• La lettre reposait sur la table et, plus que jamais, Liesse aurait aimé savoir lire. Mais qui songeait à apprendre à lire et à écrire aux jeunes paysannes du siècle dernier ? Elles avaient tout à faire par ailleurs et chaque journée ouvrait une nouvelle page : celle du travail quotidien, de l'amitié, du rêve. Celle de la peur, celle de la mort, celle de l'espoir, celle de l'amour... Liesse les tourne toutes avec ce sens profond qu'elle a de la vie et un jour, enfin, elle peut écrire : « sur ma fenêtre, dans un pot de grès, trois graines ont germé... » Pour qui cette première lettre qui, à plus d'un titre, est une victoire ? Pour Pierre-Marie reparti Compagnon sur le Tour de France ? Pour Guillaume le presque frère de toujours ? Liesse ne le saura qu'au moment de nommer le destinataire.

  • Le père de Pierre-Jean bâtonné par les gens du Comte est resté estropié. L'enfant témoin de la misère des siens a juré de le venger. Vient la Révolution, le Comte émigre. Sa demeure dijonnaise et son château sont rachetés pour lui par son intendant... Les années passent, arrivent la débâcle de 1814 et l'invasion... Pierre-Jean rentre au pays mutilé et mûri mais toujours fidèle au souvenir de son père. A Dijon, l'hôtel du Comte a rouvert ses portes, rallumé ses flambeaux, mais le maître est mort en exil. Restent deux fils : l'un a rejoint les rangs des Autrichiens, de l'autre, on ne sait rien et c'est alors que l'histoire commence...

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