• La tradition populaire orale est une richesse essentielle du patrimoine de l'humanité. Longtemps méprisés ou méconnus, les contes et récits légendaires colportés par voie orale au cours des siècles nous ont conservé la mémoire de nos ancêtres. Collectés depuis le XIXe siècle et aujourd'hui heureusement réhabilités, ces contes et récits, par leur authenticité, leur marginalité et leur actualité jamais démentie, nous font mieux comprendre notre civilisation et comment on peut humaniser une société industrielle universalisée par une réflexion spécifique sur la vie quotidienne et la destinée humaine. Les pays celtes sont à cet égard d'une importance exceptionnelle par la synthèse que leur tradition opère entre le rêve et la réalité, le réalisme et le fantastique le plus échevelé. Et il convenait d'ajouter aux pays qui parlent encore une langue celtique, l'Irlande, l'Ecosse, le pays de Galles et la Bretagne armoricaine, d'autres terres marquées par les celtes, en particulier la Cornouailles britannique, la Galice espagnole et la Wallonie des Ardennes belges. Par ces contes et récits, c'est l'esprit des Celtes qui renaît dans une Europe qui ne peut se réaliser qu'en fonction de ses racines culturelles.

  • La Bretagne, telle que nous la connaissons aujourd'hui, a été un territoire à la fois continental et atlantique que divers peuples sont venus habiter au cours des âges, formant peu à peu une nation spécifique et un véritable État, au sens moderne du mot.
    C'est cette passionnante histoire, des origines à nos jours, que Jean Markale relate ici à l'aide de documents historiques et archéologiques irréfutables. Habitée dès la plus lointaine préhistoire, la péninsule armoricaine a vu se développer, pendant l'Age de la Pierre polie, une mystérieuse mais brillante civilisation qui nous a légué les fameux mégalithes dont les vestiges sont encore admirés. A l'Age du Bronze, elle est devenue l'un des plus importants relais sur la Route de l'Étain.
    /> Ensuite, à l'Age du Fer, des peuples celtes ont occupé le pays et s'y sont organisés en grandes tribus. Et, au fil des siècles, se sont succédé de nombreux envahisseurs. Plus tard, agrandie par de nouveaux territoires, la péninsule devint prête à prendre une place éminente dans l'histoire de l'Europe, et notamment dans les rapports mouvementés de l'Angleterre et de la France au Moyen Age. Annexée à la France sous François 1er, elle devint le fer de lance d'un important mouvement de protestation, en 1789.
    Sous la IIIe République, l'esprit nationaliste connut un regain vigoureux et il fallut attendre 1968 pour que la Bretagne retrouve une place spécifique au sein de la communauté française.

  • Lorsque Erwan Merzhinn rentre chez lui, un soir de septembre, il découvre sa maison vidée de ses meubles et son chat apeuré. Anne, sa femme, a disparu. Erwan s'en va errer sur l'arrière-port de Keris. Alors commence pour lui un long voyage initiatique qui va mener dans de mystérieux souterrains et sur les routes d'un pays de landes et de montagnes dominant la mer.

  • Pour tous les Français, Isabeau de Bavière, épouse du roi fou Charles VI, est la reine maudite, celle qui a livré le royaume de France, aux Anglais, celle qui a déshérité son fils Charles VII au profit de son gendre Henry V d'Angleterre. Cette image que nous conservons d'Isabeau de Bavière élimine d'office tout jugement sur ce personnage hors pair de l'histoire médiévale. Il est pourtant intéressant de savoir qui était réellement Isabeau de Bavière et à quelles motivations précises répondait son étrange et contestable politique. Elle a rêvé d'un royaume uni d'Angleterre et de France. Elle a rêvé d'être une nouvelle Aliénor d'Aquitaine. Mais le destin a voulu que l'Histoire lui donnât tort : contre la vieille reine, image satanique, ou plutôt image de la Femme pécheresse, s'est dressée l'image tout aussi symbolique de la vierge Jeanne d'Arc. Et entre deux mythes, le peuple a choisi. Isabeau a été rejetée dans les ténèbres de la géhenne, où elle a rejoint des personnages tout aussi fascinants que le beau Louis d'Orléans, le duc assassiné, le retors Jean sans Peur, lui-même assassiné dans des circonstances troubles, Philippe le Bon, duc de Bourgogne, l'énigmatique Tanguy du Chastel, l'étrange Arthur de Richemont, connétable de France puis duc de Bretagne, Yolande d'Aragon, reine de Sicile, discrète protectrice de Jeanne d'Arc et de Charles VII, sublime entremetteuse au milieu des tours et détours de cette époque troublée mais passionnante. Car, autour d'Isabeau de Bavière, c'est toute la société de l'Europe occidentale de la fin du XIVe siècle et du début du XVe siècle qui apparaît, avec ses mutations, ses paradoxes et ses idéaux. A partir de là, la France et l'Angleterre vont partir, chacune de son côté, à l'assaut d'un monde qui ne connaît pas encore son identité...

  • Mélusine est un nom magique qui éveille en nous le sens de l'imaginaire et de l'émerveillement. Cette fée, qui passe pour être mythique de la grande famille des Lusignan, nous est connue depuis la fin du XIVe siècle, grâce à deux récits, l'un de Jehan d'Arras, l'autre de Couldrette. Une question se pose alors : est-ce que le personnage de Mélusine a été inventé par ces deux auteurs, ou bien n'ont-ils fait que reprendre une tradition orale existant depuis toujours. Cet ouvrage s'efforce de répondre à cette question. Certes, Mélusine est une fée du terroir poitevin, attachée à Lusignan et aux environs. Mais elle dépasse de loin le cadre folklorique où certains ont voulu l'enfermer. A travers Mélusine, c'est la Féminité incarnée qui brille de tout son éclat, c'est la Divinité féminine des anciens temps, avec toute son ambiguïté. En effet, derrière Mélusine se profile l'ombre énigmatique de la Lilith hébraïque, de la femme démoniaque. Mais ce caractère démoniaque rend compte de la double nature du personnage : Mélusine, avec sa queue de serpent, n'est-elle pas l'image de l'androgyne primitif, à la fois homme et femme à l'image du Créateur et qui hante, qu'on le veuille ou non, l'inconscient de tout être humain ?

  • Depuis plusieurs années déjà, en France et dans toute l'Europe, citrouilles, masques effrayants de vampires et de fantômes, balais de sorcières... envahissent les vitrines des magasins tout au long du mois d'octobre. Et le soir du 31, adultes et enfants, dans une atmosphère carnavalesque, fêtent Halloween. Beaucoup pensent à tort que cette fête populaire vient des Etats-Unis. En réalité, Halloween - mot anglais signifiant « veillée sacrée » -, survivance des rituels druidiques de Samain, a son origine dans l'ancienne Irlande, Durant cette nuit de Samain, - à la pleine lune la plus proche du 1er novembre -, le monde des morts rejoint celui des vivants, et réciproquement, car selon une parole celtique, « la mort n'est que le milieu d'une longue vie ». Plus tard, cette étrange fête païenne sera récupérée par l'Eglise, devenant ainsi la Toussaint, non pas jour des Morts, mais « fête » de tous les saints. Jean Markale présente cette célébration primitive venue des temps lointains, puis analyse ses prolongements actuels dans notre société qui, curieusement, ranime ces coutumes surgies de l'ombre sans en connaître ni le sens ni la portée.

  • Le Moyen-Âge est le temps du merveilleux. Du merveilleux chrétien et de des miracles. Du diable et de ses maléfices. Magiciens, sorciers, alchimistes, astrologues explorent l'invisible pour en obtenir des pouvoirs. Les grimoires, si on les décrypte, assurent la puissance, la richesse, l'art des envoûtements et dévoilent la composition des philtres aux propriétés magiques. Et l'imaginaire médiéval va bien au-delà de Dieu et du Diable. Il élabore un monde étrange où l'on ne distingue pas la frontière entre le naturel et le surnaturel, la réalité et l'illusion. Ainsi des héros deviennent des demi-dieux, les plantes révèlent des propriétés surprenantes et les animaux semblent issus des rêves les plus fantastiques.

  • La résurrection des personnages de l'épopée celte et des croyances ancestrales : mais, quand on est issu d'une famille bretonne très catholique, vers quel dieu se tourner?

  • Le patrimoine universel, qui perpétue l'aventure humaine depuis les premiers âges, ne s'exprime pas seulement à travers les prestigieux vestiges de l'architecture et de l'art. Les oeuvres de l'esprit, et notamment celles transmises par l'écriture, sont aussi la mémoire des peuples.
    C'est pourquoi Jean Markale propose une reconstitution totale et chronologique du mythe du Graal, extraordinaire foisonnement de symboles et de réflexions, perçu souvent de façon fragmentaire en raison même de l'abondance des textes et de la diversité des faits et des personnages évoqués.
    La Naissance du Roi Arthur constitue la première époque de ce fabuleux cycle. Il concerne les origines de la légende, explique et introduit l'énigmatique figure de Merlin inspiré tout à tour par Dieu et par le Diable, deus ex machina de tous les événements appelés à se dérouler sur les terres très anciennes d'Angleterre et de Bretagne, mais aussi sur celles imprécises et brumeuses de l'île magique d'Avalon.

  • Le patrimoine universel, qui perpétue l'aventure humaine depuis les premiers âges, ne s'exprime pas seulement à travers les prestigieux vestiges de l'architecture et de l'art. Les oeuvres de l'esprit, et notamment celles transmises par l'écriture, sont aussi la mémoire des peuples.
    C'est pourquoi Jean Markale propose une reconstitution totale et chronologique du mythe du Graal, extraordinaire foisonnement de symboles et de réflexions, perçu souvent de façon fragmentaire en raison même de l'abondance des textes et de la diversité des faits et des personnages évoqués.
    La Naissance du Roi Arthur constitue la première époque de ce fabuleux cycle. Il concerne les origines de la légende, explique et introduit l'énigmatique figure de Merlin inspiré tout à tour par Dieu et par le Diable, deus ex machina de tous les événements appelés à se dérouler sur les terres très anciennes d'Angleterre et de Bretagne, mais aussi sur celles imprécises et brumeuses de l'île magique d'Avalon.

  • Fils de roi, Lancelot du Lac, soustrait à sa mère dans sa plus tendre enfance par la Dame du Lac, élevé dans un palais de cristal bâti par Merlin au fond des eaux, est assurément le plus célèbre et le plus énigmatique héros des Romans de la Table Ronde.
    Jean Markale, dans ce troisième volume, retourne aux sources mêmes de la légende. Ainsi reconstitue-t-il, de manière fondamentale et dans leur véritable dimension, l'itinéraire initiatique et l'étrange destinée du "meilleur chevalier du monde", dont les prouesses et la quête passionnée illuminent les plus belles pages de l'épopée.
    Au terme d'une série d'épreuves héroïques, après avoir déjoué pièges et embûches tendus par monstres et démons dans les landes et les forêts sauvages, Lancelot prouvera à lui-même et aux autres qu'il est digne de la mission tracée pour lui dans l'ombre par Merlin l'Enchanteur. Champion des forces bienfaisantes triomphant des ténèbres, il parviendra jusqu'à la cour du Roi Arthur, se mêlera à ses preux chevaliers, les surpassera souvent avec éclat. C'est là aussi que l'amour lui sera révélé, celui de la reine Guenièvre, l'inspiratrice provocante de ses errances et des ses dépassements qui le lanceront, tourmenté, sur la route périlleuse de la réconciliation de l'être avec lui-même.

  • Après bien des aventures, des péripéties, des erreurs parfois, le royaume d'Arthur est maintenant solidement établi dans l'île de Bretagne. Grâce au courage et au dévouement des chevaliers de la Table Ronde, grâce aussi à l'enchanteur Merlin disparu dans sa prison d'air invisible avec la fée Viviane. Depuis, la prophétie du magicien s'est vérifiée : Lancelot du Lac a bouleversé le monde arthurien par ses exploits, et gagné l'amour de la Reine Guenièvre.
    Mais cet amour adultère, nécessaire à l'accomplissement du héros, l'empêchera de devenir le roi du Graal, ce roi tant attendu dans l'univers mystérieux du Roi Pêcheur. Lancelot devra se contenter d'être le meilleur chevalier du monde et de donner naissance à un fils Galaad, le prédestiné, qui accomplira son destin.
    Dans l'ombre, pendant ce temps, la fée Morgane, disciple de Merlin et demi-soeur du Roi Arthur, veille dans les sentiers tortueux de la forêt de Brocéliande. Sensuelle et ambiguë, énigmatique et perpétuelle provocatrice, elle trouble les coeurs, pervertit les âmes ou les sauve. À sa guise. C'est la Déesse, l'ordonnatrice suprême, celle par qui le scandale arrive, la maîtresse absolue de la Vie, de la Mort. Femme éternelle, mère, amante et fille tout à la fois, inspiratrice de toute destinée sur terre, Morgane demeure l'une des plus belles images mythologiques féminines que l'imaginaire humain ait créée.

  • Le patrimoine universel, qui perpétue l'aventure humaine depuis les premiers âges, ne s'exprime pas seulement à travers les prestigieux vestiges de l'architecture et de l'art. Les oeuvres de l'esprit, et notamment celles transmises par l'écriture, sont aussi la mémoire des peuples.
    C'est pourquoi Jean Markale propose une reconstitution totale et chronologique du mythe du Graal, extraordinaire foisonnement de symboles et de réflexions, perçu souvent de façon fragmentaire en raison même de l'abondance des textes et de la diversité des faits et des personnages évoqués.

  • Son père et ses frères ayant trouvé la mort au cours d'un tournoi, le jeune Perceval a été élevé par sa mère dans une vaste forêt, afin qu'il ignore toujours l'existence et les lois d'une chevalerie qui l'ont fait orphelin.
    Tenu à l'écart du monde, Perceval, ayant atteint l'adolescence, croise un jour dans les bois des chevaliers qui l'impressionnent si fort qu'il décide sur-le-champ de se rendre à la Cour du Roi Arthur. D'une naïveté désarmante mais pourvu d'une volonté de fer, il fait l'apprentissage de la vie, devient un héros au coeur pur, assiste ébloui à un très mystérieux cortège.
    Perceval le Gallois, qui occupe parmi les Chevaliers de la Table Ronde une place privilégiée, la plus énigmatique de toute la légende, deviendra-t-il celui que l'on attend depuis si longtemps ? L'homme qui s'assiéra sur le Siège Périlleux et libèrera le Royaume du Graal de la malédiction qui l'accable ?

  • Depuis de longues années, les Chevaliers de la Table Ronde, luttant sans cesse contre les forces des ténèbres, font régner l'ordre dans le royaume d'Arthur. Mais selon la prédiction de Merlin, le jour est maintenant venu pour eux de se lancer dans la plus exaltante aventure dévolue à des chevaliers terrestres : la suprême quête du Graal. Or voici qu'apparaît celui qu'on attendait mais qu'on n'espérait plus : Galaad, fils de Lancelot du Lac et de la fille du Roi Pêcheur, celui qu'on appelle le Bon Chevalier. Avec lui, tout bascule, et la recherche unique de la gloire laisse maintenant la place à la quête sacrée de l'Absolu.
    Galaad le Pur, entraînant à sa suite Perceval et Bohort, réussira-t-il là où tous ses compagnons ont échoué ? Parviendra-t-il à sauver à temps le Roi Pêcheur qui meurt de langueur dans son inaccessible et mystérieuse forteresse ? Quel chevalier ayant échappé à la mort, l'ultime mission accomplie, viendra conter au Roi Arthur, désemparé, les merveilles mettant fin aux redoutables et nostalgiques aventures du Graal qui laissent planer sur l'avenir une issue lourde de menaces ?

  • Depuis la fin des temps aventureux, depuis que la quête du saint Graal a été menée à son terme, nostalgiques et désabusés, les survivants de la Table Ronde errent sans but à la cour du Roi Arthur. La flamme de l'idéal s'est éteinte dans leur coeur.
    Renonçant à se surpasser et à entreprendre à nouveau des prouesses désormais inutiles, ils s'abandonnent à leurs mauvais instincts jugulés jusque-là par l'ardeur de leur engagement, vouant à l'opprobre ceux qui s'aiment encore, non seulement Lancelot du Lac et la Reine Guenièvre, Tristan et Yseut, mais aussi Karadoc et la belle Guinier, amants pourtant heureux et légitimes.
    Désespéré, le roi est bientôt contraint de rompre avec celui qu'il a préféré entre tous, Lancelot, le meilleur chevalier du monde, puis avec ses plus fidèles compagnons et neveux. Pis encore, il confie son pouvoir au plus indigne d'entre eux, Mordret, en réalité fils incestueux qui causera sa perte.

  • Comment la christianisation des Celtes fut-elle possible ? Qu'est-il advenu de l'ancienne religion druidique ? Pourquoi l'Irlande, jamais romanisée, accepta-t-elle de son plein gré la religion nouvelle ? La mort et la résurrection du Christ vinrent confirmer la recherche païenne de l'Autre Monde, et le druidisme admit ce qui n'était encore que message évangélique. C'est de cette fusion que va jaillir en Bretagne armoricaine, dans l'île de Bretagne et en Irlande, notamment, le « christianisme celtique » avec ses abbayes-évêchés, son monachisme, ses saints héroïques, ses évêques errants, ses pèlerinages, son intégration des femmes dans le culte... De nos jours encore, Jean Markale décèle les survivances populaires de ce christianisme à la fois dans le festiaire, le culte des saints et les sanctuaires.

  • Protégé de la Dame du Lac, amant parfait tel que le rêvèrent les cours d'amour du XIIe siècle, irrésistible vainqueur de tournois, preux chevalier déjouant les sortilèges dans sa quête périlleuse du Graal, Lancelot occupe une place exceptionnelle parmi les chevaliers de la Table ronde. Indispensable à la communauté du roi Arthur, il contribue cependant - par ses amours avec la reine - à sa destruction. A travers les aventures de ce « champion », contées par la littérature médiévale, Jean Markale discerne le vieux fonds de la mythologie celtique. Lancelot n'est-il pas le grand prêtre voué au culte de la femme initiatrice - en l'occurrence Guenièvre - des anciennes traditions ? Ne serait-il pas une résurgence du héros Cûchuchulainn, ou même du dieu Lug à la lance magique ? Et, sous cet éclairage mythique, quels sont plus généralement, au sein du monde médiéval chrétien, les traits particuliers du compagnonnage guerrier inspiré par Arthur ? En rassemblant dans cet ouvrage les éléments épars du mythe de Lancelot, Jean Markale dévoile les racines d'un imaginaire collectif qui n'a cessé de nous animer, comme en témoignent maints héros invincibles des littératures populaires contemporaines.

  • Au XIe siècle, un nouvel art d'aimer surgit dans la société aristocratique occidentale. La femme, naguère encore tenue en mépris par la lourde tradition misogyne héritée des Pères de l'Église, devient alors, dans le chant des troubadours, le principe même et le sens de l'action masculine. Le chevalier, pour mériter sa dame, doit endurer le « service d'amour », véritable ascèse sexuelle et guerrière. Savamment accru par une longue liturgie amoureuse, le désir fait de l'amant le prêtre d'une nouvelle religion dont la femme constitue le centre. Le couple de la « fin' amor » - dont Lancelot et Guenièvre restent le plus bel exemple littéraire - est né : couple secret, nécessairement adultère, infernal, écrit Markale, puisque opposé à l'idéal chrétien du mariage. Heurtant morale et religion établies, l'amour courtois opère une triple rupture : dans les mentalités par le retour accepté du féminin, dans les moeurs par la valorisation de l'adultère, et enfin dans la spiritualité. En effet, alors même que grandit l'étonnant culte de la Vierge, la transfiguration courtoise de la Dame en véritable déesse salvatrice ne marque-t-elle pas, au sein de l'Occident médiéval, l'un des aspects majeurs du retour subtil de la Grande Déesse préchrétienne ?

  • Entre pays gallo et pays breton, Anaïs Oliviéro, née en 1910, tient depuis 1944 une épicerie-café de campagne, avec étal de charcuterie et restaurant. Depuis ce lieu stratégique, elle évoque la vie quotidienne de la Bretagne profonde d'hier et d'aujourd'hui.

  • Amantes passionnées, fées bienfaisantes ou maléfiques, sorcières hideuses, les dames qui traversent et inspirent les récits du Graal, imprégnés de merveilleux et de fantastique, sont loin d'être insignifiantes. Leurs noms habitent les mémoires : Guenièvre, Morgane, Viviane, La Dame du Lac. Mais les connait-on réellement ? Car elles sont beaucoup plus mystérieuses et insaisissables qu'il n'y paraît.
    À la fois humaines et dotées de pouvoirs féériques, elles manoeuvrent en coulisses et infléchissent la marche des événements. Tantôt elles soutiennent les chevaliers dans leurs exploits, tantôt elles les égarent. Méfions-nous des apparences : si les hommes semblent mener le jeu, ils n'en agissent pas moins sous la haute surveillance de leurs dames.
    À la lumière des textes qu'il connaît comme nul autre, Jean Markale brosse les traits complexes de chacune de ces envoûtantes créatures. Qui sont-elles vraiment ? Ne s'agit-il pas, en fait, des multiples visages d'une seule femme, la Déesse des Commencements, détentrice de sagesse et de souveraineté, qui hante les plus anciennes croyances du monde civilisé ?

  • Les préhistoriens s'accordent pour dire que, dans une longue période s'étageant du paléolithique au mégalithique, les peuples d'Europe et du Moyen-Orient adoraient une Grande Déesse primordiale : des gravures sur pierre et des sculptures innombrables la représentant ont été retrouvées sur des sites archéologiques indéniablement cultuels.Par son exploration des zones d'ombre de cette épopée multimillénaire, Jean Markale nous convie à faire connaissance avec cette Dame divine, déesse de fécondité et de renouveau. Passant en revue les sanctuaires et les sites présumés, il nous explique ces cultes où la féminité essentielle se trouvait vénérée et nous en montre les prolongements à travers l Âge du bronze, l'Antiquité, le Moyen Âge chrétien, et jusqu'à nos jours.Remplacée dans le christianisme par Notre-Dame, la mère du Christ, l'image de la Grande Déesse continue de nous parler dans ce livre, passionnante fresque de rituels religieux qui, même s'ils changent de noms et de formes, vénèrent toujours l'éternel féminin et sa puissance créatrice.

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