Poésie

  • Dernier recueil de poésie publié avant la mort de Jim Harrison, La positions du mort flottant (en anglais Dead man's float) est un livre qui aborde de front les grands thèmes de la mort, de la vieillesse, du Temps... Son titre fait référence à une position utilisée par les nageurs pour se préserver lors de longues courses. S'il s'agit bien d'une technique de survie - pour Harrison, celle qui lui permet d'affronter la maladie, les séances de chirurgie, mais aussi d'appréhender l'approche de la mort et la perception de son corps vieillissant, toujours plus faible - les poèmes, pourtant, font bien plus que flotter.
    Car Harrison trouve, par l'écriture, un moyen de transformer le négatif en une opportunité d'introspection, de retour à la vie - ce qui le rapproche encore et toujours de l'enfance, les souvenirs, et ce qui reste, encore, au quotidien, pour lui qui sait qu'il n'a plus d'avenir à construire. Alors que la mort approche, il se concentre sur les petites choses de son monde quotidien, sur les souvenirs toujours vivaces qui le séparent, à peine, de son enfance.
    Comme s'il pouvait toujours, "soixante-huit ans plus tard (...) habiter le corps de ce garçon sans penser au temps écoulé depuis". Et comme si la vieillesse, au final, ne faisait rien d'autre que rejoindre l'enfance.

  • On ne présente plus Jim Harrison, l'un des plus grands écrivains américains contemporains ; cependant, on connaît mal son uvre poétique.
    Dans ce recueil de poèmes inédits écrits entre 1965 et 2010, Harrison est un poète contemplatif, tour à tour mélancolique et brutal. Éternel amoureux de la nature, il se fait le chantre vagabond de l'Amérique profonde et de ses vastes étendues sauvages.
    Plus virtuose et truculent que jamais, jouant avec les formes, les influences et les cultures, il prouve une fois encore l'étendue de son génie.

  • Le poète soviétique Essenine fut le chantre de la Révolution d'Octobre et l'époux de la danseuse américaine Isadora Duncan. Il se suicida en 1925, à l'âge de trente ans.
    Dans un texte intitulé « Le gué, la terreur », Jim Harrison note : « J'ai mis des années à m'apercevoir que mes Lettres à Essenine étaient un constat de victoire sur la tentation du suicide. » D'Essenine, Jim Harrison, dans ce volume de poèmes publiés aux États-Unis en 1973, fait un alter ego désespéré et un forçat de la vie, à la curiosité insatiable, à la spontanéité imprévisible, aux désirs plus grands que nature. Essenine, frère disparu trop tôt, est pour l'auteur de La Route du retour un modèle de vie, d'écriture, de passion et de révolte.

  • Dans ce recueil de poèmes, Jim Harrison s'inspire d'une forme poétique persane très brève, le ghâzal.
    Mais ses notations personnelles elliptiques rappellent aussi par leur concision évocatrice le haïku japonais : voyages, amours éphémères, satoris bouddhistes, deuils, exploits gastronomiques, petits boulots, angoisse de vivre, tout est, pour l'auteur de Dalva, matière à écriture dans ces poèmes finalement très proches de l'univers de Kerouac et de Ginsberg.

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