils ? Un couple d'aristocrates encore riches. Que veulent-ils ? Se distinguer autrement. De là né leur projet de maison moderne à la pointe de l'époque, mais qu'un étrange destin frappera. Car à partir de 1923 et en moins d'un siècle, la Villa Noailles sera passée par tous les états possibles : la construction, l'extension, l'effervescence, l'éclat, les malentendus, la guerre, les mondanités, le déclin, la vente, l'abandon, la ruine, la restauration, la réutilisation. Et dans cet enchaînement plein de fatalité et de hasard, elle fut sauvée de la démolition par l'acquisition que la ville d'Hyères en fit in extremis lui conférant le statut imprévu de lieu public et historique. Aussi, comme dans un film accéléré, elle offre un rare spectacle des aléas de la vie, et sa fugitive aventure interroge l'architecture, l'art et la culture dans leur étrange rapport au temps et au monde.

  • Le texte est constitué d'une suite d'aphorismes portant sur un genre que les cinéphiles apprécient tout particulièrement, et qui a pourtant donné lieu à fort peu de publications : le road movie. Le choix initial a été de multiplier les approches, dans la mesure où ce « genre » se caractérise par l'extrême diversité des oeuvres qu'il regroupe. En effet, la notion de road movie a émergée en même temps que le « Nouvel Hollywood », à savoir à un moment où les cinéastes tentèrent justement de briser le système des « genres » classiques tel qu'il existait depuis les années trente.
    L'analyse se fait donc par petites touches et par éclairages successifs. En cela, l'écriture épouse la même structure que celle de nombreux films de route : celle d'une errance propice aux rencontres en tous genres. Anecdotes, analyses de séquences, rapprochements avec le western, éclairages philosophiques, parenthèses oniriques, comparaisons avec d'autres formes d'arts, citations de cinéastes : le lecteur est embarqué dans une balades buissonnière.
    Il a également la possibilité de décider librement de son parcours, puisque le livre peut aussi bien se lire en partant du milieu, ou même de la fin. Ainsi, le lecteur peut s'identifier au héros d'un road movie. La rencontre est sans aucun doute un des axes majeurs de ce texte composite. Or, comme si la genèse du livre faisait écho à son thème, ce projet a bénéficié d'une participation aussi précieuse et décisive qu'inattendue : celle du célèbre photographe Bernard Plossu.
    Ce dernier a en effet accepté que quelques unes de ses oeuvres inédites, inspirées autant par le voyage que par le cinéma, viennent offrir un contrepoint poétique aux aphorismes dont le texte est tissé.

  • Il est une infinité d'approches pour décrire l'Europe du sud.
    Celle de Bernard Plossu est un regard constant, fidèle sans doute à son propre imaginaire, proche aussi de notre perception quotidienne de ces contrées lumineuses, sauvagement gaies, infiniment pudiques, qu'une autre Europe pourrait appeler pauvre, criarde, oubliée.
    Ni puzzle, ni kaléidoscope, qu'elles soient d'Istanbul, de Grèce, d'Italie, de France, d'Espagne ou du Portugal, ces images-là ont un sens, une histoire commune, sans frontière, sans complaisance.
    Un recueil qui offre à chacun, à travers ce beau regard, la vision d'un patrimoine commun qu'on pourrait appeler la grâce.

  • « Dans le paysage provençal, avec souvent la réputation d'une mauvaise herbe, on la voit se balancer au vent sur les berges des rivières, le long des fossés au bord des routes ou, alignée en haie, aux limites des champs.
    Sans elle, le monde musical ne serait pas ce qu'il est et tous les instruments à anche seraient muets. Car c'est dans l'épaisseur de sa tige creuse qu'on taille justement cette lamelle appelée anche dont la vibration fera le son des clarinettes et des saxophones, des hautbois et des bassons : un petit bout de canne pour les arabesques lumineuses de Charlie Parker. De quoi méditer, en pensant au nez de Cléopâtre, la disproportion de la cause et de l'effet. Son nom botanique est arundo donax et c'est une plante herbacée de la vaste famille des graminées. Elle pousse dans les pays à la chaleur tempérée et principalement autour de la Méditerranée où, depuis l'Antiquité, elle sert à la calligraphie, à l'architecture, à la vannerie et à la musique.Mais partout on l'appelle « Canne de Provence » car c'est dans cette région de la France, et plus précisément dans le Var, qu'elle a trouvé la terre propice à l'expression de son génie musical en produisant une matière sans égale et d'une nature encore mystérieuse. » François Carrassan

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