• " un des caractères particuliers du monde moderne, c'est la scission qu'on y remarque entre l'orient et l'occident.
    [. ] il peut y avoir une sorte d'équivalence entre des civilisations de formes très différentes, dès lors qu'elles reposent toutes sur les mêmes principes fondamentaux, dont elles représentent seulement des applications conditionnées par des circonstances variées. tel est le cas de toutes les civilisations que nous pouvons appeler normales, ou encore traditionnelles ; il n'y a entre elles aucune opposition essentielle, et les divergences, s'il en existe, ne sont qu'extérieures et superficielles.
    Par contre, une civilisation qui ne reconnaît aucun principe supérieur, qui n'est même fondée en réalité que sur une négation des principes, est par là même dépourvue de tout moyen d'entente avec les autres, car cette entente, pour être vraiment profonde et efficace, ne peut s'établir que par en haut, c'est-à-dire précisément par ce qui manque à cette civilisation anormale et déviée. dans l'état présent du monde, nous avons donc, d'un côté, toutes les civilisations qui sont demeurées fidèles à l'esprit traditionnel, et qui sont les civilisations orientales, et, de l'autre, une civilisation proprement antitraditionnelle, qui est la civilisation occidentale moderne.
    " r. g.

  • Les États multiples de l'être compose une trilogie avec Le Symbolisme de la croix et L'Homme et son devenir selon le Vêdantâ. Chaque livre aborde sous un angle différent le rapport de l'être humain individuel à l'être total dont il n'est qu'une manifestation transitoire.

    Dans la lignée des autres titres de la trilogie, Les États multiples de l'être est la mise en équation du rêve de Tchouang-Tseu : « Jadis, une nuit, je fus un papillon, voltigeant content de son sort. Puis je m'éveillai, étant Tchouang-Tseu. Qui suis-je, en réalité ? Un papillon qui rêve qu'il est Tchouang-Tseu, ou Tchouang-Tseu qui s'imagine qu'il fut papillon ? Dans mon cas, y a-t-il deux individus réels ? Y a-t-il eu transformation réelle d'un individu en un autre ? » Ce livre pourrait être considéré comme l'équivalent du Livre des morts des Anciens Egyptiens, qui recensait rites et conseils pour affronter avec sérénité l'au-delà. La thématique des différents mondes ou degrés hiérarchisés de l'existence, qui vont du moi individuel au soi universel (reliés par un fil insécable que les hindous appellent le sutratma), est développée avec de nombreux exemples.

  • Le Symbolisme de la croix compose une trilogie avec Les États multiples de l'être et L'Homme et son devenir selon le Vêdantâ. Chaque livre aborde sous un angle différent le rapport de l'être humain individuel à l'être total, dont il n'est qu'une manifestation transitoire.

    Le symbolisme géométrique est omniprésent dans Le Symbolisme de la croix, qui n'est en rien une apologie chrétienne. Il a même été reproché à René Guénon le fait que son symbolisme n'avait rien de chrétien. La métaphysique guénonienne va au-delà de la mystique chrétienne, on peut parler de déification. Il se rattache à la tradition primordiale par la rigueur mathématique, la pureté géométrique. Ce livre pourrait être ainsi défini comme de « la métaphysique pour scientifiques ».

    La croix, symbole commun aux traditions de tous les temps et de tous les pays, présente des significations multiples mais qui sont toutes dérivées d'un même sens supérieur et métaphysique. Elle est la figure de l'Homme Universel et représente la réalisation totale de l'être, dans toutes les possibilités qu'il porte en soi-même et qui, hiérarchisées conformément à leur nature, constituent l'indéfinie multiplicité de ses états. Ce livre montre l'unité essentielle qui se dissimule sous l'apparente diversité des formes traditionnelles.

  • L'erreur spirite

    René Guénon

    • Dervy
    • 24 Juin 2021

    Ce livre, complémentaire du Théosophisme, alerte sur toutes les déviations, contrefaçons, ersatz et parodies de spiritualité authentique. Ces contrefaçons redoutables ne sont pas juste une erreur intellectuelle, mais cachent un conflit de doctrine. Le risque de déséquilibre psychique est majeur pour les individus qui y sont confrontés, alors mêmes qu'ils aspirent sincèrement à la spiritualité et désirent se délivrer de l'enveloppe charnelle.

    René Guénon fait ici oeuvre d'historien : il décrit les origines du spiritisme, en démonte le mécanisme, explique les graves dangers inhérents à ces pratiques de communication avec les défunts. En toute inconscience, la majorité des gens piégés par les forces parfois chatoyantes du néo-spiritualisme ouvrent la coquille dans laquelle le matérialisme les a enfermés par le bas, au lieu de l'ouvrir par le haut. Ils se retrouvent alors confrontés à des influences dissolvantes, infrahumaines, parfois même démoniaques.

    Aujourd'hui, notre monde déborde d'exemples similaires à ceux choisis par René Guénon - répercussions sectaires, faux gourous, faux messies - avec de grands risques pour le psychisme. La dénonciation argumentée et précise de l'auteur permet de s'en prémunir.

  • Orient et Occident Nouv.

    Orient et Occident

    René Guénon

    • Dervy
    • 8 Juillet 2021

    Ce livre trace la ligne de démarcation entre l'Occident, voué depuis deux siècles au progrès matériel et à ses illusions, et l'Orient spirituel, soucieux de l'unique nécessaire. On y trouve en germe ce qui fait la thématique principale de l'oeuvre de René Guénon : l'opposition entre la civilisation matérielle et la spiritualité qui est la fin de l'homme.

    L'auteur expose les conditions qui rendraient possible un retour de l'Occident à une civilisation harmonieuse et à une entente avec l'Orient sur les principes métaphysiques, ces principes étant un élément fondateur de son oeuvre.

    Bien que ce livre ait été écrit en 1924, il revêt aujourd'hui une singulière actualité. La civilisation matérialiste de l'Occident moderne - qui a peu à peu envahi l'Orient - est confrontée à de graves difficultés, faisant ressortir la justesse des mises en garde de René Guénon.

  • Le premier tome de ce recueil rassemble toutes les études supplémentaires de René Guénon sur la franc-maçonnerie et le compagnonnage. Les articles et comptes rendus ont été rédigés entre 1927 et 1935 et publiés dans les revues Voile d'Isis et Études traditionnelles.
    Abordant des thèmes aussi variés que les pèlerinages, les cathédrales de Cologne et Strasbourg ou encore les liens entre compagnonnage et bohémiens, René Guénon instruit le lecteur et l'initie à ces institutions fascinantes. Ses nombreux comptes rendus de livres et d'articles composent une revue exhaustive de la littérature sur ces sujets.
    Les écrits sont regroupés par le genre des sujets traités et le classement est fait dans l'ordre chronologique, ce qui explique que l'ouvrage mêle dans son titre franc-maçonnerie et compagnonnage.

  • Ce second tome rassemble les articles de René Guénon sur la franc-maçonnerie et le compagnonnage rédigés entre 1927 et 1935, également publiés dans les revues Voile d'Isis et Études traditionnelles.
    Il traite notamment des thèmes de l'initiation féminine, des signes corporatifs ou encore des métiers de maçon et charpentier.
    On retrouve dans ce livre de nombreux autres comptes rendus de livres et d'articles, ainsi qu'une série de documents et d'articles signé ou non signés, mais attribués à René Guénon et parus dans diverses publications.

  • L'Homme et son devenir selon le Vêdantâ compose une trilogie avec Le Symbolisme de la croix et Les États multiples de l'être. Chaque livre aborde sous un angle différent le rapport de l'être humain individuel à l'être total dont il n'est qu'une manifestation transitoire.

    Le Vêdantâ est une école de philosophie indienne, basée notamment sur les Upanishad, caractérisée par une pensée non-dualiste : il n'y a pas de différence entre l'âme individuelle et la réalité ultime, la conscience pure. René Guénon s'intéresse tout particulièrement à la doctrine d'Adi Shankara, l'un des plus célèbres maîtres spirituels de l'hindouisme, consacrée à l'être humain et à son avenir posthume.

    Sans dogmes abstraits ni morale, il expose la possibilité pour l'être humain emprisonné dans le continuum spatio-temporel d'y échapper et de retourner à la source de laquelle nous sommes tous issus et destinés à retourner, jusqu'à la délivrance appelée moksha. Le thème unique du lien entre l'être individuel et l'être suprême est traité avec la pureté glacée qui caractérise le style guénonien.

  • Autorité spirituelle et pouvoir temporel Nouv.

    L'étude d'une opposition fondatrice qui court tout au long de l'histoire humaine.
    Ce livre traite de la suprématie du spirituel sur le temporel avec comme point de départ la révolte des Kshatriyas (la caste chevaleresque) contre les Brâhmanes (la caste sacerdotale) dans la civilisation hindoue. En Occident, cette querelle s'incarne en l'opposition du pape et de l'empereur, dont Victor Hugo parlait comme des " deux moitiés de Dieu ".

    René Guénon souligne que les deux pouvoirs, temporel et spirituel, étaient à l'origine réunis dans un principe commun, ce qu'illustrait encore dans l'Empire romain le titre d'Imperator Pontifex Maximus. Au Moyen Âge, la représentation emblématique d'une figure à double-face - celles du Christ et de Janus - révèle cette unicité : la figure détenait dans une main le sceptre, symbole du pouvoir royal, et dans l'autre la clé, symbole du pouvoir spirituel.

    L'usurpation du temporel par rapport au spirituel est aujourd'hui encore une querelle récurrente. Notre actualité donne une saveur particulière à ces considérations que l'on pourrait penser obsolètes, alors même que ce livre est plus que jamais nécessaire pour surplomber et comprendre cette opposition majeure.

  • Aperçus sur l'initiation

    Rene Guenon

    • Dervy
    • 28 Janvier 2021

    Interpelé par deux versets se trouvant dans la Bible (Genèse 6.4 et 13.33) dans lesquels la présence de géants est mentionnée, l'auteur a recherché les traces de ces êtres hors normes dans les légendes et les mythologies du monde entier ainsi qu'à travers des travaux d'ethnologues. Gilbert Le Cosses relève des similitudes, et notamment celles laissées par des êtres venus d'on ne sait où. Les mythologies irlandaises racontent qu'une race de personnages extraordinaires fut initiée au druidisme dans les îles d'Hyperborée. Mais ces initiateurs, qui sont-ils et d'où viennent-ils ? Et ces druides, intermédiaires entre les dieux et les hommes, personnages très importants de la société celtique au point qu'ils sont à la fois ministres du culte, théologiens, philosophes, gardiens du Savoir et de la Sagesse, historiens, juristes et aussi conseillers du roi, ont-ils laissé des descendants ? Ces adeptes de l'oralité, qu'ont-ils laissé derrière eux ? Leur savoir est-il conservé dans nos mémoires, ou sommes nous encore en mesure de le redécouvrir ? Ce livre est prétexte à expliquer une part inconnue de l'homme, de l'origine des mégalithes et permet de faire le point sur le monde druidique. Ce qu'il fut, ce qu'il est, ce qu'il en reste et pourquoi et comment se relie-t-il encore au monde des dieux ?

  • Ce recueil rassemble plusieurs études qui ont pour trait commun le sujet de l'ésotérisme chrétien. René Guénon n'a consacré aucun autre ouvrage à cette forme de la tradition qui touche d'une façon pressante aux préoccupations de nombreux lecteurs : ce recueil en est donc d'autant plus précieux.
    Le métaphysicien, très critique envers l'élite occidentale laquelle, selon lui, est trop éloignée de ses propres traditions et de la spiritualité, exprime clairement sa position à l'égard du christianisme dans ces textes. Il fournit des clés, des voies de recherches pour que les élites combattent la « dégénérescence » intellectuelle et spirituelle de l'occident.
    Les études réunies dans le présent volume sont pour la plupart consacrées à des organisations que René Guénon considérait comme ayant été au Moyen Âge les détentrices de l'enseignement et des méthodes de l'ésotérisme chrétien : ordre du temple, fidèles d'amour, chevalerie du Saint-Graal. Elles permettront à de nombreux lecteurs de redécouvrir et d'interpréter correctement des doctrines généralement oubliées ou mécomprises.

  • C'est surtout les courants de contre-religion, et de contre-initiation, que René Guénon dénonce à travers ces divers mouvements qu'il regroupe sous le nom de théosophisme. Contre-Tradition aussi, car, selon l'auteur, l'individu qui se livre à ce type de mystique errante est mû par le désir « d'avoir » plutôt que celui « d'être », par l'ambition du pouvoir, plutôt que l'attirance de la communion. D'où ces nombreuses ramifications occultes qu'il nous présente et condamne avec force et vigueur. Il résulte de cette étude que les théories théosophiques, bien loin d'être l'expression ultime d'une archaïque sagesse orientale, sont des produits déguisés de la pensée occidentale moderne. Documentée avec passion et précision, cette étude historique conserve aujourd'hui la valeur de ses analyses et tout son intérêt, puisque le théosophisme a imprégné notre xxe siècle et ne cesse de provoquer des résurgences que cet ouvrage aide à déceler et à situer.

  • Études sur l'hindouisme

    Rene Guenon

    • Dervy
    • 18 Février 2021

    L'Inde et la tradition hindoue sont pour René Guénon des références majeures. S'il n'y a réellement consacré que deux ouvrages, ce recueil rassemble toutes ses études supplémentaires sur le sujet. Les articles et comptes rendus ont été rédigés entre 1929 et 1950 et publiés dans les revues Voile d'Isis et Études traditionnelles. Abordant des thèmes aussi variés que la cosmologie, la métaphysique et l'organisation sociale de l'Inde, René Guénon instruit le lecteur et l'initie aux doctrines traditionnelles. Ses articles analysent notamment certains termes intraduisibles tels que le Dharma (le but le plus élevé proposé aux hommes) ou le Nâma-Rupâ (l'individualité tout entière, l'essence), mais également la théorie hindoue des cinq éléments ou encore les liens entre tantrisme et magie. Ses nombreux comptes rendus de livres et d'articles de revue composent une revue de la littérature des XIXe et XXe siècles sur l'hindouisme. Il étudie avec finesse les écrits d'auteurs occidentaux (Paul Brunton, Arthur de Gobineau, Carolina Rhys Davids...) et orientaux (Hari Prasad Shastri, Ananda Coomaraswamy, Ramana Maharshi...).

  • René Guénon, dans cet ouvrage, traite principalement de la méthode et des différentes voies de réalisation initiatique ainsi que de la question du « Maître spirituel ». Un sujet particulièrement important pour ceux qui sont rattachés à ce qui subsiste encore des initiations du monde occidental. Par ailleurs, Guénon nous éclaire sur la possibilité, à partir de notre état corporel, d'une réalisation spirituelle totale, équivalente à celle des Envoyés divins que les diverses traditions désignent par les noms de Prophète, Rasûl, Bodhisattwa et Avatâra.

  • L'auteur nous indique dans ce livre, aussi clairement que possible, les différences essentielles qui existent entre les modes généraux de la pensée orientale et ceux de la pensée occidentale. Il insiste ensuite sur ce qui se rapporte aux doctrines hindoues, en tant que celles-ci présentent des traits particuliers qui les distinguent des autres doctrines orientales, bien que toutes aient assez de caractères communs, pour justifier, dans l'ensemble, l'opposition générale de l'Orient et de l'Occident. Enfin, à l'égard de ces doctrines hindoues, il signale l'insuffisance, voire l'absurdité, des interprétations qui ont cours en Occident. Comme conclusion de cette étude, il indique, avec toutes les précautions nécessaires, les conditions d'un rapprochement intellectuel entre l'Orient et l'Occident, conditions qui sont bien loin d'être remplies ; aussi n'est-ce pour René Guénon qu'une possibilité, sans qu'il la croie aucunement susceptible d'une réalisation immédiate ou simplement prochaine.

  • Ce livre de René Guénon est sûrement celui qui, de toute son oeuvre, présente l'étude la plus étrange et, en même temps, le document le plus révélateur des vrais mystères sur lesquels repose l'ordre cosmique et traditionnel du monde entier.
    Les doctrines et les symboles de toutes les traditions attestent de façon concordante l'existence d'une « Terre Sainte » par excellence, prototype de toutes les autres « Terres Saintes », qui est aussi le séjour du centre spirituel auquel tous les autres centres sont subordonnés. Le chef de ce centre suprême est le « Roi du Monde ». Ce séjour est situé dans un monde nécessairement invisible pour les regards des profanes, et inaccessible à leurs recherches. Pour couper court aux risques d'acceptations grossières et aux illusions à peu près inévitables, il est précisé qu'un tel accès (du reste extrêmement rare dans l'histoire traditionnelle du monde extérieur) est lié à un très haut degré de réalisation spirituelle.
    On peut naturellement se demander si certaines précisions que ce livre donne étaient vraiment opportunes. René Guénon a répondu d'avance à une telle question : « Dans les circonstances au milieu desquelles nous vivons présentement, les événements se déroulent avec une telle rapidité que beaucoup de choses dont les raisons n'apparaissent pas encore immédiatement pourraient bien trouver, et plus tôt qu'on ne serait tenté de le croire, des applications assez imprévues, sinon tout à fait imprévisibles. » La présente édition reprend le texte paru en 1958. L'ouvrage est augmenté d'une annexe sur les sources du texte.

  • Le Règne de la Quantité et les Signes des Temps a été édité pour la première fois le 2 octobre 1945. À partir d'une étude approfondie des grands textes mystiques (hindous, taoïstes, chrétiens et musulmans), l'auteur oppose à l'aspect constitué, ésotérique, institutionnel des religions historiques, une tradition unique, originelle : la connaissance ésotérique. Le monde moderne est vu comme une anomalie, une monstruosité qui ne reconnaît aucun principe supérieur, aucune transcendance. Le désordre est vu comme un élément de l'ordre, le règne de la contingence s'oppose au règne de la transcendance, le point de vue quantitatif l'emporte sur le qualitatif, l'individualisme aggrave le tout.
    Guénon propose un retour vers la substance, vers l'essence, un retour vers la métaphysique, de la quantité pure, un retour à l'enseignement d'ordre initiatique propre aux sociétés traditionnelles. Une transformation par le haut.
    Cette réédition s'inscrit dans le cadre de la création, par la succession de René Guénon, d'une Fondation René Guénon. Celle-ci siègera au Caire dans la demeure du penseur. Elle a pour but de rassembler sous son égide l'ensemble des ouvrages et documents constituant l'oeuvre intellectuelle de René Guénon. La Fondation n'est liée à aucun mouvement, école, groupe ou parti, quels qu'ils soient.
    Le programme de réédition de l'oeuvre de René Guénon prévoit : la révision systématique (révision du texte, ajout d'un appareil critique, notes et préfaces) des 11 titres du fonds Gallimard, la reprise des 13 titres des Éditions Traditionnelles, des inédits à venir d'importance comme L'Archéomètre, une correspondance totalement inédite à publier

  • La grande triade

    René Guénon

    Dernier ouvrage publié du vivant de René Guénon, La Grande Triade se caractérise par un recours prépondérant aux traditions extrême-orientales, particulièrement celles de la Chine et, avant tout, du taoïsme, que l'auteur avait connues et dont il avait traité dès ses premiers écrits. Toutefois, comme à son accoutumée, il y fait aussi de nombreux parallèles et rapprochements avec d'autres traditions, tant orientales qu'occidentales : hindouisme, bouddhisme, judaïsme, islam, christianisme, franc-maçonnerie, hermétisme, pythagorisme, Fidèles d'Amour, etc. De la sorte, La Grande Triade répond clairement au propos constant de René Guénon : exposer les données de la Tradition primordiale, notamment en soulignant les convergences entre toutes les traditions authentiques. Même si, comme il le regrettait, ce livre n'eut d'abord qu'un faible écho, y compris dans les milieux qui se réclamaient de la pensée traditionnelle, l'ouvrage fit progressivement et discrètement son chemin, notamment parmi ceux qu'attirait l'Extrême-Orient.

  • Dans cette brève et substantielle étude, l'auteur des Aperçus sur l'Initiation corrige les méprises de ceux qui n'avaient fait qu'entrevoir le sens profond de l'oeuvre dantesque, et donne une explication entièrement neuve de multiples points que les commentateurs du grand Florentin n'ont jamais pu élucider d'une façon satisfaisante. Sans avoir la prétention d'être complet sur un sujet qu'on pourrait dire inépuisable, René Guénon a jeté ainsi une clarté inattendue sur un côté qui est proprement ésotérique et initiatique dans l'oeuvre de Dante et surtout dans sa Divine Comédie. Dante fut sans doute tout autre chose que le génie littéraire qui suscite tant d'admiration, et l'on est en droit de penser que bien des choses, pour ne pas dire des trésors, restent à découvrir dans ce que René Guénon a appelé non sans raison «le testament spirituel du Moyen Âge».

    Nouvelle édition établie, présentée et annotée sous l'égide de la Fondation René Guénon.

  • Pour des doctrines comme celles que nous exposons, une étude entreprise « de l'extérieur » ne serait d'aucun profit. Il ne s'agit pas d'histoire et il ne s'agit pas davantage de philologie ou de littérature, et il ne s'agit pas, non plus de philosophie. Toutes ces choses, en effet, font également partie de ce savoir que nous qualifions, de « profane » ou d'« extérieur », non par mépris, mais parce qu'il n'est que cela en réalité. Nous estimons n'avoir pas ici à nous préoccuper de plaire aux uns ou de déplaire aux autres. Ce n'est pas parce que la « science sacrée » a été odieusement caricaturée, dans l'Occident moderne, par des imposteurs plus ou moins conscients, qu'il faut s'abstenir d'en parler et paraître, sinon la nier, du moins l'ignorer. Bien au contraire, nous affirmons hautement, non seulement qu'elle existe, mais que c'est d'elle seule que nous entendons nous occuper. La croix, est un symbole qui, sous des formes diverses, se rencontre à peu près partout, et cela dès les époques les plus reculées. Elle est donc fort loin d'appartenir proprement et exclusivement au christianisme comme certains pourraient être tentés de le croire. Ce que nous avons essentiellement en vue, c'est le sens métaphysique, le premier et le plus important de tous, puisque c'est proprement le sens principiel. Tout le reste n'est qu'applications contingentes et plus ou moins secondaires, et, s'il nous arrive d'envisager certaines de ces applications, ce sera pour les rattacher à l'ordre métaphysique, car c'est là ce qui, à nos yeux, les rend valables et légitimes, conformément à la conception, si complètement oubliée du monde moderne, qui est celle des « sciences traditionnelles ». Maintenant, si l'on veut, toujours en ce qui concerne la considération de l'état humain, relier le point de vue individuel au point de vue métaphysique, comme on doit toujours le faire s'il s'agit de « science sacrée », et non pas seulement de savoir « profane », nous dirons ceci : la réalisation de l'être total peut s'accomplir à partir de n'importe quel état pris comme base et comme point de départ, en raison même de l'équivalence de tous les modes d'existence contingents au regard de l'Absolu. Elle peut donc s'accomplir à partir de l'état humain aussi bien que de tout autre, et même, comme nous l'avons déjà dit ailleurs, à partir de toute modalité de cet état, ce qui revient à dire qu'elle est notamment possible pour l'homme corporel et terrestre.

    Sur commande
  • «Bien que la présente étude puisse sembler, à première vue tout au moins, n'avoir qu'un caractère quelque peu "spécial", il nous a paru utile de l'entreprendre pour préciser et expliquer plus complètement certaines notions auxquelles il nous est arrivé de faire appel dans les diverses occasions où nous nous sommes servi du symbolisme mathématique, et cette raison suffirait en somme à la justifier sans qu'il y ait lieu d'y insister davantage. Cependant, nous devons dire qu'il s'y ajoute encore d'autres raisons secondaires, qui concernent surtout ce qu'on pourrait appeler le côté «historique» de la question ; celui-ci en effet, n'est pas entièrement dépourvu d'intérêt à notre point de vue, en ce sens que toutes les discussions qui se sont élevées au sujet de la nature et de la valeur du calcul infinitésimal offrent un exemple frappant de cette absence de principes qui caractérisent les sciences profanes, c'est-à-dire les seules sciences que les modernes connaissent et que même ils conçoivent comme possibles.»

  • La confusion entre le domaine ésotérique et initiatique et le domaine mystique, ou, si l'on préfère, entre les points de vue qui leur correspondent respectivement, est une de celles que l'on commet le plus fréquemment aujourd'hui, et cela, semble-t-il, d'une façon qui n'est pas toujours entièrement désintéressée. Il y a là, du reste, une attitude assez nouvelle, ou qui du moins, dans certains milieux, s'est beaucoup généralisée en ces dernières années, et c'est pourquoi il nous paraît nécessaire de commencer par nous expliquer nettement sur ce point. Dans le cas du mysticisme, l'individu se borne à recevoir simplement ce qui se présente à lui, et tel qu'il se présente, sans que lui-même y soit pour rien ; et, disons-le tout de suite, c'est en cela que réside pour lui le danger principal, du fait qu'il est ainsi « ouvert » à toutes les influences, de quelque ordre qu'elles soient. Dans le cas de l'initiation, au contraire, c'est à l'individu qu'appartient l'initiative d'une « réalisation » qui se poursuivra méthodiquement, sous un contrôle rigoureux et incessant, et qui devra normalement aboutir à dépasser les possibilités mêmes de l'individu comme tel. Il est indispensable d'ajouter que cette initiative ne suffit pas, car il est bien évident que l'individu ne saurait se dépasser lui-même par ses propres moyens, mais, et c'est là ce qui nous importe pour le moment, c'est elle qui constitue obligatoirement le point de départ de toute « réalisation » pour l'initié, tandis que le mystique n'en a aucune, même pour des choses qui ne vont nullement au-delà du domaine des possibilités individuelles. Il est des choses sur lesquelles on est obligé de revenir presque constamment, tellement la plupart de nos contemporains, du moins en Occident, semblent éprouver de difficulté à les comprendre. Et bien souvent, ces choses sont de celles qui, en même temps qu'elles sont en quelque sorte à la base de tout ce qui se rapporte, soit au point de vue traditionnel en général, soit plus spécialement au point de vue ésotérique et initiatique, sont d'un ordre qui devrait normalement être regardé comme plutôt élémentaire. Telle est, par exemple, la question du rôle et de l'efficacité propre des rites. Et peut-être est-ce, tout au moins en partie, à cause de sa connexion assez étroite avec celle-là que la question de la nécessité du rattachement initiatique paraît être également dans le même cas. En effet, dès lors qu'on a compris que l'initiation consiste essentiellement dans la transmission d'une certaine influence spirituelle, et que cette transmission ne peut être opérée que par le moyen d'un rite, qui est précisément celui par lequel s'effectue le rattachement à une organisation ayant avant tout pour fonction de conserver et de communiquer l'influence dont il s'agit, il semble bien qu'il ne devrait plus y avoir aucune difficulté à cet égard. Transmission et rattachement ne sont en somme que les deux aspects inverses d'une seule et même chose, suivant qu'on l'envisage en descendant ou en remontant la « chaîne » initiatique.

    Sur commande
  • « Cette prétention de tout mettre « à la portée de tout le monde » que nous avons déjà signalée comme une conséquence des conceptions « démocratiques », revient en somme à vouloir abaisser la connaissance jusqu'au niveau des intelligences les plus inférieures. Il ne serait que trop facile de montrer les inconvénients multiples que présente, d'une façon générale, la diffusion inconsidérée d'une instruction qu'on prétend distribuer également à tous, sous des formes et par des méthodes identiques, ce qui ne peut aboutir, qu'à une sorte de nivellement par en bas : là comme partout, la qualité est sacrifiée à la quantité. Il est vrai, d'ailleurs, que l'instruction profane dont il s'agit ne représente en somme aucune connaissance au véritable sens de ce mot, et qu'elle ne contient absolument rien d'un ordre tant soit peu profond ; mais, à part son insignifiance et son inefficacité, ce qui la rend réellement néfaste, c'est surtout qu'elle se fait prendre pour ce qu'elle n'est pas, qu'elle tend à nier tout ce qui la dépasse, et qu'ainsi elle étouffe toutes les possibilités se rapportant à un domaine plus élevé ; il peut même sembler qu'elle soit faite expressément pour cela, car l'« uniformisation » moderne implique nécessairement la haine de toute supériorité. C'est ici qu'apparaît aussi nettement que possible la confusion avec l'instruction profane, désignée par ce terme de « culture » qui est devenu de nos jours une de ses dénominations les plus habituelles ; c'est là quelque chose qui n'a pas le moindre rapport avec l'enseignement traditionnel ni avec l'aptitude à le recevoir ; et au surplus, comme la soi-disant élévation du « niveau moyen » a pour contrepartie inévitable la disparition de l'élite intellectuelle, on peut bien dire que cette « culture » représente très exactement le contraire d'une préparation à ce dont il s'agit. »

    Sur commande
  • Le préjugé chimérique de l'« égalité » va à l'encontre des faits les mieux établis, dans l'ordre intellectuel aussi bien que dans l'ordre physique. C'est la négation de toute hiérarchie naturelle, et c'est l'abaissement de toute connaissance au niveau de l'entendement borné du vulgaire. On ne veut plus admettre rien qui dépasse la compréhension commune, et, effectivement, les conceptions scientifiques et philosophiques de notre époque, quelles que soient leurs prétentions, sont au fond de la plus lamentable médiocrité. On n'a que trop bien réussi à éliminer tout ce qui aurait pu être incompatible avec le souci de la vulgarisation. Quoi que certains puissent en dire, la constitution d'une élite quelconque est inconciliable avec l'idéal démocratique. Ce qu'exige celui-ci, c'est la distribution d'un enseignement rigoureusement identique aux individus les plus inégalement doués, les plus différents d'aptitudes et de tempérament. Malgré tout, on ne peut empêcher cet enseignement de produire des résultats très variables encore, mais cela est contraire aux intentions de ceux qui l'ont institué. Lorsque nous avons, il y a quelques années, écrit « Orient et Occident », nous pensions avoir donné, sur les questions qui faisaient l'objet de ce livre, toutes les indications utiles, pour le moment tout au moins. Depuis lors, les événements sont allés en se précipitant avec une vitesse toujours croissante, et, sans nous faire changer d'ailleurs un seul mot à ce que nous disions alors. Ces précisions s'imposent d'autant plus que nous avons vu s'affirmer de nouveau, en ces derniers temps, et sous une forme assez agressive, quelques-unes des confusions que nous nous sommes déjà attachés précisément à dissiper. Tout en nous abstenant soigneusement de nous mêler à aucune polémique, nous avons jugé bon de remettre les choses au point une fois de plus. Il est, dans cet ordre, des considérations, même élémentaires, qui semblent tellement étrangères à l'immense majorité de nos contemporains, que, pour les leur faire comprendre, il ne faut pas se lasser d'y revenir à maintes reprises. Tout ce que nous dirons ici, nous l'aurions dit tout aussi bien, et exactement de la même façon, si les faits qui appellent aujourd'hui l'attention sur la question du spirituel et du temporel ne s'étaient pas produits. Les circonstances présentes nous ont seulement montré, plus clairement que jamais, qu'il était nécessaire et opportun de le dire. Elles ont été, si l'on veut, l'occasion qui nous a amenés à exposer maintenant certaines vérités de préférence à beaucoup d'autres que nous nous proposons de formuler également si le temps ne nous fait pas défaut, mais qui ne semblent pas susceptibles d'une application aussi immédiate. Et là s'est borné tout leur rôle en ce qui nous concerne. La méconnaissance qui est impliquée dans la théorie « égalitaire » si chère au monde moderne, théorie qui est contraire à tous les faits les mieux établis, et qui est même démentie par la simple observation courante, puisque l'égalité n'existe nulle part en réalité. Mais ce n'est pas ici le lieu de nous étendre sur ce point, que nous avons déjà traité ailleurs.

    Sur commande
empty