• Déployant une joyeuse fureur et une élégante ironie, l'illustre correspondante de guerre américaine Martha Gellhorn raconte ses cinq pires épopées autour du monde. On se réjouit de la suivre dans ses tribulations, tout en se félicitant - souvent - de ne pas être de l'aventure.

  • Martha Gellhorn publia de son vivant deux recueils d'articles : La Guerre de face (Éditions Belles Lettres, 2015, traduction Pierre Guglielmina) et Le Monde sur le vif, qui réunit des textes écrits « en temps de paix » pour reprendre ses propres termes, soit vingt-neuf articles rédigés entre 1934 et 1985, répartis en six chapitres qui s'achèvent par un texte générique sur chaque décennie abordée. L'ouvrage apparaît comme une sorte d'autobiographie indirecte : Gellhorn y exprime sa vision personnelle de l'histoire du XXe siècle, la sienne propre mêlée à celle des événements dont elle a été le brillant témoin, toujours aux premières loges.
    Une scène de lynchage dans le sud ségrégationniste des États-Unis, l'Amérique au temps de la Grande Dépression, l'Angleterre se préparant à la Seconde Guerre mondiale, la mort de la Tchécoslovaquie, la visite des orphelinats dans l'Italie de l'après-guerre, un week-end dans la toute jeune Israël, le sort des Arabes en Palestine, le procès d'Eichmann, une villégiature au Kenya, le portrait d'une Vietcong, l'Espagne après la disparition de Franco, un Noël avec les chômeurs de Londres, un plaidoyer contre la torture au Salvador, un séjour à Cuba après quarante ans d'absence... Les sujets abordés par Martha Gellhorn, avec une grande exigence littéraire, sont aussi vastes et divers que le furent sa curiosité et sa carrière de journaliste. Ces textes, publiés dans les plus grands journaux des époques concernées - Collier's, The Sunday Times, The Atlantic Monthly, Harper's, The Times, The Observer, The Guardian, Granta, etc. -, sont tous marqués par son intelligence, son inébranlable foi en la justice, sa perspicacité.
    Le Monde sur le vif dresse ainsi un panorama de l'histoire du XXe siècle, décrite sur le vif. C'est un remarquable témoignage sur l'effervescence politique et sociale du monde.

  • L'Amérique de 1934 est plongée dans la Grande Dépression. Souhaitant réunir un autre type d'informations que celles récoltées par les fonctionnaires de l'administration, Harry Hopkins, proche de Roosevelt et directeur de la FERA (Federal Emergency Relief Administration) constitue une équipe de seize « enquêteurs », composée pour l'essentiel d'écrivains et de journalistes, et confie à chacun d'entre eux une région du pays particulièrement touchée par la crise. Martha Gellhorn, la plus jeune du groupe, est envoyée en Caroline du Nord, dans les villes ruinées par la fermeture des usines textiles. Des semai­nes durant, confrontée à la misère et au désespoir de la population, elle accumule des dizaines d'interviews, visite villes et bidonvilles, enregistre tout ce qu'elle voit et tout ce qu'on lui raconte.
    La matière de ses rapports pour la FERA nourrit quatre novellas réunies sous le titre anglais de The Trouble I've Seen, emprunté au célèbre negro-spiritual éponyme. Martha y suit le destin de cinq personnages, à l'existence brisée par la crise : Mme Maddison, admiratrice du président Roosevelt, prend part à un programme de réhabilitation rurale contre l'avis de ses enfants ; Joe et Pete, ouvriers et syndicalistes, perdent leur emploi après avoir participé à une grève visant à améliorer les conditions de travail ; Jim, jeune homme ayant fini par trouver un poste, en vient à voler son employeur afin que la femme qu'il aime et lui puissent être convenablement vêtus lors de leur mariage ; Ruby, une petite fille de onze ans, rejoint un groupe de jeunes prostituées dans le seul but de s'acheter des bonbons et des patins à roulettes.
    Le livre appartient au rayon de la fiction, mais son contenu, tout ce qui en fait la chair, relève du reportage. Il parut en 1936 aux États-Unis et en Angleterre, et fut salué par une critique élogieuse. « Je tiens Martha Gellhorn pour un écrivain véritablement remarquable », écrit H. G. Wells dans la préface.

  • Premiers bombardements à Madrid, 1937, derniers feux de la guerre au Panama en 1990. Entre ces deux dates, la journaliste américaine Martha Gellhorn a couvert les plus grands conflits.
    Ses premières armes en Espagne, elle les fait aux côtés de son futur mari, Ernest Hemingway. Ils se sont rencontrés quelques mois plus tôt à Key West et ont aussitôt filé faire la guerre. « Tu es une correspondante de guerre sur le front ou une épouse dans mon lit ? » lui lance « Papa », exaspéré, quand, en 1943, elle part suivre l'avancée de l'armée américaine en Italie. Ils divorcent en 1945 et Martha Gellhorn, des combats sur l'île de Java à ceux du Vietnam en passant par la guerre des Six Jours, va devenir l'une des meilleures reporters de sa génération et une grande figure de la presse américaine. Son recueil de reportages The Face of War est publié en 1959.

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