Arfuyen

  • « C'est une baleinière, écrit Melville dans Moby Dick, qui fut pour moi Yale et Harvard. » Peu de noms évoquent l'aventure comme celui de Melville.
    Dès ses 13 ans il quitte le collège pour affronter le monde. Ce seront souvent des bateaux : navire marchand, frégate de guerre, trois-mâts baleinier, mais il sera aussi instituteur, commis, travailleur agricole. Le pire sera d'avoir fait ses débuts comme employé de banque et terminé comme inspecteur des douanes de la ville de New York, un travail, écrivait-il, « des moins glorieux qui soient, à vrai dire, pire qu'amener des oies à l'abreuvoir » (Redburn).
    Toute l'oeuvre de Melville est irriguée par les expériences diverses et souvent malheureuses imposées par une vie semée de faillites et de dettes.
    On connaît Moby Dick, mais l'oeuvre est multiforme : les souvenirs de la vie de marin (Typee, Omoo et Mardi), les romans (Redburn, La Vareuse blanche, Pierre, The Confidence Man), les nouvelles (dont Bartleby), les poèmes, journaux de voyage.
    L'immense matière que lui a donnée la vie n'est devenue cette oeuvre que par la fréquentation assidue des grandes oeuvres : la Bible, Shakespeare et Milton. Si Melville mérite comme Thoreau de figurer dans cette collection, c'est bien parce qu'il est à la fois l'un des plus accessibles aux jeunes et un styliste de la plus haute tradition : « Vous autres mortels, écrivait-il dans Mardi (1849), vous traversez éternellement vos sierras en mettant vos pieds dans de vieilles empreintes. »

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