• Voici le parcours de camus, oeuvre par oeuvre, de ses premières pages jusqu'aux dernières.
    Comment chaque livre fut écrit, comment il fut reçu en son temps, ce qu'en pense le lecteur d'aujourd'hui. on assiste aussi à la formation et à l'évolution d'un homme. a travers les récits, les essais, le théâtre d'un artiste attaché à créer ses propres mythes, on découvre ses sources les plus profondes. ils ne disent pas seulement l'absurde et la révolte. on peut discerner en eux une émotion plus intime dont l'origine est " l'admirable silence d'une mère et l'effort d'un homme pour retrouver une justice ou un amour qui équilibre ce silence.
    ".

  • Un jour lointain, quelqu'un me dit : " tu devrais lire tchékhov.
    Il me semble que c'est une littérature pour toi ".
    Maintenant j'ai l'impression que j'ais appris à lire dans son oeuvre et qu'à travers l'individu nommé tchékhov qui vécut si loin d'ici, il y a un siècle, je reconnais et j'aime tout ce que l'on peut savoir d'un homme, les qualités et aussi les défauts. comme le dit alexandre zinoviev, à propos de tchékhov précisément, chacun cherche dans autrui le reflet de sa propre perversité.
    Encore plus quand il s'agit d'un écrivain, cette variété assez particulière du genre humain qui envoie à dieu sait qu'un message crypté, en craignant et souhaitant tout à la fois qu'un inconnu soit capable de le percer à jour.

  • Le palais des livres

    Roger Grenier

    En prenant des chemins quelque peu buissonniers, par exemple en allant voir quelle place les écrivains donnent aux faits divers, aux délices et aux affres de l'attente, à la tentation de l'inachevé, aux rapports entre vie privée et écriture, à la façon d'écrire l'amour, ces essais adoptent tout naturellement la revendication de Baudelaire sur le droit de se contredire. Et ils aboutissent à deux questions : Qu'est-ce qu'écrire ? Écrire est-il une raison de vivre ? L'une et l'autre, on s'en doute, ne peuvent que rester sans réponse.

  • Raymond, tout rond dans son costume de Polichinelle, se lève en roulant des bosses.
    Rubans au vent, il se dirige vers l'estrade, applaudi, acclamé. Il rouvre le piano, s'assied. Il commence par son one-step favori qu'il accompagne d'onomatopées : - Tra-la la la la la-la la la la-tra la la la ... Ce n'est qu'un air à la mode, une rengaine de l'année 1923. Mais Lydia et tous ceux qui sont là, pourront-ils, dans dix ans, dans vingt ans ou dans trente, pourront-ils, s'ils vivent encore, entendre cet air sautillant sans pleurer leur jeunesse, et sans revoir le pauvre Raymond Casadebat qui les faisait danser, au Palais d'Hiver, après le départ de l'orchestre...
    " Un roman que les amateurs de romans peuvent acheter sans méfiance et lire sans perplexité " (Robert Kanters, Le Figaro Littéraire).

  • Brassaï est arrivé à Paris en 1924 pour devenir peintre. Mais ce sont ses errances nocturnes avec ses amis artistes qui l'ont métamorphosé en photographe, aidé par les conseils de son compatriote André Kertész, le premier à prendre des photos de nuit. En 1932, il publie l'album Paris de nuit qui lui apporte aussitôt la célébrité, il collabore à la revue surréaliste Le Minotaure et rencontre Picasso dont il photographie les sculptures au château de Boisgeloup.
    Roger Grenier a vécu sa jeunesse à Pau, où il a rencontré Gilberte, future épouse de Brassaï. Journaliste à Paris depuis la Libération, il lui trouve un travail grâce auquel elle rencontre le photographe en 1945. Les deux hommes deviennent très liés et leur amitié durera jusqu'à la mort de Brassaï.
    Comme l'écrit Roger Grenier dans son texte qui évoque leurs trente-trois ans d'amitié : «Venant de Brasso, en Transylvanie, il trouva avec nous une nouvelle famille. Je pense souvent que c'est moi qui l'ai marié, à la mairie du XIVe et à Notre-Dame-des-Champs, et c'est moi qui l'ai enterré, au cimetière Montparnasse».
    Dans les nombreuses lettres et cartes postales que Brassaï adresse à son ami Roger, défilent voyages et projets du célèbre photographe, qui prépare ses livres sur d'illustres amis tels que Picasso et Henry Miller, termine l'édition du Paris secret des années 30, ou se met à la sculpture.
    Cette correspondance inédite donne le portrait sans retouches de l'un des plus grands photographes du XXe siècle.

  • « Je ne sais pas si je suis un provincial ou un Parisien. Je suis né par hasard en Normandie. Pau et le Béarn où j'ai passé mon enfance et mon adolescence m'ont inspiré une bonne partie de mes livres. Mais ma ville, c'est Paris. J'ai l'impression que les vrais Parisiens sont ceux qui sont nés ailleurs et pour qui vivre à Paris est une conquête. Il me suffit de passer sur un pont de la Seine, et je m'émerveille. Des ciels incomparables ! Ce n'est pas un rêve, je suis à Paris ! Ce livre est fait d'une multitude d'images ou de souvenirs de Paris. Chacun a pour titre le numéro et le nom d'une rue. Souvent autobiographique, il comporte, à l'adresse de la place de l'Hôtel de Ville, un journal détaillé de la semaine de la Libération, que j'ai eu la chance de vivre au coeur même de Paris, de cet Hôtel de Ville. On y trouve aussi des histoires de journaux, des rencontres avec les écrivains et les artistes : Camus, Faulkner, Queneau, Alejo Carpentier, Prévert, Picasso, Henry Miller, Sacha Guitry, Jean Genet, Claude Roy. Souvent on s'en doute, à l'adresse du 5 rue Sébastien Bottin. »R. G.

  • Ciné-roman

    Roger Grenier

    La danseuse numéro 12, celle aux jolis bras minces, s'effondra.
    Dans sa chute, elle entraîna son partenaire, qui n'avait plus la force de la soutenir. deux autres couples trébuchèrent et tombèrent sur eux. le speaker, fatigué lui aussi, haussa à peine le ton pour commenter la chute. les soigneurs se précipitèrent sur le ring. deux hommes et une femme s'étaient relevés. un couple s'était même reformé et recommençait à se traîner le long des cordes. mais il fallut emporter dans les vestiaires un homme et deux femmes.
    Au bout d'un moment, le disque qui était en train de passer fut interrompu et le speaker demanda s'il y avait un médecin dans la salle.

  • Andrélie

    Roger Grenier

    Beaucoup de fils ont écrit sur leur mère, sur l'amour ou bien la haine qu'ils se portaient mutuellement. Ce que j'entreprends est différent. Je me suis mis à envisager la mienne non comme ma mère, mais comme un personnage de roman. Une femme dont la vie fut riche, imprévue, mouvementée, dramatique. Un être humain ni plus ni moins mystérieux que tous ceux que nous croyons connaître. Quelqu'un qui vous inspire l'envie de dessiner un portrait et le plaisir de raconter une histoire. On trouvera peut-être ici une clé pour certains de mes romans, comme Le Palais d Hiver ou Ciné-roman. Ici, la mère est peinte dans sa vérité, même s'il reste beaucoup à supposer, à imaginer, à inventer sur ce personnage toujours double : la mère et une inconnue. R.G.

  • Poursuivant la galerie de portraits qu'il avait inaugurée avec un premier volume d'Instantanés, l'auteur évoque ses souvenirs à propos de Gaston Bachelard, Hector Bianciotti, Roger Caillois, Louis Guilloux, J.-B. Pontalis et quelques autres. Il témoigne de son admiration et de son amitié.
    Un ultime chapitre, pour rire, traite des belles fréquentations du chien Ulysse qui, partageant une vie d'éditeur, a entretenu des relations cordiales avec Aragon, René Char, Massin, Claude Roy, Marguerite Yourcenar, Kundera, Ionesco, Dominique Aury, Raymond Queneau, Claude Chabrol, Romain Gary...

  • Des vies, mais telles que la mémoire les invente, que notre imagination les recrée, qu'une passion les anime.
    Des récits subjectifs, à mille lieues de la biographie traditionnelle. L'un et l'autre : l'auteur et son héros secret, le peintre et son modèle. Entre eux, un lien intime et fort. Entre le portrait d'un autre et l'autoportrait, où placer la frontière ? Les uns et les autres : aussi bien ceux qui ont occupé avec éclat le devant de la scène que ceux qui ne sont présents que sur notre scène intérieure, personnes ou lieux, visages oubliés, noms effacés, profils perdus.

  • Instantanés

    Roger Grenier

    « En photographie, l'instantané est le contraire de la pose. Les auteurs dont j'ai saisi ici quelques instantanés ne posent pas. Il ne s'agit ni de biographie ni d'études de leurs oeuvres. Simplement du souvenir que je garde d'eux.
    On reverra Dominique Aury entourée de ses animaux favoris, Albert Camus à Combat, Julio Cortázar, aussi insolite dans sa vie que dans ses nouvelles, Gaston Gallimard quant il était un jeune homme fou de littérature, Romain Gary mon voisin de la rue du Bac, Ionesco de retour en Mayenne, son pays d'enfance, Raymond Queneau tenant dans ses bras sa petite chienne tibétaine. Claude Roy sur le pont des Arts. Et l'on entendra de nouvelles paroles de Prévert. Vingt-cinq portraits.
    /> Tous ceux dont je parle ici, ou presque tous, je les ai connus personnellement. Et je continue à penser à eux, toujours avec sympathie et, pour quelques-uns, avec affection. » Roger Grenier.

  • « Trois années, de Tchekhov, est une nouvelle qui vous donne immédiatement envie de la porter à la scène. Tout y est : un homme et une femme qui s'aiment à contretemps, la province et Moscou, une galerie de personnages hauts en couleur. Et surtout, ces trois années qui passent et vont transformer les êtres, leurs passions, leur destin. C'est le temps qui jette les hommes et les femmes dans des sentiments imprévus, entre les rêves et la déception, l'amour et le désamour, la mélancolie et la gaieté, le rire et les larmes. »
    Roger Grenier.

  • «J'ai écrit ces impressions sur Pascal Pia peu à peu, chaque fois que je m'interrogeais sur son personnage et sur ce qu'il représente pour moi. Je n'avais pas l'intention de les publier. D'ailleurs, j'ai conscience de n'avoir pas dit le dernier mot. Et comment trouver le dernier mot, avec Pia ? De son côté, il avait interdit que l'on parlât de lui après sa mort. Mais, aujourd'hui, plus d'un signe laisse à penser qu'un mythe est en train de se former. Si l'on ne veut pas que l'homme soit tout à fait enseveli sous la légende, ou qu'un industrieux de la biographie s'en empare, ceux qui l'ont connu doivent dire le peu qu'ils savent. Je ne l'ai pas fait sans un sentiment de culpabilité, ne pouvant m'empêcher de me demander si, comme il le pensait, à l'histrionisme de la parole et de l'écrit, il ne vaudrait pas mieux préférer le silence.» Roger Grenier.

  • «Quelle image surgit au nom de Francis Scott Fitzgerald ?
    Le Fitzgerald de la défaite, de La Fêlure ?
    L'excentrique de l'âge du jazz qui éprouve toujours le besoin de se faire remarquer et de se rendre insupportable ?
    Le romancier respectueux de son art, mais qui gaspille son talent à écrire des nouvelles pour les magazines, parce que les besoins d'argent le prennent à la gorge ?
    Le compagnon de Ring Lardner, de Hemingway, de Dos Passos, toujours prêt à aider les autres de ses conseils et à faire jouer son influence en leur faveur ?
    Celui qui a la folie de trop demander à la vie et la sagesse de préférer l'écriture à tout le reste ?
    Celui qui croit que l'on peut "tenir en équilibre le sentiment de la futilité de l'effort et le sentiment de la nécessité du combat ; la conviction de l'inéluctabilité de l'échec et pourtant la résolution de réussir" ?»

  • Une nouvelle est en général un bref instant de vie, dérobé au temps, un court morceau de la réalité découpé net. Peu respectueuses de la norme, la plupart de celles que voici s'étendent souvent sur de grandes périodes, parfois sur toute une existence.
    Un paisible ménage à trois qui ne finit que par une double infidélité. Un vieil homme qui, en réfléchissant sur son passé, se condamne lui-même à mort. Un musicien de brasserie qui, le violoncelle sur le dos, erre à la recherche de l'amour. Le destin d'une femme qui a été vamp au cinéma, dompteuse de tigres et bonne de curé. Une bavarde qui réussit à ennuyer son amant au-delà de la mort. Deux anciens collègues qui n'arrivent pas à se mettre d'accord sur leurs souvenirs. Et surtout, ce 'Bref récit pour une longue histoire' qui commence dès l'enfance, et se déroule au cours de très nombreuses années, jusqu'à ce qu'il se perde dans les sables du temps.

  • Les embuscades

    Roger Grenier

    Sur les traces d'une jeune femme, Constance, dont ils sont tous plus ou moins amoureux, les héros de ce roman se trouvent jetés dans quelques événements historiques brûlants : Résistance, franchissement clandestin des Pyrénées, prise de l'Hôtel de Ville et Libération de Paris, guerre civile de Grèce...
    Mais l'appel de l'histoire pèse toujours moins que celui de deux yeux gris, d'un regard perdu, au bord des larmes...

  • Il est des maladies qui sont comme des aventures.
    Adrien Laplace se trouve d'abord pris en charge par une charmante amie, CharlottE. Puis surgit un inquiétant médecin, le docteur Prados. Et bientôt Luciana, la femme de ce médecin, entre dans ses pensées. Dans le Paris des années cinquante, les Prados sont des exilés qui ont perdu pour toujours la patrie d'origine. C'est à leur exil que fait allusion le titre du roman, Il te faudra quitter Florence. Il est emprunté à un vers de Dante, une prophétie qu'entend le poète et qui lui annonce qu'il sera banni.
    Adrien, lui, connaît une autre sorte d'exil. De plus en plus fasciné par Luciana, il est entraîné loin de ses habitudes, de ses amis, de son métier, dans une chute qui paraît ne jamais devoir finir. Du jour où il connaît les Prados, il va de surprise en surprise. Mais, dans ce jeu, le plus coupable est aussi une victime, et la victime a sa part de culpabilité. On ne peut en dire davantage, pour ne pas dévoiler le noeud secret de cette histoire aux rebondissements tantôt pittoresques, tantôt tragiques.
    Ajoutons seulement que certains hommes, après avoir coulé au fond du malheur, sont doués par la nature de la faculté de refaire surface. Les voici prêts à recommencer les mêmes folies, à montrer la même faiblesse, à se laisser attirer par le même genre de personnages et de situations. Luciana, pourtant, ne croyait-on pas qu'elle serait à jamais la seule digne d'un grand amour, l'unique et irremplaçable bien-aimée ?

  • Le veilleur

    Roger Grenier

    Qui était Simon Fabre-Lescaut ? Laurice Falileeff, qui avait toujours été amoureuse de lui, et René Langlade, qui l'admirait tant, se retrouvent un jour pour essayer de comprendre.
    Tant d'émotions et de scènes du passé se bousculent dans leur mémoire ! La vie sous l'Occupation, en province et à Paris, la Sorbonne du merveilleux philosophe Bachelard, la Libération et l'effervescence artistique, littéraire, politique de ce moment. Puis, bientôt, le désenchantement. Des personnages peu ordinaires revivent à travers le colloque nostalgique de Laurice et de René : la vaporeuse Viviane, qui fut la femme de Simon, le dessinateur Gérald Maximin et son moulin où se mêlèrent un jour l'eau et les flammes, la discrète jeune femme en mauve, la redoutable Rose Berger, le maniaque qui dresse une liste des futurs suicidés, l'aventurier Saint-Lambert, peut-être criminel...
    Ils traversent la vie de Simon Fabre-Lescaut. Et lui, son destin suit la courbe de cette époque. Promis à un grand avenir, il n'a cessé de gâcher ses chances. Par légèreté, par inconstance ? Une vie manquée, peut-être, mais si riche...

  • Le Pierrot noir

    Roger Grenier

    Le gros Charles Merlin avait gâché sa vie par étourderie, explique le narrateur, son ami. Il ajoute aussitôt : «Et si je faisais un retour sur moi-même, je devais constater que mon fatalisme un peu sombre m'avait conduit [...] au même résultat.» L'un est un enfant gâté qui croit que tout s'achète : les amis, les femmes, et, quand vient la guerre, la sécurité. Il finira mal.
    L'autre semble vivre par procuration. Il préfère aider un peu tout le monde que de songer à une situation. Il est incapable d'aimer d'autres femmes que celles des autres.
    Et le Pierrot Noir, au fait ? C'est le nom d'une baraque foraine d'autrefois. C'est une des images de ce roman où l'on se laisse prendre par la musique du temps, des amours perdues, de la séparation.

  • Un incident dans l'autobus, un banal fait divers, la plus mince anecdote, et des amis bien intentionnés ne manquent pas de vous dire : " C'est une nouvelle pour vous ! " Heureusement l'auteur de nouvelles va chercher l'inspiration un peu plus loin.
    Le présent recueil raconte le trouble quand surgit l'image d'un amour qui n'existe pourtant plus ; la mésaventure de deux amants qui choisissent mal leur confidente ; l'étrange destinée d'un musicien de jazz devenu photographe de presse ; la fin tragique d'une fête de nuit dans un château d'Auvergne... Ou bien encore comment une promenade en hydravion détourne un homme du suicide ; comment une émission de radio jette son auteur dans les bras d'une femme entreprenante ; comment un crash, une catastrophe aérienne, peut avoir ses bons côtés ; et comment se passaient les dimanches en famille, autrefois...
    Et puis tous ces solitaires : dans un café genevois ; dans une chambre meublée, avec pour seul compagnon un puzzle ; sans oublier ce chien perdu, sur une route des Appalaches...

  • Amours trahies, contretemps, quiproquos... Un jeune homme se lance dans un voyage aventureux pour retrouver celle qu'il aime, et se fait renvoyer. Un homme bafoué par tous cherche quelle revanche il pourrait prendre, au terme d'une vie silencieuse. On rencontrera aussi une violoniste un peu perverse, un vélo-taxi, une vache laitière, l'insolente fille d'un producteur de cinéma, une journaliste au placard, un divorcé prisonnier d'un ascenseur, une trop belle infirmière aux urgences d'un grand hôpital.
    Chacune de ces histoires, gaie ou triste, est racontée comme toujours, chez Roger Grenier, sans élever la voix, comme si le bonheur d'écrire effaçait la peine de vivre.

  • « Si j'ouvre mes vieux albums, les compagnons d'autrefois, la plupart disparus, me regardent. C'est un plaisir un peu triste et puis, d'autres jours, un face-à-face avec le néant. Certains, certaines étaient jeunes et séduisants, vraiment beaux. Ils n'auront jamais été vieux. Au bout d'un moment, il est intolérable de se dire qu'ils sont dans une tombe, ou réduits en cendres. Je referme l'album.
    Devant ces photos d'autrefois, j'ai l'impression que le présent est un pays étranger. J'y vis en exil. »

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