• Analyse du théâtre de Johan August Strindberg (1849-1912) mettant en lumière la place que tient l'intime dans sa création. J.-P. Sarrazac montre que ses récits autobiographiques doivent servir d'hypotexte, de fondement à son oeuvre dramatique, laquelle procède d'une mise à nu sur la scène de sa propre existence mais aussi de celle d'autrui, créant un glissement du personnel vers l'impersonnel.

  • Cet essai explore le nouveau paradigme de la forme dramatique qui, apparu dans les années 1880 (avec Ibsen, Strindberg, Tchekhov), s'est perpétué dans les dramaturgies les plus contemporaines (Heiner Müller, Jon Fosse, Valère Novarina.). Il met en évidence la dimension rhapsodique de la forme dramatique : le drame nouveau ressortit à une forme ouverte et profondément hétérogène où les modes dramatique, épique et lyrique, voire argumentatif, ne cessent de s'ajointer ou de se chevaucher. Loin de souscrire aux idées de " décadence " (Lukács), d'obsolescence (Lehmann), ou encore de mort du drame (Adorno), J.-P. Sarrazac dessine les contours, toujours en mouvement, d'une forme la plus libre possible, mais qui n'est pas, à l'instar de la rhapsodie en musique, l'absence de forme.

  • Critique du theatre

    Jean-Pierre Sarrazac

    • Circe
    • 24 Février 2000

    La dernière idée que nous nous étions faite du théâtre et, singulièrement, de la création entre la scène et le spectateur, nous la tenions des années cinquante, de vilar et de brecht.
    La leçon de barthes, de dort, de la revue théâtre populaire - d'althusser également - nous avait convaincu que le théâtre devait assurer le " grand commentaire " de la société. or on entend dire que cette utopie d'un " théâtre critique " et d'un " spectateur actif " a vécu ; qu'elle est morte en même temps que la religion de la " fable " et que quelques autres croyances " modernes ".
    Contribution au débat actuel sur la fonction du théâtre, sa dimension civique, ses pouvoirs, sa " nécessité ", le livre de jean-pierre sarrazac fait l'archéologie de cette idée d'un théâtre critique.
    Façon d'amorcer ce que les philosophes appellent la palinodie, l'histoire d'un changement d'idée. de choisir la contradiction plutôt que l'amnésie. de reprendre la toujours nécessaire critique du théâtre. tout en poursuivant le rêve amoureux d'un théâtre qui " se situerait en dehors du jugement, dans le jeu des possibles ", qui " ne punirait ni ne consolerait " mais " offrirait simplement réparation ", " entendons : un lieu et un temps pour se refaire des forces ".

  • « Le théâtre peut-il rendre compte du monde dans lequel nous vivons ? » : Jean-Pierre Sarrazac reprend ici la vieille question brechtienne, mais lui apporte des développements et des réponses inédits. Au centre du présent ouvrage, le « Jeu de rêve » (Drömspel), cette forme qui apparaît à l'extrême fin du XIXe siècle avec Le Chemin de Damas de Strindberg et dont on suit les métamorphoses, tout au long du XXe siècle, dans des pièces de l'Expressionnisme allemand, de Pirandello, de Brecht (Les Visions de Simone Machard), de Vitrac, d'Adamov, de Pasolini.

  • Ko Un est certainement le poète coréen le plus lu et le plus traduit à travers le monde. Son oeuvre, très abondante, se compose d'essais, de romans et de poèmes, mais c'est surtout la poésie qui lui vaut une reconnaissance internationale.

    Le recueil Fleurs de l'instant (2001) évoquera pour le lecteur français le haïku, mais il ne s'agit pas ici d'une forme fixe - seul le travail de la brièveté, du surgissement, compte. La poétique de Ko Un consiste dans ce recueil certes à trouver souvent les « copeaux du pur présent » dont parle Roland Barthes à propos du haïku, mais surtout à atteindre, dans une perspective marquée par le bouddhisme, l'éveil, le moment où la préoccupation individuelle disparaît et où se dissipent les illusions qui nous détournent du monde. Ce qui compte n'est dès lors aucune poétisation du monde, au contraire puisque Ko Un s'engage souvent vers un prosaïsme voulu, mais la découverte fulgurante de l'impermanence et de la souffrance, au travers de laquelle surgit ce qui reste de la beauté, de l'intensité de la vie lorsque le monde, dans un instant de bouleversement, est saisi lucidement.

  • Théâtre t.1

    Jean-Pierre Sarrazac

    • Circe
    • 24 Janvier 2007


    l'enfant-roi et sa petite famille bien française sont entraînés dans un périple tragi-comique sur l'autoroute des vacances.
    le mariage des morts donne, avec un soupçon d'ironie, une forme quasi légendaire aux atermoiements sentimentaux et familiaux de la fin d'adolescence. les inséparables retrace la confrontation, à travers une cloison sonore, du vieil homme dans la cuisine et du vieil homme dans la chambre. deux inséparables dans l'attente du retour du fils prodigue. la passion du jardinier, ou le dialogue en quatre saisons d'une vieille dame - juive apprendra-t-on - et de son assassin, un jeune jardinier antisémite.
    la morte sort de sa tombe ; elle revient hanter le jeune homme afin qu'il rende des comptes.

  • Plein emploi

    Jean-Pierre Sarrazac

    • Circe
    • 19 Mai 1998
    Sur commande
  • Joseph Danan et Jean-Pierre Sarrazac, hommes de théâtre, ouvrent la porte de leurs ateliers d'écriture à travers les exercices qu'ils présentent régulièrement à leurs stagiaires.

    Ce précieux vade-mecum s'adresse aussi bien au simple participant, étudiant ou professionnel, qu'au futur animateur d'atelier qui aurait envie de mettre à l'épreuve son écriture. Il est également utile au lecteur qui voudrait appréhender les processus d'écriture dramatique, qui deviendra du même coup un spectateur plus affuté du théâtre contemporain.
    Contrairement à certaines méthodes, ce livre ne prétend pas proposer une formation complète et progressive du métier d'auteur dramatique. L'intention est à fois plus modeste et plus ambitieuse : entrainer directement le lecteur sur les chemins de l'écriture à travers des exercices abordables et ludiques. C'est à travers la pratique de l'écriture, au fil des exercices proposés - qui peuvent également être réalisés de façon indépendantes - que les participants découvrent les enjeux des écritures dramatiques contemporaines.
    Joseph Danan et Jean-Pierre Sarrazac croisent leurs pratiques, en pointant leurs convergences et leurs différences, mais ensemble, se mettent d'accord sur leur volonté de faire vivre leurs ateliers.
    L'objectif est alors de permettre au participant de produire des textes en trouvant son propre geste, de l'amener vers un développement personnel, d'explorer le processus d'écriture théâtrale, enfin, de lui faire acquérir une culture plus riche par la lecture de textes.
    Joseph Danan et Jean-Pierre Sarrazac croisent leurs pratiques, en pointant leurs convergences et leurs différences, mais ensemble, se mettent d'accord sur leur volonté de faire vivre leurs ateliers.

  • Que vais-je pouvoir vous transmettre moi qui me targuais d'être porteur d'un message ? Quelle parole vais-je pouvoir confier à ceux parmi vous - les quelques élus qui seront peut-être appelés à sortir d'ici et rentrer dans leur pays si jamais un peu de lumière réapparaît dans ce ciel de goudron ?...
    "Ce que tu vois, fais-en un livre" est-il écrit dans l'Apocalypse de Jean... Mais si chacun dans la foule peut voir avec la même précision ce que voit le témoin ? Si le symbole se dissout complètement dans la réalité ? Quand tout est devenu littéral, quel témoin peut encore témoigner ? " L'homme qui vient de parler "sort un pistolet et se tire une balle dans la tête"... Un épisode parmi tant d'autres de cette comédie sanglante qui déploie la parabole de la "mondialisation".
    Néo, ou : quand la France de la gastronomie et de la mode, parangon des valeurs occidentales, vient se contempler une dernière fois au miroir brisé du postcommunisme.

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