Les Presses de l'Université de Montréal

  • Ni survol des oeuvres principales de Karl Lwith ni introduction à sa vision particulière de la condition humaine, cet ouvrage revalorise la pensée du philosophe de deux manières. D'abord, en proposant des essais jusqu'alors inédits en français, écrits principalement pendant sa période américaine et témoins du développement de sa réflexion sur la disposition philosophique et sur les sources qui l'alimentent - Pyrrhon, Pascal, Nietzsche. Ensuite, en analysant sa pratique philosophique et son évolution à travers des réflexions sur la question de l'histoire et du temps avec, notamment, Strauss, Voegelin, Koselleck et Hegel.
    Cet ouvrage offrant à la fois traductions et analyses originales s'adresse à un public intéressé par la philosophie allemande, mais aussi aux chercheurs et aux étudiants en théorie politique et à quiconque s'interroge sur les liens entre religion, philosophie, et histoire. C'est à une expérience de la philosophie que le lecteur est ici convié, une expérience qui, dans les mots de Lwith, commande la retenue, la mesure et «le charme plus doux, mais sans éclat, de l'équilibre».

  • Dans la Grèce ancienne, on considérait la philosophie comme un remède aux maux de l'âme, comme une thérapeutique permettant à l'individu d'atteindre l'indépendance et la tranquillité d'esprit par la connaissance de soi. Il n'est pas étonnant de retrouver des échos de cette pensée sous la plume du jeune philologue Friedrich Nietzsche. Dans ses premiers écrits, Nietzsche, alors professeur à l'Université de Bâle, donne à cette préoccupation thérapeutique la forme de la Kulturkritik : le philosophe est un médecin qui lutte contre la maladie de la civilisation, en s'en prenant à la fois aux causes et aux manifestations du mal. Cette entreprise l'amène à critiquer les postures caractéristiques du moderne : l'optimisme théorique, l'esprit scientifique, le relativisme historique, l'esthétique de l'imitation, la dignité accordée au travail.

    Martine Béland retrace les formes de la Kulturkritik en la rattachant au projet philosophique de Nietzsche d'entre 1869 et 1976. une époque essentielle pour comprendre la genèse de la pensée nietzschéenne.

    Martine Béland est titulaire d'un doctorat en philosophie (EHESS, Paris). Elle est professeur au Département de philosophie du Collège Édouard-Montpetit (Longueuil) et chercheur associé au Centre canadien d'études allemandes et européennes (Université de Montréal).

  • Plus de cinq cents ans après l'invention de l'imprimerie par Gutenberg, nous sommes habitués à considérer comme une évidence le fait qu'un livre contienne une seule oeuvre et qu'une oeuvre remplisse un seul volume : nous achetons en librairie un roman policier comme les lecteurs de Flaubert se procuraient Madame Bovary et comme déjà auparavant, on acquérait les Liaisons dangereuses ou Gargantua. La tradition universitaire, qui consiste depuis ses origines à éditer les textes sous une forme indépendante les uns des autres, nous a elle aussi habitués à envisager les écrits du Moyen Âge comme des entités autonomes : nous étudions ainsi la Chanson de Roland, Perceval ou le Roman de la Rose et toute la production de cette période sous les apparences que nous procure la philologie, qui est elle-même le reflet de pratiques vieilles de nombreux siècles puisque c'est très précisément ainsi que se transmet et se consomme toute littérature depuis Gutenberg. Pourtant, au Moyen Âge, un texte bref n'est que rarement conservé dans un manuscrit dont il occuperait à lui seul la totalité des feuillets. Même s'ils ont été conçus de manière dissociée, ces textes sont en majorité transmis et lus dans des recueils réunissant un certain nombre de pièces. Durant tout le Moyen Âge, on les a donc copiés et recopiés dans des contextes manuscrits variables et chacune de ces réalisations, chaque nouvel environnement, entraîne des répercussions sur la façon dont ces écrits sont compris puisque le voisinage matériel qu'occasionne leur regroupement, les interférences qu'il suscite parfois, produit ou autorise des mises en relation toujours variées. Il est certes possible d'analyser ces diverses configurations comme autant d'états différents, mais il est aussi possible d'envisager l'ensemble qu'elles forment comme un processus résultant d'une expérience de la lecture radicalement différente de la nôtre. Afin de se rapprocher de celle-ci, on peut alors tirer profit d'un certain nombre de spécificités que présentent les recueils anciens qui, souvent, étonnent le lecteur moderne et permettent donc de toucher du doigt l'« altérité médiévale ».

  • Nietzsche lisait ? Mais quel écrivain ne lit pas ? Les auteurs réunis ici ont choisi de mettre de l'avant cette évidence afin d'en mesurer les conséquences méthodologiques, puis d'en tirer profit. Nietzsche lisait. Fort bien. Mais que lisait-il ? Et quand ? Mais surtout : pourquoi ? Comment ses lectures nourrissaient-elles sa réflexion ? Qui répondait à l'appel de ses textes ? Et quel type de lecteur fut-il lui-même ?

    Cet ouvrage s'intéresse au Nietzsche lecteur, écrivain et auteur lu. Il analyse, d'une part, la pratique nietzschéenne de l'écriture philosophique à l'aune de sa pratique de la lecture et, d'autre part, les mécanismes de définition et d'appropriation de ses idées à partir de la réception de ses textes.

    Martine Béland est titulaire d'un doctorat en philosophie (EHESS, Paris). Elle est professeure au Département de philosophie du Collège Édouard-Montpetit (Longueuil) et chercheure associée au Centre canadien d'études allemandes et européennes (Université de Montréal).

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