• Du temps

    Norbert Elias

    Montres, agendas, horaires : le temps semble être une contrainte à laquelle nul ne peut échapper. Nous avons le sentiment que « le temps passe » mais le temps n´existe pas en soi, affirme Norbert Elias. Il est avant tout un symbole social, résultat d´un processus d´apprentissage qui s´est étendu sur des millénaires. Dans quel but les hommes ont-ils eu besoin de déterminer le temps ? Comment la conscience du temps a-t-elle fini par devenir une seconde nature ? Dans cette vaste exploration de l´expérience du temps au cours des âges, Norbert Elias nous invite à réfléchir sur un aspect fondamental du « processus de civilisation ».

  • Ce livre est le dernier dont Norbert Elias a autorisé et contrôlé la publication avant sa mort, le 1er août 1990 à Amsterdam. Il tentait d'y comprendre l'incompréhensible : pourquoi tant d'Allemands, dans les années 1930 et 1940, ont-ils accepté l'extermination des Juifs et perpétré les plus effroyables cruautés ?
    (...)
    Elias refuse, à la fois, de l'assigner à un invariant psychologique - la propension sadique de certains individus - ou à un antisémitisme atemporel qui serait le propre de la tradition allemande. L'essentiel réside dans les conditions historiques qui ont rendu possible, dans l'Allemagne des années 1930 et 1940, le processus de "dé-civilisation", la levée des autocontrôles qui bridaient les affects de violence, ainsi que l'obéissance, jusqu'au dernier jour, aux maîtres nazis. Exercer une autorité arbitraire, absolue sur des victime haïes et stigmatisées, niées en leur humanité, était pour nombre d'Allemands une manière d'affirmer leur propre identité et de rendre tolérable leur soumission à l'autorité.
    C'est là le constat essentiel de ce livre sombre, lucide et poignant.
    Roger Chartier
    Norbert Elias (1897-1990) a notamment publié aux Éditions du Seuil, dans "La Librairie du XXIe siècle", Mozart. Sociologie d'un génie (1991 ; "Points Essais", 2015) et Théorie des symboles (2015).

  • Norbert Elias, mort en 1990 à l'âge de 93 ans à Amsterdam, fut l´un des plus grands penseurs de notre temps. Il est né à Breslau, dans une famille juive aisée où il fait l'apprentissage de la culture allemande classique. En 1930, Karl Mannheim lui propose de le suivre comme assistant à l'université de Francfort. Mais, au printemps 1933 Elias doit fuir l'Allemagne. C´est à Londres  il élabore alors son livre sur « la civilisation des moeurs », sans doute l'un des livres majeurs du XXe siècle, à la fois un classique et un livre qui a fait couler beaucoup d´encre.
    Norbert Elias par lui-même, constitué de plusieurs articles majeurs et d´un entretien, propose une biographie intellectuelle du penseur qui, non seulement éclaire de nombreux pans de son oeuvre et mais aussi explicite les circonstances dans lesquelles lui sont venues ses principales intuitions, ou comment l´homme devient matière de son épistémologie. Ainsi, il analyse sa judéité dans un rapport établis/marginaux qu´il avait auparavant développé dans une enquête empirique révolutionnaire .Au terme de sa longue vie qui se confond avec le siècle, Elias confiait: "J'avais l'ambition de développer une image de la société qui ne soit pas idéologique." Il nous lasse en effet un héritage épistémologique riche, qui pense le monde en termes d´essences, mais de configurations.
    Cet ouvrage est paru en 1991 chez Fayard.

  • The Established and the Outsiders is a classic text from one of the major figures of world sociology. This new edition includes a theoretical introduction, published in English for the first time.
    In Norbert Elias's hands, a local community study of tense relations between an established group and outsiders - with no other discernible difference between them - becomes a microcosm that illuminates a wide range of sociological configurations including racial, ethnic, class and gender relations. The book examines the mechanisms of stigmatisation, taboo and gossip, monopolisation of power, collective fantasy and 'we' and 'they' images which support and reinforce divisions in society. Developing aspects of Elias's thinking that relate his work to current sociological concerns, it presents the fullest elaboration of his concepts of mutual identification and functional democratisation.
    The Established and the Outsiders not only brings out the important theoretical implications of micro-analysis but also demonstrates the significance of such detailed study analysis for better sociological theory. It is essential reading for students and scholars in social theory, sociology and anthropology.

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