• Quand Albert Camus meurt dans un accident d'auto, le 4 janvier 1960, il n'a que quarante-six ans. Il avait, deux ans plus tôt, reçu le prix Nobel. Il laisse, inachevé, un récit à peine romancé de sa vie, Le Premier Homme. Le « premier homme », c'était son père, pionnier de la colonisation française en Algérie avant d'être tué à la guerre de 1914; c'est aussi le narrateur, né pauvre et sans racines sur une terre où tout reste toujours à inventer. Grâce aux beautés du rivage méditerranéen, Camus a découvert dès son enfance les vraies richesses, celles qui inspiraient l'idéal des Grecs de l'Antiquité ; il y a puisé la conviction que le sentiment du tragique est indissociable de l'aspiration à un bonheur qu'il sait, à l'image du soleil de midi, toujours précaire.
    Son ambition était de renouer avec l'inspiration d'Eschyle pour devenir un grand dramaturge, témoin du tragique de son siècle.
    Sa vie entière fut vouée au théâtre. Plus que ses pièces, pourtant, ses romans l'ont imposé comme un écrivain majeur de son temps. Le héros de L'Étranger, condamné à mort pour avoir refusé les mensonges de la société, ceux de La Peste, engagés contre un mal né à la fois de l'absurdité de la condition humaine et des crimes du totalitarisme, ou le « juge-pénitent » de La Chute, qui désespère de lui-même afin d'enlever à ses contemporains leurs raisons d'espérer, tous témoignent de la « terrible époque ». Face à l'absurde, Camus ne voit de grandeur pour l'homme que dans la révolte.
    Mais la révolte est confisquée par des professionnels de la révolution, qui asservissent les hommes au nom de l'improbable paradis d'une société sans classes. « Mon royaume tout entier est de ce monde » : à la différence des chrétiens et des penseurs marxistes, Camus croit à l'urgence du bonheur. Contre les injustices du colonialisme, du communisme ou du franquisme, il a, en marge de son oeuvre littéraire, bâti une oeuvre de chroniqueur. Créateur de mythes, il est aussi, par sa plume, un des principaux acteurs de son temps. Au fil de sa vie se lisent les luttes en faveur de la démocratie, les querelles autour de la guerre froide et, pour finir, la tragédie de la guerre d'Algérie.

  • Des clés pour lire l'oeuvre Le contexte historique et littéraire - Le résumé L'étude des problématiques essentielles L'étranger est-il un roman oe Meursault : étranger ou étrange ?
    Un monde absurde ?
    Camus, Précurseur du Nouveau Roman...

  • « Quand Camus mourut dans un accident d'auto, le 4 janvier 1960, on trouva à proximité du véhicule le manuscrit inachevé d'un roman autobiographique de cent quarante-quatre pages, Le Premier Homme. En tête, Camus avait inscrit une dédicace à sa mère illettrée : "Intercesseur : Vve Camus. À toi qui ne pourras jamais lire ce livre." La première partie du roman retrace une "recherche du père". À quarante ans, Jacques Cormery (masque transparent de l'auteur) se rend en effet sur la tombe de son père, Henri Cormery, tué au début de la guerre de 14-18 et enterré à Saint-Brieuc. Jacques prend alors brusquement conscience qu'il est aujourd'hui plus âgé que ne l'était son père au moment de sa mort. Cette révélation bouleverse en lui l'ordre du temps. À l'image des colons qui l'avaient précédé en Algérie, Henri Cormery était le "premier homme" ; Jacques, à son tour, devient le "premier homme". Faute de témoignages suffisants, cette "recherche du père" se révélera décevante. Mais elle permettra à Jacques de recomposer l'univers de son enfance, de confesser ses fautes à sa mère, et d'ouvrir son esprit et son coeur à un passé lointain, celui des premiers temps de la colonisation. Jamais, depuis sa première oeuvre, L'Envers et l'Endroit (1937), Camus ne s'était livré avec autant d'intimité sur lui-même et sur ses proches. » Pierre-Louis Rey.

  • Dans chaque Profil d'une oeuvre :
    - le résumé de l'oeuvre - l'analyse des personnages - l'étude des thèmes - les caractéristiques du style de l'auteur - le sens de l'oeuvre

  • «Tout commence pendant l'été de 1836. Sur la plage de Trouville où il passe ses vacances, Gustave Flaubert, qui n'a pas encore quinze ans, s'avise un jour qu'une pelisse rouge à raies noires, posée sur le sable, est menacée par la marée montante. Il la met à l'abri. À l'heure du déjeuner, une cliente de l'auberge, assise à une table voisine, lui dit : "Monsieur, je vous remercie bien de votre galanterie." Il s'agit de Mme Schlésinger. Du moins se fait-elle appeler ainsi, quoiqu'elle ne soit pas encore l'épouse légitime de Maurice Schlésinger, homme de presse entreprenant, familier de nombreux artistes et, semble-t-il, peu scrupuleux en affaires. Le vrai nom de la dame est Élisa Foucault, et elle est âgée de vingt-six ans. Gustave n'a pas eu l'intention de ramasser la pelisse de la dame, mais une pelisse dont il n'a découvert qu'ensuite la propriétaire. Il n'a donc pas cherché à se montrer galant, mais seulement à rendre service.»
    Pierre-Louis Rey.


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  • Parmi d'autres, Les Pléiades, Ternove, Mademoiselle Irnois, Adélaïde, Souvenirs de voyage, Nouvelles asiatiques : l'oeuvre romanesque de Gobineau repose à l'ombre d'un monument. Pourtant, l'Essai sur l'inégalité des races humaines doit être lu comme la fresque d'un visionnaire, le «roman noir» de l'humanité, alors que les romans et les nouvelles relèvent, au-delà de leur fantaisie, d'une idéologie qui vise au système. Bref, multiforme d'aspect, l'oeuvre de Gobineau est une d'inspiration. L'étudier plus attentivement, à la lumière de ses fictions avouées, permet de dévoiler, au travers d'un prisme plutôt négligé par la critique, la persévérance d'un mythe aux multiples visages. Ainsi Les Pléiades sont-elles moins le souriant envers de l'Essai que sa métamorphose, la figuration d'un rêve dont la magie n'offre aucune prise aux savants.
    Non que Gobineau invite lui-même à analyser son oeuvre suivant cette pente. Mais d'un itinéraire qui visait à la science, on retient aujourd'hui les fantasmes.
    Pierre-Louis Rey prétend moins ici imposer Gobineau comme un grand auteur méconnu que souligner son originalité, ses bizarreries, et surtout son ambiguïté. L'ambiguïté d'un discours où le plaisir de charmer se démêle difficilement de la fureur de convaincre.

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  • Le moindre mal

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  • La breche

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  • Le reflux

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  • Le coup de pistolet tiré par Julien Sorel en direction de madame de Rênal dans la petite église de Verrières est peut-être le plus célèbre de toute l'histoire de la littérature française.
    Il met un terme à la carrière d'un jeune homme pauvre qui, modelant son ambition sur celle de Napoléon, a livré bataille pour conquérir l'épouse d'un notable de province, puis une jeune fille de l'aristocratie du faubourg Saint-Germain. Arriviste sans scrupules pour les uns, il est pour les autres une âme tendre conduite à l'hypocrisie et à la violence par l'injustice de la société. Le titre même du roman est énigmatique.
    Peut-être oppose-t-il le rouge d'une passion qui conduit jusqu'au sang et le noir de l'hypocrisie cléricale. Après une analyse de l'art de romancier de Stendhal, ce volume propose un historique des réactions contrastées de la postérité, effarouchée ou admirative. Le style même de Stendhal est souvent en cause, mais, on soupçonne qu'en lui reprochant d'avoir écrit trop vite, certains s'inquiètent surtout qu'il ait livré une coupe aussi incisive du coeur humain.
    Le Rouge et le Noir a fasciné des générations d'écrivains inspirés par la violence. Il est aussi devenu une référence pour tous ceux qui préfèrent au " beau style " l'expression la plus crue de la sincérité.

  • Le roman Les origines du roman moderne Roman et mouvements littéraires Les formes narratives du roman...

    La nouvelle Les origines de la nouvelle moderne La nouvelle et les formes voisines Narrateur et personnages...

    Des lectures analytiques

  • A comme aveux, F comme fatal, L comme lit d'acajou ou encore R comme rougir... L'amour sous la forme d'un abécédaire littéraire pour une promenade à nulle autre pareille dans l'univers amoureux de Stendhal. Une redécouverte de ce romantique dont les écrits sont avant tout ceux d'un homme qui a beaucoup aimé et qui se livre tout entier en une vision définitive où se dessinent toutes les pentes de la rêverie, tous les sillages du coeur. Drôle souvent, inattendu parfois, excitant toujours.

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