Seuil

  • Les ouvriers peuvent-ils s'organiser à une échelle internationale pour lutter contre la mondialisation du capital et la concurrence sociale généralisée ? Poser la question pourrait paraître incongru en ce début de XXIe siècle, où les mots d'ouvriers, de solidarité et d'internationalisme s'apparentent, dans le meilleur des cas, aux vestiges d'un passé lointain. L'oubli de cette histoire alimente un débat piégé, dont le schématisme sature et appauvrit l'espace public. Mais ni notre passé, ni notre présent politique ne se résument à une opposition stérile entre libéralisme inégalitaire et repli nationaliste. D'autres voies ont existé, qu'il importe de retrouver pour sortir d'un face-à-face aussi pauvre sur le plan intellectuel que dangereux pour notre avenir collectif. Pendant un siècle, des années 1860 aux années 1970, les mouvements ouvriers, socialistes, anarchistes, communistes, syndicalistes, avec leurs sensibilités propres, furent porteurs d'un projet internationaliste puissant, dont l'objectif n'était pas de fermer les frontières ou de restreindre les échanges, mais de bâtir une mondialisation des solidarités ouvrières, par-delà les différences nationales et linguistiques qui pouvaient les séparer. La défense des classes populaires ne passait pas par le repli, l'autarcie ou le rejet de l'autre, plutôt par la coordination internationale des combats et des revendications. Ce projet ambitieux, auquel bien peu croyaient à ses débuts, fut souvent chaotique, conflictuel et contradictoire. L'empreinte qu'il a laissée sur la fin du XIXe siècle et tout au long du XXe siècle est néanmoins considérable.

  • Comment convaincre les citoyens qu'il est utile et légitime de verser à l'État une partie de leur argent ? Cette question s'est posée à tous les régimes de 1789 à nos jours. Des révoltes paysannes du XIXe siècle aux stratégies contemporaines de fraude et d'évasion et au mouvement des "bonnets rouges", les charges fiscales n'ont cessé d'être combattues et contournées au motif de leur poids excessif ou de leurs inégalités. Le consentement à l'impôt n'a en effet rien de naturel : dans les démocraties, il repose sur un lien de confiance qu'il faut perpétuellement reconstruire. Fondé sur une enquête approfondie dans les archives, ce livre retrace les nombreuses batailles, intellectuelles, sociales et politiques, qui ont façonné notre système de redistribution et divisé la société française au cours des deux siècles passés.

  • L'impôt occupe une place fondamentale dans l'histoire de la démocratie française. Le même problème s'est posé à tous les régimes depuis 1789 : comment convaincre les citoyens qu'il est utile et légitime de verser à l'État une partie de leurs ressources pour financer les dépenses publiques ? La réponse inventée par les révolutionnaires, qui confère à la nation le droit de consentir l'impôt, n'a pas fait disparaître les résistances : des révoltes paysannes du XIXe siècle contre le pouvoir central aux stratégies contemporaines de fraude et d'évasion, l'obligation fiscale n'a cessé d'être combattue et contournée au motif de son poids excessif ou de ses inégalités. Mais comment bâtir une société juste et solidaire si la défiance des contribuables l'emporte sur la participation de chaque citoyen aux charges communes ? Fondé sur une enquête approfondie dans les archives, ce livre retrace les nombreux débats et conflits qui ont divisé (et continuent de diviser) la société française sur le montant, la justice et la répartition de l'impôt entre pauvres et riches depuis deux siècles. Cette histoire, en même temps qu'elle souligne l'ambiguïté du rapport des Français à leur État et à la citoyenneté, montre que notre système fiscal et les controverses qu'il suscite sont le produit des affrontements du passé et des efforts déployés pour les surmonter.

empty