Rouge Profond

  • Cinéaste majeure, seule réalisatrice oscarisée (pour Démineurs), Kathryn Bigelow reste mal identifiée par la presse et le public. Sans doute parce qu'elle est à la fois populaire et avant-gardiste, classique autant qu'expérimentale, post-féministe et politique. En redessinant à travers dix films (entre autres, Aux frontières de l'aube, Point Break, Blue Steel, Strange Days, Zero Dark Thirty) les frontières éthiques, physiques et sexuées, les limites entre la vie et la mort, la réalité et la virtualité, Bigelow a fait exploser les genres cinématographiques. Son cinéma, voué aux cauchemars étasuniens, est tour à tour claustrophobe et libérateur, frontal et viscéral, entre fresque et spectacle, hyperréalisme et abstraction, intime et collectif.

  • Possession (1981) d'Andrzej Zulawski est un film tentaculaire et sans cesse régénéré, traversé par une actrice (Isabelle Adjani) en transe. L'ouvrage que lui consacre Jérôme d'Estais approche le mystère d'une oeuvre abstraite et physique devenue culte, en commençant par investir les lieux où elle vit le jour, à Berlin, en pénétrant dans son cosmos, gorgé de sens et de signes. Mais tout comme aucune vision ne l'a jamais asséché, aucune interprétation n'enlèvera jamais au film ni sa force, ni son mystère. Conscient qu'il a été pour son réalisateur son double autant qu'une exorcisation mise en images, cet essai est une tentative de dompter ce monstre magnifique devenu le nôtre, avec des images d'une intensité telle qu'elles continuent à bousculer notre théâtre intérieur.

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