• Lors de temps reculés, dans une montagne originelle et virginale, un our- son est arraché à sa tanière natale, puis adopté par une famille de dres- seurs d'ours nomades. Élevé parmi eux comme un des leurs, il finira par se croire humain, ce qui sera cause de lourdes menaces pour lui.
    Heureusement, sa soeur de lait, sa soeur humaine, veille sur lui.
    Pour faire revivre ce monde ancestral et immémorial, Marc Graciano, plus que jamais, tente de forger une langue archaïque, une langue neuve, une langue-enfant, et y développe son art des miniatures enluminées de mots.
    Comme toujours chez lui, le merveilleux n'est jamais très éloigné, et, quoiqu'immergé d'abord dans le réel, le lecteur finira par se retrouver dans un conte digne de Boucle d'or ou Jean de l'ours.

    « Ils l'appelaient la Grand-ourse ou la Dame et certains pensaient que c'était elle qui, chaque année, volait le soleil et l'emportait dans sa tanière pour y dormir bien au chaud avec l'astre radieux contre sa poitrine fourrée, comme une grosse tourte de miel calorifère, et qu'ainsi s'expliquait que l'hiver et le froid s'abattissent pour de si longs mois sur la vallée, et ils pensaient qu'elle ne rendait le disque radiateur qu'à la fin de son long somme, et qu'alors revenait la cha- leur printanière, et ceux-là disaient qu'il fallait respecter la Grand-ourse au plus haut point, et accepter ses rapines de l'automne et du printemps sans la pourchasser et la meur- trir, à cause, sinon, qu'elle n'aurait jamais accepté, le mo- ment venu, de restituer le soleil disparu. »

  • Depuis bien des jours le vieux cheminait avec la petite le long de la rivière. Quelquefois le vieux tenait la main de la petite mais, le plus souvent, il la laissait voyager seule autour de lui : telle est la première phrase de ce roman puissamment envoûtant tant par la tension dramatique constante que Marc Graciano parvient à conserver tout au long de ce voyage initiatique, semé d'embûches, dans un temps très ancien, que par son style unique, à base de litanies.
    Dans leur périple vers l'amont de la rivière, le nord, le vieux et la petite traversent une nature à la fois splendide et sauvage, croisent des personnages inoubliables, comme le veneur.
    Vers où les conduira leur destin ?
    Marc Graciano est né le 14 février 1966. Il vit au pied des montagnes aux confins de l'Ain et du Jura.

  • Une silhouette montée sur un coursier se détache au loin sur le versant d'une colline. C'est une fille, elle est à la tête d'un groupe de cinq guerriers, à cheval eux aussi. Ainsi commence le second roman de Marc Graciano, hymne à la beauté de la nature sauvage et idyllique où l'on sent très vite que tout peut basculer car la cruauté des hommes, elle, sera sans limites.
    « La fille était de taille moyenne et elle était fluette et elle était d'une extraordinaire souplesse si bien que les jambes laxes de la fille, quand la fille chevauchait son coursier, épousaient tellement les flancs du coursier qu'elles se confondaient avec eux et qu'il semblait n'y avoir point de frontière entre la fille et son coursier et que la fille était reliée au dos du coursier par un contact ininterrompu, et le bassin de la fille était régulièrement projeté vers l'avant, comme si la fille avait tracté son bassin avec la main accrochée à la crinière échevelée du coursier mais son bassin, en vérité, était projeté spontanément et machinalement, comme mû par une action indépendante de la fille, et la fille chevauchait avec une telle adresse qu'elle semblait n'utiliser, de surcroît à l'absence de bride et de rênes, ni les jambes ni la voix et diriger son coursier par le seul déplacement de la surface de jonction de son corps avec celui du coursier ou par le seul mouvement de sa volonté qui eût été reliée à celle du coursier par une liaison invisible mais indéfectible. »

  • Le sacret

    Marc Graciano

    • Corti
    • 3 Mai 2018

    « L'oiseau de proie était tellement figé que, de loin, il avait semblé au garçon une motte de terre, et l'oiseau était tellement faible qu'il laissa s'approcher le garçon sans réagir, et, quand le garçon fut proche, il vit que l'oiseau avait une aile blessée et qu'elle pendait sur un côté, et c'était un oiseau au ventre blanc avec beaucoup d'aiglures, et au dos brun avec de fins liserés clairs qui dessinaient comme des écailles, et son oeil était terne, nullement vif et acéré, comme habituellement chez les rapaces. » Dans ce cinquième roman, Marc Graciano, de son écriture caractéristique, précision du vocabulaire, style envoûtant, nous raconte la naissance d'une vocation ; Le Sacret, ou l'enfance d'un autoursier.

  • Enfant-pluie

    Marc Graciano

    • Corti
    • 20 Avril 2017

    Deux frères, Marc et Laurent Graciano ont chassé, enfants, l'un les oiseaux et l'autre les têtes de flèches en silex, dans un coin perdu de Dordogne.
    Ce livre est une naïveté. Une simple tentative pour ces deux frères, maintenant âgés, de retrouver un monde neuf. L'un a écrit, l'autre a peint.
    Le résultat ? Un conte préhistorique. « Mon nom est Enfant-pluie.
    Je suis né lors d'une immense et violente pluie d'orage qui s'est abattue sur notre vallée. Une pluie encore inconnue de mémoire des gens de mon peuple. Celle-qui-sait-les-herbes m'a fait naître. »

  • Le soufi

    ,

    « Le petit homme avait élevé la circulaire tôle au-dessus de sa tête, de telle manière que sa forme coïncidât avec le disque solaire et qu'elle en éclipsât miraculeusement toute la lumière, si bien que le gyrovague dit avoir eu la conviction que la nuit s'était instantanément et miraculeusement installée sur le désert, comme dans une prodigieuse éclipse. »

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