• Fleurs

    Philippe Sollers

    • Hermann
    • 1 Janvier 2006

    " Que dit le lys ? la rose ? la tulipe ? le lilas ? le mimosa ? l'oeillet ? Ou bien, plus à l'Est, le lotus ? Quels drames, quels secrets, quels parfums ?
    Quel sang, dans l'ombre ? " On se propose, à partir d'un artiste et d'un botaniste trop peu connu, Gérard Van Spaendonck (1746-1822), de découvrir le continent des fleurs tel qu'il est apparu au dix-huitième siècle. Les fleurs étaient là de tout temps, bien entendu, mais leur mise en lumière encyclopédique, leurs noms, leur dessin, surgissent alors sur soie et sur vélin, avec une précision et une délicatesse inouïes. Spaendonck, au Jardin des Plantes de Paris, a eu des élèves, dont le célèbre Pierre-Joseph Redouté. Ces hommes ont vu s'ouvrir à la fois la nature florale et sa représentation. Ils en ont vécu l'éclosion et le geste qui la prolonge. Leur prodigieux et silencieux travail a traversé la Révolution et la Terreur. Il vient maintenant vers nous comme un signe renouvelé de beauté, de vivacité, de diversité, de fraîcheur. Voici la langue des fleurs.

    Il s'ensuit une libre improvisation à travers la poésie, la littérature, la peinture (sans oublier la métaphysique et la théologie), où ce langage se montre dans toutes ses dimensions symboliques, amoureuses, érotiques. L'auteur de ce petit livre suit sa rêverie et son, inspiration du moment. Il revisite Dante, Ronsard, Shakespeare, Rousseau, Baudelaire, Rimbaud, Mallarmé, Proust, Colette, Ponge ou Genet.

    " La rose est sans pourquoi ", dit Angélus Silesius. Nous vivons désormais sous la dictature du pourquoi et de sa dévastation quotidienne planétaire. Mais les fleurs, par-delà le Bien et le Mal, persistent malgré le bruit, l'oubli, la fureur, les cendres. Un bouquet, ici les rassemble : les fleurs sont des mots, les mots sont des fleurs.
    Philippe Sollers

  • Amnesty International pour ses trente ans ouvre sa mémoire en trente portraits et lettres de visages inconnus.

empty