• Monsieur Incapable est venu au monde avec un poil dans la main et une incapacité à réaliser quoi que ce soit de positif et de fructueux. Cet inadapté chronique refuse de travailler et de s'impliquer dans la société.
    Sa religion n'a qu'un dogme : le salut de la planète viendra des flemmards et des incapables.
    Il vit tantôt dans un dortoir caritatif, tantôt dans un grenier, comptant sur l'affection d'amis comme Raymond, un SDF philosophe, Mamamé de Clignancourt, la reine du pilaf, Fantine, amoureuse de l'amour, Adeline, une petite poétesse de rue... Malgré lui, il se trouve enrôlé dans des aventures absurdes qui le dépassent. Avec une bande d'anarchistes, il s'attaque au siège du patronat, échappe à la prison, n'échappe pas à un psy déprimé et à une infirmière délirante, avant de se faire élire à la tête du pays avec pour programme l'Incapabilisme : « Ne rien foutre, se la couler douce ».
    Au moment où le Travail et l'Effort seraient sur le point d'être vaincus, Wall Street et sa mafia renvoient impitoyablement Monsieur Incapable à sa vocation première : glander.
    Ce roman extravagant et nihiliste, dans la lignée d'Alfred Jarry, se moque joyeusement des valeurs productivistes de nos sociétés où l'on « s'use la santé au boulot pour gagner un fric que l'on s'empresse de dépenser d'une façon conne ou ignominieuse gagée sur la sueur de gamins bossant pour trois roupies. » Alors que la production et la consommation frénétiques ravagent la planète, l'Incapabilisme est-il la philosophie adéquate de notre temps ? L'auteur n'a aucune illusion, son espoir n'est pas politique, mais comique. S'il fait rire les lecteurs, le reste lui sera pardonné.

  • Georges Picard n'est pas un écrivain des modes et de l'air du temps. Sa pensée est dissonante par rapport aux tendances actuelles, dogmatiques et tapageuses. Dans L'Obs (29/11/2018), Jérôme Garcin le décrit ainsi :
    « Picard poursuit, sans s'épargner, sa grande entreprise de désabusement, commencée il y a trente ans. Ce moraliste facétieux écrit comme Sempé dessine, avec un humour et une élégance qui défient notre époque cha- grine et vulgaire. Il résiste. » Dans les Petits essais de pensée dissonante, les lecteurs retrouveront ou découvriront cet esprit allègre qui refuse le sectarisme et préfère encore l'ironie du paradoxe au confort des certi- tudes.
    Les trente et un sujets abordés dans ce livre sont en quelque sorte intemporels, bien qu'ils résonnent souvent avec l'actualité. Ce sont des réflexions très personnelles sur l'indignation, la gaieté, la tristesse, le men- songe, l'imbécillité, la clarté, la solitude, la poésie, la musique, la nature, les animaux, le sacré, l'âme..., autant de thèmes qui sont « des croisées de chemins de mon monde intérieur » comme dit Georges Picard. Les lecteurs pourront se les approprier comme des occasions de suivre leurs propres pensées avec, contre ou indépendamment de l'auteur.
    Avec ce vingt-cinquième livre (tous publiés aux Éditions Corti), Georges Picard poursuit son oeuvre dans la grande tradition des es- sayistes dans le sillage de Montaigne.

  • Cher lecteur

    Georges Picard

    • Corti
    • 5 Octobre 2017

    Dans Cher lecteur, Georges Picard rend un vibrant hommage à deux de ses passions : passion de lire et passion d'écrire. Cer- taines des plus belles journées de son existence, passées à lire, à rêver, à méditer, il les doit à d'innombrables écrivains, célèbres ou peu connus, dont quelques auteurs réputés « confidentiels » qui ont, plus que d'autres, su faire vibrer leur vie dans leurs livres :
    Benjamin Fondane, Georges Perros, Jean-Claude Pirotte...

    «Tandis que nous vieillissons, le temps se resserre autour des vraies nécessités. Je ressens le besoin d'aller au coeur des choses, d'arracher à la vie ce qu'elle m'a caché jusqu'à présent, afin d'en savoir un peu plus sur son infinie complexité. Ce que l'expérience vécue m'a refusé, certains livres peuvent me l'offrir, et c'est pour- quoi j'ouvre généralement un nouveau volume prometteur dans un état d'attente et d'espérance qui n'aspire qu'à être comblé. »

  • Le nomade entravé

    Georges Picard

    • Corti
    • 4 Octobre 2018

    Sortir de ses routines, ne cesser d'aller « ailleurs » : tel est le sous-en- tendu de ce roman dont les péripéties et le ton ironique laissent entre- voir la profondeur de l'éternel dilemme humain : partir ou pas.
    Le narrateur, « nomade entravé », est fixé depuis quatre mois dans une petite ville portuaire qu'il ne parvient pas à quitter. Pour sortir de cet attentisme, il consulte un psy qui lui conseille d'écrire un pamphlet à la Cioran susceptible de le purger de ses humeurs. Un vieil écri- vain local, alcoolique et pittoresque, mystérieusement engagé dans une oeuvre incompréhensible, essaie de l'en dissuader au nom de la pureté littéraire : l'écriture, la vraie, ne doit pas soigner, mais tuer l'écrivain, le vider complètement. Hésitant, sceptique, le narrateur tergiverse sous le regard amusé de Solène, une voisine, et sous les quolibets de ses com- pagnons de bistrot. Sa rencontre avec des migrants africains, essayant envers et contre tout de passer en Angleterre, va redéclencher en lui le goût de l'action et l'ardeur du départ.
    Dans ce récit, le lecteur retrouvera le ton si personnel de Georges Picard, « écrivain de la distance intérieure ». Comme l'a écrit Michel Camus : « Son humour est d'autant plus implacable qu'il est secrète- ment fondé sur un art de s'ouvrir les abîmes. »

  • Retiré dans un village de la Beauce profonde, le narrateur écrit à un ami qu'il n'a pas revu depuis quinze ans. Dans cette lettre peu conventionnelle, il lui confie ses colères, ses rires et son scepticisme vis-à-vis des valeurs artificielles d'une société où personne n'est jamais content, où chacun veut tout et son contraire, faute de comprendre qu'il n'y a pas de vie idéale, seulement des arrangements.
    Ce moraliste sans catéchisme aime Baudelaire, Georges Perros, Jean-Claude Pirotte, écrivains qui ont, comme lui, un sentiment mélancolique de l'existence. Son goût pour les idées paradoxales, les apories psychologiques et les traits d'ironie donne à sa lettre le piquant d'un pamphlet et la nonchalance d'un art discret de vivre.

  • « Pour être au clair avec soi-même, pour savoir de quoi sa propre pensée est réellement capable, l'épreuve de l'écriture paraît cruciale. Peut-être publie-t-on trop, mais il n'est pas sûr que l'on écrive suffisamment. Tout le monde devrait écrire pour soi dans la concentration et la solitude » Dans cet essai très personnel, Georges Picard part du désir de l'écriture comme « désir de se découvrir autant à soi-même qu'aux autres » pour développer sa conception du travail de l'écrivain, de la lecture et de la littérature. Il défend l'idée d'une littérature exigeante, libre, sourde aux sirènes du marketing et de la publicité, assumant crânement sa marginalité à une époque où sont privilégiés les livres conformes aux standards d'une lecture fluide, rapide et immédiatement digeste. « Aujourd'hui, la littérature est entrée en résistance contre un ennemi qui n'a pas de visage, qui n'a que l'identité vague et grise de l'indifférence. Cela ne doit pas décourager la passion d'écriture, au contraire. C'est justement parce qu'il n'y a rien à attendre du médiatique et du social en général, qu'écrire ressemble de mieux en mieux à une vocation désintéressée. »

  • Ce livre n'est pas un traité de philosophie. L'auteur y pense comme il veut sur le fait de penser comme on veut : « Le plaisir de penser me semble provenir d'une impression de liberté intérieure, encore plus que de l'espoir d'établir des vérités. Les idées valent par elles-mêmes quand on en a le goût. Toutes n'appellent pas l'approbation ou le rejet. Quand elle n'est pas sollicitée par une question pressante, la pensée a la gratuité d'une activité esthétique, et c'est sans doute ce qu'elle est, indépendamment de sa qualité intrinsèque. Un peu comme le plaisir de marcher, de courir, de siffler, de chanter ; comme tout dégourdissement physique ou mental motivé par l'amusement d'exister. » Georges Picard défend l'idée que la vitalité de la pensée vaut autant que les conclusions auxquelles elle aboutit. Renouant avec l'esprit dilettante symbolisé par le Neveu de Rameau (« Mes pensées, ce sont mes catins »), il penche pour une conception désillusionnée mais dynamique de la pensée. « Les théoriciens qui ont la prétention de nous faire croire à la nécessité des idées qu'ils défendent, alors qu'elles sont au plus judicieuses ou originales, que leur pertinence est celle d'une logique singulière, donc arbitraire, jouent avec notre crédulité de lecteurs assoiffés de belles histoires. La jouissance de penser ne suppose pas une fidélité éternelle à ses opinions. » Georges Picard a publié vingt livres aux éditions Corti dont De la Connerie, Petit traité à l'usage de ceux qui veulent toujours avoir raison, Le philosophe facétieux, L'hurluberlu ou la philosophie sur un toit.

  • Du bon usage de l'ivresse

    Georges Picard

    • Corti
    • 9 Septembre 2005

    « Il faut être toujours ivre. Tout est là : c'est l'unique question » selon Baudelaire. Qui n'est jamais sorti de l'enclos de la sèche sobriété n'a qu'une connaissance étriquée de la vie et de lui-même. Il faut oser les expériences qui nous portent aux limites de la conscience, car l'ivresse est aussi un mode exaltant d'appréhension du Réel, comme l'ont montré jadis les poètes chinois et les mystiques persans, amateurs de poésie et de vin. Le secret en serait-il perdu dans nos sociétés partagées entre l'euphorie artificielle des rave-parties et la prophylaxie maussade des hygiénistesoe « Sans chimères et sans ivresses, la vie ne connaîtrait que des passions tristes » affirme l'auteur. Ce livre réhabilite une conception intimiste des ivresses maîtrisées, qu'elles soient ivresses du vin, de la mystique ou de la poésie, ivresse des sens ou ivresse de l'esprit.

  • Révulsé par une société qu'il juge débile et décervelante, le personnage de ce livre assume sa réputation d'hurluberlu : " Comme le monde serait ennuyeux si on se contentait de le prendre au pied de la lettre ! J'ai toujours pensé qu'il fallait dépayser les choses pour se dépayser soi-même. " Il le fait ardemment, avec la conscience ironique et aiguë d'être ce qu'il est, un rêveur philosophe en rupture avec les routines sociales.

    Pendant quelque temps, il vit sur le toit d'un immeuble parisien où il installe un matelas mousse, un duvet, un réchaud à gaz et quelques livres dans une caisse en guise de bibliothèque. " Ma parole, je crus bien avoir trouvé ma vraie place dans cette vie. " Sa compagne Janina, son ami dadaïste Getty, le professeur Schuzmeyer directeur d'une clinique psychiatrique, et divers personnages de rencontre dont le pittoresque alimente sa bonne humeur, lui fournissent la clé de sa philosophie : " Un individu qui ne revendique pas sa nature profonde de clown est perdu pour moi. Car il y a pire que le clown, il y a l'homme sans lucidité intérieure. "

  • Le vagabond approximatif

    Georges Picard

    • Corti
    • 22 Février 2001

    De la Beauce aux Cévennes, l'auteur égrène rencontres, souvenirs et méditations au cours de pérégrinations à travers les campagnes.
    Marcheur infatigable mais sans exploits, ami des chats, des oiseaux et des compagnons de rencontre, il accorde à l'errance la valeur symbolique d'un mode d'être et de penser. Un vagabondage mêlant réalité et imagination, dont notre marcheur revendique le caractère d'improvisation joyeuse : " Si les gens ne comprennent pas toujours ce qui motive mon cheminement incertain, trop erratique et désinvolte pour ressembler à une expédition sportive, trop obstiné pour être identifiable à une promenade touristique ou hygiénique, ils me prennent grosso modo pour ce que je suis : un marcheur.
    Ni maraudeur (on me tirerait dessus), ni randonneur patenté (on me soutirerait des compliments sur les beautés régionales et la supériorité touristique du département sur ses voisins). Cela me va bien, cette espèce d'entre-deux étant conforme au caractère gentiment aberrant de mon voyage ".

  • L'obsession de Flaubert, les virulences de Rimbaud, de Léon Bloy, de Dada dénonçant la bêtise bourgeoise font partie de l'histoire littéraire et de celle des mentalités? Mais la connerie ? Le sujet reste bizarrement sous-exploité. Par une sorte de fausse pudeur, on le cantonne dans les départements périphériques et bas de l'esprit. Réfléchir sur la connerie, peut-être, mais à condition de mettre des gants et de s'essuyer les pieds en sortant.
    Pourtant la connerie est un sujet profond, multiforme et universel, indissociable de la condition tragique et dérisoire de l'espèce humaine. Il ne relève qu'accessoirement de la plaisanterie et de la polémique, que ce petit essai, du reste, ne cherche pas à éviter. Il y a ce qu'il faut de rire et de mauvaise foi dans ces pages pour dérouter les tâcherons du discours en trois points. Car, à l'encontre de ce qui st généralement admis, l'auteur soutient que la Raison n'est pas l'ennemie jusrée de la connerie, qu'il existe entre elles une connivence, que la Raison est conne, au moins dans un certain usage grossier de ses pouvoirs. Contrairement à la bêtise, cette marche loupée de l'intelligence, la connerie déborde notre pouvoir de lucidité. Monsieur Teste pouvait prétendre : la bêtise n'est pas mon fort ; il n'aurait pas pu en dire autant de la connerie.

    J'écris sur la connerie, sans doute pour conjurer la mienne à travers l'évocation de celle des autres, admet l'auteur. Comme aurait pu dire Sartre : si je range l'impossible Salut au magasin des accessoires, que reste-t-il ? Un con fait de tous les cons et qui les vaut tous et que vaut n'importe quel con.

  • " seuls les naïfs peuvent croire qu'une discussion vise à résoudre un problème ou à éclaircir une question difficile.
    En réalité, sa seule justification est d'éprouver la capacité des participants à désarçonner leur adversaire. l'enjeu n'est pas de vérité, mais d'amour-propre. le beau parleur l'emporte sur le bafouilleur, le téméraire sur le timide, le fonceur sur le scrupuleux. etre de bonne foi équivaut à additionner les handicaps, le scrupule s'ajoutant à la circonspection pour alourdir la langue. qu'est-ce que la bonne foi ? une conduite d'échec, un véritable suicide.
    " en soixante-trois chapitres, ce petit traité développe différentes facettes de l'art difficile d'avoir toujours raison, quels que soient l'adversaire, les circonstances ou l'objet de la controverse. comme l'explique georges picard : " ce qu'il importe de retenir, c'est qu'un bon cerveau n'est rien sans une bonne technique, et que l'on peut apprendre à avoir raison sur un sujet donné comme on apprend l'anglais ou la chimie organique.
    " il est de fait que le monde, en tout temps et en tout lieu, ne court qu'après un objectif : avoir toujours raison. les lecteurs qui s'aventureraient à contester ce point de vue ne feraient, du reste, qu'apporter de l'eau au moulin de l'auteur, trop content d'avoir raison contre eux à si bon compte.

  • L'humoriste

    Georges Picard

    Un humoriste gai comme une porte de prison. Un original qui cultive sa laideur, ce qui ne l'empêche pas de plaire aux femmes. Un collectionneur de miroirs obsessionnel et mégalomane. Une amoureuse qui confond ses amants entre eux. Une mythomane géniale. Un clown métaphysique. Trois jeunes femmes délurées qui sèment la terreur dans un village. Un roi, intoxiqué par les sermons de Bossuet, qui s'enfuit de son palais pour devenir mendiant...
    Telles sont quelques-unes des figures que l'on croisera dans ces pages où l'ironie côtoie la poésie, et le tragique l'humour débridé. Soit, au total, soixante dix-huit histoires et portraits, subtils et percutants, ciselés à la pointe fine par l'auteur de De la Connerie et du Petit traité à l'usage de ceux qui veulent toujours avoir raison.

  • Dans cet essai d'autobiographie circonspecte, Georges Picard tâche de dégager les traits marquants d'une personnalité confrontée dès sa naissance à l'agressivité d'un monde peu disposé à l'accueillir. " Le sentiment m'habita très tôt de ne pas vivre tout à fait dans le même monde que la majorité des personnes qui m'entouraient, en maison d'enfants, au lycée, plus tard dans la société. Nous n'avions ni les mêmes antennes, ni les mêmes récepteurs émotifs et intellectuels. Le quiproquo était permanent. Pour y échapper, je sondais chez autrui la capacité de s'émouvoir pour ce qui me touchait le plus, et que je peux résumer par une généralité : un certain goût de l'aventure intérieure, ce qui supposait le mépris ou l'indifférence vis-à-vis de ce que l'on prétend le plus réel, l'utilité, l'efficacité, la matérialité de l'action quotidienne ramenée à son niveau le plus prosaïque. " Élevé dans une pension d'accueil pour les enfants juifs de l'après-guerre, l'adolescent devra à la lecture et à la musique les moments de grâce d'une jeunesse sauvée par un idéalisme revendiqué et provocateur, dans un milieu où la survie sociale était la principale urgence. Ce livre de confidences et de réflexion, écrit dans des registres contrastés - cocasse, ironique, mélancolique ou grave -, tente le portrait psychologique d'un garçon par le double versant de vérités intimes (dessinant la cartographie d'un monde intérieur) et d'engagements collectifs (guerre d'Algérie, Mai 68). Mais il est aussi une méditation sur l'improbabilité de cerner de façon rigoureusement cohérente toute identité individuelle. " Hors tout mysticisme, je tiens à l'idée que la vie de chacun est une énigme et, bien sûr, d'abord pour lui-même (...). Ce que peut espérer de mieux celui qui s'autobiographie, c'est de moins bien se comprendre après qu'avant, en étant plus près du noyau brumeux de son être."


    Du même auteur chez José Corti : Histoire de l'illusion, 1993 ; De la connerie, 1994 ; Du malheur de trop penser à soi, 1995 ; Le Génie à l'usage de ceux qui n'en ont pas, 1996 ; Tout m'énerve, 1997 ; Pour les yeux de Julie, 1998 ; Petit traité à l'usage de ceux qui veulent toujours avoir raison, 2000 ; Le Vagabond approximatif, 2001 ; Crème de crimes, 2002. ; Tous fous, 2003 ; Le Bar de l'insomnie, 2004 ; Du bon usage de l'ivresse, 2005 ; Tout le monde devrait écrire, 2006.

  • Le Réel, c'est l'évidence même.
    Mais c'est aussi un objet impossible à penser. A travers quarante deux variations d'inspiration philosophique ou poétique, le Réel est interrogé et sondé, dans sa globalité métaphysique comme dans ses détails concrets, jusqu'à montrer qu'il n'est jamais cette évidence que l'on croit. Ce livre constitue un exercice de vertige et d'humour. Il n'est pas destiné à remettre les idées en place, mais plutôt à les chambouler.

  • Philosophe facétieux

    Georges Picard

    • Corti
    • 21 Août 2008

    Un philosophe peut-il être facétieux, c'est-à-dire farceur, moqueur, espiègle ? Tel est, en tout cas, le personnage de ce livre qui porte sur la philosophie un regard impertinent. Aux systèmes doctrinaires, il préfère " la philosophie souillon mais vivante, approximative mais fébrile, voire légèrement déglinguée " telle qu'il l'improvise avec ses amis autour d'une bouteille de bonne année. " Au diable les théories absconses qui font de la philosophie une théologie jargonnante ! Nous sommes saturés de concepts et de dictionnaires, et de résumés de doctrines (encore un joli mot ! ) " Aimant rire autant que philosopher, notre disciple de Diogène forme avec ses copines et ses camarades un groupe voué à l'amitié, à la philosophie et à l'amusement. La cible de leurs canulars : la fatuité de certains " grands penseurs " qui cachent des idées banales ou inconsistantes derrière un hermétisme indigeste. Car, pour nos amis, la philosophie est moins une discipline qu'une façon " d'être en osmose avec le monde, en appétit et en éveil permanents par rapport à ce qui engage le plus profondément notre vitalité intellectuelle, spirituelle et affective. L'hygiène de l'esprit exige aération, clarté et réactivité. Je ne comprends pas qu'on ne se rende pas disponible à l'idée qui passe et déroute, à l'étrangeté cachée du sens qui foisonne sous les plus banales observations..." Un livre vif, tonique, joyeusement iconoclaste.

  • Tout m'énerve

    Georges Picard

    • Corti
    • 27 Août 1997

    Chaque matin, la presse nous apporte son lot de nouvelles monstrueuses.
    La mort et la souffrance d'un côté, la tyrannie et la corruption de l'Autre. Volontairement ou non, les hommes choisissent presque toujours le pire. Et il faudrait garder son sang-froid ; accepter avec philosophie l'amoncellement de l'horreur quotidienne et l'encerclement de la sottise ! Les occasions encore des optimistes glorifier la bonté du monde. Dans le détail, le monde n'est d'ailleurs pas si moche : c'est la vue d'ensemble qui gâte tout.
    S'énerver, dira-t-on, la belle affaire...La culture de l'énervement est, en effet, un programme un peu court pour diriger une existence. Ce n'est pas en tapant du poing sur la table ou sur le pif du voisin que l'on risque de s'ouvrir une voie vers le bonheur. Il ne faudrait pas croire que l'auteur soit inconscient au point d'ériger la tension nerveuse en principe positif de vie. Pourtant, il ne peut se défendre contre l'impression de tenir là quelque chose d'intéressant.
    Héraclite disait déjà que tout advient par discorde. En tant que posture éthique, l'énervement pourrait avoir sa place parmi les attitudes recommandables. Dans ce livre, Georges Picard énonce quelques-uns des faits majeurs ou mineurs qui provoquent chez lui la révolte ou le ricanement agacé : l'aliénation du travail salarié subi, la toute-puissance des technoscientistes et des économistes, le fanatisme du sport patriotique, l'obnubilation télévisuelle, l'arrogance intellectuelle et , par dessus tout, l'irrésistible penchant humain pour le malheur.
    L'énervement , au fond, une façon d'exposer, par le biais de l'humeur, une sorte de philosophie réactive de l'existence qui s'achève quand même sur un sourire.

  • Ce journal est tenu par un homme encore jeune, coursier de son état, en concurrence avec son ami Vasco pour séduire Cymbeline, la fille qui habite au-dessus de chez lui.
    Séducteur maladroit et exagérément imaginatif, il fait de cette rivalité un prétexte pour satisfaire son penchant à l'ironie et son goût de la dérision souriante. Il a pour confidents de ses humeurs monsieur Tho, un cordonnier vietnamien qui parle à peine français, Djahid, un jeune " sans papiers " coursier le plus rapide de Paris, un vieux lion du zoo de Vincennes et un chat errant. Mélange d'humour et de mélancolie existentielle, ce livre donne au monde un air poétique, un peu désabusé, à mi-chemin entre le sentiment d'irréalité illustré par un Fernando Pessoa et la fausse ingénuité d'un Robert Walser.

  • Tous fous

    Georges Picard

    • Corti
    • 15 Mars 2003

    " Les hommes sont si nécessairement fous que ce serait être fou par un autre tour de folie de n'être pas fou " écrit Pascal.
    Pensée profonde, d'une actualité éternelle, qui n'a peut-être pas été suffisamment prise au sérieux, tant il est vrai que malgré l'accablante accumulation des signes de la folie humaine, nous continuons à nous croire plutôt raisonnables. La cause de cet aveuglement s'explique aisément si l'on répond à la question : qui est fou ? Le fou, c'est l'Autre, évidemment. Il est presque excitant de voir avec quelle habileté l'homme dénonce l'homme, et chaque parti, le parti adverse.
    L'une des grandes faiblesses humaines est l'incapacité d'observer ceux que l'on estime fous avec des yeux qui leur accordent un tant soit peu de raison, ou de s'observer soi-même par les yeux de ses fous sous l'angle où eux-mêmes ne s'admettent pas fous. La Folie, jadis bénéficiaire de l'Eloge ironique d'Érasme, a été la cible privilégiée des rationalistes et des psychanalystes. Bien qu'elle ne soit plus à la mode aujourd'hui, clans un monde imbu de lui-même, car persuadé qu'il détient les formules de toutes les réussites, tant scientifiques que morales, Georges Picard trouve encore à la Folie la vertu réjouissante de troubler les bonnes consciences et de titiller la Raison dans son usage dogmatique.
    D'où l'idée de créer un Club de la Folie Conséquente dans lequel seraient admis tous les fous lucides désireux de tirer les conséquences pratiques de leur état. On y marcherait sur la tête, on s'y tirerait la langue devant des miroirs et, surtout, on y philosopherait à la bonne franquette, sans prétention et sans parti pris, un verre à la main. Les quarante-quatre chapitres de Tous Fous constituent un échantillon possible de ces échanges.

  • Le bar de l'insomnie

    Georges Picard

    • Corti
    • 21 Février 2004

    Trois personnages, deux hommes, une femme, se retrouvent somnambuliquement, soir après soir, dans un bar.
    Soustraits à la routine immémoriale du rythme biologique, ils ne dorment plus. Ils sont passés du côté des fantômes, traversant les nuits sur le qui-vive et les jours au jugé. Charlie, le barman manipulateur, Erda, la maîtresse paradoxale d'un amant qui dort toujours, et le narrateur, errant pendant la journée dans Paris sous le coup d'une confusion mentale qui lui fait perdre jusqu'à son identité, forment, selon son expression, une sorte de " triade mythologique " Quelle farce ! Je riais jaune en imaginant qu'il existait une probabilité pour que nos existences restent unies à jamais, figées dans une insomnie transcendantale.
    L'Insomnie est ici la matrice d'un récit ironique où le narrateur partage une amitié muette avec un Vampire, des coups avec des passants et des propos désabusés avec ses compagnons de bar, dans l'attente d'une révélation sur le sens de cette veille perpétuelle.

  • Sur commande
  • Pour les yeux de Julie

    Georges Picard

    • Corti
    • 17 Septembre 1998

    Pour déclarer sa flamme à Julie, Choiseul a mis le feu à un immeuble et causé l'idignation d'une poignée de malchanceux qui se trouvaient sur les lieux.
    Mais cet exploit ne suffit pas à la jeune femme. " je me donnerai à toi dit Julie à Choiseul, le jour où tu m'auras vraiment épatée. " Comment Choiseul va-t-il s'y prendre ? Dans ce petit roman qui se moque de la logique et du sens commun, les personnages, tous fous, pourraient sortir d'un film des Marx Brothers : un juge au gros pif qui mange des cravates en soie et fait chanter les hommes politiques, un Irlandais incombustible, insubmersible et blindé au whiskey, une actrice timbrée de son César dont elle ne se sépare jamais, même dans son bain ou en faisant l'amour, une secrétaire espionne à l'oreille hypertrophiée à force d'écouter aux portes, une prostituée sénégalaise qui prépare un diplôme de cryptographie, plus d'autres personnages aussi pittoresques que déjantés...
    Bref, tous piqués - l'auteur lui-même ne se sentant pas très bien. Sa seule excuse : faire rire. S'il y parvient, il lui sera beaucoup pardonné.

empty