• L'Autre, nous y voilà, non à lui introduits il faudrait donc le prendre, sans cesse (ré-création), tout en lui attiré (refus du gouffre, vertige) à sa surface, qui se dépose sur mon cerveau, autre rideau du bal, voile qu'on écarte, l'Autre est tenture, est voilure, Femme, âme, HAM (Autobiogre), l'Autre est non-être, moins général moins vague que soi : je La veux, Elle est Être, qui est cette Annie B. que précéda (sans l'informer?, décuplement et non duplication) la microannie de Gabès, découverte par H.L. des années après, voire décennies, je la perçois complète l'annie petite, l'enfant, mais non l'a.b. de Saint-Hilaire, dont m'apparut la haute apparition fugace, série discontinue d'intervalles brefs. Je répéterai jusqu'à plus soi(f) : j'AiMe. Si je parle, Elle trAMée (hymne, hymen, u u v), à toute mon oeuvre, c'est de l'Être (de l'Autre) que je traître. A.M. se détache du fond, qui est au fond du tableau, qui est le cadre du tableau, qui n'est pas le tableau. Dans la BANDE, A.M. a un statut privilégié ; toutefois, il ne s'agira jamais que d'une oeuvre d'art, parce que je suis un artiste et que les artistes ne font que des oeuvres d'art (parfois dédiées à Gertrude Stein, dont l'influence fut nulle sur moi). Nos caractères sont différents, et nos sexes. Je n'ai pas cherché à réduire tes traits. Je les ai peints.

  • La conscience

    Hubert Lucot

    "Le 12 novembre 1958, vers 16 h, j'ai déplié une vieille table de bridge devant la fenêtre de droite du grand salon parental rue Copernic et j'ai précipité un récit intime : mon ami Jean Crinyème (Crin, prononcer Crine) a sonné, je lui ouvre, mon père intervient, le concert des voix enroule des cycles, titre adopté dès les premières pages. Des temps s'emboîtent : la guerre de 14 selon les tantes, les Croisades selon Mamie, mon enfance à Dainville, le séjour de mes vingt ans au sanatorium. Fin janvier 1959, ayant produit cent pages, j'ai renoncé à la facilité du langage parlé.

    En octobre 1959, j'ai quitté la spacieuse clarté parentale au-dessus de laquelle A.M. et moi jeunes époux dormions et faisions la sieste dans une chambre de bonne sans eau pour le sombre studio de la rue des Tournelles.

    Les objets résistent à ma conscience, je sens cela depuis que la lecture de L'Imaginaire de Jean-Paul Sartre pendant ma classe de philosophie (1951-1952) m'a mené à l'intensité poétique d'Edmund Husserl, désormais mon écriture insiste. Elle insistera jusqu'à ce 12 novembre 2013."

  • Le noyau de toute chose

    Hubert Lucot

    Un homme s'interroge sur sa production de textes pendant plus d'un demi-siècle, sur la mort, sur les tragédies planétaires. Narrant le présent riche de mille passés, il observe la condensation d'énergie qui crée toute chose...

  • Allégement

    Hubert Lucot

    Commencée dans la nostalgie, l'année 2006-2007 assène deux coups durs au narrateur. L'un était imprévisible : son épouse et héroïne A.M. subit un terrible accident. L'autre était calculé : les Français élisent un président qui appliquera un ultralibéralisme meurtrier. Dans les deux cas, le narrateur peint les faits plus qu'il ne les analyse. Les coulées de peinture le mènent à saisir un substrat qu'on dira «l'être et le temps».

  • l'émotion - la surprise, la beauté -, au moment où l'image s'arrête, et devient légendaire (digne d'être dite). Or miraculeusement l'image ainsi libérée rencontre le réel : je saisis mieux, oui, je comprends, maintenant. Le livre fonctionne donc à la manière d'un modèle cybernétique : la simulation permet non seulement de mieux comprendre le réel, et de le montrer, mais de le retrouver tout entier, en le devançant. Par elle, le passé cesse d'être caduc, le temps n'est plus coupé en tranches indépendantes : la richesse feuilletée du monde et de ses personnages, modelée par la fiction, nous apparaît enfin.

  • Recadrages

    Hubert Lucot

    Des préoccupations logiques s'incarnent dans des sites vaguement liés à la mort du père. La question du blanc se pose. Un damier de ruptures m'apparaît près d'un mur d'eau : contact à l'objet (parfois mental). Une fois encore je vais par les rues virtuelles ou réelles, je reprends mes clichés, agrandis ou réduits, retouchés : touches d'un saxophone à Clichy ? planche-contact à Montreuil ? Attiré par deux tombes, je cadre leur relation comme celle de deux symboles, non pas désincarnés mais sublimes : le mort est devenu une abstraction, quand les traits vivants empâtaient l'existant. Je ferai retour au matérialisme présocratique, à l'idée adolescente de Beauté sur fond de papier quadrillé, je me féliciterai d'avoir vécu la grande aventure de la conscience, donnée à tous.

  • Sur le motif

    Hubert Lucot

    Dans Paris, la substance rurale nous touche d'autant plus aujourd'hui que le démantèlement de l'ancien, ou sa rénovation éblouissante, et le dénuement humain plaqué sur les trottoirs attaquent la profondeur historique de nos villes. Nés de la rue, des éléments romanesques impriment dans notre existence quotidienne une trame policière et de science-fiction. L'énigme se transforme à la façon des murs, des moeurs et des produits, déplaçant une folle énergie qu'il faut capter.
    J'ai traversé les mille feuillets de mes notes, dont certaines datent du temps où l'Opéra-Bastille était un trou, pour détecter les signes, pris dans la masse, du changement ; quel ? Une phrase sans verbe et sans temps vient parfois toucher l'espace familier : « La victoire secrète du nazisme ».

  • Le centre de la France

    Hubert Lucot

    Le 14 juillet 1989, quelques mois après la mort d´une femme de 70 ans, le héros-narrateur quinquagénaire se remémore sa «première liaison». À travers les circonstances originales de celle-ci, il touche à une étrange essence, celle de la mémoire, du temps et du «sexe», mot qui alors, dans les années 1950, n´avait pas le sens absolu qu´il rayonne aujourd´hui. Pourtant c´est un absolu que le narrateur reconstitue, paradoxalement, à l´aide de fragments caractéristiques du monde relatif qu´est notre histoire. Son enquête sur son apprentissage de l´érotisme et du conflit consistera donc à ne pas combler les lacunes de l´oubli - tout aussi surprenantes que la précision des multiples réminiscences - mais à saisir l´être passé tel qu´il est, lacunaire, et le portrait de femme qu´il peint a une vérité d´autant plus troublante qu´il contient toutes les ombres.
    Ne se contentant pas de renouveler les images attachées à l´excitation sexuelle en les mettant à nu, il vise plus profondément l´exceptionnel plaisir de la pénétration et du travelling de l´épiderme, du lisse et du substantiel, du temps allongé par sa concentration. Ces bonheurs, émotions, extases se dessinent fugitivement sur la muraille de l´interdit et de la répression, lesquels relèvent eux aussi du plaisir - pervers - dans le monde de la petite-bourgeoisie intellectuelle et du spectacle. En effet, cette chronique unit la crudité et la cruauté, le récit intime et le roman de moeurs, quand, sur fond de guerres d´Indochine et d´Algérie, la «fabuleuse croissance» accélère les ascensions sociales.

  • Opérateur le néant

    Hubert Lucot

    Roman ayant la forme d´un journal intime non daté, Opérateur le néant lance sur les pistes du temps, de la violence et de la mort (mort des humains, extinction de leur amour) un certain nombre de personnages, notamment de toutes jeunes femmes, mais aussi le héros-narrateur et sa compagne, alors que la guerre fait rage et que le climat planétaire poursuit son inexorable dégradation. Paradoxalement, le lecteur retiendra fraîcheur et jeunesse dans cette réalité catastrophique, comme si celle-ci faisait apparaître par contraste le miracle de l´être.

  • Je vais, je vis

    Hubert Lucot

    Pendant plus d'un demi-siècle, un homme et une femme ont vécu un roman d'amour, parfois tumultueux.
    Il a 75 ans. Elle a 76 ans. Une équipe médicale détecte chez elle un cancer redoutable.
    Il l'accompagne, de sa personne et de toute son écriture. Souvent celle-ci s'attarde sur les beautés et les malheurs de notre planète, sur les mystères de l'être et du temps, captant la sensation brève et le sentiment long.

  • Sonatines de deuil

    Hubert Lucot

    En mars 2010, l'épouse d'Hubert Lucot (A.M.) fut déclarée atteinte d'un cancer du pancréas.
    Elle mourut à Auteuil, dans une unité de soins palliatifs, le 9 août 2012.
    Le 24 août, à Soulac-sur-Mer, Emmanuel Lucot, le fils d'A.M. et H.L., dissémina ses cendres dans l'Océan.

    Du 1er septembre 2012 au 7 novembre 2013, Hubert Lucot a tenu un journal de deuil qui, travaillé, est devenu un roman.

  • Les choses vont mal. Hubert Lucot souffle au futur (à la future) président(e) les meilleures maximes dans tous les domaines : Économie et Finances, Justice, Défense nationale, Santé, Culture, etc., pour que les choses aillent de plus en plus mal.
    Contre la racaille qui s'en prend à la démocratie, aux droits de l'homme, à la liberté (du commerce), Hubert Lucot aide un homme (ou une femme) de bonne volonté à maintenir le cap, même si c'est vers la destruction de la planète.
    Pour obtenir et conserver le pouvoir, les experts préconisent l'usage de la langue de bois. Encore faut-il l'aiguiser et sans cesse innover : une parfaite connaissance de notre livre est indispensable.

  • Phanées les nuées () ? Toute une vie, une histoire : août 75 - août 76 ; Second Empire, l'âge féodal,.... nos jours. est la vie du livre à faire qui se fit et travaille. Qu'étaient-ils donc les proches, personnages de mon livre, vifs, morts, honnis, omis ? Firent-ils l'Espagne ? De quelle guerre s'agit-il, quelles guerres admettons-nous ? Rude à dire, forêt obscure, une comédie sociale assez lâche, discrète (discontinue), places, fonctions bougent, j'écris Phanées dis-je à l'Une (conversation, sonate, auberge du Dah-Zhaïn), qui se couvre et découvre (time/weather) dans une parcelle de l'Univers, après coup des rencontres demeurent, en mes papiers, là est ma lecture du roman que tous vivent (disent) dans un système difficile inaudible sur ces bords que nos pratiques rapprochent, appels au secours que quelqu'un a perçus, percevra, en une époque qui (n')est la nôtre. considère ma vie écrivante, s'attache à ce qui de la vie peut devenir écriture, vécu codé, répétitif, le nouveau dans les termes et les terres de l'ancien, la mort est un mal au pied vague à l'âme, le mal des amputés que complète un fantôme. Temps retrouvé ? Incorporé ! Avec le plus, avec le manque. Le Connais-toi au monde est révolutionnaire. Avril 1981

  • Probablement

    Hubert Lucot

    'Bientôt le petit espace-temps arbitraire (un bref juillet, une plage immense introduisant les notions lien, niveau, épaisseur, ainsi que les cases probables d´un damier pluridimensionnel) contient l´insistance passionnée de celui qui dans ses "premiers jours d´océan" s´étonna que de l´être soit là : une impression au-dessus des toits, la gravité d´une voix dans une cour voisine, le battement de cils d´une étrangère sans visage précis.
    ...contiendrait sur le mode "vivre encore" la saveur de l´expérience, celle-ci portant moins sur guerres (qui ne cessèrent), perte (de l´emploi, des cultures primitives), amplification (du progrès technique, du confort, de la rumeur télévisuelle) que sur des phénomènes primaires : la flamme se tord, une voix résonne, on entre dans un bois, des jeunes filles se douchent à côté.
    ...tandis que traces, tracés, rappel du timbre se révèlent un système d´enregistrement apte à noter le devenir.'

  • Langst

    Hubert Lucot

    «Langst» : la longue angoisse (en allemand angst : peur, angoisse) du langage.
    «Langst est la langue elle-même dans son déploiement, dans son aptitude à "charrier" tout le réel y compris l'histoire de celui qui s'y désigne et son économie subjective, y compris l'Histoire, dans son développement feuilleté et son économie déterminante. Roman de la langue, travail du Temps, des temps, tempo, musique, l'"envoûtement" de la phrase : emboîtements, superpositions partielles, glissements, connexions, condensations, déplacements.» J.-M. Gleize.

  • Frasques

    Hubert Lucot

    Frasques est une déformation de Fresques, qui implique une idée de fraîcheur. Pénétrant dans la partie finale de sa vie alors qu´un siècle s´achève, l´auteur se livre à une méditation romancée sur ce qui fut et «souvent» demeure. Il n´égrène pas des souvenirs, ne raconte pas des anecdotes, mais peint notre aptitude à percevoir, à nous souvenir, à aimer (haïr), notre aptitude à concevoir le grand mystère dont les deux faces ont pour nom l´être et le temps. Il se livre à une enquête sur des réalités concrètes, afin d´accéder à la vérité ou, du moins, à un surcroît de conscience.
    Multipliant les points de vue sur le présent, sur les passés, il plante son spectroscope dans les rues de Paris, de Papeete, de New York, au Japon, au Chili, dans les montagnes, au bord de l´Océan, accomplissant des expériences qui ne sont pas sans rapport avec la génétique et l´astrophysique.

  • Opérations

    Hubert Lucot

    Opérations est un nouveau tome des écrits autobiographiques de Hubert Lucot. Et comme dans chacun de ses livres il y mêle l'intime et l'universel, la guerre, les guerres qui agitent le monde aujourd'hui et les souvenirs de tous les âges de sa vie familiaux, amoureux, amicaux. La politique, ce qu'elle lui inspire de colère et de dégoût, est peut-être ici plus présente que dans d'autres de ses textes, d'où le titre. Mais on reconnaîtra la même phrase toujours, ces manières de ralentis, puis d'accélérés et de syncope qui lui permettent d'attraper, comme saisis dans leur temps propre, les événements les plus contradictoires, de l'effondrement du World Trade Center à une marche dans le Paris automnal, permanent et si changeant.

  • Les voleurs d'orgasme

    Hubert Lucot

    Poursuivi par des tueurs, un jeune chimiste s'enfuit vers le Nord de l'Europe où la mystérieuse multinationale qui l'emploie (la Multinana) lui commande des enquêtes révolutionnaires par leur objet comme par les moyens qu'elles mettent en oeuvre. Il rencontre une jeune femme : coup de foudre. Elle disparaît. Il va la rechercher au Maghreb, à Hongkong, au Japon, en Australie, à Rome, au Portugal, au gré de missions au cours desquelles il multiplie les prouesses technologiques, sexuelles, financières, martiales et télévisuelles.
    Il en profite pour percer les motivations de ceux au service desquels il risque chaque jour sa vie et son intégrité morale, il en profite pour comprendre un peu mieux le trafic planétaire des personnes, des biens, des embryons, des idées, des logiciels et des molécules.
    Roman d'amour et d'aventures, Les Voleurs d'orgasmes est aussi le livre de la mondialisation présente comme à venir.

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