• Tiberius Claudius Nero naît en 37 de notre ère, arrive au pouvoir en 54 et meurt en 68, à trente et un ans. Dernier descendant d'Auguste, fils d'Agrippine, il est adopté par Claude, a Sénèque et Burrus pour conseillers, instaure un pacte social et politique ; sous son règne brûle Rome, sont persécutés pour la première fois les chrétiens, se trouve sans cesse révélée l'instabilité de l'Empire. Renversé par les militaires, il est contraint de se suicider. Ce ne sont pas ces seuls traits qui provoquent la passion. C'est la débauche, l'inceste avec la mère, le meurtre des deux épouses, les suicides imposés en série, la mise en scène d'un empereur en chanteur d'opéra, l'union avec les hommes. La figure de Néron a traversé l'histoire entière de l'Occident et inspiré au travers des siècles l'épigraphie, la numismatique, la littérature, l'art, et jusqu'au cinéma. Ce sont les péripéties de cette figure que retrace ici Donatien Grau. À l'interrogation "Qui est Néron ?", trop ambitieuse et finalement stérile du fait de l'absence de sources intimes, l'auteur préfère "Qu'est-ce que Néron ?", cherchant à démêler, plutôt que les bribes d'un savoir impossible, les fils d'une construction foisonnante et unique dans la tradition occidentale. Ce faisant, il ouvre un accès paradoxal aux arcanes de l'Occident, ses songeries les plus noires, comme ses rêves de lumière.

  • Puisant ses sources aussi bien aux origines de la pensée occidentale, de Platon à la Renaissance, que dans l'art, la littérature, la philosophie et les séries télévisées d'aujourd'hui, cet essai invite à repenser notre quotidien dans une époque où on n'a jamais autant lu et écrit- mais où, paradoxalement, les livres ne forment plus qu'une partie minoritaire de cette vaste bibliothèque à ciel ouvert qu'est notre monde.
     
    A rebours d'un pessimisme ambiant qui prêche la fin de la lecture, Donatien Grau rappelle l'omniprésence du texte dans notre vie  : sur internet, nos téléphones, nos ordinateur mais aussi sur les murs ou au travail. Difficile d'imaginer une journée sans lire...  Pourtant, enfermés dans notre univers digital, nous avons cru à la nouveauté radicale de notre temps. Un temps où la lecture et l'écriture seraient devenues le pré-carré de quelques professionnels. Il n'en n'est rien et tout l'enjeu de cet essai est de retracer l'histoire de ce malentendu, de revenir sur l'opposition stérile fixée par la tradition entre philologie et philosophie, et de mettre en évidence des cas contemporains de lecture hors des livres mêmes. Peut-être alors pourrons-nous de mieux appréhender le sentiment de perte, d'abandon, de désarroi qui s'est imposé dans nos existences. Une existence où la séparation entre haute culture et culture populaire n'a en soi plus de sens, mais où les grandes oeuvres demeurent.

  • La littérature française est connue, et critiquée, dans le monde entier, pour être une littérature du Moi.
    Que l'on mette en cause le narcissisme de ses écrivains ou que l'on loue la finesse de leurs analyses psychologiques, on n'échappe pas, dans l'examen de la création, à ce constat et à cette question.
    Or, à la légitimation de cette littérature conçue comme écriture de soi, un modèle a été donné : Marcel Proust. Et un moment fondateur a été assigné : le Contre Sainte-Beuve, ce recueil de textes publiés plus de trente ans après la mort de l'auteur d'A la recherche du temps perdu.
    Donatien Grau revient, ici, sur ce moment décisif et qui se révèle, à l'examen, plus trouble, paradoxal, mystérieux, que ne l'ont dit des générations de commentateurs. En rouvrant ce dossier que Proust avait gardé secret, en déployant toute son énigmatique complexité, il ouvre la voie à un renouvellement d'ensemble de notre pensée sur la littérature.

  • Throughout modernity there has been a clear divide between art and commerce. Objects could either be consumed as commerce or contemplated as art. Today, as museums are facing increasing financial pressure and as stores have become inventive locations for new modes of display, this clear divide has begun to dissolve. There is one place that represents a key stage in this evolution: 10 Corso Como. It was founded in Milan, at that very address, by fashion editor Carla Sozzani and has since expanded to Seoul, Beijing, Shanghai, and New York. The name "concept store", which has now spread across our globalized world, was originally coined to describe this new form. This book is the first philosophical inquiry into this new form of store and it sheds new light on how categories that have governed our modern lives, such as commerce, art, fashion, and museum, are being redefined today.

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