Sciences humaines & sociales

  • Roturier de naissance, aristocrate de coeur, républicain en Amérique où il se battit pour l'Indépendance avant Lafayette, monarchiste en France, présent aux côtés de la famille royale lors de la journée du 20 juin 1792 aux Tuileries, il fut le dernier à tenter de sauver la Reine (Affaire de l'oeillet), plus tard il connaîtra lui-même la Conciergerie ! Poursuivi par une femme éprise de vengeance, abhorré et envié par certains élus du peuple, il fut toujours suspecté et surveillé sous l'Empire...à juste titre ; il mourra traître à la patrie dans l'espoir du retour des Bourbons lors de la campagne de France de 1814. Rougeville a aussi écrit sur sa vie, son intériorité : passé au filtre du commentaire de l'historienne, ce matériau ajoute des nuances pleine d'humanité.

  • Comment une jeune Picarde, inconnue et sans relation, est-elle devenue l'oreille, l'oeil et le conseil de la reine de France Marie-Antoinette et, dans son sillage, de toute l'aristocratie féminine de son temps? Le talent et l'intelligence alliés à une extraordinaire créativité expliquent cette spectaculaire ascension sociale que nous raconte avec talent Michelle Sapori. Si étonnant soit-il au pays de l'élégance et de la mode, aucune véritable biographie n'avait été consacrée à " Mademoiselle Bertin ", ainsi que l'appelaient ses contemporains. En sapant les bases de l'Ancien Régime vestimentaire, en substituant aux robes à panier une mode légère, fluide et confortable qui triomphera complètement sous l'Empire, en développant les accessoires - chapeaux et gants -, Rose Bertin a inventé une nouvelle garde-robe. Avec trente ouvrières salariées, de multiples fournisseurs et sous-traitants, son magasin le " Grand Mogol " situé près du Palais-Royal, au coeur de Paris, recevait une clientèle prestigieuse et exigeante, avec laquelle Rose Bertin entretenait des rapports ambigus, oscillant entre soumission et insolence. Nommée à la tête de la toute nouvelle corporation féminine des marchandes de modes, l"( enjoliveuse ", qualifiée aussi de " ministre femelle " ou de " mauvais génie " de Marie-Antoinette, doit émigrer à la Révolution. Restée célibataire, cette femme hors du commun, au caractère bien trempé, revient après Thermidor pour tenter de sauver ce qui peut encore l'être. A sa mort en 1813, Rose Bertin est déjà entrée dans la légende, aux couleurs vives et contrastées.

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