• Ridley Scott interroge la nature humaine par tous les moyens du cinéma, se livrant aux images choquantes autant que monstrueuses. Il renoue avec des questions philosophiques relatives à l'animal, l'automate, la machine.Tous ses films insistent sur cette faculté héroïque d'aller au-delà de son essence. Au point de se laisser porter par un désir d'éternité qui trouve sans doute dans l'intelligence artificielle des ressources capables de nous transformer. Ce « transformisme », dans Blade Runner comme dans Alien Covenant, confronte l'homme au « Créateur » qu'il est devenu, concurrencé par d'étranges robots, des Cyborgs capables de remplacer, de le relever en direction d'un posthumanisme ou d'un transhumanisme dont l'oeuvre de Ridley Scott montre les risques.

    Jean-Clet Martin, né en 1958, est l'auteur de nombreux livres qui se répartissent entre philosophie et histoire de l'art. Il a travaillé plusieurs années avec Gilles Deleuze auquel il a consacré une thèse publiée chez Payot. Directeur de programme au Collège international de philosophie à partir de 1998, Jean-Clet Martin y a développé un séminaire de plusieurs années autour de la fiction dans l'oeuvre de Jorge Luis Borges. Aux Impressions nouvelles, il a déjà publié Logique de la science-fiction.

  • « Un livre de philosophie doit être une sorte de science-fiction », écrit Gilles Deleuze. Or la science-fiction elle-même, dès la fin du XIXe siècle avec E. P. Mitchell, prend Hegel comme modèle d'une histoire abordée à travers une logique contradictoire.
    Jean-Clet Martin, après sa lecture novatrice de la Phénoménologie de l'esprit, relève donc ici un pari audacieux : faire entrer l'immense champ de la science-fiction dans le geste le plus inventif de la philosophie moderne. C'est à bord du vaisseau La Logique de Hegel qu'il entreprend pour cela, d'une écriture alerte et imagée, de nous faire voyager à travers une multitude d'univers, ceux de Van Vogt, de H. G. Wells ou de Lovecraft, mais aussi d'Asimov, de Philip K. Dick, et de tant d'autres.
    S'appuyant sur les trois parties de La Logique - Être, Essence, Concept -, Jean-Clet Martin décrit avec minutie les grandes articulations des oeuvres, littéraires et filmiques. Il nous démontre que c'est toute l'histoire de la science-fiction qui se nourrit aux paradoxes de la logique. Au-delà de Dick, elle trouve chez Clarke, Baxter, Robinson, Wilson, ou Poul Anderson, les embrayeurs d'un monde pluriel, entraînant nos vies sur des devenirs très étrangers au temps chronologique.
    Par ce voyage vertigineux au coeur des fictions spéculatives on découvre que de nombreuses structures narratives, de nombreux concepts et agencements entretiennent des liens étroits, quasiment en miroir, avec La Logique de Hegel, comme si celle-ci, à travers sa phénoménale créativité, appartenait tant au monde de la science-fiction qu'à celui de la philosophie.

  • Spinoza et Vermeer sont nés la même année, en 1632, mais le rapprochement qu'établit entre eux Jean-Clet Martin n'a rien à voir avec l'anecdote biographique, même s'il réunit au passage les indices de rencontres, voire d'une collaboration, entre le philosophe et l'artiste. Affaire de forme, de manière, de regard, leur intime parenté touche au coeur de leurs oeuvres. Au concept spinoziste de Dieu, substance unique constituée d'une infinité d'attributs, répond ainsi, dans L'Astronome de Vermeer, le rayon illuminant de mille feux le globe terrestre. Jean-Clet Martin, dans cet essai philosophique libre, forme légère donnée à une interrogation profonde, questionne l'éternité telle qu'elle se présente quand elle rencontre le temps. Il contemple les concepts de Spinoza et médite la lumière de Vermeer pour approcher la réalité de ce qui dépasse toute réalité, et en donner, avec la modestie que nécessite toute entreprise hardie, l'abrégé, le bréviaire. Jean-Clet Martin, philosophe, est l'auteur d'une oeuvre prolifique qui comprend notamment des essais sur Deleuze, Borges, Van Gogh ou Aristote, une étude des ossuaires médiévaux et un abécédaire de l'érotisme. Il a aussi publié deux romans aux Éditions Léo Scheer, La Chambre (2009) et Morningside Park (2011).

  • Marlène, Serge et Pauline vivent dans la même chambre. Mais pas au même moment. Comment se rencontreront-ils, comment, par-delà les bifurcations du temps, l'amour bref, intense, que Marlène et Serge ont connu en ce lieu passera-t-il dans la vie de Pauline, venue plus tard, après que tout s'est tragiquement achevé ? Les tableaux de Hopper, une statuette africaine, un mégot sur un balcon, et la lumière mêlée d'ombre d'une ville hantée, traversée du souvenir des vivants et des morts, tels sont les instruments de cette opération mystérieuse au bout de laquelle l'amour absolu aura effacé la frontière entre le rêve et la réalité. Jean-Clet Martin, philosophe, est l'auteur d'une oeuvre prolifique qui comprend notamment des essais sur Deleuze, Borges, Van Gogh ou Aristote, une étude des ossuaires médiévaux et un abécédaire de l'érotisme. La Chambre est son premier roman.

  • Comme l'avaient reconnu Jacques Derrida (qui lui a consacré de longs développements de La Bête et le Souverain) et Gilles Deleuze (qui avait préfacé la thèse de doctorat qu'il lui avait consacrée), Jean-Clet Martin compte parmi les figures les plus originales de la philosophie française contemporaine. Depuis sa rencontre, comme étudiant, avec Jean-Luc Nancy, jusqu'au succès de son récent essai sur la Phénoménologie de l'Esprit de Hegel (Une intrigue criminelle de la philosophie), il n'a jamais cessé d'approcher de biais, par des chemins inattendus, les grands noms et les grandes figures de la pensée - pour se hisser à la hauteur de ce penser « tout autrement » par lequel Emmanuel Levinas avait jadis qualifié l'oeuvre de Derrida lui-même. Dans Plurivers, il interroge ainsi le concept de monde à l'ère de sa fin. De Star Wars à Matrix, de Philip K. Dick à Borges, de la monadologie de Leibniz aux dernières découvertes de la physique, il compose une cosmologie pour notre temps, cosmologie obligée de constater la fin « du » monde au profit de la multiplication « des » mondes. Nous croyions évoluer dans un univers stable, dont les cartes pourraient nous donner un reflet fidèle ; alors que nous ne cessions de glisser de monde en monde, au gré de devenirs de plus en plus fluides, de plus en plus différenciés : monde des molécules et mondes des étoiles, mondes urbains et mondes virtuels, mondes des nanotechnologies et mondes des nouveaux Empires... Mais en passant de l'univers au plurivers, ce n'est pas seulement notre cosmologie qui change. En même temps qu'elle, ce sont toutes les dimensions de la politique, de l'esthétique et même de la vérité qui se trouvent bouleversées. Avec la délicatesse chatoyante qui caractérise sa plume, Jean-Clet Martin nous dirige dans ce voyage vertigineux de monde en monde en ne cessant jamais de poser cette question : serons-nous à la hauteur de l'inouï qui caractérise les défis du plurivers où nous évoluons ?

  • La doctrine de Hegel a la réputation d'être obscure. Sa philosophie suit le sens d'une " histoire racontée " très différente de la pensée démonstrative qui ne saisit guère les aventures d'un concept. Hegel, sera le premier à mettre en haleine le mouvement de toute pensée, lui conférant ainsi le sens d'une Histoire qui comporte différentes scènes, souvent meurtrières. À partir de la défense d'un criminel, Hegel a montré que la philosophie est toujours une pensée très concrète, tandis que l'abstraction et la précipitation sont du côté de l'opinion populaire, du jugement de la foule.
    Ce sont des images, parfois funestes, que l'auteur a privilégiées : agressivité de l'animal, violence du maître, outrages de Bacchus, mort d'Antigone, celle d'un roi, meurtre de Dieu ou mort de l'homme... Pour Hegel, toute création conceptuelle se traduit par un crime : elle se nourrit du corps de son ennemi comme une araignée " s'enrichissant jusqu'à ce qu'elle ait arraché toute la substance à la conscience, sucé et ingéré tout l'édifice de ses essentialités ".
    Cette intrigue, l'auteur la suit en sa richesse époustouflante, réintégrant Hegel à l'intérieur de la philosophie contemporaine qui l'a injustement refoulé, au profit de Nietzsche dont pourtant il permet de renouveler l'approche. Cette lecture nouvelle et intégrale de la Phénoménologie de l'Esprit montre un Hegel penseur du nihilisme, de la mort de Dieu et de l'homme submergé par sa foi naïve dans l'économie capitaliste naissante.

  • Qu'est-ce que la philosophie occidentale, habituée aux sommets lumineux de la raison, peut dire des sous-sols, des bas-fonds, des zones obscures de l'humanité qui côtoient l'enfer ?
    Jean-Clet Martin, poursuivant son travail d'exploration des marges et des recoins de l'histoire de la pensée, qui lui vaut une place singulière dans le paysage philosophique français, tente dans ce nouvel essai de faire surgir de l'ombre « des formes immaculées que le philosophe ne peut apercevoir qu'en devenant tout autre ». Il explore, par de courts textes qui sont autant de coups de sonde dans la nuit, l'angoisse, la mort, la déchéance, la folie, la misère, l'absence de Dieu, tout ce qui échappe aux différents triomphes de l'homme sur l'homme.
    On retrouve, au fil de cette enquête à la fois profonde et joueuse, pédagogique et exigeante, aussi bien Hegel, Kierkegaard, Nietzsche, Deleuze ou Philippe Lacoue-Labarthe que Dante, Hölderlin, Hesse, Kafka, Munch, Mahler : des philosophes, des écrivains, des artistes - la pensée dans tous ses états.


    Jean-Clet Martin, philosophe, est l'auteur d'une oeuvre prolifique qui comprend notamment des essais sur Deleuze, Borges, Van Gogh ou Aristote, une étude des ossuaires médiévaux, un abécédaire de l'érotisme et deux romans.

  • New York. Les voix alternées d'un physicien laveur de carreaux, d'un organiste réécrivant La Passion selon saint Matthieu de Bach, d'une designer-blogueuse, d'un dealer spécialiste des évangiles apocryphes racontent le monde actuel et les angoisses éternelles, l'amour et la violence, la foi et le désespoir.
    Roman construit avec la régularité géométrique d'une façade de gratte-ciel new-yorkais, dont chaque fenêtre s'allumerait peu à peu, révélant l'intimité de ses habitants, Morningside Park croise les destins autour d'une attente et d'un choc uniques : une révélation, entre accident existentiel et épreuve mystique.


    Jean-Clet Martin, philosophe, est l'auteur d'une oeuvre prolifique qui comprend notamment des essais sur Deleuze, Borges, Van Gogh ou Aristote, une étude des ossuaires médiévaux et un abécédaire de l'érotisme. Il a publié son premier roman, La Chambre, en 2009.

  • Le recueil de textes présentés ici reprend l'hommage organisé pour le vingtième anniversaire de sa mort, le 4 novembre 2015 au Lycée Henri IV. Ils témoignent de l'effort toujours renouvelé des philosophes pour saisir la pensée deleuzienne. Rassemblés dans cet ouvrage, ils offrent une contribution, majeure aux études deleuziennes.

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