• À quatorze ans, John Edgar Wideman découvre dans la presse américaine une photo du visage mutilé d'Emmett Till, jeune homme du même âge, Noir américain tout comme lui. Cette image ne cessera de le hanter.

    En 1955, Emmett Till prend le train à Chicago pour rendre visite à sa famille dans le Mississippi. Accusé d'avoir sifflé une femme blanche, l'adolescent noir est kidnappé et assassiné. Ses meurtriers, blancs, seront acquittés. Resurgit durant leur procès le fantôme du père d'Emmett, Louis Till, enrôlé dans l'armée américaine à la fin de la Seconde Guerre mondiale et jugé puis exécuté pour viol en 1945. Tel père tel fils, considère le jury, aussi blanc que les accusés.
    Habité par ce fait divers qui a marqué l'Amérique, l'auteur décide d'enquêter sur les circonstances douteuses de cette exécution. Il en fait ressortir les zones d'ombre et tente de combler le silence de Louis Till.
    Faits historiques, éléments autobiographiques et fictifs s'entrelacent pour former un récit aussi personnel qu'actuel, auscultant une société américaine rongée par l'injustice et la violence.

    2 Autres éditions :

  • Trois romans, trois portraits de la vie dans le ghetto noir de Homewood, à Pittsburgh, dans lesquels John Edgar Wideman raconte les douleurs, les passions, les rêves et les souvenirs de cette communauté.

    Damballah réinvente l'histoire mythique de sa famille fondatrice, dont l'épopée brutale et poétique traverse les générations, les continents et les malédictions.

    Où se cacher met en scène une tragédie intimiste : accusé de meurtre, le jeune Tommy se réfugie chez Bess, une parente éloignée qui vit recluse depuis la mort de son mari et de son enfant, et, avec elle, tente de surmonter la colère et la peur qui règnent dans les rues.

    Dans Le rocking-chair qui bat la mesure, John Edgar Wideman se souvient. De son enfance, mais surtout de la génération précédente, dont les morts continuent de hanter les vivants...

  • « Ce livre, sa langue, ses mots, les voix qui le composent, sont nés de la tentative que j'ai faite de capter ce qui s'est amorcé entre mon frère et moi il y a quatre ans : le désir nous est venu de parler de nos vies.
    Pour connaître l'histoire de mon frère Robby, je suis allé le voir en prison et j'ai écouté ce qu'il avait à dire. J'ai pris des notes puis, quelques temps plus tard, après avoir digéré ses paroles, mais avant qu'elles ne s'effacent, je me suis attelé à coucher sur le papier ce que j'avais appris.
    J'ai lu de nombreux livres sur les prisons et les détenus, j'ai bavardé pendant de longues heures avec les membres de ma famille, j'ai étudié les minutes du procès, les coupures de presse et les rapports de police afin de m'informer et d'étayer les faits. Sans nier l'apport de ces sources, j'assume la pleine responsabilité de ce récit - où se mêlent la mémoire, l'imagination, les émotions et la réalité - qui reconstitue le tragique enchaînement de circonstances qui causa la mort d'un jeune homme et en jeta trois autres en prison pour la vie. »

  • Ce saisissant recueil entremêle avec justesse l'intime, l'historique et le politique. John Edgar Wideman ravive les souvenirs de l'Amérique, ses plaies ouvertes, le feu dévorant du deuil, de la violence et de l'injustice. Il y parle d'amour, de mort, de lutte, de race, de vengeance et d'identité, questionne la relation inapaisée des Noirs et des Blancs et nous entraîne dans un voyage à travers le temps, l'espace et les arts, jusqu'à toucher le coeur même de l'âme américaine.
    « JB & FD » imagine une conversation entre John Brown, célèbre militant anti-esclavage, et Frederick Douglass, l'orateur abolitionniste, sur la nécessité d'en finir avec la traite des humains par un océan de sang. « Cartes et registres » évoque un conciliabule entre un frère et une soeur qui tentent de comprendre pourquoi leur père a tué un autre homme. « Le pont de Williamsburg » raconte l'histoire d'un homme assis sur un pont qui contemple sa vie avant de sauter dans le vide.
    Chacune des nouvelles obsédantes qui composent ces Mémoires d'Amérique a le phrasé d'un morceau de jazz : elliptique, profondément rythmée, l'écriture est comme brisée, les voix se chevauchent, des mots semblent manquer, comme si le but de l'auteur était d'atteindre plus rapidement la vérité. Par sa variété de tons, de formes et de sujets, ce recueil à la force inouïe transcende les idéologies et nous laisse le souffle coupé.

  • Dans le quartier noir de Pittsburgh, l'amour est une promesse de deuil. Et Kassima, qui a perdu son mari et ses fils, se dérobe à l'homme qui l'aime et qu'une violence fratricide pourrait lui arracher. C'est compter sans la présence derrière le mur de M. Mallory, le vieillard sans âge qui porte en lui la mémoire d'un peuple, et qui lutte contre la mort et l'éphémère, photographiant des vies sacrifiées pour leur offrir une image digne.
    Dans cet oratorio blues à trois voix, Wideman mêle les destins, les lieux et les époques, de Pittsburgh à Philadelphie, de l'Italie libérée aux ghettos opprimés, saisissant l'épaisseur du réel et de la mémoire par un regard intense, dont la rage n'a d'égale que la vigueur poétique. Et son souci de la beauté, la sensualité de son écriture transforment ce requiem en célébration obstinée de la vie, en chant de résistance. Convoquant les paysages et les motifs qui lui sont chers, il nous offre l'aboutissement d'une oeuvre qui compte aujourd'hui parmi les plus hautes de la littérature américaine.

  • Frantz Fanon, médecin psychiatre d'origine martiniquaise, se rangea d'abord aux côtés de la France libre puis combattit avec le FLN pour la libération de l'Algérie. Il consacra sa courte vie à la lutte pour la libération des peuples opprimés.
    Cette oeuvre inclassable de John Edgar Wideman se situe à mi-chemin entre le roman et l'essai.
    Il mêle une rêverie biographique sur Fanon à un embryon de fiction sur un romancier recevant par coursier une tête coupée dans le New York de l'après 11 Septembre. Il y ajoute également des fragments de sa propre vie où il évoque sa mère, son frère incarcéré à perpétuité, sa compagne française. Tous ces fils s'entremêlent pour produire une réflexion sur l'histoire moderne et contemporaine, l'héritage de l'esclavage, de la colonisation, des rapports entre riches et pauvres, tout en essayant de dépasser une fois pour toutes le clivage racial.C'est aussi un récit qui présente une véritable méditation sur l'écriture en train de se faire, la démarche et les difficultés du travail d'auteur.
    L'ensemble est servi par une écriture essentiellement musicale, par un réseau d'images qui ont une incroyable force de frappe. Lire ce récit, c'est mesurer à quel point tant d'essais réalisés sur ce thème sont convenus, ternes, en quelque sorte. Tout fait sens et se répond. On entend une voix dont la rage est moins violence que douleur.
    Une fois de plus, John Edgar Wideman démontre tout son talent de poète et nous fait redécouvrir un penseur crucial à l'heure où le passé colonial constitue une question brûlante.Ce livre urgent et fiévreux vient nourrir et éclairer le débat.

  • Poche N.C.
    Prix indicatif - Contacter votre libraire
empty