• La tradition biblique, qui reprenait les acquis des cultures antérieures comme celles de l'Égypte, de la Mésopotamie et de l'Élam, était traditionnelle parce qu'elle codifiait la tradition originaire qu'est la « transmission de l'intelligibilité du monde et de la vie par la mémoire à l'intuition intellectuelle façonnée par les catégories de la raison ». Cet Exposé général de la Tradition récapitule les concepts fondamentaux qui composaient l'infrastructure ésotérique de la Bible et fournit ainsi aux contemporains les repères nécessaires pour prendre position sur les questions d'éthique et de société en connaissance de cause. Sont successivement abordés : la notion de Tradition ; les sept défauts des débutants ; la méthode à suivre pour parvenir à « voir » par soi-même les intelligibles ; les trois vertus théologales sous-jacentes aux deux récits bibliques de la création du monde ; le symbolisme moral du Char vu par Ézéchiel ; la distinction entre voie des rites et voie des maîtres ; l'opposition des partisans de la voie des rites aux praticiens de la voie des maîtres ; la philosophie du Cantique des cantiques ; la signification ésotérique des douze tribus d'Israël et des douze apôtres de Jésus de Nazareth ; et enfin les principes de l'accréditation des pédagogues spirituels.

  • La Maçonnerie française, unit en elle deux courants traditionnels distincts. Une Maçonnerie {opérative}, issue des anciens métiers de constructeurs et qui ne se distinguait pas, jusqu'à la Renaissance, du compagnonnage ; une Maçonnerie {spéculative}, issue des milieux alchimiques et philosophiques européens. La lecture du {Regius} et du {Cooke}, deux des plus anciens documents représentatifs de cette maçonnerie opérative et conservés au British Museum, donne une idée de l'organisation des premières assemblées des maçons ; elle permet de mieux comprendre ce que fut l'apport des maçons qui, au XVIIe siècle, et surtout à partir de la création de la Grande Loge de Londres, en 1717, tentèrent de faire de la Maçonnerie "une confraternité morale unissant les hommes de bien de tous les pays, de toutes les langues, de toutes les races et de toutes les positions sociales". Patrick Négrier a rassemblé ici et traduit un ensemble de textes représentatifs des origines xxx certains, jusqu'alors inédits en français, nous faisant mieux comprendre comment la Maçonnerie a, peu à peu, abandonné sa dimension opérative pour se muer en une société initiatique et donc secrète.

  • L'un des fondateurs de la loge maçonnique Thébah de la Grande loge de France en 1901, le martiniste Pierre Deullin, était par ailleurs un membre du Mouvement Cosmique créé par Max Théon (1848-1927), courant ésotérique juif et plus précisément kabbalistique qui constituera en France une véritable tradition représentée également en Inde par la Mère de Pondichéry, Sri Aurobindo et Satprem. Cependant Thébah n'attira pas à elle seulement des sympathisants du Mouvement Cosmique mais aussi René Guénon ainsi que des personnes ayant des affinités avec la philosophie de ce courant ésotérique comme des alchimistes et des surréalistes. Or le martinisme, le Mouvement Cosmique, l'alchimie et le surréalisme véhiculaient des idées étrangères à la tradition maçonnique des années 1630-1751. Après avoir constaté que Guénon n'apprit ni ne retint quasiment rien du Mouvement Cosmique, sauf peut-être la notion de « tradition primordiale » qu'il rencontra également dans le rite de Memphis-Misraïm, Patrick Négrier s'interroge ici sur la cohérence problématique de ce faisceau de courants culturels au sein de la loge Thébah en concluant son analyse par une redéfinition de l'identité maçonnique à la lumière de son histoire récente allant de 1820 à 1877.



  • Les trois classiques Rose-croix parus en 1614-16, la Fama, la Confession et les Noces chimiques, contenaient plusieurs thèmes symboliques et philosophiques importants qui eurent une postérité notoire dans l'histoire de la culture européenne. Ce sont ces thèmes qu'analyse et commente ici Patrick Négrier à la lumière des différents acquis de la modernité. La conclusion de ce livre est sans équivoque et sans concession : les chrétiens ne réussiront à surmonter les errances intellectuelles et morales actuelles des Eglises qu'en observant fidèlement l'épistémologie anthropologiquement fondée de Mt. 22,37 et de Mc 12,30 ; en réhabilitant la raison phénoménologique et l'interprétation philosophique de l'Ecriture ; en rétablissant l'herméneutique symbolique de la Bible grâce aux données de l'égyptologie, de l'assyriologie et de l'hellénologie ; en retournant aux données de la révélation naturelle ; en rejetant les erreurs flagrantes du paulinisme ; et enfin en revivifiant la voie des maîtres en régime chrétien.

  • Le maître spirituel Georges Ivanovitch Gurdjieff (1866-1949) naquit de parents d'origine grecque en Arménie. Quoique, de confession chrétienne orthodoxe, il accorde aux trois vertus théologales une place centrale dans son propre enseignement, c'est à la culture grecque de l'Antiquité qu'il fit le plus grand nombre d'emprunts, que ce soit à Homère (notion d'homme rusé, procédé littéraire de l'ekphrasis), à Pythagore (exercice du Stop, octave musicale, méthode pédagogique de la Quatrième voie), à Socrate (connaissance de soi), à Platon (mythe de l'Atlantide, rayon de création, notions de macrocosme et de microcosme, comparaison de l'homme à un attelage, figure de l'arbre inversé, symbole de l'Echelle), ou encore à Hermès Trismégiste (Table d'émeraude). Non sans s'inspirer également d'autres cultures comme celles de l'Egypte antique (pyramides ; Palette au taureau), de la Mésopotamie et de la Perse anciennes (ziggurats), de la Géorgie (chants et danses traditionnels, toasts), ou encore de la Turquie (danses des derviches tourneurs). Le présent ouvrage passe en revue la plupart de ces diverses sources culturelles de l'enseignement de Gurdjieff tout en insistant plus particulièrement sur le pythagorisme et le platonisme de ce maître majeur de l'Occident judéo-chrétien.
    Patrick Négrier est un philosophe français né en 1956. Il découvre l'oeuvre de Gurdjieff en 1976. Durant les années 2005-2008 il rencontre à plusieurs reprises Solange Claustres (élève directe de G.) ; entretient une correspondance avec Paul Beekman Taylor (autre élève direct de G.) ; donne plusieurs séminaires sur l'ennéagramme de G. ainsi que sur l'Echelle gurdjievienne des Idiots ; et évoque l'oeuvre de G. dans un film documentaire intitulé « La Tradition et la voie des maîtres », film réalisé par Franck Agier et par L. Schneider pour Baglis TV. Négrier a publié plusieurs ouvrages sur la voie maîtres parmi lesquels trois livres sur G. : Gurdjieff maître spirituel (L'Originel Charles Antoni 2005), Le Travail selon Gurdjieff (Ivoire-clair 2008), et L'Echelle des Idiots de Gurdjieff (Accarias 2017).

  • Des menhirs aux ziggourats de Mésopotamie, des pyramides d'Egypte à la fête des tentes de la Bible, du labyrinthe de Dédale aux temples grecs et romains, de la Ka'aba de La Mecque aux églises chrétiennes du Moyen Âge, Patrick Négrier nous offre un panorama complet des espaces sacrés créés au cours des siècles par les hommes, en analysant leur organisation et leur structure symbolique.Le "temple" est donc entendu ici au sens le plus large, comme "centre du monde", distribuant l'espace entre les sphères du sacré et du profane, et comme construction figurant le parcours initiatique de l'homme. Mais une place privilégiée est faite au Temple de Salomon, archétype du Lieu sacré repris comme modèle dans toute la civilisation judéochrétienne, et dont la franc-maçonnerie utilise encore aujourd'hui la symbolique.

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