• Oint de croisement d'interrogations multiples, l'autobiographie se présente d'abord comme un texte littéraire. Philippe Lejeune met donc au premier plan le mécanisme textuel qui produit l'oeuvre, et il examine à partir de là le statut de la notion de genre en général. Une écoute analytique - particulièrement appropriée dans le cas de l'autobiographie - vient transformer et enrichir l'appareil de la poétique.

  • La vie est une longue série d'essayages et de retouches : on " bâtit " peu à peu son identité, en suivant la mode, en cherchant son style.
    Un des apprentissages essentiels de la petite enfance est celui de l'identité narrative : savoir dire " je ", se construire une histoire, avoir ses mythes fondateurs et son système de valeurs. Au lieu d'observer cette construction de l'identité dans l'enfance, on peut la saisir dans l'écart entre les brouillons d'une autobiographie et son texte final. C'est l'objet de ce livre. Il explore d'abord les coulisses de l'acte autobiographique : l'influence des textes déjà lus, les doutes sur les souvenirs d'enfance, les rêveries sur les possibles inaccomplis et les tournants décisifs...Puis, il examine en détail, brouillons à l'appui, la genèse de trois " classiques " du récit d'enfance ou d'adolescence : Les Mots de Sartre, Enfance de Nathalie Sarraute et le Journal d'Anne Frank.

  • Peut-on parler à son ordinateur comme on parlait à son " cher cahier " ?
    Philippe Lejeune poursuit son étude des écritures ordinaires.
    En 1998, il lance une nouvelle enquête sur la pratique du journal personnel sur ordinateur: est-il commode, est-il intime de raconter sa vie au jour le jour sur écran ? Quels avantages nouveaux compensent la perte de la trace personnelle de l'écriture ?
    En 1999-2000, il tient lui-même (sur ordinateur) un journal pour suivre sur son écran les journaux personnels " en ligne " sur Internet.
    Il nous fait partager ses étonnements, ses réflexions, ses coups de coeur. Il découvre comment la diffusion anonyme peut créer une sorte d'intimité conviviale. À la différence du cahier, en effet, l'écran vous répond...
    Lettres reçues en réponse à l'enquête, extraits des journaux " en ligne " sur Internet accompagnent cette méditation sur le moi et les nouveaux médias.

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  • Philippe Lejeune, membre de l'Institut universitaire de France, a enseigné la littérature française à l'université Paris-Nord (Villetaneuse).1. Étude 2. Répertoire pour servir à l'histoire de l'autobiographie en France 3. Bibliographie 4. Anthologie

  • Un jour d'hiver 2014, nous participions, Philippe Lejeune et moi, à une rencontre littéraire. À la sortie, un étudiant en lettres aborda Philippe Lejeune en lui désignant les trois ou quatre gros livres qu'il tenait sous le bras. «Je dois potasser ce que vous avez écrit sur l'autobiographie et le journal intime, lui dit-il avec gentillesse. Je vais le faire, mais c'est dommage que l'on ne trouve pas un ouvrage de vous plus synthétique, plus accessible.» Cette remarque ne tomba pas dans l'oreille d'une sourde, et l'éditrice que je suis réussit à convaincre «le pape de l'autobiographie», comme certains appellent Philippe Lejeune, de rassembler quelques textes récents qui formeraient une synthèse de son parcours : depuis ses recherches et publi cations sur le récit de soi jusqu'à la création de cet admirable conservatoire d'auto biographies ordinaires qu'est l'APA (Association pour l'auto biogra phie et le Patrimoine Auto biographique). » Cet institut accueille, classe et offre à la consultation des milliers de récits de vie déposés par des inconnus. Un véritable trésor pour les historiens et socio logues d'aujour d'hui et de demain, mais aussi pour tous ceux qui s'intéressent à l'écriture de soi, à la petite histoire dans la grande histoire.

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  • Pour le savoir, et connaître la genèse d'une autobiographie, Philippe Lejeune confronte le texte autobiographique à ses brouillons plutôt qu'à la vie hors texte, plus difficile à saisir. Suite des Brouillons de soi, ce volume prolonge dans trois directions les explorations qui y ont été entreprises. D'abord, la recherche d'un " art moyen " de l'autobiographie, dont Marie d'Agoult a explicité les contraintes et les règles en 1865 dans un cahier préparatoire. Ensuite, une visite à l'" atelier " de deux créateurs de formes : Georges Perec avec les récits croisés de W ou le souvenir d'enfance, Claude Mauriac avec la relecture labyrinthique de son journal dans Le Temps immobile. Enfin une réflexion anthropologique à partir d'expériences dites " ordinaires " : comment une enfant de sept ans (Ariane Grimm) apprend à maîtriser l'écriture du temps et à se construire un rôle, base de toute expression autobiographique à venir, et comment un vieil homme (Paul Léautaud) peut intégrer une conversation ordinaire, enregistrée à son insu, dans le flux mythologique de son journal. Le livre s'achève par trois textes théoriques sur la forme " journal ", tournée vers l'avenir, autogenèse au jour le jour d'une vie qui, pour être authentique, doit rester toujours à inventer.

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  • Rome, unique objet

    Philippe Lejeune

    L'un des plus grands peintres de sa génération, c'est ainsi que Philippe Lejeune est considéré par ses pairs et par les spécialistes. Attaché à la peinture d'histoire d'inspiration religieuse, il a réalisé une oeuvre importante riche de nombreux tableaux, mais aussi de vitraux d'églises, notamment à Guernesey et au Mont-Saint-Michel. Rome, unique objet est une succession de textes, rédigés par Philippe Lejeune à diverses époques, au travers desquels nous est livrée sa réflexion sur le mystère de la création artistique.

  • Pour l'autobiographie propose une sorte de " défense et illustration " des écritures autobiographiques en regroupant ces chroniques, publiées pour la plupart dans La Faute à Rousseau, revue de l'Association pour l'autobiographie (APA).
    Ecrire sa vie ou tenir un journal permet de se construire en se racontant, de transmettre sa mémoire et ses valeurs, de trouver vers autrui des chemins que l'art n'a pas toujours prévus. L'autobiographie peut être générosité, recherche, invention. Nos papiers intimes concernent aussi les autres : nous y parlons fatalement d'eux. De l'atteinte à la vie privée à la diffamation, du secret professionnel à la liberté d'écrire en prison, j'explorerai donc les situations où la loi règle l'expression de l'intime.
    Le pacte autobiographique est un véritable engagement , avec ses devoirs et ses droits. C'est aussi un plaisir, et une passionnante aventure, à la recherche de soi et d'autrui. Certaines chroniques sont consacrées à des textes intimes d'inconnus ou d'écrivains, de Stendhal à Perec ; comme chacun peut le faire, en guise de témoignage, je donne à voir la relecture de mes propres journaux dans mon atelier d'écriture.
    Ce texte convie le lecteur à réfléchir à ce que pourrait être aujourd'hui une culture de l'autobiographie.

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  • Qui n'a pas, une saison ou l'autre de la vie, tenu son journal personnel ? Et pas seulement de jeunes adolescentes ou des écrivains confirmés. Vous, moi, tout le monde...
    En lançant un appel dans Le Magazine littéraire, en avril 1988, Philippe Lejeune, spécialiste de la littérature personnelle, a eu la chance de recevoir les témoignages de quarante-sept diaristes - c'est un coup de sonde dans un univers d'écriture méconnu -, quarante-sept personnes qui racontent l'histoire de leur journal, décrivent leurs pratiques, expliquent ce qu'elles en attendent. Ce sont ces documents que rassemble ici Philippe Lejeune. Ils sont si éloquents, si variés qu'ils forcent à poser et à reposer toutes les questions qui touchent à l'écriture personnelle.
    Quiconque tient un journal ou s'interroge sur le genre pourra difficilement ignorer cette gerbe de témoignages d'inconnues en si profond accord avec l'humeur du temps. L'entreprise de Philippe Lejeune, indépendamment des résultats qu'elle a suscités, est originale. On y sent de sa part, et sans qu'il intervienne autrement que par une présentation descriptive et un index des thèmes, qui rendent sa collecte démonstrative, une ouverture de coeur et comme de l'amour.

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  • Nouvelle présentationQu'est-ce qu'une « autobiographie » ? Le récit qu'une personne réelle fait de sa propre vie, quand elle s'engage à dire la vérité. En quoi est-ce différent, en quoi est-ce semblable à un roman, à un journal, à une biographie ? Ce livre débrouille ces questions fondamentales à partir d'exemples pris dans la littérature française, depuis le texte fondateur des Confessions de Jean-Jacques Rousseau.
    Il part donc d'une définition, qui permettra ensuite de proposer une liste de textes, et de réfléchir aux marges du genre. Il montre la tradition philosophique (examen de soi), religieuse (confession) et sociale (mémoires) dans laquelle est apparue cette littérature de l'individu. Il examine enfin pourquoi et comment s'exposer à autrui fait problème : l'autobiographie est perpétuellement en procès. Est-il bien, est-il mal, est-il même possible de raconter sa vie oe La seconde partie de l'ouvrage est documentaire. Elle donne des instruments de travail pour étendre ses lectures et prolonger ses réflexions : un répertoire de 175 auteurs, une bibliographie thématique classée, une anthologie de « pactes autobiographiques » (préambules des auteurs eux-mêmes expliquant et justifiant leur projet) et de textes critiques, situant en particulier l'autobiographie par rapport à la psychanalyse.
    Philippe Lejeune, membre de l'Institut universitaire de France, enseigne la littérature française à l'université Paris-Nord (Villetaneuse). Il est l'auteur d'autres ouvrages sur l'écriture autobiographique, parmi lesquels Le Pacte autobiographique (Le Seuil, 1975, repris en Points), « Cher cahier... » (Galimmard, 1989) et Pour l'autobiographie (Le Seuil, 1998) et « Cher écran... » (Le Seuil, 2000).
    Étude (définition, histoire, problèmes). Répertoire. Bibliographie. Anthologie (pactes autobiographiques, textes critiques).

  • Trente ans après la publication du Pacte autobiographique, Philippe Lejeune estime le moment venu de faire le point sur ses recherches pour marquer les scansions d'un travail passionné, noter les accords ou parfois les désaccords avec ce que furent ses convictions.
    Loin de se limiter à l'autobiographie et aux chefs-d'oeuvre de la littérature, l'auteur a élargi son champ : il passe en effet à l'analyse des journaux personnels et de toutes les formes repérables par lesquelles un sujet fait signe de sa présence à soi et aux autres. Ce retour sur soi lui permet d'éclairer le lecteur sur les raisons d'être de ses diverses étapes ou échappées ponctuelles sur les activités qui découlent de sa recherche, comme la création de l'Association pour l'autobiographie.
    Signes de vie est un essai autobiographique : usage de la première personne, retour réflexif, trajet personnel du chercheur.

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  • Depuis quand a-t-on eu recours, en France, à la pratique du journal pour garder trace de sa vie personnelle et la gérer? Depuis quand le journal est-il devenu intime? Il est imprudent de répondre à ces questions en s'appuyant seulement sur les journaux de quelques écrivains prestigieux. Le présent ouvrage propose le récit d'une enquête « archéologique » à travers les archives. À partir de 1760 ou 1770, la forme journal ne sert plus seulement aux enregistrements collectifs, aux livres de raison, récits de voyages, comptes et chroniques, mais elle accueille les soucis et interrogations de l'individu : vie de famille, éducation, amitiés, amour, santé, vie intellectuelle, vie spirituelle, création. Le souci principal est celui du temps, que le journal sert à fixer et à maîtriser. Mais on entre aussi dans l'ère du secret : le journal devient une nouvelle figure du for intérieur, il tourne à la lettre à soi-même. Une trentaine d'études de cas, qui se liront comme autant de nouvelles, donnent un panorama de ces transformations. L'enquête s'étend jusqu'en 1815, époque où le journal personnel est devenu une pratique courante. Mais en amont, les archives ont-elles dit leur dernier mot ? À la recherche des premières apparitions du moi dans le journal, l'enquête continue.

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  • L'oblique. Le dévié. Le détour. La ruse. Ce sont des mots de ce genre qu'emploie Georges Perec dès qu'il parle de sa mémoire ou de ses écrits autobiographiques. Impossible pour lui de prendre la grande route des récits classiques, de commencer par un rassurant «Je suis né». Mais impossible aussi de ne pas prendre la route, tout de même, vers l'origine. Ce sera par de multiples chemins de traverses. Tout un réseau, un labyrinthe d'autobiographies «déplacées» : fantasmes et souvenirs d'enfance, rêves, quêtes généalogiques, exercices de mémoire, inventaires du quotidien, description de lieux, exploration de la mémoire collective, multipliant les «tentatives de description» de l'indicible et du «presque oublié». En 1969 il fait remarquer à Maurice Nadeau que, dans le grand ensemble autobiographique qu'il envisage, «chaque projet particulier n'entretient avec ce qu'on nomme ordinairement autobiographie que des rapports lointains». Dix ans plus tard il constate qu'effectivement il a réussi à n'écrire que «des morceaux d'autobiographies qui étaient sans cesse déviés». L'oblique était sans doute la seule voie possible pour affronter un passé à la fois immémorable et inoubliable, pour maintenir vivante la mémoire de l'oubli. Dans cet essai, fondé sur la lecture des textes publiés et l'exploration des manuscrits inédits, Phlippe Lejeune a suivi ces stratégies indirectes. Georges Perec expérimente de nouvelles formes autobiographiques et noue avec son lecteur des relations à la fois conviviales et exigeantes. À travers la lecture «alternée» des deux récits de W ou le Souvenir d'enfance, le dédale des Lieux encore inédits, les litanies de Je me souviens, nous entrerons en oblique dans notre propre mémoire.

  • Extrait d'une revue ou d'un ouvrage relié à part en un petit livret.
    Destiné habituellement à faire connaître un article récemment publié, la collection détourne l'usage et ta fonction du tiré à part pour inviter à la (re)découverte d'un texte. En lieu et place du traditionnel mot d'accompagnement de l'auteur, Clive Thomson partage ici, dans une courte présentation, son expérience de lecture de : "Autobiographie et homosexualité en France au XIXe siècle" de Philippe Lejeune.

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