JC Lattès

  • Une éducation

    Tara Westover

    «  Les mémoires remarquables d'une jeune femme qui décide d'échapper à son destin.  » Barack Obama
      Tara Westover n'a  jamais eu d'acte de naissance. Ni de dossier scolaire, car elle n'a  jamais fréquenté  une salle de classe. Pas dossier médical non plus, parce que son père ne croyait pas en la médecine, mais à la Fin des temps.Enfant, elle a regardé  son père mormon s'enfermer dans ses convictions, et son frère céder  à la violence. Et, à seize ans, Tara décide  de s'éduquer toute seule. Son combat pour la connaissance la mènera  loin des montagnes de l'Idaho, au-delà des océans, d'un continent à l'autre, d'Harvard à Cambridge. C'est à ce moment seulement  qu'elle se demande si elle n'est  pas allée trop loin. Lui reste-t-il un moyen de renouer avec les siens ?Une éducation est le récit d'une  construction  de soi, l'histoire d'une fidélité farouche envers la famille, et du chagrin dû à la rupture. Forte de la lucidité qui constitue la marque des  grands auteurs, Tara Westover nous livre son expérience singulière : son combat pour  entrer  dans l'âge adulte grâce à  une éducation qui  lui a permis de poser un regard neuf sur la vie  et donné  la volonté de changer.
    Traduit de l'anglais par Johan Frédérik Hel Guedj

  • Né en 1954 à Sarajevo, Emir Kusturica commence son autobiographie par la restitution - à sa manière hachée, truculente et tendre - de sa jeunesse dans les ruelles des quartiers populaires de la ville. Son éducation est un mélange bigarré entre celle de la rue et des amis de toutes origines et de toutes religions et celle transmise par ses parents, pleine de vie, de polémiques, d´amis, de musique. C´est de là que son sens de l´observation trouvera sa source. Puis de la lecture de Tchékhov et sa profusion de petits personnages jusqu´à ce qu´il découvre Amarcord de Fellini qui sera pour son parcours cinématographique « ce qu´a été le Big Bang pour l´Univers ».  Il suivra ses études à Prague et, dès son premier film, Te souviens-tu de Dolly Bell, obtiendra le Lion d´Or de Venise. Ensuite, Papa est en voyage d´affaires l´oblige à affronter le pouvoir - un jour on le traite de renégat, le lendemain de Tzigane. Avec le succès de Cannes, l´Amérique l´accueille à bras ouverts. Suivront Le Temps des Gitans, Arizona Dream - au cours duquel il fera une dépression profonde -, Underground, Chat noir, chat blanc, La vie est un miracle...Le récit autobiographique de ce grand cinéaste frappe par la multitude des situations évoquées, le foisonnement des personnages, le brio des scènes toujours visuelles, la véracité des dialogues et, surtout, il révèle derrière l´image un peu « déjanté » du personnage et de ses films, un créateur profondément humain, qui réagit de tout son être aux joies et aux malheurs de son pays.

    Traduit du serbe par Vladimir Cejovic et Anne Renoue

  • Ida au pays du matin calme

    Daussy-I

    Comment une petite normande, inconnue en France est devenue une star en Corée ?Ida Daussy nous raconte avec humour, tendresse et sans langue de bois, son extraordinaire aventure et nous fait découvrir la Corée du Sud, ce pays du matin clair que nous connaissons mal. Arrivée en Corée pour la première fois en 1992, Ida a vécu le spectaculaire développement de ce pays marqué par des siècles de Confucianisme et qui s'est ouvert en quelques décennies à la modernité, à d'autres cultures, à d'autres moeurs, tout en restant profondément attaché à ses traditions et à une certaine qualité de vie qui lui a valu le surnom d' « Italie de l'Asie ».Mariée à un coréen, mère de deux enfants, journaliste vedette de la télévision coréenne, Ida Daussy a ainsi été le témoin privilégié de ces bouleversements. Fine observatrice, son franc parler, ses manières « so french » et ses talents d'animatrice ont conquis un large public et lui ont permis de faire partager son amour pour la France et sa passion pour la Corée.

  • Fils d'immigrés slovènes réfugiés en Argentine à la fin de la Seconde Guerre mondiale, l'enfance du père Pedro Opeka est marquée par une certitude, celle d'être appelée à autre chose que de fonder une famille, mais aussi pour deux passions : le Christ et le football.Le 20 Août 1968, devenu lazariste, il quitte l'Argentine pour Madagascar. Trente-sept ans après, il y vit toujours. Après avoir partagé la misère absolue avec « les peuples de la décharge » condamnés à vivre dans les poubelles de la ville, il fonde l'association Akamasoa. Aujourd'hui, plus de 20 000 personnes (dont 60% d'enfants) vivent dans des villages construits de leurs propres mains ; elles ont retrouvé là le sens de la dignité et de la responsabilité, elles sont sorties de la misère pour devenir les acteurs de leur propre développement. Ces villages, bien entendu, respectent les principes chrétiens mais intègrent aussi les règles fondamentales de toute vie en société : du travail au sport, de l'éducation au plaisir.Sans cesse, le père Pedro s'érige, loin de toute langue de bois, contre la corruption des élites, l'aveuglement des institutions financières, la folie des hommes, par amour pour ceux qu'on laisse vivre sans avenir. Une autobiographie d'une rare énergie.

  • L'Égypte. Hier, monarchie, aujourd'hui République, caricature de démocratie et pauvres voix bâillonnées. Hier, nos mères, avant elles nos grands-mères, marchaient le long de l'avenue Kasr-el-Nil, les Champs-Élysées du Caire, bras nus, vêtues à la dernière mode de Paris, pomponnées, visage à découvert.Elles étaient pourtant de fières musulmanes. Les dignes filles du Prophète. Alors ? Que s'est-il passé ? Pourquoi aujourd'hui leurs filles avancent-elles masquées ? Torturées d'interdits, de silences imposés, le corps anéanti par les ténèbres.Pourtant, c'étaient leurs mères…Était-ce dans un autre pays ? Que s'est-il passé ?J'entends des voix. Les entends-tu papa, qui montent de cette Andalousie égyptienne brûlée, de cette Cordoue alexandrine éclatée ? Nasser. Farouk. Le colonel et l'enfant-roi.1952. La révolution. Des lambeaux de vie dispersés à tout jamais.On a conjugué l'Égypte au singulier. Pour le meilleur et pour le pire. Que s'est-il passé ?Voici enfin la grande fresque de l'Egypte moderne, depuis l'incendie du Caire à la nationalisation du Canal de Suez et la guerre des six-jours, admirablement restituée par Gilbert Sinoué. Au-delà des destins croisés de Nasser, prince du peuple, et Farouk, éternel enfant-roi, c'est toute la genèse de l'inextricable poudrière du Moyen-Orient qui nous est relatée. Gilbert Sinoué, enfant du Caire, a vécu avec les siens les moments forts de cette épopée, et nous livre ici un de ses récits les plus personnels où l'enquête historique le dispute à l'émotion du vécu.

  • Née en 1820, Léonie d´Aunet a dix-neuf ans quand elle quitte Paris pour le nord du continent européen où elle embarque avec son mari, le peintre François Biard, sur le navire La recherche, en route vers le Spitzberg pour une expédition scientifique prestigieuse. Elle en tirera un récit Voyage d´une femme au Spitzberg qui connaîtra de multiples rééditions et que la collection Babel a remis à son catalogue depuis 1992.
    C´est une femme, jeune belle, cultivée que Victor Hugo rencontre en 1844, peu après la mort de Léopoldine, alors que Léonie d´Aunet est jeune mère et dans la gloire de son aventure. S´ensuivra une véritable passion qui d´après les biographes récents de Hugo, lui a inspiré ses plus beaux poèmes d´amour. Cet amour l´entraînera, elle, dans des souffrances terribles : prison, opprobre, séparation de ses enfants. Courageusement, elle reconstruira sa vie, chose guère facile pour une femme seule au XIXe siècle : elle sera journaliste et romancière.

  • La nuit du Vojd

    Bel-H

    Ivan est un jeune homme brillant. Il a terminé ses études. Il est aimé de ses parents et admiré par ses amis et par la belle Nathalie. Il entre dans la prestigieuse Organisation générale, rêvant déjà à la brillante carrière qui s´ouvre à lui. Comme son père, un homme courtisé et craint, il devient un disciple du Vojd, le chef suprême de cette Organisation. Ce guide, mi-homme mi-Dieu, inaccessible et pourtant omniprésent, lui offre les joies du pouvoir et les récompenses d´un travail acharné.
    A force de renoncements sans gravité et de petites trahisons, Ivan oublie le jeune homme qu´il était : ambitieux bien sûr, mais aussi gai, rêveur, amoureux, aimant l´art et la littérature. Ivan découvre les mécanismes du pouvoir, la fascination pour le chef : il traque les faibles, les vieux cadres, les mauvais travailleurs. Il croit encore n´être qu´un témoin, libre de ses pensées et de ses actes. Mais il est trop tard.
    L´histoire d´Ivan est celle de beaucoup de cadres, peu à peu conduits à renier leurs idéaux et à devenir, sous la pression de leur entreprise, les esclaves consentants et les propagateurs d´un système dont ils n´ont pas mesuré la dangerosité.

  • Au point de départ de ce roman vrai, le destin à la fois romanesque et tragique de Marie-Ange Lemonnier, fille d´épicier rêvant de quitter son bocage normand au sortir de la guerre pour monter à Paris.  Amoureuse d´un prêtre inaccessible puis d´un chirurgien mort dans un accident de voiture, trichant avec son identité, maquillant son passé, avide de gravir les échelons de la bonne société, tantôt assistante sociale, tantôt prostituée, pour finir diseuse de bonne aventure, Marie-Ange a également été la mère de trois fils. L´aîné a choisi de conter aujourd´hui leur histoire.  L´auteur, fils du prêtre, a été temporairement abandonné par sa mère et recueilli par une famille de notables du Nord, les Dorin, qui lui ont offert une éducation. Au-delà de ce récit d´enfance bafouée se dessine aussi la formidable histoire d´une résilience : comment vivre avec un tel passé, comment trouver ses repères quand on est le fruit d´une alliance incongrue entre un prêtre et une femme aux moeurs légères, quand on est à la fois fils de saint et de démon, quand on a vécu dans les ors d´un château puis connu la misère, avoir souffert de faim et de froid... Toutes ces failles, tous ces paradoxes, Jean-François Rottier a choisi de leur donner un sens existentiel, pour mieux appréhender un monde sans cesse tiraillé entre un bien supposé et un mal apparent. Son témoignage est une magnifique leçon de vie.

  • C'est pour retrouver ses rêves d'enfant que Jacqueline Lefèvre a cherché à posséder des maisons, autant de refuges, hors des trépidations de la vie moderne.Elle en a connu de toutes sortes : des maisons hantées et d'autres qui vous hantent, des maisons closes que l'on aimerait plus ouvertes, des maisons de maîtres et des dépendances, des maisons phénix qui renaissent de leurs cendres. Mais parmi toutes celles qu'elle a marqué de son empreinte, il en est une, la plus belle, qu'elle a véritablement sauvé, la Château de Marcassargues dans les Cévennes.La renaissance  de ce château est devenue un acte d'amour au delà de l'inconfort des hivers sans chauffage ni au courante, des moments de découragement et des problèmes financiers. Il falllait dompter ces "pierres sauvages". Jacqueline Lefèvre et son compagnon Thierry ont effacé les injures du temps, redonné à chaque pièce sa beauté et son équilibre trouvant parfois de vrais trésors. Les belles maisons ne sont pas ingrates: si on les aime, elles vous aiment en retour. Ils ont vécu des moments de bonheur intense avec les artisans et voisisns qui ont partagé leur enthousiasme: les maçons, les charpentiers, Gaston le "chroniqueur" des travaux, Peter le châtelain de l'autre côté de la vallée, Robert le forestier....Aujourd'hui ils sont repartis pour de nouvelles aventures, mais ils n'oublieront jamais leur "épopée cévenole". 

  • Dame langouste

    Amélie Schoendoerffer

    « Mon insouciance, le diabète me l´a enlevée. » A seize ans, Amélie est brutalement happée par une maladie viable mais incurable : le diabète insulinodépendant.  Celle que son père, cinéaste et écrivain de renom, surnomme affectueusement « Dame Langouste », ne se supporte pas et déteste ce mal qu´elle perçoit comme une maladie honteuse. Pour continuer à vivre, elle se ment, joue avec le feu, teste ses limites.  Etouffée par une famille qu´elle aime plus que tout, Amélie part à la conquête de ses rêves et recherche le grand frisson. Mais comment vivre une histoire d´amour losqu´on a le sentiment d´être anormal ? Comment mener une vie professionnelle équilibrée lorsque la maladie vous rappelle sournoisement à son souvenir ?  Un récit lucide et poignant, entre folie douce et réalité cuisante, un plongeon dans la vie déjantée d´une fille « qui ne tient jamais sur ses talons aiguilles ».

  • Le matin des abrutis

    De Viry-M

    Dans l'ancien monde ténébreux, dominé par des intellectuels aussi cruels que sourds aux exigences de la vie contemporaine, l'abrutissement était considéré comme une tare de l'esprit. Les abrutis étaient relégués dans les poubelles de la vie spirituelle, vus comme des éléments asociaux, moqués, méprisés. « Abruti ! » était même devenu une injure. Cette triste époque se termine. De tous côtés monte la revendication des abrutis à dominer le monde, et cette revendication est irrésistible, car l'abrutissement est le seul moyen de vivre en harmonie avec le monde contemporain. Ce petit essai romancé relate la crise décisive qui va conduire un cadre trentenaire, modèle des générations montantes, à choisir en toute lucidité de devenir abruti. A travers la nouvelle vie spirituelle abrutie de ce cadre prénommé Jean, affublé de son épouse Athénaïs (qui est d'ailleurs moins une épouse qu'un facteur aggravant), le lecteur suivra la mutation anthropologique qui nous conduira tous à faire nos adieux à l'intelligence, à jouir enfin sans l'entrave de nos consciences. L'immense soulagement, ainsi que le sentiment de détente et de bien-être abruti qui s'emparent du lecteur, recommandent ce livre à tous ceux qui ont constaté que réfléchir ne leur apportait que des ennuis, sans compter la fatigue.

  • Les femmes occidentales contemporaines ont inventé la rupture "non tragique". Cette rupture qui ne reste pas campée sur les pleurs et les regrets mais devient un moment de vie aussi riche qu'un autre puisqu'il nous ouvre, malgré la souffrance, à un ailleurs. De plus en plus souvent ce sont les femmes qui partent. Et ceci quel que soit leur âge. Elles s'en vont, à trente ans, le temps facile des rencontres amoureuses ; mais aussi à quarante, lorsqu'elles savent déjà que le corps change ; à cinquante ans avec les rides qui racontent une partie de leur histoire ; plus tard encore, à soixante ans et au-delà...
    Qu'est-ce qui les pousse à s'en aller ? Pourquoi certaines vivent-elles plus douloureusement les séparations ? Au-delà d'un acte décidé, quelle mémoire enfantine vient ici se rejouer ? Pendant un an, le temps du deuil, Isabelle Yhuel a tenu le journal d'une rupture. S'y sont mêlées les histoires d'autres femmes, histoire particulières, et pourtant, que de points communs !
    Un récit sensible et intense qui dit les errances et les découvertes, les souffrances et, au bout du chemin, la renaissance.
    Isabelle Yhuel est réalisatrice à France Culture et collabore à Marie Claire. Elle a publié aux Editions Jean Claude Lattès Aimer enfin sa mère.

  • Quel pied le premier ? Le droit ? Le gauche ? Surtout, ne pas trébucher...Garder son équilibre. Avancer. De temps en temps, courir, sauter, danser. Redevenir enfant ou jeune chien dans les fleurs.La marche est une métaphore de la vie. Rien ne semble plus simple, et rien n'est plus complexe. Marcher m'est un besoin et un bonheur. Je veux, dans ce livre, étudier une fonction essentielle de l'être humain, qui n'a guère été examinée jusqu'ici : la marche... Ce mouvement que maints beaux esprits méprisent ; que l'Homo sapiens a hérité de ses ancêtres mammifères, reptiles et amphibiens ; que nos aïeux simiesques ont exalté en le faisant passer de quatre à deux pieds, et que nous avons sublimé en danse classique ou en rock n'roll ; dont nous avons fait le sujet de dialogues de bistrot et de recherches savantes ; qui nous a donné le défilé de mannequins et le match de football ; et que nous avons parfois porté au sommet de la perfection artistique, littéraire ou philosophique.Yves Paccalet est né en Savoie. Normalien, écrivain amoureux de la nature, de la terre et de la mer, après avoir couru le monde, il continue ses balades pour le compte de Terre Sauvage et pour notre bonheur.

  • La grande biographie, attendue, sur la vie, l'oeuvre et la trace d'un des philosophes éminents du monde contemporain, penseur de l'Autre et refondateur de l'éthique, dont l'influence planétaire ne cesse de croître depuis son décès en 1995.
    Elève pendant trois décennies d'Emmanuel Lévinas, Salomon Malka aura consacré cinq années à cette enquête sans précédent.
    Une enquête qui court de Vilnius, la « Jérusalem de l'Est », au Paris d'avant-guerre, des séminaires de Davos à ceux de Louvain, des lambris du Vatican aux rues de Tel-Aviv, des couloirs de l'ENIO, l'école israélite, aux amphithéâtres de la Sorbonne.
    Une enquête qui met en perspective les amitiés (Maurice Blanchot, Jean Wahl), les transmissions (M. Chouchani), les influences (Rosenzweig, Husserl, Heidegger), les dialogues (Paul Ricoeur, Jacques Derrida, Jean Paul II).
    Une enquête qui embrasse la vie personnelle, de l'enfance aux années de camp, du travail solitaire à la reconnaissance universelle, en laissant parler famille, amis, collègues, étudiants.
    Cette biographie unique, menée à la double et constante lumière du talmudiste et de la figure socratique que fut Emmanuel Lévinas, est aussi une fascinante traversée du xxe siècle.
    Ecrivain, journaliste, Salomon Malka dirige la rédaction de RCJ. Il est l'auteur de plusieurs livres dont Lire Lévinas, M. Chouchani, et Jésus rendu aux siens.

  • Nous connaissons bien nos grands hommes et honorons volontiers leur mémoire ; mais connaissons-nous nos grands nuls, nos piteux, nos médiocres ? En d´autres termes, nous qui connaissons tout de nos héros, que savons-nous de nos zéros ? Les responsables de Trafalgar, de Waterloo, de Sedan... le capitaine de la Méduse... Derrière chacun de ces grands ratages, il y a eu un ou plusieurs individus, boucs émissaires de nos fiascos dont les noms furent en leur temps frappés d´opprobre, puis, pour certains d´entre eux, définitivement effacés de notre mémoire collective.  Clémentine Portier-Kaltenbach nous livre son « best of » des grands losers de l´Histoire de France. Certains noms sont familiers, d´autres parfaitement inconnus. Il rassemble : - Les hommes providentiels qui déçurent tous les espoirs par faiblesse, bêtise ou lâcheté. - Ceux qui ne furent pas à la hauteur de leur mission ou déclenchèrent des catastrophes par leur incompétence. - Les boucs émissaires de nos défaites militaires que leur culpabilité soit fondée ou pas. - Des individus qui, eux-mêmes assez peu doués, eurent le pouvoir de nuire à de vrais génies. - Ceux, rejetons de grands hommes, qui reçurent dans leur berceau un capital exceptionnel qu´ils dilapidèrent.  Une liste érudite et drôle de z´héros pointés, de z´héros z´héros 7 et de doubles z´héros...

  • Gala pour Dali

    Sophie Delassein

    Été 1929 : répondant à l'invitation de Salvador Dali, Paul Eluard et sa femme Gala lui rendent visitent dans sa maison de Cadaquès en Catalogne. C'est le coup de foudre entre Dali et Gala. Mais la famille de Dali rejette cette immigrée russe abandonnant mari et enfant. Chassé de la maison familiale, le peintre se retrouve totalement démuni. Gala se mue alors à la fois en femme d'intérieur et en imprésario : « Elle est mon sang, mon oxygène, l'ange de l'équilibre ».
    C'est d'abord elle qui lui fait découvrir la sexualité et demeura selon ses dires la seule femme qu'il ait jamais touchée. Au fil des années, elle gère d'une main de fer la carrière de son mari. Elle le soutient lors de sa rupture avec Breton, lui tient la main au propre comme au figuré lors de ses crises de doute, l'accompagne et le stimule sans cesse.
    Exilé aux Etats-Unis dans les années 40, le couple fait sensation et les toiles de Dali remportent un succès commercial croissant. Mais Gala ne supporte pas de vieillir, elle qui est de neuf ans l'aînée. De muse, elle devient mère et geôlière, allant jusqu'à, au dire de certains, enfermer son mari afin qu'il honore ses commandes. Celui-ci finit par mériter le surnom (anagramme) inventé par André Breton d'« Avida Dollars ». Pourtant, Dali ne cessera d'élever sa femme au rang de perfection intouchable et lui pardonnera tout jusqu'à la fin .

  • Francine est la femme de l'ombre. Pudique, discrète, cette ancienne championne de ski n'ignore rien lorsqu'elle l'épouse, de la renommée, du succès et des frasques amoureuses de Sacha Distel. Elle s'unit à l'homme qu'elle aime, triomphant des critiques familiales, des jaloux qui ne parient pas un sou sur l'avenir du couple, de ses propres doutes et inquiétudes. Plus de quarante ans, ont passé et Francine ne regrette rien. Elle nous confie, avec émotion et sincérité, les plus beaux souvenirs de son amour - fait de respect, d'admiration, de liberté et d'une compréhension immédiate de l'autre - et les moments de souffrance où il lui a fallu déployer des trésors de courage et de pardon. Chaque trahison de Sacha, chaque scandale comme celui qui suivit l'accident de Sacha et d'une actrice, et la maladie qui s'acharne contre le chanteur, manquent de tout détruire.
    A une époque si prompte aux changements, aux séparations, à la moindre contrariété, à l'égoïsme, Francine Distel nous offre une précieuse leçon faite de bon sens et de sages conseils : « Toutes les histoires d'amour qui durent se ressemblent. D'abord par l'amour qui leur donne vie, puis par toutes les ressources insoupçonnées qu'il faut trouver en soi pour dépasser la tentation du découragement, pour que l'amour ait le fin mot comme il eut le premier » .

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