• Être en vie, c'est avoir le temps. Pourtant, rien n'est plus courant que le sentiment de n'avoir pas le temps. Qu'est-ce, alors, que cet avoir que l'on n'a pas ? Pour le savoir, on montre comment le temps de l'individu est transformé par les quatre grandes valeurs du temps portées par la civilisation occidentale : le Destin (impératif biologique de la vie à la mort), le Progrès (impératif de l'avenir), l'Hypertemps (tyrannie du présent et du technocapitalisme) et le Délai (compte à rebours de la possible catastrophe écologique). Ces quatre formes temporelles se liguent le plus souvent contre nous pour nous empêcher de vivre. Jamais aucune civilisation n'a vécu l'antagonisme d'autant de conceptions du temps incompatibles, qu'il nous faut pourtant concilier. Avoir le temps se révèle donc comme le défi humain par excellence : celui de faire de cette quantité d'avoir une oeuvre de qualité.

  • « La qualité est une de ces abstractions dont la philosophie a la charge. Comme la réalité, l'esprit ou le bien, elle est difficile à définir. On pourrait dire d'elle ce que saint Augustin disait du temps : si personne ne me demande ce qu'est la qualité, je le sais ; si je cherche à l'expliquer à quelqu'un, je ne le sais plus. Car la qualité, comme le temps, fait partie de ces notions fondamentales qui structurent notre rapport au monde. Elles sont les socles sur lesquels s'édifient nos univers mentaux. Elles sont des évidences que la vie ordinaire s'épargne d'interroger, mais sans lesquelles pourtant cette vie ne serait pas possible, ni n'aurait de sens. » En 2 parties, 12 chapitres et 114 paragraphes, le philosophe montre comment une notion devenue centrale peut se faire l'instrument de notre asservissement au techno-capitalisme mondial tout autant que l'outil précieux de notre résistance au toxique et un mot d'ordre pour vivre mieux.

  • Il fallait établir ce constat : avant d´être un problème individuel, le burn-out est d´abord une pathologie de civilisation. Marquée par l´accélération du temps, la soif de rentabilité, les tensions entre le dispositif technique et des humains déboussolés, la postmodernité est devenue un piège pour certaines personnes trop dévouées à un système dont elles cherchent en vain la reconnaissance. Mais ce piège n´est pas une fatalité. Face aux exigences de la civilisation postmoderne, on peut se demander comment transformer l´oeuvre au noir du burn-out afin qu´il devienne le théâtre d´une métamorphose, et que naisse de son expérience un être moins fidèle au système, mais en accord avec ses paysages intérieurs.

     

  • Un jour d'ouragan, dans l'aéroport d'une île, Cratyle et Diana se retrouvent. Ils s'aimaient quinze ans plus tôt, mais la vie les a emmenés dans des voies différentes. Cratyle a mis au point un algorithme pour racheter le langage, certifier le devenir chose des mots, et prendre une commission sur ce devenir. Une thèse de doctorat ratée sur Wittgenstein, ainsi qu'un travail dans le secteur des big data, l'ont poussé à concevoir ce projet aussi fou que moderne. Quant à Diana, elle montait sur l'île des installations d'hologrammes capables de rendre visibles les vents. Quand Cratyle lui expose son projet démesuré, c'est tout son rapport au langage, à la technologie, à l'argent et à ce qui fait la valeur des mots, qu'elle voit menacé.

    Cette pièce de théâtre est l'histoire de leur rencontre.

  • « Exister dans le système, c'est souvent être assis derrière des vitres, face à un écran. » Des forces nouvelles, mixtes de technique, d'économique et de numérique, ont fait irruption au sein du technocapitalisme mondial. Nous assistons aux premiers effets de ce qu'il faut bien appeler des « ultraforces » qui, en créant un nouveau monde, déstabilisent les systèmes et fragilisent les existences.
    Dans ce contexte, nous devenons multiples, éclatés, parfois écartelés. En nous coexistent trois visages : un moi cherchant sa place dans un système constitué de vitres protectrices et d'écrans ; un sujet clivé par les ultraforces d'une mondialisation qui crée autant qu'elle détruit ; et enfin un soi précieux marqué par la saveur d'exister, la recherche d'équilibre et le goût des autres.
    Comment inventer une convergence entre ces trois facettes de nous-même ? Comment sortir du dualisme appauvrissant qui résulte de la surenchère entre systèmes fragilisés et ultraforces décomplexées ? Cela ressemble à la fin d'une ère. Peut-être le moment est-il venu de préparer la transition vers un monde où la culture de soi et le sens des autres deviendraient centraux.

  • La transition, c´est le changement désiré.
    Les transitions énergétique, démocratique et démographique sont des espaces où s´invente un nouveau rapport au futur. Des préférences s´y dessinent. Le progrès subtil, plus profond que l´ordinaire progrès utile, s´y affirme. La pla-nète, plutôt qu´une somme de ressources à exploiter, y devient le lieu où les humains se confrontent au mystère d´exister et rencontrent des questions fondamentales : quelle prise peut-on avoir sur l´évolution humaine ? Que faut-il changer pour que tout ne change pas à notre détriment ?
    Avec les transitions en cours, dont il est effectué ici un arpentage inédit, c´est à la naissance d´un nouvel imaginaire du changement que les sociétés contemporaines participent, en interrogeant les devenirs de la mondialisation technocapitaliste.

  • Pourquoi la philosophie ? Que chercher dans cette discipline ? Quel impact peut-elle avoir sur l´existence de celles et ceux qui la pratiquent ? Ce livre enlevé et ciselé, original et éclairant, prend le parti d´affirmer que la philosophie a des fonctions précises qui traversent son histoire et nourrissent ses désirs. Élucider, libérer, se connaître, transmettre, prospecter, transformer et réjouir : telles sont les sept opérations philosophiques majeures, les sept stades de ces étranges jeux où s´affrontent et se révèlent la vie et la théorie.

  • Cette fiction philosophique met en scène un « chatbot », terme anglais utilisé pour nommer des intelligences artificielles aux aptitudes conversationnelles très développées. On apprit la philosophie à l'un de ces robots, en lui programmant à reconnaître des définitions, des modes de raisonnement et des styles philosophiques.

  • Le progrès est à réinventer, les idéologies qui s'en alimentent ont montré leurs limites, causant des dégâts parfois irréversibles. Tourner la page, c'est-à-dire penser après le progrès, c'est s'interroger sur la façon dont notre civilisation comprend aujourd'hui sa marche en avant. Cherche-t-elle seulement à accroître la sphère de l'utile, comme elle semble s'y atteler avec intérêt et parfois avidité ? Ou laisse-t-elle une place aux progrès subtils, les seuls qui aient un sens ?

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