L'artilleur

  • Emmanuel Macron l'avait promis : avec lui, nous entrerons dans le Nouveau Monde. Les Français l'ont cru. Fini le copinage, les combines et les affaires. Nous aurons une République apaisée. La morale sera de retour.
    Deux ans et demi plus tard, qu'ont vu nos concitoyens ?
    Les démissions fracassantes de François Bayrou, Gérard Collomb et Nicolas Hulot, les opérations immobilières de Richard Ferrand, le ton méprisant de l'ambitieux Benjamin Griveaux, les festins de M. de Rugy et les liaisons sulfureuses d'Alexandre Benalla... Tout cela, sur fond de suppression de l'ISF, d'abaissement du rôle du Parlement, de privatisations et de future réforme des retraites aux contours de plus en plus flous.
    Mais pour Macron, le Peuple ne sait pas. Seul le président et ses amis diplômés savent. Ils ne doutent jamais. Les maires ?
    On ne s'en soucie guère. Les syndicats ? On s'en méfie. Les Gilets jaunes ? Ils se calmeront bien un jour... Les Arrogants sont au pouvoir. Jusqu'à quand ?

  • Côté face, les journalistes écrivent n'importe quoi. Ils vont trop vite. Ne vérifient pas leurs sources. Sont trop politisés. Se prennent pour des stars, croient tout savoir et supportent mal d'être critiqués. Côté pile, les journalistes percent les secrets de la République qui, sans eux, resteraient enfouis. Voir très récemment le compte suisse de Cahuzac ou l'affaire Bettencourt. Au prix d'une enquête fouillée et d'entretiens avec de nombreux journalistes français et étrangers, Gilles Gaetner nous offre une plongée déconcertante dans les arcanes d'une profession qui, il y a peu encore, fascinait.
    Il revient sur la guérilla qui a opposé les journalistes du Monde à Nicolas Sarkozy. Une guérilla très violente. Il nous emmène vers des rivages peu flatteurs : entorses à la déontologie, vénalité, connivence avec le pouvoir... ou hostilité systématique. Au total, un regard critique mais sans règlements de compte, un effort de lucidité qui éclaire les bons et les mauvais côtés du "4e pouvoir" en France.

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