• Bouche pâteuse, mal aux cheveux, hypersensibilité stomacale, fatigue diffuse... Les symptômes de la gueule de bois sont bien connus.
    En 1 001 conseils, parfois judicieux, parfois loufoques, pour lui survivre, le sujet est traité avec pragmatisme - et non sans poésie. Parce que, on ne va pas se mentir, après une cuite, il y a les trucs qui marchent, et ceux qui marchent un peu moins...
    Entre vrais conseils et mises en garde amicales, ce guide pratique et humoristique est la lecture idéale pour une veille ou un lendemain de cuite !

    Illustration de couverture : Création Studio J'ai lu

  • Lassés d'une guerre absurde, façon picrocholine, et de l'hypocrisie régnant dans leur petit village, quatre jeunes gens partent pour la capitale, à la recherche d'un destin. Zélie, Décembre, Ernest et le narrateur, tenteront de s'y découvrir par des moyens aussi différents que la médecine banale, la prostitution inspirée, la théologie appliquée, ou la poésie académique... Mais arrêtons-nous là, car un roman comme Le couteau court de Décembre n'est pas de ceux qui supportent d'être réduits à un résumé. Il faudrait, plutôt, parler de virtuosité stylistique, d'humour décapant, d'érudition même. Dans cette fable philosophique, ou ce conte surréaliste, comme on voudra, il s'agit, d'abord, de se fier à l'ironie qui, sous un propos d'apparence primesautière, titille de manière ravageuse certaines des préoccupations les plus aiguës de notre temps.

  • « Derrière le port de San Martin s'élèvent les vastes demeures de Los Fantasmas. Il n'y a là que des maisons basses, aux toits de tuiles très rouges. Les façades se succèdent sous un soleil trop chaud. Les pierres parfois chantent sous la chaleur : une sorte de murmure s'élève. Ce n'est que la voix des fantômes qui donnent leur nom à ce quartier. La rumeur publique prétend qu'il s'agit d'Espagnols de jadis, d'hidalgos et de doñas, élégants et austères, chevauchant de superbes chevaux. « He visto los fantasmas » crient les enfants. Les fantômes, se sachant découverts, s'enfuient alors et disparaissent. » À travers les aventures de Julietta, une femme libre et généreuse, ce livre nous fait plonger dans l'univers baroque, sensuel et violent d'un pays d'Amérique latine meurtri par des années de dictature sanglante.

  • Un chevalier picard rentre ruiné des Croisades, ses créanciers lui réclament les intérêts de sa dette, ainsi que les intérêts des intérêts. Incapable de comprendre ce problème de calcul composé, il charge son neveu Thomas de le résoudre. Lui non plus n'y parvient pas, il s'en va alors à Paris pour étudier, à la Sorbonne, l'art sévère de la division. En chemin, il rencontre des hommes et des femmes dont le métier lui permet d'accroître ses connaissances : un seigneur verrier, des cardeurs, des fileuses... À Paris, il boit, mange et dort dans une hostellerie de la rive gauche où l'accueille une aubergiste veuve et tendre. Il suit les leçons de ses maîtres à l'Université, où il croise Rutebeuf et Thomas d'Aquin. Mais quelle est donc la véritable quête de Thomas ? La Connaissance, le savoir, ou plus simplement l'amour de sa cousine ?

  • "J'aimerais parler de Saint-Tropez, raconte Orlando de Rudder. Pas uniquement du lieu célèbre, mais de ce monde que j'ai connu enfant : l'école communale, les paysans, les pêcheurs, les artistes qui n'y venaient pas en vacances mais, au contraire, pour travailler. Je voudrais raconter l'odeur du nougat qui tiédit sur le marbre, les braconniers, les ouvriers des usines de sardines et de torpilles, la mémoire des gens, qui se souviennent encore des attaques anciennes des Turcs et des Gênois. Ce monde existe encore, discret, tenace, à trois pas des yachts étincelants et des filles toute nues. J'ai connu ce pays petit garçon. Je l'ai retrouvé, avec ses vignes et ses chênes-liège, la fraîcheur pétillante du Gambetta-limonade, l'étrange immobilité mouvante de la mer...".

  • Le Comte de Permission a existé. Orlando de Rudder l'a rencontré. Et ce n'est peut-être pas un hasard si il a décidé d'en écrire un roman.
    Bluet d'Arberes, Comte de Permission ou Chevalier des treize cantons suisses - comme il aimait se faire appeler - est né en terre de Gex, près de Genève en 1566. Au village où il est berger, on le considère comme un fou, il déclame des phrases incompréhensibles, se fustige avec des orties. Alors il part sur les routes. 
    En Savoie, il anime les châteaux, fait sourire les seigneurs, et rougir les dames. Il excelle autant dans la flatterie, l'amour, la mendicité et la rapine peut-être.On l'accueille à la cour d'Henri IV. Il fait mouche aussi. On lui confie la charge de Censeur ; il décide de ce qui doit être publié. Il écrit ses divagations et vend dans les rues de Paris des petits fascicules de 16 pages aux titres bizarres. En 1606, il fait la grève de la faim et meurt dans le cimetière de Saint-Etienne-du-Mont...
    Orlando de Rudder a quelque chose du Comte de Permission. Une originalité, une exubérance généreuse, une intelligence amusée, des hommes, des femmes, du pouvoir, une culture aussi, singulière et profonde. Et surtout, surtout, l'amour des mots, des images et de la provocation belle comme une oeuvre d'art. 
    De cette rencontre est né un roman puissant, sur la liberté, l'errance, et la volupté.

  • Lee Jackson, joueur de banjo et chanteur de jazz, naît en Louisiane et meurt en France, tué par un Allemand en 1916. Il avait une maîtresse, des amis, quelques ennemis. Il avait surtout un mystère que, soixante ans après, le jeune Moïse et son ami Odilon voudraient éclaircir. Au cours de son enquête, plus passionnelle que policière, Moïse rencontrera de nombreux témoins, réels ou apocryphes : une antique conteuse appelée l'Histoire, deux vieux enfants terribles et géniaux : les peintres espagnols Cartillo et Montjuich, un boucher, une belle jeune femme et même un samouraï - enfin, presque. Leurs récits, leurs amours, leurs colères et leurs frasques, sont la trame de ce roman qui file comme une fusée capricieuse à travers le temps. Mais qui retombe toujours dans une petite ville française, sur la place Carrée où mènent inéluctablement tous les destins.

  • Une femme, sur la côte normande, contemple ce que personne ne voit. Sa fille, pendant ce temps, organise des combats de fourmis. Au large, un navire croise et recroise, hésitant, n'osant pas accoster. Le maire se désole parce que sa commune est peuplée de lâches, et qu'il n'y a pas de monument aux morts sur la place de son village... Une pulpeuse cuisinière se fait peindre toute nue, tandis qu'un ancien militaire s'entraîne afin de gagner une course de vélo. Un gamin se perfectionne en orthographe, en vue de rédiger des lettres anonymes. Qui donc viendra remettre les pendules à l'heure ? L'horloger suédois, l'Anglais chercheur de trésor ? Le curé zazou ? Le vieil homme qui a toujours eu peur ou le musicien sourd ? La prochaine guerre ? Certainement pas le commissaire Cougourd : il ne pourra même pas arrêter le bouilleur de cru clandestin qu'il est venu rechercher. Depuis La nuit des Barbares, son premier roman, Orlando de Rudder ne cesse, selon l'expression d'Hector Bianciotti, de faire flamboyer la langue française. L'invention qu'il porte en lui trouve un nouvel ancrage avec ce roman totalement inclassable, à mi-chemin de la comédie à la française et des contes de Marcel Aymé. Quand les fées s'emparent de la plume d'un écrivain, elles lui font écrire un roman magique.

  • C'était l'époque où se mourait l'empire d'Occident. Des hordes hunniques massacrent des villages entiers, des paysans gaulois s'insurgent contre les soldats romains qui répriment, torturent et pendent. Le monde bascule dans le sang. Et pourtant, l'amitié et l'amour parviennent à survivre dans l'horreur ambiante. Sexadigite le colosse pannonien et Albinus le scribe gaulois sont des compagnons inséparables, dont les aventures hallucinantes à travers toute l'Europe, soudent l'intimité. Rejoints par Sissi, une beauté rousse peu farouche, ils formeront un trio qui s'épanouira dans l'érotisme et la tendresse. Mais, pour parvenir à cette sérénité, les trois héros devront d'abord affronter le neveu d'Attila en un combat inouï, se débarrasser de jumeaux assassins, gagner un concours de danse, recueillir des loups, ruser, s'évader, tuer pour ne pas être tués... Orlando de Rudder fait ici une entrée fracassante dans notre littérature romanesque. D'une force, d'une imagination et d'un humour hors du commun, La nuit des Barbares a la puissance d'un western, la cocasserie des Pieds Nickelés et le charme mystérieux d'une mélopée sentimentale.

  • « Je me suis entraîné. Durant des heures et des heures, il fallait alterner les longues distances avec les courtes, les sprints avec le fond... Il a fallu soulever des poids, s'assouplir et nager, nager, nager. Avec les pieds liés par un élastique, en ne se mouvant qu'avec les jambes, les mains accrochées à une planche de liège. Il fallut apprendre les différentes techniques, brasse, crawl, papillon, dos, les alterner, puis retourner à la maison en ayant l'impression d'être entièrement javellisé, sanitized et rempli d'eau des pieds à la tête. Insidieusement, une idéologie « propre » s'installait en moi. Je devenais sportif. »

empty