Langue française

  • Le mot « création » est en général appliqué à une oeuvre dont l'homme est à l'origine. Ici, Marie-Madeleine Davy parle de la création de l'homme par lui-même, non pas pour faire de lui un chef-d'oeuvre qu'il contemplerait dans le miroir de Narcisse, mais pour conquérir sa condition d'homme total. Spécialiste de la pensée cistercienne et proche de la spiritualité orientale, l'auteur nous invite à découvrir l'histoire de toute personne qui, refusant de faire le jeu des événements dans un monde où les valeurs s'effondrent, tente de découvrir le fond de son être.Cette édition est complétée par Un itinéraire, biographie spirituelle rédigée après avoir frôlé la mort, et qui illustre de façon éclatante comment Marie-Madeleine Davy a mis en oeuvre concrètement le programme deL'Homme intérieur et ses métamorphoses.

  • Le douzième siècle, cette Renaissance médiévale, est le grand âge de l'art roman. L'homme de ce temps possède une exacte connaissance de sa situation : il est pèlerin de la Jérusalem céleste et, de ce fait, voué à une marche ascendante. Relié à un monde invisible dans lequel il se meut, il sait d'où il vient et où il va. Sa certitude relève de sa foi. Que cette foi se développe à l'intérieur de l'Église ou qu'elle soit hétérodoxe, elle demeure vivante. Le moine y répond à l'intérieur de son cloître, le professeur dans son enseignement ; l'artiste en témoigne sur la pierre ou par la couleur. Le monde est un, du macrocosme au microcosme, et il est signe de l'Invisible. L'art et ses symboles l'enseignent Du portail de Cluny à la littérature du Graal, Marie-Madeleine Davy nous donne accès à l'extraordinaire richesse symbolique du douzième siècle.

  • Le désert a toujours fasciné les hommes épris d'absolu. Les sables d'Egypte ont eu leurs ermites et le peuple juif est passé par l'épreuve du désert.
    Le désert géographique symbolise celui du dedans, qui n'est pas un lieu mais un état d'écoute, de vision, de rencontre. Après avoir été le creuset de décantation où l'or a pu se dégager de sa gangue de plomb, le désert appelle l'alliance, l'unité. Mais les revêtements arrachés entraînent parfois avec eux des lambeaux de chair vive, des options, voire des certitudes. Tout est remis en question.
    Abandonner le monde, c'est se quitter soi-même. S'éloigner de la foule, c'est rompre avec la conscience grégaire où l'on menace de s'endormir.
    Par la nudité qu'il exige, le désert provoque un éveil qu'il convient de couver dans la solitude. L'habitant du désert se doit d'y consentir. Si, conduit par l'Esprit, il pénètre silencieusement dans son fond, il fait sien le conseil donné par Hésyclius de Jérusalem : "Emerveille-toi, alors tu comprendras !"
    Devant la crise qui ébranle métaphysiques, religions et valeurs, le désert intérieur n'est pas un refuge et n'offre aucun abri : il invite aux métamorphoses.

  • Le philosophe du XIIe siècle puise sa connaissance dans l'ordre du cosmos, la beauté de la nature et, plus encore, dans le livre « du dedans ». Mais le philosophe est aussi un voyant. Inspiré, il prophétise. Philosopher, c'est avant tout imiter le Christ philosophe, mener une vie d'ascèse qui, à son sommet, rejoint l'état angélique. Il ne s'agit pas d'envisager la philosophie comme une spéculation ou un savoir, mais de l'introduire dans l'existence quotidienne. Idéal que l'on voit s'épanouir avec les Ordres monastiques, notamment cistercien ou chartreux, et encore avec les ermites. Rien d'étonnant, donc, à ce que tout le xiie siècle soit illuminé par la personnalité d'un moine : Bernard de Clairvaux.

  • Marie-Madeleine Davy, l'une des figures les plus originales de la pensée française au XXe siècle, a été l'initiatrice de toute une génération à qui elle a fait découvrir, entre autres, la spiritualité cistercienne. Dans cette autobiographie singulière, elle nous ouvre des fenêtres sur les moments décisifs de son existence. Engagée dans la vie intellectuelle et politique (elle participa activement à la Résistance), elle a rencontré Mircea Eliade, G.-I. Gurdjieff, Henry Corbin, Simone Weil, Nicolas Berdiaev (auquel elle a consacré une biographie dans la présente collection, Nicolas Berdiaev ou la révolution de l'esprit)... Fascinée par l'Orient, elle a su marier dans son oeuvre les enseignements les plus profonds des différentes traditions. Elle a choisi dans les dernières année de sa vie une solitude qui l'a menée vers une religion de l'Esprit faite d'amour et de liberté.
    La postface de cette nouvelle édition constitue son ultime témoignage écrit.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Ce livre est le récit romancé, passionnant, sans hermétisme, de l'itinéraire intérieur d'un personnage que nous, lecteurs, allons immédiatement aimer. Peut-être parce qu'il est chacun de nous qui cherchons une vie intérieure, celle, qui, respectant toutes les religions et traditions, répond à notre aspiration dans un monde constamment perturbé d'une nouvelle dimension spirituelle. Un petit enfant appelé Ludovic est confié à sa grand-mère par ses jeunes parents étudiants. Sa naissance a provoqué leur séparation. Intéressée par la pensée de l'Inde, professeur de yoga, l'aïeule surnommera son petit-fils "Muni" (signifiant le renonçant). On peut se demander si cette appellation n'exercera pas une certaine influence sur l'adolescent. Durant son évolution, celui-ci passera successivement par différents stades. Tout d'abord, il sera initié à l'amour cosmique par une étrange fillette martiniquaise. Ensuite, il optera pour le savoir, et deviendra un brillant étudiant. Peu à peu, il sera fasciné par l'intériorité, sans savoir comment s'en rapprocher en l'animant. À cet égard, une rencontre avec un solitaire sera pour lui révélante. Durant longtemps, la démarche de Muni apparaît tâtonnante. La féminité, qu'il doit en particulier à son éducation, freine sa maturité affective et sexuelle. Par ailleurs, il rencontre sur sa route des pièges qu'il doit désamorcer. En dépit de sa jeunesse, Muni devra faire face à l'ombre de la condition humaine, à son obscurité, voire à sa noirceur. Il ne pourra en surmonter la négativité qu'en faisant appel à la lumière. À la fois fils de la nuit et du jour, séduit par la solitude et le silence, Muni accepte les renoncements qui s'imposent à lui, en donnant son consentement à ce qui l'abandonne. Il comprend que l'aventure intérieure exige un au-delà des oppositions illusoires. Chercher "l'Orient de l'âme", c'est avant tout le dépasser.

  • L'émancipation des femmes - et leur marche vers l'égalité - est l'événement décisif de la seconde moitié du XXe siècle. On s'en félicite à bon droit, mais, concrètement, sait-on comment et à quel prix des jeunes femmes réussissent dans une profession en sacrifiant ou en sauvant leur vie personnelle, leurs amours ? Nicole Domenach, qui fut professeur de Lettres dans une école parisienne d'arts et industries graphiques, a interrogé d'anciennes élèves : échec ou réussite ? Ce sont leurs réponses et leurs récits qu'on trouvera dans cet ouvrage. Énergie, obstination, refus d'être humiliées... Mais l'indépendance se paye quelquefois d'une obéissance plus ou moins consciente aux modes et modèles dominants. En marge de la vingtaine d'interviews de « femmes actives » entre vingt-cinq et quarante ans, l'auteur a dessiné trois portraits d'octogénaires, mères de famille sans profession, qui se sont réalisées dans une vie qu'on dirait aujourd'hui aliénée... La liberté peut prendre, selon les âges et les conditions, des chemins très différents.

  • L'homme orienté vers la libération intérieure se montre parfois hésitant devant la multiplicité des chemins. Pour ne pas s'égarer, il cherche des modèles. Dans le mystère de son intériorité, il éprouve ce que Socrate nommait la démangeaison des ailes". Une sorte de mue éveille ses sens, en particulier son ouïe et sa vue. Jeté le plus souvent dans une solitude abyssale, il se demande comment collaborer à sa propre métamorphose. Qu'il découvre l'oiseau, le voilà comblé. Ce frère cadet de l'ange lui apprend l'essentiel : le détachement, l'acceptation joyeuse de sa singularité. Se tenir dans l'instant sans rien engranger. Surmonter sa fragilité en récusant les inutiles soucis. Être à chaque instant neuf dans la plénitude de la liberté. L'oiseau enseigne à l'homme le secret des secrets : tracer son propre itinéraire sans se comparer à autrui. Savoir que la nuit obscure engendre l'aurore. Devenir amoureux du printemps en l'intériorisant durant l'époque hivernale. Consentir à ne pas laisser de trace derrière soi. Trouver sa béatitude dans la présence de la lumière et de la beauté."

  • Tout est noces

    Marie-Madeleine Davy

    Plongés dans la dualité, nous nous exprimons le plus souvent dans un langage antinomique. Celui-ci reflète nos pensées et nos habituels comportements. Toute dualité opprime et déchire. Les notions Bien-Mal, Haut-Bas, Masculin-Féminin, Temps-Eternité nous semblent irréconciliables.
    Ces constantes divisions peuvent être surmontées, à condition de les libérer de leur pesanteur. Seul le détachement de notre propre multiplicité opère cet allègement en profondeur. Renoncer à la double voie positive et négative exige le respect des différences et permet de saisir la richesse des complémentarités. Les mythes et les symboles servent de guides.
    Le choc des contraires surmonté, la dualité s'estompe : de mystérieuses fiançailles s'ébauchent entre les opposés. Soudain une révélation intérieure éclaire et engendre un nouveau regard, une conscience neuve. Aussitôt un éveil intérieur se produit. Sorte de résurrection permettant de comprendre que Tout est Noces. Après l'angoisse, la jubilation, l'orientation vers l'unité.

  • « Cet homme avait reçu, dès l'enfance, la marque indélébile du divin. Il était habité par une présence et son regard, sa pensée, sa voix elle-même en témoignaient. »
    Ainsi parlait Marie-Madeleine Davy d'un des plus grands penseurs orthodoxes du XXe siècle, Nicolas Berdiaev (1874-1948). Cet aristocrate russe, emprisonné à plusieurs reprises pour ses idées révolutionnaires par le régime tsariste, puis expulsé de Russie en 1922 par le régime communiste, participa activement, dans les années trente, à l'émergence de ce que l'on a appelé l'existentialisme chrétien. Sa spiritualité, réfractaire à toute emprise confessionnelle, fondée sur une théologie de la liberté, en a fait un compagnon critique de tous les mouvements d'émancipation sociale de son temps. Prophète d'une révolution de l'Esprit, Berdiaev a su faire fructifier, au coeur de la pensée moderne, l'héritage qu'il avait reçu de la mystique chrétienne orientale.
    Marie-Madeleine Davy, auteur de nombreux essais de spiritualité parus aux éditions Albin Michel, témoigne ici de l'homme qu'elle a longtemps côtoyé dans les cercles oecuméniques du Paris d'avant-guerre, et nous offre une synthèse lumineuse de cette oeuvre hors du commun.

  • Ce que l'on appelle « amour » n'est souvent qu'une forme de narcissisme égotique du Moi. L'amour transpersonnel, dépassant ce Moi, prend ces racines dans le Soi (Jung) et rayonne aussi bien dans la relation privilégiée du couple, que dans l'amour universel de tous les êtres, et dans l'expérience mystique. Dans ce livre l'amour est donc abordé à la fois du point de vue psychologique et du point de vue spirituel : - la psychologie de l'amour afin d'apprendre à aimer ; - l'amour chrétien avec en particulier l'École rhénane et sa préparation par le courant féminin des Béguines ; - l'amour dans le monde musulman avec la voie des Soufis ; - l'amour aux Indes en liaison avec les Écritures et le Yoga ; - l'amour universel dans le Bouddhisme. Ce livre ne se limite pas à décrire des états d'amour mais permet de mieux se connaître et donne des outils pratiques de développement personnel de ses capacités d'amour. Il s'adresse au grand public tout comme aux « Psy » et aux personnes intéressées par les voies spirituelles.

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