• Quatre textes sont ici réunis, écrits - ou recueillis - à des époques très différentes. Ils ont en commun d'évoquer des jeunesses vécues dans des géographies sans frontières communes. Des jeunesses étrangères les unes aux autres. Des jeunesses vécues dans une solitude tragique, désespérément inhumaine. Et en cela, elles peuvent se reconnaître. Des jeunesses, par leur proximité, ici, rassemblées, peuvent enfin se lire les yeux dans les yeux.
    S'entendre, s'accueillir, je le souhaite, les mains ouvertes dans une empathie d'amitié fraternelle. Moi, Joseph Spira recueille le témoignage d'un rescapé des camps de concentration durant la Seconde Guerre mondiale. Un témoignage de ce qu'est survivre à l'innommable. Un Gaucher dit, avec les mots simples d'un homme-soldat que les événements dépasse, la violence, la déroute et l'impossible reconstruction vécue en Indochine.
    Brûlures porte avec empathie la voix des victimes, le plus souvent sur plusieurs générations, des bombardements de dioxine au Viêt Nam. Les Chants d'Anjouan porte la trace d'une enfance heureuse qui ne peut se prolonger face à l'injustice sociale et économique et la misère sur les îles Comores. Des témoignages essentiels, percutants, nécessaires dont Jean Marc Turine se fait le porte-parole et qui viennent enrichir la mémoire collective.
    Une écriture portée et habitée par chaque sujet pour transmettre et dire la pulsion nécessaire de la vie.

  • La vieille Théodora ne marche plus, elle ne voit plus. Mais elle se souvient et raconte. Elle nous parle de sa vie, de ses rencontres, ses amours, ses espoirs, mais aussi ses errances, ses drames et ses désillusions.
    Théodora est une enfant du fleuve. Née Rom, elle a voyagé au gré des vents. Traversant le temps, elle a vécu plusieurs vies. Née à l'aube du XXe siècle, elle le traverse tout entier. Temps de guerres, de communisme, d'oppressions répétées, l'histoire des Roms se révèle au fil du roman et se confond avec celle du siècle.
    Naître femme, c'est s'exposer à la tutelle des pères et des maris, Théodora le comprendra vite. Tout comme elle pressentira aussi que par la lecture et l'écriture, elle échappera à la fatalité. Aladin, le tendre amant, Nahum, le fils d'élection, Joseph, le marin, croiseront sa route.
    Personnages lumineux, ils partageront un temps sa vie avant qu'elle ne reprenne la route et construise sa destinée.
    La force du travail de Jean Marc Turine, depuis ses premiers textes, réside dans son souci de donner la parole aux sans-voix, aux opprimés, aux victimes et de se dresser, sans relâche, contre la guerre et l'exclusion.
    Par une écriture juste et engagée qui donne de la force à ce récit, il dénonce l'exil forcé, les brimades, l'injustice... Les voix du récit s'entremêlent pour nous emporter dans une histoire forte et entière, qui ne laisse pas le lecteur indifférent et le pousse à reconsidérer les questions de l'exil et de l'exclusion à la lumière de l'histoire contemporaine.

  • L'archipel des comores, des îles situées au nord-ouest de madagascar, fut pendant plus d'un siècle colonie française.
    Les îles sont indépendantes depuis 1974, sauf mayotte, toujours rattachée à la france. dans ces îles abandonnées du monde, jean marc turine a fait trois voyages: en 1982, il vivra pendant un an à anjouan en jeune coopérant. en 1998, il retournera pour deux mois, comme journaliste pour france culture. en 2006, il entreprendra un troisième voyage pour réaliser des émissions pour la rtbf. jean marc turine, à peine un pied posé sur le sol comorien, adopte les moeurs des habitants dans un élan d'empathie et pour mieux comprendre.
    Ces écrits, qui s'étalent sur près de vingt-cinq ans, à chaque voyage perçoivent les mêmes complaintes, lancinantes, le même désespoir des comoriens dont l'avenir semble définitivement absent et le fatalisme irréversible.

  • « Par ces pages, je ne propose pas un journal, je tente plus simplement de raconter une histoire d'amitié : celle qui m'a lié à Marguerite Duras, à son fils, Jean Mascolo, et au père de celuici, Diosnys Mascolo. J'ai, oui, fréquenté les trois membres de cette famille et je me sers de notes prises tout au long des
    années passées en leur compagnie pour relater ces amitiés.
    (...) Je ne détiens aucune vérité historique, j'offre un regard rétrospectif empreint de subjectivité qui éclaire peut-être la personnalité d'une romancière-cinéaste marquante de son époque. » Jean Marc Turine
    Dès les premières phrases, Jean Marc Turine affirme qu'il n'a pas cherché à écrire une autre biographie de Marguerite Duras. Il s'agit d'un texte intimiste, un regard de complicité posé sur une amie de vingt-cinq ans. Jean Marc Turine n'a que 24 ans et toutes les audaces quand il écrit pour la première fois à Marguerite Duras. Certes, il est épris de littérature et de cinéma. On est en 1971. Elle refusera sa proposition de tourner « Le Ravissement de Lol V Stein », mais l'invitera à participer au tournage de « Jaune le Soleil ». En 1984,
    avec Marguerite Duras et son fils Jean Mascolo, il sera coauteur du film « Les Enfants ». Grâce à cet éclairage singulier posé sur une des figures emblématiques de la littérature et du cinéma de la deuxième partie du XXe
    siècle, nous franchissons le seuil d'une adresse mythique, le 5 rue Saint-Benoît, 3e gauche. Jean Marc Turine vit et travaille à Bruxelles. Il est romancier, cinéaste, essayiste et a été aussi enseignant. Il a attendu dix
    ans après la mort de la romancière-cinéaste pour publier ses souvenirs.

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