Aedon

  • Ce livre est consacré à Fable de Venise, le septième album de la série Corto Maltese, imaginé par Hugo Pratt en 1977. Pourquoi ce récit et pas un autre ? Pourquoi pas l'emblématique La Ballade de la Mer Salée ? À vrai dire, chaque histoire mériterait une étude approfondie, tant l'oeuvre de Pratt est riche et passionnante. Or, Fable de Venise en est comme le concentré.

    Le récit d'aventures y laisse encore plus de place qu'auparavant à la rêverie et à la poésie, s'immergeant dans une Venise onirique et ésotérique, habitée par les signes et traversée par les énigmes. Miroir tendu vers l'intimité de Pratt (qui y passa son enfance), La Sérénissime apparaît non seulement comme le lieu de l'illusion et des faux-semblants, mais fonctionne également comme un révélateur de notre Histoire collective. Pour la comprendre, il faut tenter de lire entre les cases.

  • On ne compte plus les scènes d'anthologie au cinéma qui sont des courses-poursuites. Depuis le muet, elles constituent le clou du spectacle dans un film, propre à déclencher des avalanches de rires et des frissons en cascade. Art des images en mouvement, le cinéma est destiné à retranscrire l'intensité des gestes et la trajectoire des corps. Inscrit dans le temps, travaillé par l'idée du rythme, il a vocation à saisir la vitesse, ses phases d'accélération et de décélération.
    Mais pas seulement. Les courses-poursuites fascinent parce qu'elles racontent quelque chose de plus. Ce livre tente d'en faire le récit. A l'écran, ce ne sont plus seulement les êtres ou les véhicules qui sont poussés au-delà de leurs capacités, mais aussi les images et ce qu'elles reflètent de notre condition. En ne cessant de dépasser les limites, les courses-poursuites nous plongent dans le grand bain révélateur de notre réalité.
    Elles nous dévoilent le monde en le traversant à toute allure. Et tracent ainsi un itinéraire possible du cinéma, de notre histoire et de nos existences.

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