Flammarion

  • « Le petit chat est mort. Les mots sont une détonation. Les choisir pour l'annoncer aux enfants n'a pas été chose facile, alors je me suis résigné à faire simple, cinq mots et un point final. Court, cruel, monstrueux. »

    Des petites choses et des plus grandes pour mieux vivre sous les orages à la saison des hécatombes.

  • Leur couple est une légende, leur biographie une épopée. Pourtant, rien ne prédestinait cette fille d'un soldat de la Wehrmacht et ce fils d'un Juif roumain mort à Auschwitz à devenir le couple mythique de « chasseurs de nazis » que l'on connaît. Leur histoire commence par un coup de foudre sur un quai du métro parisien entre une jeune fille au pair allemande et un étudiant de Sciences Po. Très vite, avec le soutien de Serge, Beate livre en Allemagne un combat acharné pour empêcher d'anciens nazis d'accéder à des postes à haute responsabilité. Sa méthode : le coup d'éclat permanent. Elle traite ainsi de nazi le chancelier Kurt Georg Kiesinger en plein parlement, puis le gifle en public lors d'un meeting à Berlin, geste qui lui vaut de devenir le symbole de la jeune génération allemande. Leur combat les conduit aux quatre coins du monde. En France, ils traînent Klaus Barbie devant les tribunaux et ont un rôle central dans les procès Bousquet, Touvier, Leguay et Papon. Ni les menaces ni les arrestations - notamment lors de leur tentative d'enlèvement de Kurt Lischka, ancien responsable de la Gestapo - ne parviennent à faire ployer un engagement sans cesse renouvelé jusqu'à aujourd'hui.
    Dans cette autobiographie croisée, Beate et Serge Klarsfeld reviennent sur quarante-cinq années de militantisme, poursuivant par ce geste leur combat pour la mémoire des victimes de la Shoah.

  • Vie sauvage, mode d'emploi - l'ermite des pyrenees Nouv.

    Étudiant à Normale sup, Jacob a négocié avec son école une année de césure pour expérimenter neuf mois de « vie sauvage », loin des hommes et du monde. Une parenthèse au milieu de nulle part et en quasi-autosuffisance dans les Pyrénées, sur le plateau de Beille, à 1 700 mètres d'altitude, où le maire du village a mis à sa disposition une cabane à rénover. En racontant cette échappée sauvage, il veut montrer que l'on peut vivre en autonomie presque complète, se débrouiller avec peu de chose, en prenant juste ce que la nature nous offre.
    Assorti de conseils pratiques et d'explications scientifiques, accompagné de croquis et de dessins de l'auteur, le journal de Jacob donne des clés à qui serait tenté par une expérience en pleine nature.

  • « Dites-leur que j'ai eu une vie merveilleuse. » C'est sur ces mots apaisés que s'éteint le philosophe Ludwig Wittgenstein à Cambridge. La destinée de celui qui fut l'un des penseurs les plus originaux du XXe siècle fut pourtant traversée de doutes et de combats perpétuels.
    Il naît à Vienne en 1889, dernier des huit enfants d'une famille richissime. Le père, industriel de grande envergure, et la mère, musicienne d'exception, reçoivent chez eux Brahms, Mahler ou Klimt, et dispensent à leurs rejetons une éducation élitiste, fondée sur le culte de l'excellence.
    Quant à Ludwig, le questionnement philosophique devient vite la grande affaire de sa vie : ce seront la rencontre avec Bertrand Russell, la découverte de la logique et la rédaction du Tractatus logico-philosophicus ; ce seront également des choix radicaux. En 1914, il s'engage sous les drapeaux austro-hongrois, connaît l'emprisonnement et découvre la foi chrétienne. Au sortir de la guerre, il renonce à la philosophie et devient instituteur, puis jardinier ; il envisage même un temps d'être moine... Avant de renouer avec ses premières recherches durant ses dernières années.
    Au terme d'une enquête précise, Ray Monk réussit ici le tour de force d'éclairer les contradictions et les zones d'ombre du personnage, sans sacrifier jamais la profondeur de sa philosophie.

  • Pour la première fois, une légende de la science - l'astrophysicien Stephen Hawking - se confie et raconte l'extraordinaire aventure de sa vie. La portée de son oeuvre scientifique est connue, grâce au succès planétaire d'Une brève histoire du temps. En revanche, l'itinéraire de cet esprit unique reste encore mystérieux, occulté par la maladie neuro-dégénérative qui meurtrit son corps depuis 50 ans.
    L'éducation qu'il reçut favorisa-t-elle l'éclosion de son génie ? Quelle fut sa formation intellectuelle dans l'Angleterre d'après-guerre, d'Oxford à Cambridge où il occupa longtemps la chaire de mathématiques ? Où a-t-il puisé la force de mener une recherche d'excellence, d'aimer deux femmes avec passion et d'élever ses trois enfants alors que la maladie continuait de frapper inexorablement ?
    /> Teinté d'une pudeur sensible et d'un humour corrosif, ce livre constitue avant tout un message d'espoir, une leçon de vie d'une grande puissance émotionnelle. S'il fascinera ceux que l'origine de l'Univers, les trous noirs ou les voyages dans le temps passionnent, il touchera tous les lecteurs désireux de faire un bout de chemin avec un être d'exception.

  • Héros de nos manuels scolaires, modèle de nos grands hommes - de Charles-Quint à Napoléon Bonaparte, en passant par Louis XIV -, Jules César est une grande figure de l'histoire politique européenne.
    Mais quel homme fut-il exactement ? Dictateur, Jules César chercha toujours à asseoir son autorité sur un peuple qui l'admirait. Propagateur de la culture romaine chez les populations celtes d'Europe, il fut également l'impitoyable guerrier de la campagne des Gaules, dont on relèvera le caractère génocidaire à l'époque moderne. Enfin, au faîte de sa puissance, César fut assassiné dans des circonstances qui comptent parmi les grandes énigmes politiques et psychologiques de l'histoire.
    Dans cette biographie qui repose sur une connaissance exhaustive des sources historiographiques anciennes, Luciano Canfora brosse le portrait étonnamment précis d'une personnalité complexe, dont l'entreprise de « romanisation » est à l'origine de l'Europe moderne.

  • Du tsar Alexandre Ier, son éternel rival, Napoléon en exil disait : « Il peut aller loin. Si je meurs ici, ce sera mon véritable héritier en Europe. » Napoléon est bien mort à Sainte-Hélène, en 1821 ; mais Alexandre le suivit dans la tombe dès 1825, à l'âge de quarante-huit ans. Et sa disparition brutale, survenue dans des circonstances troublantes, ajouta encore au mystère de celui que ses contemporains appelaient le « sphinx ».
    S'appuyant sur des archives jusque-là négligées et sur des documents inédits, cette biographie éclaire d'une lumière nouvelle le destin complexe d'Alexandre. Elle peint l'enfance du grandduc, couvée et régie par sa grandmère, Catherine II ; elle décrit son accession brutale au trône en 1801, à l'âge de vingt-trois ans ; les débuts brillants de son règne ; et surtout son duel avec Napoléon, qui culmine avec l'invasion de la Russie par la Grande Armée et l'incendie de Moscou en 1812. Sur l'échiquier titanesque qu'est alors l'Europe, le jeune tsar devient une pièce centrale.
    La gloire, pourtant, Alexandre en est las : à mesure que les années passent, son salut le préoccupe toujours plus. Une obsession qui prend d'étranges chemins, puisqu'il envoie à Rome, peu de temps avant de mourir, un émissaire secret au pape Léon XII.
    L'enquête de sa biographe montre que la tentation catholique a bien effleuré le tsar Alexandre... Est-il vraiment mort, d'ailleurs, en 1825 ? Le doute subsiste...

  • Désormais lue et célébrée dans le monde entier, Nathalie Sarraute (1900-1999) aimait répéter qu'elle « n'avait pas de biographie ». En réalité, sa vie fut durablement marquée par les événements de son temps. Née en Russie, ballottée entre des parents divorcés, elle vécut une enfance solitaire, tirée entre deux vies, entre deux mondes : de la Russie tsariste à l'émigration russe à Paris, ou plus tard dans la clandestinité sous l'Occupation, qui lui imposa une identité juive. Cependant, la vie de Nathalie Sarraute fut ailleurs, tout entière tournée vers l'accomplissement de sa vocation d'écrivain. Réfugiée très tôt dans les livres, passionnée de littérature, elle élabore une forme d'écriture qui, dès la fin des années 30, ouvre la voie à la modernité avec ses Tropismes.
    Cette première grande biographie, nourrie d'archives inédites, montre l'émergence difficile de son oeuvre dans l'univers littéraire de l'après-guerre dominé par le couple Sartre-Beauvoir. Nathalie Sarraute a cheminé longuement avant d'être la figure de proue du Nouveau Roman, toujours inquiète de n'être pas comprise, ne cessant d'expérimenter, y compris au théâtre ou à la radio.
    Proche d'Hannah Arendt, militant pour le droit de vote des femmes, participant à Mai 68 et défendant le jeune État d'Israël, l'écrivaine fut aussi attentive à son époque : elle afficha ses engagements politiques avec la vigueur de la combattante qu'elle ne cessa jamais d'être, luttant là encore avec ses propres armes : les mots.

  • "Trente ans après sa mort, à ma grande surprise, le nom de Françoise Dolto n'évoque pas grand-chose chez ceux qui sont nés dans les années 1980-1990 ou plus tard. Les trentenaires ne savent pas ce qu'ils lui doivent, alors même que leurs parents sont de la « génération Dolto », qui l'a écoutée à la radio. Comme ils sont en âge aujourd'hui d'être parents, il n'est peut-être pas inutile qu'ils découvrent que tant de choses qui leur paraissent aller de soi n'allaient justement pas de soi..."
    Qui était Françoise Dolto ? Que reste-t-il de son oeuvre trente ans après sa mort ? Au fil d'une journée fictive, Caroline Eliacheff évoque les multiples facettes de celle qui fut à la fois une clinicienne de génie, une théoricienne méconnue, la femme d'un seul homme, mère de trois enfants, et une citoyenne engagée dans son époque. Une journée particulière sans hiérarchie aucune, où la célèbre psychanalyste est tour à tour femme, mère et professionnelle...

  • «On se demande parfois de quoi on se souvient. Mieux vaudrait se demander comment. Dans mon cas, je le sais, c'est avec les chansons. J'ai parfois eu l'impression qu'elles prenaient le pas sur la vie. Qu'elles la surpassaient. Qu'elles valaient mieux que moi et que ce qui pouvait m'arriver.»

    À l'aube de ses cinquante ans, Dominique Ané revisite des moments importants de sa vie et de son évolution musicale en prenant comme point de départ une vingtaine de morceaux. Comprendre comment naissent les chansons, c'est revenir sur son oeuvre prolifique entamée au début des années 1990 mais c'est aussi renouer avec les traces d'enfance qui ne cessent d'habiter cet artiste, évoquer les rencontres marquantes, les doutes, les peines ; bref, c'est nous inviter à entrer dans son monde.
    Ma vie en morceaux vient confirmer la place de l'écriture dans le parcours du chanteur.

  • «Je veux essayer d'entrer dans les tout premiers instants de ma vie...»
    Pas vraiment attendu et né grand prématuré dans le modeste appartement familial, il est conduit toutes sirènes hurlantes vers l'hôpital de Port-Royal. Le petit Gilbert, 5 mois et demi, se bat et se débat contre la mort pendant plusieurs mois. Tout seul. Que reste-t-il de cette première vie passée dans une boîte en guise de berceau? Le chemin que l'auteur choisit d'emprunter pour confier tout ce qu'il n'a jamais analysé, jamais décortiqué, jamais révélé, nous éclaire aujourd'hui sur sa force, sa sérénité, sa foi en la vie et son optimisme légendaire. Son champ des possibles...
    Gilbert Montagné nous entraîne dans un tourbillon de réflexions intimes, une plongée abyssale et passionnante dans la réminiscence. Pour revivre son premier souffle. Retourner au jardin de sa vie, en quelque sorte. Et ainsi, comprendre comment il s'est construit en puisant dans ses forces vives.

    Auteur-compositeur-interprète, Gilbert Montagné n'est pas seulement un artiste à la cote d'amour incomparable, mais un citoyen vigilant et engagé qui veille à rester à l'écoute de ses semblables...

  • «La gloire est éphémère, seule la renommée est durable.»
    Près de deux siècles d'histoires d'amour et de beauté, perlés de tant de parfums imaginés, se sont écoulés depuis qu'un jour de 1828 Pierre-François-Pascal Guerlain (1798-1864), parfumeur-chimiste de son état, ouvrit sa première boutique, rue de Rivoli, non loin du très chic hôtel Meurice, à Paris... Son destin avait été scellé bien des années auparavant, dans ce berceau d'odeurs où s'écoula sa petite enfance à Abbeville, auprès de son père, marchand d'épices et potier d'étain. Muscade, cannelle, vanille, poivre venus de terres lointaines avaient fait rêver l'enfant et nourri sa mémoire à jamais. Des velléités d'indépendance, le désir, encore fugace, de se réaliser poussèrent sur la route un jeune homme prêt à tout pour conquérir ses rêves, et qui allait se révéler bientôt en créateur visionnaire, doué d'un génie sans égal pour combiner d'heureuses alliances olfactives...
    Libre et audacieux, Guerlain suivit son intuition, offrant à une clientèle exigeante des fragrances inoubliables, encloses dans des flacons aussi élégants que raffinés, comme on n'en avait encore jamais vu. Après lui, Aimé, Jacques, Jean-Paul poursuivront l'aventure en la réinventant sans cesse, au point d'incarner le Paris du luxe et de la volupté. Une réussite familiale romanesque, que fait revivre avec talent la plume d'Élisabeth de Feydeau. Une histoire, enfin, où égéries et muses ne manquent pas, qui ont inspiré parmi les grands succès de la Maison - «Jicky», «L'Heure Bleue», «Mitsouko», «Shalimar»...

  • Carmen Maria Vega a été adoptée alors qu'elle n'avait que quelques mois. Elle est née au Guatemala d'une mère activiste, elle le sait, cela fait partie de son histoire. Mais les questions se bousculent. Elle éprouve le besoin viscéral d'en savoir plus.
    De Colonia El Limón, un des quartiers les plus dangereux du Guatemala, à la Belgique, Carmen Maria Vega jongle avec une famille adoptive sonnée, une avocate guatémaltèque véreuse et un vieux fou passionné de généalogie. De découvertes farfelues en révélations folles, elle comprend qu'elle a été victime d'un trafic d'enfants et qu'elle va désormais devoir courir après sa vérité.

  • «J'ai hésité sur la première étape mais pas sur la nécessité d'entreprendre ce tour du monde en dix livres. Cette exigence s'était progressivement imposée à moi depuis que la Grande-Bretagne avait choisi de quitter l'Union européenne et les États-Unis de porter Trump à leur présidence.
    Si je ne voulais pas devenir aveugle et sourd, je devais quitter le confort d'un studio où je n'avais que des amis et une écoute à nulle autre pareille, abandonner ce fauteuil rouge, reprendre la route et vous emmener avec moi. Je devais retourner sur le terrain, entendre, voir, tenter de comprendre pourquoi le monde entier, partout, changeait de base.
    Voilà où j'en étais le 16 août 2018 en prenant le vol d'easyJet pour Budapest, première capitale avant Varsovie, Vienne et Rome de cette partie de l'Europe qui a choisi de porter l'extrême droite au pouvoir, et maintenant... J'écoute, observe, note et me tais, quoi que j'entende, voie et pense.»

  • Il va d'abord tenter d'être réformé, invoquant des problèmes d'estomac qui gargouille, agitant ses radios sous le nez du médecin militaire.
    En vain. Alors il va écrire une belle lettre au député de la région, le piston imparable des gars du canton de Mauléon. Ça marche à tous les coups, assure-t-on.
    Quitte à partir, autant partir loin et au soleil, explique-t-il au député.
    Un corps lui plairait : la Marine ; une destination lui agréerait : Tahiti. Il se retrouvera à Cherbourg.
    « Si je reste ici, monsieur, je me suicide », annonce-t-il, à peine arrivé, au capitaine qui le reçoit.
    Ainsi commencent les aventures militaires de Jean-Michel Aphatie, un matin de février 1978, sous le crachin de la Manche, bonnet à pompon sur le crâne, ridicule et désespéré.

  • Un gars sympathique dont tout le monde connaît les plus célèbres refrains. C'est ainsi que l'on pourrait décrire Michel Fugain. Du haut de ses 75 ans, il est toujours aussi jovial et souriant. Comme il se décrit lui-même : «Je suis un train toujours à l'heure».
    Comment a-t-il construit sa vie, dépassé ses faiblesses, magnifié son potentiel? Quels événements a-t-il eu à affronter et à transcender? Quelles sont les valeurs qu'il a envie de transmettre? Comment la vie l'a-t-elle modelé? C'est ce que révèle l'auteur, qui a décidé tout petit que la vie n'était pas un problème.

  • La vie de Jorge Semprún reflète presque tous les épisodes de l'histoire de l'Europe au XXe siècle. Depuis sa naissance, en 1923, dans une famille de la grande bourgeoisie madrilène, en passant par le traumatisme de la Guerre civile et de l'exil, jusqu'au maquis et à la déportation au camp de Buchenwald, sans oublier l'aventure communiste, Jorge Semprún a tous les traits des "voyageurs déracinés" des grands intellectuels du siècle, selon l'expression de l'historien Tony Judt.
    Écrivain, scénariste, Jorge Semprún a construit une oeuvre singulière - Le Grand Voyage, Quel beau dimanche, L'écriture ou la vie, Une tombe au creux des nuages -, qui traite de la mémoire, de l'essor des totalitarismes et du poids de l'Histoire sur les individus. Il est mort à Paris en 2011. Voici la première biographie d'un homme dont la vie ne ressemble à aucune autre.

  • Etre là

    Collectif

    Qu'est ce que cela signifie ?
    Marc Galy réunit dans ce livre douze auteurs d'univers très différents, médical, philosophique, artistique, pour explorer cette notion.
    Entendre, voir, écouter... Etre présent à soi et aux autres, apprendre à percevoir son environnement et mieux comprendre ceux qui nous entourent.

  • À l'apparente simplicité des héros de Hergé, qu'ils s'appellent Tintin, Jo et Zette ou Quick et Flupke, semble répondre celle de son auteur : lisse, presque absent, Georges Remi (1907- 1983) donne l'impression de vouloir disparaître derrière ses personnages. Mais si le Hergé public, celui des interviews, est parfois fatigant à force de candeur, l'homme privé est autrement plus complexe. Tourmenté, parfois dur, cet Hergé-là est passionnant. Hergé, fils de Tintin explore la personnalité de l'homme et l'artiste dans toutes ses nuances, avec toutes ses contradictions, fût-ce dans les temps délicats de la Seconde Guerre mondiale : comment il s'est arraché à ses certitudes initiales, à la gangue idéologique de son milieu, et comment il est finalement parvenu à donner naissance à une oeuvre unique, Les Aventures de Tintin, qui a enchanté plusieurs générations de lecteurs dans le monde. Ce livre en est la démonstration passionnante, les péripéties du jeune reporter constituent une autobiographie indirecte, une sorte de journal à travers lequel se donnent à lire tous les événements, publics ou privés, qui ont marqué Hergé. C'est pourquoi il n'est pas abusif de chercher à montrer comment c'est Tintin lui-même qui a enfanté son créateur.

  • Encore un instant

    Claude Sarraute

    "Alors, tu te décides ou pas? Depuis le temps que tu nous bassines avec ça. Toi, le grand âge, les infirmités, le fauteuil roulant, le mouroir... Très peu pour toi. A bientôt quatre-vingt-dix balais, il serait peut-être temps d'y penser."
    Avec l'humour et le franc-parler qu'on lui connaît, Claude Sarraute raconte les bonheurs et les doutes de la fin de vie. Elle évoque aussi des souvenirs personnels tout en restant, on ne se refait pas, passionnée par l'actualité et les étrangetés de notre époque.

  • Tempêtes, révolutions, assassinat, enfant posthume, exil, conspirations, chevauchées nocturnes, trahison, geôle, amours interdites, mariage secret, fêtes vénitiennes... L'existence de Marie-Caroline de Bourbon-Sicile, duchesse de Berry (1798-1870) réunit tous les ingrédients d'un drame romantique digne d'Alexandre Dumas - dont elle fut à deux reprises l'inspiratrice. Cette Bourbon pas comme les autres fut l'une des figures les plus célèbres du XIXe siècle, par son audace et l'espoir dynastique qu'elle incarnait : son fils, le comte de Chambord, aurait régné sous le nom de Henri V, si Louis-Philippe n'avait pris le pouvoir en 1830 et contraint les Bourbons à l'exil.
    En s'appuyant sur un rigoureux travail de recherche et sur des sources jamais explorées à ce jour, Laure Hillerin (dont la trisaïeule fut l'amie d'enfance de la duchesse de Berry) brosse un portrait grandeur nature de cette femme qui fit rêver Balzac et Chateaubriand. Du château de Rosny au palais Vendramin à Venise, en passant par le Bocage vendéen ; de la sauvageonne élevée sans contraintes dans le cadre pittoresque de la cour des Deux-Siciles jusqu'à l'aïeule qui s'éteint en Autriche au milieu de sa nombreuse progéniture ; de la rebelle traquée par la police de Louis-Philippe jusqu'à la mère de Henri V, éloignée de son fils par sa propre famille, l'auteur nous fait pénétrer dans l'intimité d'une femme hors du commun, en avance sur son époque à bien des égards. Une femme généreuse, mécène, bâtisseuse et amie des arts. Une femme libre, naturelle et sans préjugés dans une époque corsetée. Un tempérament passionné et subversif qui, toute sa vie, n'a cessé de provoquer le destin, braver les interdits et bousculer les convenances.

    Journaliste et historienne, Laure Hillerin est l'auteur de nombreux ouvrages. Elle a publié récemment La Comtesse Greffulhe, l'ombre des Guermantes (prix Céleste Albaret, 2015) et Proust pour rire (2016), tous deux aux éditions Flammarion.

  • Will le magnifique

    Stephen Greenblatt

    Qui était Shakespeare ? De l'homme, rien ou presque n'a survécu. Seule l'oeuvre a traversé les siècles. Se pourrait-il qu'elle éclaire une partie de ce mystère que le dramaturge semble avoir délibérément entretenu ? Stephen Greenblatt le croit. Et avec sa tranquille érudition nous en offre une lecture passionnante, la confrontant à l'histoire du xvie siècle élisabéthain et aux plus récentes découvertes.
    La voix de Shakespeare est alors si présente, l'Angleterre décrite si vivante qu'elles donnent à l'ouvrage une saveur d'autobiographie. Le monde dans lequel le dramaturge a grandi revit sous nos yeux, les rites et les traditions, les travaux des jours et des saisons, les expériences sensorielles et émotionnelles. On découvre avec étonnement comment s'est forgé l'imaginaire de l'artiste, de quels souvenirs son oeuvre est pétrie, quelles associations d'idées sont à l'origine d'un vers ou d'une scène, comment cet homme, qui a fui sa province natale et le métier de gantier qui lui était promis, a transformé sa vie, sans appui ni héritage, en une incroyable success story.
    Mais le portrait serait incomplet s'il n'avait pour toile de fond l'Angleterre elle-même, Londres et sa prodigieuse vitalité, coeur d'une nation déchirée par les persécutions religieuses et sur le point de basculer du Moyen Âge vers les Temps modernes, dans cette Renaissance foisonnante que Stephen Greenblatt - les lecteurs de Quattrocento le savent - raconte mieux que personne.

    Vo : Will in the World : How Shakespeare Became Shakespeare Couverture : Portrait gravé de William Shakespeare © Mary Evans / Rue des Archives.
    Copyright © 2004 by Stephen Greenblatt.
    Published in agreement with the author, c/o BAROL INTERNATIONAL, INC., Armonk, New York, USA. Tous droits réservés.
    L'ouvrage original a paru sous le titre Will in the World : How Shakespeare Became Shakespeare, New York et Londres, Norton & Compagny.
    Traduction © Flammarion, 2014.

  • «Comédien de mon état, acteur à mes heures (ou plutôt à celles du réalisateur qui veut bien m'embaucher), chanteur d'exception (pas par la qualité de mon timbre, mais par la rareté d'un disque qui n'a toujours pas vu le jour...), photographe estimé par une douzaine de personnes (alors que la France compte à peu près 10 millions d'adeptes de cet art mineur), auteur de sketches à quatre mains dont deux barbues, bref : artiste en tous genres... Il fallait bien qu'un jour ou l'autre je touchasse à la littérature, c'est-à-dire cette chose qui consiste à poser sur le papier des réflexions que l'on se fait à soi-même et que l'on juge comme indispensable d'en faire profiter autrui. À l'instar du général de Gaulle, je peux affirmer que je me suis toujours fait "une certaine idée"... des Français, et que le "sentiment me l'inspire" aussi bien que la déraison. Les "Français" : je suis tombé dedans quand j'étais tout petit ! Je les observe sans cesse, sans relâche et presque malgré moi. Ils m'inspirent (du moins je l'espère pour mes lecteurs), parce qu'ils me parlent comme si je me parlais à moi-même. Ce regard sur le monde français, qui me pousse parfois à de mauvaises pensées et autres... c'est celui de l'autodérision. À travers mes compatriotes, c'est de moi que je vous parle.» Philippe Chevallier

  • Une directrice d'agence bancaire approchant la cinquantaine, ayant réussi sa vie de famille tout comme sa carrière professionnelle, va tout perdre pour une histoire passionnelle avec un collaborateur beaucoup plus jeune qu'elle. Ce roman nous plonge dans les alcôves de la banque, un milieu qui n'a rien à envier à celui de la publicité ou du show-business, et brosse le portrait d'une femme qui tente de répondre à la question que nous nous posons tous : jusqu'où sommes-nous prêts à aller pour être heureux ?

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