• Il y a dans le cinéma de Terrence Malick un peu plus que du cinéma. C'est à ce supplément que Philippe Fraisse consacre son essai richement illustré. Les films de Malick, depuis La Balade sauvage jusqu'au prochain Knight of Cups, en passant par Les Moissons du ciel, La Ligne rouge, Le Nouveau Monde, Tree of Life, À la merveille, offrent un imagier bruissant de voix chuchotantes qui invite à la méditation et à une expérience intérieure. Dans le vacarme des sociétés de contrôle médiatique une oeuvre telle, avant tout exigeante en silence, a peu de chance d'être saluée par autre chose que les plus grossiers contresens. Malick est travesti en prosélyte de l'église épiscopalienne, en propagandiste du christianisme. Est-il question chez Malick de Trinité ou d'Incarnation, ou bien plus simplement d'anges, d'amour et de théophanie ? Dans nos troupeaux où tout se revendique et se milite, où chaque élan de la vie est ramené à une succession de calculs économiques, le spirituel est condamné d'emblée comme religieux. Terrence Malick reste notre contemporain. Sa quête de pureté nous interpelle, et s'il peut être qualifié de poète pastoral, c'est parce qu'il filme la nature d'une façon incomparable en parvenant à en capter la brillance et l'éclat, saisissant une lumière qui est la manifestation d'une lumière invisible, celle de l'esprit. Le texan Malick n'est ni un prédicateur ni un écologiste. Les images qu'il nous propose ne sont pas des tableaux édifiants. Jamais chez ce cinéaste ce qui est donné à voir ne relève du spectacle, posé devant nous comme artifice à consommer. Il cherche les images-états, les images-perceptions qui effacent la distance du sujet à l'objet afin d'ouvrir un espace qui n'est plus de contrôle ou de représentation mais de présence. Plus que tout Malick aime filmer les abords des rivières, et les embarcations réelles ou figurées qui les parcourent. Puisse son cinéma, contre toute certitude, irriguer à nouveau les lits des rivières asséchées, et rendre à nos vies les symboles dont nos vies se nourrissent.

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  • Les films de Kubrick constituent un imagier à la fois populaire et sophistiqué de quelques-unes des figures les plus marquantes des événements de la modernité : la rencontre de l'espèce humaine et de ses artefacts, les métamorphoses de la violence domestique et politique, et quelques visages du mal. Ses contes cruels et glacés nous renvoient le reflet vertigineux de toutes nos fins du monde.

  • Quand Marcel Proust et Reynaldo Hahn se rencontrent, en 1894-1895, le premier est en train de composer Les Plaisirs et les Jours, le second d'orchestrer L'Île du rêve. Les deux artistes ne cesseront dès lors de cheminer en connivence dans leurs parcours.

    1 autre édition :

  • Dix petits cartonnés sur les premiers apprentissages de l'enfant. Faciles à lire et à manipuler, ils s'emportent partout !

  • Les auteurs anciens rappellent volontiers la double vocation délienne : sanctuaire et place de commerce. De cette ville sainte, Pausanias fait "l'emporion commun de la Gréce". Strabon note l'importance de son marché aux esclaves et rapporte que, selon un proverbe, les marchands n'ont pas grand mal à faire fortune dans l'île : il leur suffit d'y débarquer. Ces témoignages ont encouragé les recherches sur le commerce de la Délos antique. Mais, bien que nombreuses, elles ont le plus souvent négligé l'aménagement de son littoral, sujet de ce livre. C'est qu'il n'est pas facile de se représenter les réalités portuaires déliennes. On accoste aujourd'hui dans l'île d'Apollon sur un môle constitué par les déblais de la "grande fouille" ; les quais du Port sacré, à l'ouest du sanctuaire, sont en partie enfouis, recouverts de ciment moderne ou submergés. Le dossier du littoral délien est ici rouvert à partir des travaux de Johannés Pâris - des travaux brusquement arrêtés par la Première Guerre mondiale où ce jeune homme perdit la vie. Ce volume fait connaître les différents aspects d'une enquête pionnière suspendue par les évènements. Mais pour illustrer, commenter et comprendre carnets de fouilles, dessins et papiers inédits, la nécessité de nouvelles investigations et d'une prospection sous-marine s'est vite imposée. Ce réexamen de la façade maritime a permis notamment de photographier pour la première fois les vestiges immergés et d'engager une réflexion sur les variations de la ligne de rivage. Avec l'ambition de proposer une restitution du paysage portuaire et de dégager les grandes lignes de son évolution jusqu'au temps présent. Le présent ouvrage suit une triple approche. Il montre d'abord comme des voyageurs aux archéologues, ce littoral se constitua très lentement en un objet d'étude. Une lecture des vestiges du rivage propose ensuite une archéologie du front de mer. L'emprise des docks est moins importante qu'on ne le supposait. On a eu tendance à faire de tout bâtiment non identifié en bord de mer un entrepôt. Les aménagements portuaires de Délos n'ont d'ailleurs pas été imposés par les seules exigences du commerce, mais par des conditions naturelles défavorables. Ce paysage est enfin replacé dans une histoire : celle des hommes et du littoral. Les témoignages littéraires et épigraphiques sont confrontés aux données archéologiques pour éclairer le statut et le fonctionnement de l'emporion. L'analyse de l'évolution du littoral dans l'archipel délien suggère une remontée récente du niveau marin, mais souligne que la ligne de rivage connut de profondes modifications dés l'antiquité. L'activité des Déliens sur le front de mer apparaît ainsi avoir été guidée par la double volonté de faire fructifier leurs intérêts et de composer avec les éléments naturels.

  • La présente étude comporte une analyse des vestiges architecturaux du théâtre de Délos, une nouvelle publication des passages des comptes des gestionnaires de la caisse sacrée concernant sa construction et son entretien, enfin une synthèse sur les concours qui y étaient célébrés. Elle permet de restituer l'évolution du projet et les étapes du chantier entre la fin du ive siècle et les environs de 240 avant J.-C., de préciser les modes de mise en scène des spectacles à l'époque hellénistique. Elle conduit aussi à cerner la place du monument dans l'architecture et l'urbanisme déliens. Le théâtre de Délos, qui associe des gradins en demi-cercles outrepassés et un bâtiment de scène à proskènion et skènè avec un étage à front percé de larges baies, est tributaire des édifices réalisés à Athènes puis à Épidaure. Certains de ses dispositifs se rencontrent uniquement dans les Cyclades, à Cos et sur une courte frange de la côte occidentale de l'Asie Mineure.

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