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  • Chemins

    Axel Kahn

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    • 3 Octobre 2018

    Marcher n'est pas une activité pour Axel Kahn, c'est une manière d'être. Il se définit comme un homme qui marche, un chemineau de la vie. Au rythme de son pas, sur les chemins et les sentiers, sur les pavés parfois, il a pensé, cherché, douté, le cas échéant, trouvé. Il a aimé, aussi, passionnément. Son ouvrage est un hymne à l'esprit, à la beauté et à la liberté. Un hymne à l'amour. L'existence d'un homme en chemin, au fil de ses souvenirs de l'enfance à la vieillesse. Cent cinquante ans après Julien et André dans Le Tour de la France par deux enfants, Axel Kahn, marcheur obstiné et attentif, peint de ce pays un tableau émerveillé mais lucide.

  • La Porte dorée

    Michel Braudeau

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    • 14 Avril 2021

    « Tout ce que j'écris est au passé. On n'en finit pas avec lui, bien plus fécond que toute anticipation, inépuisable à mesure qu'on le déplie et lui fait les poches. Très jeune encore, je songeais à ma vie au passé, je me voyais volontiers tel que je n'avais jamais été, comme sur une photo prise par l'un de mes deux amis de lycée, assis sur une petite chaise dorée dans le parc d'Effondré, devant la perron à l'arrière, la porte aux volets clos. Je n'avais pas vingt ans. Nous avions acheté aux Puces de Clignancourt des vêtements noirs de gala, des fracs usés que leurs propriétaires défunts ne mettaient plus depuis longtemps, des chapeaux haut-de-forme ou des melons, de minces cannes d'apparat, toujours sous l'influence esthétique du film d'Ophuls,  Le Plaisir, pour nous déguiser parfois. Une élégance ridicule aux yeux de mon père. Lui qui avait vécu la guerre et les bombardements, quelle idée bizarre avait germé chez son fils insaisissable, c'était sournoisement insultant. Il n'y avait rien à expliquer, c'était un caprice démodé comme il y en a souvent dans les fêtes. »La Porte dorée  est le récit d'un destin ; libre, baigné par la lumière de l'ailleurs, porté par le goût de la fiction. Avec un instinct de voyageur, Michel Braudeau mène plusieurs vies en parallèle, devient journaliste au  Monde, éditeur chez Gallimard, juré du prix Médicis. En prenant les rênes de la revue NRF, il espère transmettre son désir de l'écrit, croise Mario Vargas Llosa. De reportages en portraits, il part en Égypte, en Asie, aux États-Unis, en Amérique du Sud, comme pour relever le pari rimbaldien du « je » qui est un autre.Face à l'énigme de l'existence, il peut rester la mélancolie ; et l'écriture. Ce nouveau volet des mémoires de Michel Braudeau, qui suit  Place des Vosges  et  Rue de Beaune, est à découvrir absolument.

  • Frères de mer

    Patrick Tabarly

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    • 16 Mai 2018

    Patrick Tabarly est un homme discret. Il n'en  est pas moins un témoin privilégié. Comme  Éric, son frère aîné, il a connu les grandes  heures de la voile française de la fin des années  1960 au début des années 1980. Il a surtout partagé  au plus près le quotidien du « premier  marin de France » disparu en mer d'Irlande il y  a tout juste vingt ans. Avec lui, il a participé à  la première navigation du mythique Pen Duick,  remporté quantité d'épreuves et, ensemble, ils  ont essuyé leur premier naufrage. Et c'est parce  qu'il vouait à son aîné un respect sans borne  que son regard, sans concession, a encore plus de prix.

  • « Apprendre à lire a été, pour moi, une des choses les plus faciles et les plus diffi ciles. Cela s´est passé très vite, en quelques semaines ; mais aussi très lentement, sur plusieurs décennies.  Déchiffrer une suite de lettres, la traduire en sons fut un jeu, comprendre à quoi cela servait fut une traversée souvent âpre, et, jusqu´à l´écriture de ce livre, profondément énigmatique. »Comment apprend-on à lire ? Comment notre désir de lecture peut-il être entravé ? Comment l´écriture peutelle rendre meilleur lecteur ? Cheminant à travers ses souvenirs, Agnès Desarthe mène une enquête passionnante, puisant au coeur d´un secret : celui de n´avoir pas aimé lire pendant longtemps.

  • Jean ; un homme hors du temps

    Axel Kahn

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    • 11 Octobre 2017

    Jean Kahn-Dessertenne, enseignant et philosophe, se donne  la mort à 54 ans le 17 avril 1970 en se jetant d'un train. Il  laisse une lettre à son fils Axel qu'il dit « capable de faire  durement les choses nécessaires ». Quarante-sept ans après,
    ce dernier s'acquitte d'une dette, il obéit à l'injonction  paternelle, durement, en donnant la parole à son père. Dans  les instants qui précèdent le saut mortel, la vie de Jean défile  à vive allure, ses engagements politiques, ses tumultueuses
    relations aux femmes, son souci de sa relation à ses fils, son  itinéraire intellectuel. Sont ainsi évoqués en toile de fond  l'essentiel de l'histoire de la France au XXe siècle, la place  qu'y prirent la bourgeoisie, le communisme et de Gaulle,  les crises et ébranlements de tous ordres, économiques,  guerriers, littéraires et personnels. Le sourire et la dérision  ne disparaissent pas toujours à l'heure de mourir, Jean en
    témoigne. Cependant, Axel Kahn a surtout écrit là un livre  vibrant et déchirant.

  • Mémoires d'outre-mère

    Guy Bedos

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    • 23 Mars 2005

    Évidemment, ce ne sont pas des mémoires. Pas de souvenirs d´acteur, pas de traversée du demi-siècle, tout le monde n´est pas beau, tout le monde n´est pas gentil. Pour la première fois, Guy Bedos écrit à la première personne l´histoire de la personne la plus importante de sa vie : sa mère. Leur histoire, leur lien. Sa haine et son amour. Il a peut-être deux ans, trois tout au plus, en Algérie, et il voit sa mère frapper son père avec un marteau. Le livre commence comme ça, dans cette brutalité. Aujourd´hui, le petit garçon de deux ou trois ans en a soixante-dix. Et sa mère est toujours, à quatre-vingt-dix ans, terriblement vivante, terriblement présente. Guy aimerait autant qu´elle disparaisse avant lui. Il n´en est pas très sûr. D´où ce besoin d´écrire ce livre-là, retenu sans doute depuis très longtemps. Ce livre qui raconte tout ce qu´il n´a jamais osé raconter de son enfance et son adolescence, de sa jeunesse mais de sa vie d´homme aussi.
    C´est un livre où Guy Bedos s´est tout permis, tout autorisé, sans le moindre scrupule mais sans aucune complaisance. C´est un livre qui plaira à tous ceux qui l´aiment mais aussi à ceux qui ne l´aiment pas. Mémoires d´outre-mère nous font découvrir un homme écorché à vie, un blessé grave qui n´a pas trop envie de guérir et surtout et enfin, ce n´est pas lui qui le dira, un écrivain.

  • Regarder l'océan

    Dominique Ané

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    • 15 Avril 2015

    En quelques textes qui se répondent et s´éclairent, Dominique Ané dresse le portrait d´un jeune homme inquiet qui lui ressemble. Livre des premières fois et des découvertes fondatrices, il dit toutes les rencontres, avec la musique, les amis, les filles, et rend compte des chagrins, des colères, et de la peur devant l´existence. La détermination à devenir musicien est l´endroit où converge tout le récit, là où il puise le courage. Des expériences de groupes aux tournées et nuits d´hôtel, le chanteur se construit dans sa relation singulière aux mots et à la voix, celle qu´il redonne à l´enfant et à l´adolescent qu´il a été. Une voix d´une force vibrante qui traverse tout le livre.

  • Sagan et fils

    Denis Westhoff

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    • 30 Mai 2012

    Françoise Sagan est morte le 24 septembre 2004. Elle laisse une dette fiscale de plus d´un million d´euros et une oeuvre, composée d´une trentaine de romans et d´une dizaine de pièces de théâtre, sur le point d´être purement et simplement liquidée. Sagan est en passe de disparaître deux fois quand Denis Westhoff, son fils unique, décide, en 2006, d´accepter cette succession empoisonnée, hors norme. Un vrai parcours du combattant qui le conduit à repasser sur les traces de ce « charmant petit monstre », né sur la scène littéraire et médiatique en 1954 par la grâce de son premier roman, Bonjour tristesse.
    Il réalise alors que la femme publique que l´on a dit si prodigue avec son argent, aimant vivre dangereusement et de préférence à cent à l´heure, lui est longtemps restée inconnue.  Lui a été aimé et élevé par une mère qui a pris soin de le protéger des éclats de sa légende d´écrivain-star. L´envie de remettre les points sur certains i, de dire les choses telles qu´il les a vues, entendues, et non pas telles qu´on a bien voulu les interpréter, grandit peu à peu en lui. En repassant par certains lieux, en se remémorant des anecdotes, des moments forts, gais ou douloureux, des conversations intimes, en dessinant les portraits de ceux qui ont vraiment fait partie du cercle Sagan, dont ses grands-parents Quoirez ou encore son père, l´anticonformiste Robert Westhoff, il éclaire d´une lumière totalement inédite l´une des figures majeures de la littérature française.
     Ce livre n´a pas pour ambition de dire la vérité sur Sagan, mais une vérité. Celle d´un fils qui ose enfin dire, avec bonheur et liberté, ce qu´il a vécu auprès d´une mère pas tout à fait comme les autres.

  • Une vie de Coffe

    Jean-Pierre Coffe

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    • 6 Mai 2015

    Jean-Pierre Coffe : tout le monde le connaît, mais personne ne le connaît vraiment.
    Il se dévoile ici, à travers ses mémoires, avec une incroyable sincérité. C´est un homme généreux, enthousiaste, infatigable, mais c´est aussi un homme blessé. De son enfance entre un père tué au début de la guerre et une mère qui ne l´aimera jamais assez, de l´aveu d´une paternité malheureuse jusqu´à la consolation des jardins et des potagers, il n´oublie rien. Il raconte, parfois dans les larmes, parfois dans un rire qui le réconcilie avec l´existence.
    Derrière le masque du trublion médiatique, apparaît le visage d´un homme souvent seul, mal-aimé, trahi, mais toujours fidèle et prodigue en amitiés.
    Restaurateur parisien à la mode, meneur de revue, arpenteur du terroir français, militant du goût, ami de Jean Carmet, Jean-Claude Carrière, Miou-Miou, Jean Teulé, ou Michel Drucker, chacune de ses vies renaît l´une après l´autre. Les voici toutes assemblées pour n´en former qu´une. Une vie de Coffe !

  • Le 5 novembre 2015, en sortant de la gare de Casablanca, Loubna Abidar s'est fait tabasser dans la rue par un groupe d'hommes qui l'avaient reconnue. Les deux cliniques successives où elle est arrivée pour se faire soigner, le visage en sang, ont refusé de l'accueillir. Au commissariat où elle s'est rendue pour déposer plainte, les policiers se sont moqué d'elle et ne l'ont pas laissée rentrer. Le lendemain matin, Loubna a fait sa valise a pris le premier avion pour la France. Ce qui vaut à Loubna Abidar d'être menacée de mort, c'est d'être l'une des actrices les plus connues du Maroc et d'avoir osé incarner une prostituée dans Much loved, du réalisateur franco-marocain Nabil Ayouch. Le film où Loubna joue le rôle principal, avec ses scènes de nudité, d'amour et de sexe, a enflammé encore davantage l'hystérie des hommes de son pays et au-delà, bien qu'il n'ait été vu que par extraits sur internet, où des scènes ont été falsifiées et caricaturées : à la suite de sa présentation au Festival de Cannes, il a été interdit au Maroc, considéré comme « un outrage grave aux valeurs morales et à la femme marocaine, et une atteinte flagrante à l'image du royaume ». Par son courage, Loubna Abidar est devenue le symbole de toutes les femmes que la tradition arabo-musulmane divise en deux catégories : les pures et les putes. Une femme qui montre son corps est une pute. Une femme qui parle de son corps est une pute. Une femme qui prend la parole est une pute. Une femme qui tient tête est une pute. Une femme qui a du plaisir est une pute. Une femme qui éprouve de l'amour est une pute. Une femme qui revendique sa liberté est une pute. Une femme qui est une femme est une pute. Toutes les femmes sont des putes. Ce livre raconte la vie d'une femme arabe dans un monde d'hommes : l'histoire exemplaire de Loubna Abidar, la « catastrophe » qu'est sa naissance parce qu'elle est une fille, la violence de son père alors qu'elle était enfant au Maroc, la violence des autres hommes que dérange son métier d'actrice, son émancipation par le cinéma, par son insolence, par sa liberté - et le prix très cher payé de cette liberté.

  • « Lorsque j´ai été reçu à l´Éna, il y a vingt-quatre ans, mon père m´a adressé une lettre, non pas de félicitations, mais de mise en garde, m´alertant sur les dangers qui guettent ceux qui entrent dans une caste. Il est mort peu après, mais sa lettre n´a cessé de m´accompagner. Je l´ai gardée précieusement, relue mille fois, jusqu´à sa disparition inexpliquée la nuit où j´ai quitté le gouvernement de Nicolas Sarkozy en 2010.
    Cette perte a provoqué un vertige, une panique, un dénuement. Et une quête éperdue pour lui redonner corps, en restituer la substance. J´ai compris qu´elle était au coeur même de mes engagements. Cela m´a conduit à explorer des questions auxquelles j´avais jusqu´à présent refusé de répondre.
    /> De quoi est fait notre engagement ? De rencontres, de souffrances, de frustrations, d´indisciplines, de hasards, de gaffes, de disputes, d´émois, de legs, de défis. De sous-entendus, de mots lus, de personnages réels ou fantasmés. Autant de souvenirs qui s´entrelacent comme une natte.
    La Lettre perdue raconte ce qui m´a entraîné dans l´univers public, ce qui m´a guidé dans Emmaüs, ce qui m´a amené à me passionner pour la lutte contre la pauvreté, ce qui a déterminé mon rapport très particulier à la politique, ce qui m´a protégé tout en me poussant à prendre des risques avec certains conformismes. On y partagera des rencontres avec des personnages illustres, comme l´abbé Pierre ou Muhammad Yunus, et d´autres anonymes, dont l´influence aura été décisive. On voyagera dans l´hôpital, dans les ministères, dans les centres d´urgence et dans tous ces lieux, à la charge affective si forte, qui jalonnent l´itinéraire d´un engagement.

  • Avril 1940, Hitler envoie la flotte de guerre allemande conquérir la Norvège pacifiste et pratiquement désarmée. En quelques heures, le pays doit être occupé, la capitale prise et le roi Haakon capturé. Mais, dans le fjord d'Oslo, se trouve une vieille forteresse, Oscarsborg, assoupie depuis un siècle et demi dans l'attente d'un agresseur qui ne s'est jamais présenté. Son commandant, le colonel Eriksen, ne dispose que d'une centaine d'hommes, de deux canons et de quelques batteries. Que peut-il faire, face à une escadre réputée invincible, transportant des milliers de soldats et de marins galvanisés par leur Führer ? C'est pourtant Eriksen qui prendra l'audacieuse initiative qui changera la face de la guerre, en permettant au roi Haakon d'échapper aux nazis et de commencer à organiser la résistance. Eriksen le Viking, en qui s'incarnera tout un peuple. D'un fait réel, mais peu connu, Henri Queffélec a tiré non un simple récit de guerre, mais un vrai et grand roman sur la Norvège à un moment critique de son histoire. Une saga où s'affrontent les armes, David et Goliath, mais aussi les hommes avec leurs doutes, leurs angoisses, leurs amours. Une oeuvre qui allie la force dramatique du romancier, le souffle du poète et l'ironie du philosophe.

  • Le statut de star ne protège pas contre les aléas de la vie. Roland Barthes la durement éprouvé. À la fin des années 1970, ce maître à penser était internationalement reconnu. Professeur au Collège de France, auteur de best-sellers, il traînait derrière lui une foule de disciples. Journaux et magazines se disputaient sa parole. Pourtant, Barthes ne s'est jamais remis de la mort de sa mère, survenue alors qu'il avait soixante et un ans. Sa mère avec qui il avait toujours vécu, en compagnie de son frère. Les derniers jours de Roland Barthes a pour ambition demmener le lecteur dans lintimité d'une célébrité. Le projecteur est mis sur l'homme, non sur lo'euvre. L'homme, ce « misérable tas de secrets », selon le mot d'André Malraux. Un tel attachement à la mère résulte d'une histoire familiale particulière. Pourquoi un grand esprit comme Barthes n'est-il jamais parvenu à couper le cordon ombilical ? Pourquoi na-t-il pas réussi à dépasser le deuil de sa génitrice ? Pourquoi s'est-il quasiment laissé mourir après un banal accident de la circulation ?

    Plus de vingt-cinq ans après la mort de Roland Barthes, l'auteur est parti à la recherche de ses proches. Son enquête minutieuse témoigne de la fragilité du succès. Selon l'expression consacrée, Barthes avait « tout pour être heureux ». À ses amis, il apparaissait pourtant comme le « malheur vivant ». Loin de déboulonner une idole, ce récit à la fois pudique et impudique vise à lui restituer sa part dhumanité.

  • C'est un grand professionnel du petit écran : voici près de dix ans que vedettes et personnalités défilent sur son plateau. Et quel que soit le jugement que l'on porte à son égard, il faut admettre que son émission épouse un certain air du temps. Etudier le discours qui lui est attaché, en exhiber les traits originaux, c'est éclairer les passions et les angoisses de notre société. Il parle des hommes, de leur cinéma, de leur politique. Des femmes aussi, de leur corps surtout. Et puis de magouilles, d'impostures et de mystérieux complots. Sur ce plateau, tout un monde fantasmagorique se trouve convoqué, où rien n'arrive par hasard, où la vérité demeure sans cesse à dévoiler : à une heure de grand écoute, sous les yeux d'un comique envoûté, d'une irrésistible top-model ou d'un philosophe consterné, il fait du bon sens « conspiratif » et du style « paranoïde » de vraies valeurs high-tech. De quoi ces obsessions font-elles symptôme en démocratie ? Et pourquoi une telle cérémonie vient-elle flatter si agréablement les honnêtes gens ? Notre méthode est simple. Elle consiste à prendre l'animateur au mot.

    Plonger dans l'archive télévisuelle, visionner les émissions, semaine après semaine, histoire de repérer thèmes privilégiés et continuités rhétoriques (codes, mots de passe, combinaisons symboliques?), par-delà la sidération de l'instant et les illusions du (faux) direct. D'emblée, le lecteur doit donc en être averti : l'ouvrage qu'il tient entre ses mains ne prétend pas, lui, livrer la « face cachée » du personnage, ni révéler sa « part d'ombre ». Nous n'avons pas enquêté sur ses « réseaux », nous n'avons pas interrogé ses meilleurs ennemis, nous n'avons pas fouillé dans son passé? Aux « coulisses », nous avons préféré l'image telle qu'elle se donne à voir, le discours tel qu'il se déploie. Nul jugement, ici : décrire suffit.

    Car à l'horizon de cette enquête sur la « face visible » du phénomène (la seule qui compte, à la fin), il y a une conviction : non, la vérité de l'époque n'est pas « ailleurs » ; elle explose là, sous nos yeux, en pleine lucarne, « face caméra ».

  • J'ai menti

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    • 20 Septembre 2006

    « En 1999, Virginie, quatorze ans, accuse son père de l'avoir violée. Il sera condamné en 2001 à douze ans de prison par la cour d'assises de Reims. Or, quelques années plus tard, la jeune fille avoue avoir menti. Voici son histoire, émouvante et véridique. Pour la première fois, on lit la confession d'un enfant menteur. Virginie explique les raisons de son épouvantable fausse accusation. Elle décrit comment elle s'est retrouvée prise à son propre piège, tétanisée par la catastrophe qu'elle a déclenchée, et comment elle a été enfermée dans le statut d'« enfant-victime », dont personne n'a su la sortir en la faisant revenir en arrière. À travers son témoignage, rédigé à la première personne, la jeune fille, qui a aujourd'hui vingt et un ans, veut innocenter son père. Celui-ci a passé six ans en prison, il vient d'être mis en liberté conditionnelle et demande la révision de son procès. Car, malgré les révélations de sa fille, il est toujours coupable aux yeux de la justice. Journaliste à Libération, chef du service Informations générales, j'ai écrit le récit de Virginie parce qu'il pose toute la problématique de notre époque : la parole de l'enfant et les failles d'un système qui n'accorde trop souvent crédit qu'à l'accusation. Dans le paysage judiciaire contemporain, la démarche de Virginie est exceptionnelle. » .

  • Port et métropole, vieille de plus de 2500 ans d'histoire, la ville a été soumise à un perpétuel brassage de populations. Les deux personnages principaux, Lupo et Edouard, vont chercher à la conquérir...

  • 12 heures 14, le 19 septembre 1989 : le vol UT 772, en provenance de Brazzaville, quitte N'Djamena à destination de Paris. 13 heures 35 : dernier contact radio, alors que l'appareil survole le désert du Ténéré. Puis, le silence et la mort : le DC 10 a explosé en vol. C'est un attentat monstrueux qui fait 171 victimes. Et le début d'une crise internationale imprévisible. De manoeuvres diplomatiques en scénarios guerriers, l'affaire du DC 10 d'UTA est, aujourd'hui, devenue l'un des dossiers les plus sensibles des Nations Unies. Au Conseil de Sécurité, menaces et ultimatums se succèdent. Un coupable est désigné : la Libye du colonel Kadhafi, présentée comme le sanctuaire du terrorisme international. C'est ainsi qu'un drame mondial se noue, à partir des convictions d'un homme, le juge parisien chargé de l'enquête, convaincu de détenir les preuves de la culpabilité libyenne. Jugeant l'affaire trop grave pour le croire sur parole, Pierre Péan a mené sa contre-enquête. Et ses découvertes sont stupéfiantes : un seul témoin à la base de l'accusation, une erreur due à une homonymie, une thèse incohérente, une absence de mobile, etc. Bref, un dossier faible, sinon vide. Pourquoi cet acharnement sur la seule piste libyenne ? Quels mystérieux enjeux cache la lutte antiterroriste ? Pourquoi ces jeux d'ombre et ces faux-semblants ? Autant de questions soulevées par ce livre iconoclaste qui, explorant les dédales du monde du renseignement, nous mène au Congo et en Libye, au Canada et aux Pays-Bas. Un voyage semé d'embûches et de pièges, tant la curiosité de Pierre Péan paraît déranger certains milieux...

  • Les O'Hara se sont installés à Singapour, bien avant que l'île ne devienne propriété anglaise, et l'une des constantes de cette dynastie de coureurs de mers est la lutte sanglante contre la Compagnie des Indes orientales. Le récit raconte la jeunesse de Kaï O'Hara et son amour impossible pour une Française de Saigon, fille d'un gros planteur féru de capitalisme moderne.

  • 27 août 1935. Kyoto, Japon. Kaï O'Hara vient de France pour retrouver son père, le capitaine (héros de L'Enfant des sept mers) qui a disparu avec son bateau, le Nan Shan. Une aventure amoureuse japonaise avec Sonia, chanteuse à Ginza, tourne mal : Kaï jure de se venger du capitaine Sakata Tadoshige qui a assassiné Sonia et l'un de ses amis.

  • Saunargues, la ville du roman, c'est Toulon-Hyères en plus beau, une ville ensoleillée et calme. En apparence. Un fait divers sanglant, des mineures dépravées vont alerter Romain Pellerin, un inspecteur de police récemment muté, qui refuse la loi du silence imposée par les puissances locales. Il rencontre Fabienne Barral, fille du député en titre et médecin des pauvres, dont il tombe amoureux. Ensemble, ils vont tenter de déjouer les manoeuvres criminelles et de démonter le système politico-financier qui voit s'opposer deux clans politiques, non seulement pour l'enjeu des mandats électoraux, mais encore pour un projet immobilier qui représenterait une mine d'or.

  • Figure emblématique, personnage multiforme, Régine Deforges ne laisse personne indifférent. Il est vrai qu'elle a déjà connu ce que le commun des mortels mettrait plusieurs vies à approcher : gloire et fortune, ruine et scandales. Légende vivante, elle est précisément prisonnière du cortège d'inexactitudes qu'implique le statut légendaire. Comment la fille d'un modeste commis-voyageur de province deviendra-t-elle une familière de l'Élysée ? De l'adolescente chassée de l'école pour amours lesbiennes à l'authentique princesse reçue chez les Rothschild avec les honneurs dus à son rang, de l'éditeur aux faillites monumentales à la romancière cousue d'or, de la femme condamnée pour outrages aux bonnes moeurs à la présidente de la Société des Gens de Lettres, de la mère « indigne » à la grand-mère radieuse, de l'auteur des Contes pervers à la promotrice du point de croix : où est la vérité de Régine Deforges ? Ce livre entreprend une approche de l'écrivain, de l'éditeur, de la rebelle. Aussi de l'amoureuse, car, en ce domaine, elle se révèle aussi peu banale, séductrice, violente, romanesque que la Léa des tomes successifs de La Bicyclette bleue. De l'inconduite considérée comme un des beaux-arts ?

  • Je suis une sacrée menteuse. Je mens à la perfection. Régulièrement, plusieurs fois par jour, avec ou sans préméditation, spontanément ou effrontément, l'oeil clair et rond, je mens. Je fuis mes démons, je leur tourne le dos. Je me glisse et je m'échappe. Pourtant, je me transforme dès que la vie me saisit et seule la vérité apparaît. Je n'aime pas parler de moi. C'est mon plus gros mensonge, mon plus beau secret. On me dit que je ne me connais pas bien. Mais que savoir ? Chaque jour, je respire des milliards d'atomes nouveaux. Même en pleine lumière, je me demande encore qui je suis.

  • Chanteur fréquentant le monde du show-business de Paris, l'auteur a été emprisonné pour magouilles, embrouilles et escroqueries à base de fausse monnaie et de faux documents. A sa sortie de prison en 1996, il se raconte.

  • De Régine Deforges, on sait bien sûr ce qu'elle a écrit - pour autant, comme elle le dit ici, que les personnages racontent l'auteur - et ce que fut son itinéraire - en particulier grâce à la biographie que Marc Baronheid lui a consacrée. Mais quelle vision a-t-elle d'elle-même ? Que pense-t-elle de la réputation sulfureuse qui, depuis O m'a dit, l'a longtemps accompagnée ? Que représentent pour elle les livres, la littérature, l'écriture ? Comment a-t-elle vécu l'affaire Margaret Mitchell ? Quels rapports entretient-elle avec l'univers Mauriac ? Que pense-t-elle de son succès ? De l'engagement politique ? Tout cela, Régine Deforges le dit dans ces entretiens menés par Lucie Wisperheim. S'en dégage le portrait d'une femme, certes singulière, mais aussi immergée dans son temps, avec ses contradictions, ses coups de coeur et ses aversions. Je ne me confie pas du tout facilement. Là, nous sommes en train de faire un travail, j'essaie de répondre à vos questions le plus honnêtement possible. Tel est le livre, sans provocation affectée ni abandon complaisant. Vrai.

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