• Est-il encore possible de parler de politique sans perdre son calme ? De débattre sans se battre ? En chroniquant la vie politique chaque matin sur France Culture, Frédéric Says croque les travers de notre époque sur époque.

    8h16. " Bonjour Guillaume, bonjour à tous... " Un rendez-vous et un rituel. Le " Billet politique " est l'occasion d'échapper aux engouements de l'instant, au culte de l'immédiateté. Il s'offre aussi le luxe de la nuance. Dans un écosystème médiatique souvent confondu avec une arène, la pondération est un refuge pour celles et ceux qui refusent d'être enfermés dans des débats binaires.

    De 2016 à 2021, Frédéric Says a analysé avec finesse les rebonds de notre vie politique. En quelques années, le " nouveau monde " a perdu de sa superbe. Les élus locaux, les mouvements citoyens, les scientifiques ont gagné en influence. Les réseaux sociaux sont devenus des acteurs publics tandis que les discours politiques - signe de leur impuissance - ont été envahis de formules creuses : " la société civile ", " les territoires ", " j'assume "...

    C'est cette métamorphose, entre hier et aujourd'hui, entre le " dire " et le " faire ", que ce livre se propose de disséquer, avant la prochaine élection présidentielle. Avec la volonté d'éviter deux écueils : une vision trop clémente ou une posture de la critique permanente.
    Un billet politique sur le fil matinal, c'est un exercice d'équilibrisme.

  • Le vrai pouvoir du ministère des Finances Le ministère de l'Economie et des Finances est l'un des plus puissants de la République, mais aussi l'un des plus secrets. Pendant deux ans, les auteurs sont partis en exploration dans ses 42 kilomètres de couloirs austères. Nourri d'une soixantaine d'entretiens confidentiels, leur livre révèle pour la première fois les coulisses de cette forteresse. Ils ont interrogé ministres, anciens ministres, hauts-fonctionnaires, acteurs de l'économie réelle et lobbyistes.
    Qui gouverne vraiment ? Le ministre, l'administration, l'Europe ou les lobbys ? Ils ont assisté à la genèse tourmentée de l'imposition à la source et révèlent celle, avortée, de la privatisation de la Française des jeux, bloquée par un seul fonctionnaire. Ils ont cherché la marge de manoeuvre réelle dont disposent les ministres face à une Europe tatillonne. Ils ont recueilli les récits des rivalités, des conflits, des ambitions et des petits (ou gros) arrangements fiscaux, tel cet écrivain célèbre souhaitant faire exonérer les dons à son amie et qui a obtenu que son dossier soit examiné directement par les conseillers du ministre.
    Ils ont découvert la puissance des " services de Bercy " qui incarnent la continuité, au risque de l'immobilisme. A chaque alternance le nouveau ministre se voit ainsi remettre par l'administration un cahier contenant les réformes à engager. "Que le ministre soit de gauche ou de droite, ce cahier est le même à quelques lignes près. Ca va faire hurler vos lecteurs", raconte un ancien directeur du Trésor.

  • Les manuels de stratégies se réfèrent principalement à des théories de la concurrence qui remontent à l'analyse industrielle de porter. or, dans le domaine du management stratégique, les modèles et cadres d'analyse de la concurrence ont été profondément renouvelés ces vingt dernières années.
    L'objectif de ce livre est de rendre accessible aux étudiants ces nouveaux concepts que sont les stratégies de rupture, les stratégies de coopétition, la compétition multi-point, etc., qui leur permettront de mieux comprendre les grandes décisions stratégiques (eads, fusion edf/gdf). la présentation des modèles est illustrée par des cas dans chaque chapitre. cet ouvrage collectif regroupe les contributions de spécialistes reconnus, enseignant dans diverses écoles et universités françaises.

  • Dans son introduction, Seamus Deane décrit l'esprit "Field Day" comme une recherche de l'identité irlandaire, si longtemps occultée par le colonialisme. Il montre que le sectarisme religieux de l'Irlande du Nord résulte de l'interaction qui s'exerce entre les stéréotypes du pays colonisateur et ceux du pays colonisé. pour Terry Eagleton, les politiques d'opposition, qu'il s'agisse du combat nationaliste, de la lutte des femmes pour affirmer leur identité ou du concept de classe sociale, ne peuvent exister sans leurs adversaires historiques et fonctionnent sous le signe de l'ironie. Toute politique d'émancipaption doit commencer par une prise de conscience de sa propre identité, mais doit dépasser ce stade ; la spécifique doit s'ouvrir à l'universel. En s'appuyant sur deux classiques de la littérature anglaise, ou plus largement britannique - "Le Legs de Mrs. Wilcox" d'E. M. Forster et "Ulysse" de J. Joyce - Frederic Jameson montre que la littérature dicte de la modernité dont il est couramment admis qu'elle est caractérisée par des préoccupations d'innovation formelle qui en écartent apparemment tout contenu et toute signification politiques, est en réalité intimement influencée dans sa structure et ses formes par ce vaste phénomène historique qu'est l'impérialisme. Edward Said classe Yeats parmi les "grands artistes nationalistes de la décolonisation et du nationalisme révolutionnaire". Il a en commun avec les écrivains des Caraïbes et certains écrivains africains d'utiliser la langue du suzerain colonial et il est déchiré entre son nationalisme irlandais et l'héritage culturel anglais. Ses plus grandes oeuvres de décolonisation imaginent la naissance de la violence ou la naissance violente du changement, comme dans "Léda et le Cygne", Said perçoit des ressemblances entre sa poésie, celles de Darwish et de Neruda.

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