Fayard

  • Princesse baroque, cosmopolite, fastueuse, démesurée en toutes choses, Christine de Suède (1626-1689) occupe une place singulière au panthéon des femmes célèbres.
    Elevée comme un homme par son père, l'illustre roi Gustave-Adolphe, la jeune Christine est déjà toute ambiguïté lorsqu'elle monte sur le trône des Wasas. Reine autoritaire et jalouse de son pouvoir, elle exerce une étrange séduction sur son royaume, le plus « excentrique » d'Europe, destiné à devenir, grâce au rayonnement de sa souveraine, l'un des centres les plus prestigieux de la vie intellectuelle. Mais après quelques années d'un règne épuisant pour la Suède, Christine se soustrait aux devoirs de la monarchie et décide d'abdiquer pour assouvir ses fantaisies, ses désirs, ses folies. Ivre de liberté, elle abandonne ses Etats et se livre à corps perdu aux démons de sa sexualité qui l'emportent, de favorites en favoris, dans une sorte de quête insatiable et désespérée.
    A travers une fresque de l'Europe au XVIIe siècle, Bernard Quilliet nous fait suivre pas à pas les errances de la reine, depuis cette Scandinavie frileuse et rigoriste qui l'a vue naître jusqu'à cette Rome splendide qui la verra mourir, en passant par les « ruelles » des plus célèbres Précieuses de Paris et les cabinets des plus illustres savants de son temps. A partir de textes originaux, cette biographie restitue ce personnage extravagant dont les contradictions ont scandalisé et fasciné ses contemporains.
    Professeur émérite à l'université de Paris-VIII, Bernard Quilliet est l'auteur de nombreux ouvrages historiques ; notamment, chez Fayard, Louis XII (1986), Le Paysage retrouvé. Essai sur le paysage historique (1991), Guillaume le Taciturne (1994), La France du beau XVIe siècle (1998), La Tradition humaniste (2002).

  • Il ne se trouve guère de périodes heureuses entre la fin du Moyen Age et le Grand Siècle : guerre étrangère ou guerre civile - qui souvent se conjuguent -, calamités météorologiques, famines, épidémies sont d'une terrible banalité aux Temps modernes. La France des années 1490-1560 n'en paraît que plus lumineuse au sortir d'un XVè siècle qui a connu à peu près tous les fléaux imaginables avant d'entrer dans la nuit des guerres de Religion avec leur cortège de massacres et de destructions. Sous les rois Valois Louis XII, François Ier et Henri II, plusieurs générations de Français ont connu sinon la paix un certain calme, sinon la prospérité une moindre crainte du lendemain, sinon la croyance au progrès une forme d'optimisme. De façon plus prononcée que dans le reste de l'Europe, la réorganisation de l'Etat, de l'armée et de la fiscalité, la stabilité politique, la quasi-absence de conflits sur le sol du royaume, la reprise démographique et jusqu'à la clémence du climat favorisent une amélioration du niveau de vie général. Tout indique d'ailleurs que les contemporains - et pas seulement les privilégiés, les lettrés, voire les chanceux - ont eu le sentiment de vivre un âge nouveau.
    La Renaissance en France, c'est bien entendu l'école de Fontainebleau et Ronsard, les Budé et Ambroise Paré, mais c'est aussi une indéniable joie de vivre et, partant, un regard différent posé sur le monde.
    Professeur émérite à l'université de Paris-VIII, Bernard Quilliet est l'auteur de nombreux ouvrages historiques, notamment, chez Fayard, de Louis XII (1986), et Guillaume le Taciturne (1994).

  • " Il n'est pas nécessaire d'espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer. " Cette devise célèbre et le surnom tout aussi célèbre de " Taciturne " représentent en général le peu que les Français savent de Guillaume Ier d'Orange, cet Allemand d'origine qui, devenu " Néerlandais " par les hasards de la généalogie et de la politique, est considéré comme le " libérateur " de sa nouvelle patrie.
    L'histoire des Pays-Bas étant plutôt mal connue en France, il arrive que l'on ignore que devait commencer avec lui une guerre dite " de Quatre-Vingts Ans ", à ranger parmi les grands conflits qui ont marqué l'évolution de l'Europe, comme par exemple celle de Cent Ans. Certes, le premier animateur de cette lutte devait disparaître prématurément et, à terme, sa victoire fut partielle. Mais le fait d'avoir osé résister au roi le plus puissant de l'époque, Philippe II, et à la meilleure armée du monde, celle de l'Espagne, tout en sachant respecter un idéal moral et chevaleresque, suffit à justifier la noble image qu'il a laissée dans l'Histoire.
    Professeur à l'université de Paris VIII-Saint-Denis, Bernard Quilliet, docteur ès lettres, est l'un des meilleurs spécialistes actuels du XVIe siècle en Europe. Il a publié, outre une thèse d'histoire sociale sur les officiers de la prévôté et vicomté de Paris aux XVe et XVIe siècles, une biographie de Christine de Suède ,(1982) un essai d'histoire-fiction, La Véritable Histoire de France (1993), Louis XII (1986), Le Paysage retrouvé (1991), et a collaboré à l'Histoire de la France urbaine.

  • L'humanité ne se nourrit pas que de pain ! Les affrontements permanents qu'a connus le monde chrétien depuis quinze siècles au moins (et on trouve quelques signes annonciateurs dans l'Ancien Testament) sur le péché et sur la grâce le montrent surabondamment. Si le Christ est mort sur la Croix pour racheter les péchés du monde, est-ce pour sauver toute l'humanité ?
    Le baptême, qui efface le péché transmis de génération en génération depuis la faute d'Adam, suffit-il pour faire le salut éternel de tous, ou bien Dieu opère-t-il entre les hommes un choix - une « élection » - en vertu de critères qui relèvent de Lui seul ?
    À peu près toutes les controverses théologiques qui ont agité le christianisme - occidental et dans une moindre mesure oriental - tournent depuis le IVe siècle autour de ces thématiques. On y trouve des figures illustres comme Augustin d'Hippone, Thomas d'Aquin, Luther, Jansénius, Pascal, mais aussi une foule de controversistes aujourd'hui bien oubliés, mais qui ont alimenté le dossier à leur façon.
    À lire la synthèse passionnante et vivante de Bernard Quilliet, on se prend à penser que l'Histoire est faite d'événements, de guerres, de conquêtes, mais aussi que les idées également peuvent provoquer le bruit et la fureur.

  • Honoré du titre de " Père du peuple " par ses sujets, hissé par les hommes des Lumières sur le même piédestal qu'Henri IV, Louis XII perdra tout son prestige au XIXe siècle sous la plume méprisante de Michelet, et son souvenir ne s'en relèvera pas; la mémoire collective et les historiens finiront même presque par l'oublier, en dépit de la durée relativement longue de son règne (1498-1515).
    Sait-on aujourd'hui qu'avant de subir des défaites en Italie _ on ne retient qu'elles _, Louis XII fut considéré par les rois d'Europe comme le plus puissant d'entre eux; qu'excepté Napoléon jamais souverain français n'a contrôlé _ brièvement, certes _ autant de territoires que lui? Sait-on aussi qu'une exceptionnelle période de stabilité politique, de modération fiscale, d'efficacité administrative, d'expansion économique, d'ouverture résolue aux courants intellectuels et artistiques les plus novateurs ont permis au royaume et à ses habitants d'entrer de plain-pied dans ce que l'on nomme la " Renaissance "?
    Pour tout dire, serait-il légitime de privilégier l'énigmatique Louis XI, le trop jeune Charles VIII (qui l'ont précédé) ou le flamboyant François Ier (qui l'a suivi) et de négliger cette large terra incognita qui les séparait jusqu'à présent?
    Professeur à l'université de Paris VIII-Saint-Denis, Bernard Quilliet, docteur ès Lettres, est l'un des meilleurs spécialistes actuels du XVIe siècle en France et en Europe. Il a publié, outre une thèse d'histoire sociale sur les officiers de la prévôté et vicomté de Paris au XVe et XVIe siècle, une biographie de Christine de Suède (1982), un essai d'histoire-fiction, La Véritable Histoire de France (1983) et a collaboré à l'Histoire de la France urbaine.

  • Argumentaire auteur : Professeur émérite à l'université de Paris-VIII, Bernard Quilliet est l'auteur de nombreux ouvrages historiques, notamment, chez Fayard : Louis XII (1986), Le Paysage retrouvé. Essai sur le paysage historique (1991), Guillaume le Taciturne (1994), La France du beau XVIe siècle (1994). Argumentaire livre : L'Antiquité grecque et latine n'a pas brusquement réapparu aux XVe-XVIe siècles après une interminable nuit médiévale. Elle a au contraire, avec le christianisme, nourri le Moyen Âge. Simplement on s'est mis, à la Renaissance, à la lire avec un esprit critique. Jusqu'à l'aube du XXe siècle, elle est restée une tradition extrêmement vivante, une référence commune à tous les peuples européens.

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