• Le journal d'Anne Frank

    Anne Frank

    • Audiolib
    • 9 Novembre 2011

    Le nom de cette toute jeune fille, née en 1929, arrêtée sur dénonciation en 1944 déportée à Auschwitz, puis à Bergen-Belsen, et morte du typhus en mars 1945, est connu dans le monde entier : Anne Frank est devenue le symbole des victimes des idéologies racistes, du nazisme à l'apartheid. Elle a tenu son journal du 12 juin 1942 au 1er août 1944, et ce texte, classé 19ème parmi les 100 meilleurs livres du XXème siècle, reste l'un des plus émouvants sur la vie quotidienne d'une famille juive sous le joug nazi.
    Audiolib donne ici la première version audio intégrale, lue avec subtilité et sensibilité par Irène Jacob, de ce texte devenu emblématique des victimes de toutes les barbaries.
    /> Durée : 12 h

  • "J'ai voulu l'oublier cette fille. L'oublier vraiment, c'est-à-dire ne plus avoir envie d'écrire sur elle. Ne plus penser que je dois écrire sur elle, son désir, sa folie, son idiotie et son orgueil, sa faim et son sang tari. Je n'y suis jamais parvenue." Dans Mémoire de fille, Annie Ernaux replonge dans l'été 1958, celui de sa première nuit avec un homme, à la colonie de S dans l'Orne. Nuit dont l'onde de choc s'est propagée violemment dans son corps et sur son existence durant deux années. D'une voix grave et sensible, Dominique Reymond nous emmène dans un incessant va-et-vient entre passé et présent et dresse le portrait d'une jeune femme en devenir. Un bouleversant voyage dans les tréfonds de la mémoire.

  • Dara McAnulty est un naturaliste, un amoureux de la faune et de la flore, un être hypersensible. Cette chronique des quatre saisons, écrite entre 2018 et 2019, relate une année charnière dans la vie de ce collégien nord-irlandais devenu, à tout juste quinze ans, une figure du militantisme écologique et un auteur célébré par ses pairs. Il nous fait partager son émerveillement au contact de la nature et sa lassitude face à l'inconséquence humaine ; il nous dévoile le quotidien d'un adolescent tiraillé entre les préoccupations inhérentes à son âge et un combat pour la conservation de l'environnement. Incantatoire et brutalement honnête, son Journal nous offre la perspective unique d'un jeune autiste sur le monde du vivant.

  • Jours de travail

    John Steinbeck

    • Seghers
    • 3 Janvier 2019


    " Chaque livre semble être le combat de toute une vie. Et puis quand c'est fait... Pouf. Comme si ça n'avait jamais existé. "

    John Steinbeck a écrit Les Raisins de la colère entre juin et octobre 1938, dans un moment de bouillonnement et de tension extraordinaire. Tout au long de cette période, il a tenu un journal qui retrace scrupuleusement son expérience et le révèle dans les affres de la création. Face à la page blanche, aux doutes, aux obstacles qui le ralentissent, l'empêchent de penser, l'écrivain tient avec obstination le fil de l'écriture. Il défend ses personnages, son intrigue, guette le miracle qui pourrait lui offrir ce chef-d'oeuvre dont il est le premier à questionner la possibilité... En 1941, après le succès colossal du roman, après les controverses et les menaces, tandis que la guerre fait rage et que l'argent afflue, John Steinbeck reprend la plume. Seul son journal pourra le guider vers le nouveau livre d'une vie nouvelle.

  • Munkey diaries ; 1957-1982

    Jane Birkin

    • Audiolib
    • 6 Novembre 2019

    « J'ai écrit mon journal à partir de 11 ans, adressé à Munkey, mon confident, ce singe en peluche, gagné dans une tombola. Il a dormi à mes côtés, il a partagé ma vie avec John, Serge, Jacques, il a été le témoin de toutes les joies et toutes les tristesses. Devant la dévastation de mes enfants, j'ai déposé Munkey dans les bras de Serge dans le cercueil où il reposait, tel un pharaon. Mon singe pour le protéger dans l'après-vie.
    En relisant mes journaux, il me semble flagrant qu'on ne change pas. Ce que je suis à 12 ans, je le suis encore aujourd'hui. J'ai pris comme principe de ne rien arranger, et croyez-moi, j'aurais préféré avoir des réactions plus sages que celles que j'ai eues... »
    On croyait tout connaître de Jane Birkin, tant elle fait partie de notre histoire depuis cinquante ans, jusqu'à ce livre qui nous fait vivre une époque flamboyante, du Swinging London au Saint-Germain-des-Prés des années 70, et donne à lire le quotidien d'une grande amoureuse, désopilante et fantasque, et d'une artiste exceptionnelle. Un journal à la fois intime et universel, sublimé par la lecture unique et touchante de Jane Birkin.
    Extraits choisis, traduits de l'anglais, commentés et annotés par Jane Birkin, 2016-2018
    © et (P) Audiolib
    © Librairie Arthème Fayard, 2018
    Durée : 11h27

  • Silhouette imposante, port de tête altier, elle fait résonner la voix d'une femme noire, fière et volontaire, qui va devoir survivre dans un monde d'une extrême dureté, dominé par les Blancs. Une voix riche et drôle, passionnée et douce qui, malgré les discriminations, porte l'espoir et la joie, l'accomplissement et la reconnaissance, et défend farouchement son droit à la liberté.
    Après l'inoubliablement beau Je sais pourquoi chante l'oiseau en cage, Maya Angelou poursuit ici son cycle autobiographique. Maya Angelou fut poétesse, écrivaine, actrice, militante, enseignante et réalisatrice. Elle a mené de nombreux combats avant de devenir une icône contemporaine qui a inspiré la vie de millions de personnes. Elle a côtoyé Nelson Mandela, Martin Luther King, Malcolm X et James Baldwin. À sa mort, Michelle Obama, Rihanna, Oprah Winfrey, Emma Watson, J. K. Rowling et beaucoup d'autres encore lui ont rendu hommage.
    « L'un des plus grands esprits que notre monde ait jamais connus. (...) Ses mots m'ont soutenue à chaque étape de mon existence. »
    Michelle Obama
    « Maya Angelou, c'est un feu. Un feu d'invincible joie, qui anéantit l'adversité et embrase la combativité. Un feu qui éclaire, m'éclaire encore. »
    Christiane Taubira
    Maya Angelou fut poète, écrivaine, actrice, enseignante et réalisatrice. En 2013, en tant que militante des droits civiques américains, elle a reçu le National Book Award pour « service exceptionnel rendu à la communauté littéraire américaine ». Elle est décédée le 28 mai 2014 à l'âge de 86 ans.

  • Il y a quelques années, le romancier Ian McEwan entend parler d'un homme aussi mystérieux que fascinant, Andrew Szepessy, vivant en ermite près de la frontière transsylvanienne. Ancien journaliste et scénariste en Angleterre puis en Norvège, il a fait un an de prison en Hongrie dans les années 60, sans connaître la raison de son incarcération. De cette expérience , il a tiré un roman en partie autobiographique. Après enquête, McEwan parvient à mettre la main sur le texte, Aux éternels perdants. Ebloui par sa puissance littéraire et par sa résonnance avec notre époque, il décide de le proposer à un éditeur anglais, Penguin, qui le fera paraître à l'automne 2020. Ce texte immerge le lecteur dans l'expérience carcérale, mêlant réalisme et onirisme à la manière de Bernard Malamud dans L'Homme de Kiev.  

  • L'histoire de la publication des
    Mémoires de Louise Michel est étonnante : elle débute en 1886, chez l'éditeur Roy, sous le titre - maintes fois réédité - de
    Mémoires de Louise Michel écrits par elle-même. Tome I. Aucun autre tome n'a suivi. Et si, par la suite, sont venus s'accoler d'autres écrits de la célèbre anarchiste, les soixante-dix feuilletons qui constituent le véritable second tome, parus dans la presse de 1890, avaient " disparu ", peut-être victimes collatérales d'une entreprise de récupération de l'autobiographie de Louise Michel juste après sa mort. Aussi l'édition de ce second tome, inédit en librairie, constitue-t-elle un événement.
    Couvrant les années 1886-1890 (période qui s'ouvre après la mort de Marianne Michel, la mère, et de Victor Hugo, l'idole, pour se refermer en août 1890, à son départ pour Londres), ce gisement incroyablement riche révèle une écrivaine viscéralement engagée dans l'écriture, vivant ensemble le rapport à l'histoire, à la mémoire, au présent de sa lutte et à l'écriture.
    L'édition critique de ces
    Mémoires, accompagnée d'un dossier documentaire, est établie par Claude Rétat, directrice de recherche au CNRS.

  • De San-Francisco au Canada, de trains de marchandises en fumeries d'opium, d'arnaques en perçages de coffres, du désespoir à l'euphorie, Jack Black est un bandit: parfois derrière les barreaux, toujours en fuite. Avec ironie, sagesse et compassion, il nous entraîne sur la route au tournant du XXe siècle. Personne ne gagne est un hymne à une existence affranchie des conventions. Qu'il soit hors-la-loi, opiomane ou source d'inspiration pour Kerouac et Burroughs, qu'importe, qu'il vole au devant de la déchéance ou qu'il flambe comme un roi, qu'importe, Jack Black n'est guidé que par son amour de la liberté. C'est dur, inoubliable, profondément américain. Black est peut-être un vaurien, mais aussi un conteur né qui joue avec son passé afin de nous remuer, de nous remettre sur le droit chemin.

  • Entamés au seuil de la trentaine, les Carnets couvrent quarante années d'une sorte de vie. Avec le cinquième, on se retrouve, on ne sait trop comment, septuagénaire, à peu près quitte des soins qui ont rempli l'intervalle, excepté celui, cher à Montaigne, d'apprendre à mourir.

  • « Me faire sauver la vie est l'aventure la plus extraordinaire que j'aie jamais vécue. »
    « Ce livre est le vaisseau spécial que j'ai dû me confectionner pour survivre à ma propre guerre des étoiles. Panne sèche de moelle osseuse. Bug biologique, risque de crash imminent. Quand la réalité dépasse la (science-)fiction, cela donne des rencontres fantastiques, des déceptions intersidérales et des révélations éblouissantes. Une histoire d'amour aussi. Ce journal est un duel de western avec moi-même où je n'ai rien eu à inventer. Si ce n'est le moyen de plonger en apnée dans les profondeurs de mon coeur. » (Mathias Malzieu)
    Le Journal est suivi de Carnet de board : un récit de voyage aux airs de rêve d'enfant et une victoire sur la maladie. Skateboard ! Moteur ! Islande !
    Enregistrement accompagné d'improvisations musicales et de chansons interprétées par Mathias Malzieu.

    © Mathias Malzieu, 2016 / Éditions Albin Michel, 2016 pour l'édition française
    © et (P) Audiolib 2017
    Durée : 4h58

  • Jean-Claude Carrière livre les pièces du puzzle que fut sa vie, dirigée par une curiosité sans limite, ponctuée de rencontres majeures (Buñuel, Brook, Forman...) et de quelques chefs-d'oeuvre du cinéma, du Tambour à Cyrano... " Ce livre est un jeu : il s'agit de choisir sa vie, exercice difficile au début d'un parcours, mais qui devient plus facile, et plus ludique, quand on approche de la fin. Il est possible de mettre ceci en lumière et de laisser cela dans l'ombre, ou même dans le noir... Sans parler des tâtonnements de notre mémoire, qui nous accompagnent fidèlement, comme le mensonge. Et puis, ai-je pensé, cela m'évitera d'écrire mes mémoires, ce qui est toujours la barbe. J'aime mieux vivre ma vie que la raconter. "
    Écrivain, scénariste, parolier, traducteur, metteur en scène, mais avant tout conteur, Jean-Claude Carrière se raconte dans cet abécédaire intime qui va d'Aragon à Wajda, et de Doisneau à Shakespeare, en passant par l'Inde et par Pigalle.

  • En 1996, Hwang Sok-yong est incarcere pour s'etre rendu en Coree du Nord. Il va y passer cinq annees et c'est du fond de sa cellule qu'il revit les engagements d'un homme profondement implique dans son epoque. L'enfance a Pyongyang, la fuite vers le Sud sur le dos de sa mere, la guerre du Vietnam, l'ecriture, la lutte contre Park Chung-hee, les massacres du soulevement du Gwangju. En 1989, il se rend illegalement en Coree du Nord. De retour d'exil, il est immediatement jete en prison. Une vie prise dans toute l'epaisseur du reel ou se cotoient politiciens et ecrivains celebres, syndicalistes et ouvriers, paysans luttant pour leur survie, membres de sa famille et compagnons de cellule.

    Né en 1943 en Mandchourie, où sa famille avait fui l'occupation japonaise, Hwang Sok-yong arrive en Corée en 1945, d'abord au Nord, puis au Sud. Il combat les régimes autoritaires qui se succèdent jusqu'à la fin des années 1990, est emprisonné pour ses idées et milite pour la réconciliation des deux Corées. Son oeuvre, traduite dans le monde entier, témoigne de ses combats pour la liberté. Aux Editions Picquier ont paru Princesse Bari et Toutes les choses de notre vie.


  • L'amour, la seule raison de vivre éperdument.

    Ce livre est une lettre d'amour de Francis Huster à la femme qui l'a quitté. Cette saisissante confession, qui oscille entre rires et larmes, ressemble à son auteur : lui qui vit toujours ses rôles avec une même passion nous bouleverse autant qu'il nous choque par son audace impudique. L'acteur se raconte comme on livre un combat où, pour la première fois, il ne serait pas allé jusqu'au bout de lui-même. Puisque la scène est toute sa vie, puisque l'amour est aussi un spectacle, l'auteur remonte sur la scène sentimentale pour parler du couple, de la rupture, de ce que l'on aurait dû faire, de ce que l'on aurait pu dire, et de tout ce qui aurait pu être mais n'a pas été. Homme ou femme, chacun retrouvera une part de lui-même dans cette mise à nu, puisqu'il n'y a pas de point d'interrogation à l'aveu de Francis Huster : " Pourquoi je t'aime. "

  • De la neige pour Suzanne Nouv.

    De la neige pour Suzanne
    Été 2016. Après une adolescence joyeuse dans un foyer de la classe moyenne supérieure et deux expériences professionnelles douteuses, Clément Osé cherche toujours le sens de sa vie. Tenté comme d'autres par le grand large, il enfile son sac à dos et part un an glaner des réponses sur la route. Quand il rentre chez lui, à 27 ans, il est déterminé à changer de vie, radicalement. Il rêve de campagne, de simplicité, et part seul rejoindre une ferme collective écoconstruite et décroissante dans le Béarn.
    Au sein de cette communauté, sur une colline face aux Pyrénées, le dépaysement est total : réunions émotionnelles, habitat bioclimatique, communauté intergénérationnelle... Cette nouvelle vie le conforte dans sa quête d'autonomie et de sobriété, heureuse.
    L'histoire aurait pu s'arrêter là, mais la démarche autobiographique de Clément Osé n'est pas d'écrire un conte de fées alternatif : il livre le témoignage sans concessions d'une expérience inspirante, riche, mais parfois difficile et éprouvante. Cet aller pour la terre lui fait prendre conscience que l'autonomie en marge du monde est illusoire. Ce vécu reste néanmoins une expérience de vie salutaire pour réfléchir à ce que pourrait être, en ce début de XXIe siècle, la lutte pour défendre la beauté du monde.

  • Journal intime

    Richard Burton

    Monstre sacré du 7e art, Richard Burton forma avec Elizabeth Taylor l'un de ses couples les plus emblématiques. Leur relation orageuse, leur train de vie luxueux, leur beauté, leurs excès et leurs succès leur valurent d'être constamment sous les feux des projecteurs - aussi souvent ceux des plateaux de tournage que ceux de la presse à scandale. Ce tourbillon, les carnets intimes que tint l'acteur tout au long de sa vie nous y plongent « caméra à l'épaule », comme si nous y étions. Mais ils révèlent aussi un homme insoupçonné, infiniment plus complexe que l'image de la star superficielle : tourmenté, passionné de théâtre et de littérature, doté d'un sens de l'humour irrésistible, portant un regard lucide et ironique sur l'usine à rêves hollywoodienne, Burton surprend à chaque page.

    Richard Burton, Jenkins de son vrai nom, est né en 1925 au pays de Galles, au sein d'une famille de mineurs de 13 enfants. Il fait ses débuts sur scène en 1943, et s'impose bientôt comme un interprète shakespearien de premier plan. Mais c'est à partir du tournage du Cléopâtre de Mankiewicz, en 1962, durant lequel il entame une liaison avec Elizabeth Taylor, qu'il devient une star d'envergure internationale et l'un des acteurs les mieux payés de sa génération. Il meurt en 1984, à l'âge de 58 ans.

  • En 1963, l'auteur se rend en Chine, d'abord par jeu puis pour suivre des études. Il ignore tout de ce que le pays vient de traverser. Et heureusement, dit-il. Sans cela, il n'aurait pas persévéré dans cette voie. Ses entrevues avec Wen, jeune femme médecin dont il s'éprend, doivent demeurer furtives. Entretenir une relation avec un étranger ne va pas sans danger. Une seule possibilité s'offre à eux : le mariage. Or, pour cela, Wen doit obtenir l'autorisation de la direction de son hôpital, soit du responsable du Parti. Au-delà des obstacles auxquels se heurtent les deux amants, ce récit saisissant et authentique est aussi un roman d'apprentissage. L'auteur devine peu à peu une réalité sociale et politique censée rester cachée, tandis que sa compagne découvre le passé de sa propre famille.

    Reconnu comme un éminent sinologue, Jean François Billeter a su toucher un vaste public sans rien abandonner de sa rigueur et de son exigence intellectuelle. Les éditions Allia ont publié Chine trois fois muette, Leçons sur Tchouang-tseu, Études sur Tchouang-tseu, Contre François Jullien, Notes sur Tchouang-tseu et la philosophie, Essai sur l'art chinois de l'écriture et ses fondements, Un paradigme, Lichtenberg et Trois essais sur la traduction, enfin Esquisses.

  • Une femme est une autobiographie romancée, dans un style sobre, d'une réserve classique traversée d'effusions lyriques. Déchirée entre un amour passion pour son père brillant et séducteur et une pitié terrifiée pour sa mère trompée qui, peu à peu, sombre dans la folie, la narratrice lutte pour conquérir son indépendance intellectuelle et affective contre un mari brutal et veule, contre un milieu provincial superstitieux et étriqué. Ce sera au prix du renoncement à son fils qu'elle deviendra une femme libre et active.

  • " Coucou ! Ça va, toi ? Tu dois être sacrément étonné de m'entendre. C'est normal, je suis censé ne pas savoir faire grand-chose. Mais j'ai plus d'un tour dans mon sac. Puisque tu ne dors pas, tu m'écoutes alors, d'accord ? " Samy et Mohammed n'ont a priori qu'un point commun : on ne les comprend pas. Le premier a douze ans, et est handicapé. Il n'a pas la parole. Le second a trente-sept ans, il est irakien, et personne autour de lui ne parle sa langue. L'un est joyeux, plein d'humour; l'autre triste, un peu perdu. Entre eux va pourtant naître une véritable amitié. Ils se racontent leur quotidien. Des quotidiens imbriqués: Samy étant parti vivre loin de sa famille, Mohammed occupe sa chambre, vacante. Dans ce dialogue imaginaire entre son petit garçon et le réfugié qu'elle a accueilli chez elle, Églantine Éméyé nous donne à découvrir une autre vie. Celle que nous ne parvenons pas à imaginer, celle des " différents ". Tour à tour cocasses, tristes, émouvants, ces deux personnages hors norme font souffler une bouffée d'air frais sur nos vies de " normaux ". Sous leur regard, miroir renversé du nôtre, naît un monde fait de petits bonheurs et de grandes victoires sur soi-même et sur les autres.Un conte humaniste, porté par une joie de vivre contagieuse malgré tous les vents contraires, à l'image de son auteure et des combats qu'elle poursuit.

  • "...J'attrape la corde lisse, je lâche le trapèze. Je ne sais pas que c'est la dernière fois que je risque ma vie, là-haut, à quinze mètres de hauteur, sans sécurité. J'enroule ma jambe autour de la corde, je commence à glisser... Dans quelques semaines, je rencontrerai un homme. Je glisse le long de la corde, un extatique sourire aux lèvres... Nous vivrons, travaillerons ensemble, il me convaincra de faire des enfants. Je glisse encore le long de la corde, je touche le sol, je salue... La somnambule a atterri. Il était grand temps que je descende sur terre." Anny Duperey.
    Dans son récit Le Voile noir, Anny Duperey racontait qu'elle avait presque neuf ans lorsqu'elle trouva ses parents morts, tous deux asphyxiés dans leur salle de bains. Quels avaient été les rêves de sa jeune mère, presque inconnue et si tôt disparue ? Comment nos morts vivent-ils en nous ? La puissance de leurs rêves inaccomplis peut-elle nous influencer obscurément, et mener notre vie sans même que l'on s'en rende compte ?  ©2017 Les éditions du Seuil (P)  

  • Marié dès l'âge de dix-huit ans à une femme que sa communauté lui a choisie, Shulem Deen a longtemps mené une vie austère encadrée par les règles strictes des skver. Considérés comme trop extrêmes même par les plus fanatiques - les satmar, les belz, les loubavitch -, les skver font revivre les coutumes et les pratiques des premiers Juifs hassidiques et se tiennent à l'écart du monde extérieur. Seulement, un jour, Shulem s'est mis à douter. Dans ce récit passionnant, il raconte le long et douloureux processus d'émancipation qui a poussé sa communauté ultra-orthodoxe à l'exclure pour hérésie. Un parcours poignant qui, loin de tout règlement de comptes, offre une analyse fine des raisons conduisant des hommes et des femmes à quitter leur monde.

  • Une quête de sexe et d'amour dans le San Francisco gay des années 70-80, qui est aussi construction de soi

    Été 1977, Kevin Bentley a vingt et un ans quand il s'échappe de son Texas natal puritain pour s'installer à San Francisco. Le jeune homme, émerveillé, découvre une ville mythique dont quelques rues constituent le coeur de la communauté gay, alors en ébullition. À l'affût de chaque silhouette, de chaque regard, il consigne dans son journal ses nombreuses rencontres et son intense vie sexuelle : un moment suspendu d'hédonisme et d'insouciance avant l'arrivée tragique du sida.

    Survivant avec un humour intact aux incendies, drogues et petits copains psychotiques, Kevin Bentley décrit les animaux certes sauvages, mais aussi vulnérables, qui peuplent cet eldorado des désirs et de leur assouvissement. Drôles, parfois mélancoliques, souvent jouissives, les pages de ces carnets donnent à lire dix-neuf ans d'un apprentissage du plaisir et des hommes. Une quête de sexe et d'amour qui est aussi construction de soi.

  • Avec ce livre testament Jean d'Ormesson achève sa trilogie ( Comme un chant d'espérance, Guide des égarés) qui constitue trois tentatives de réponse à la question : Que fais-je là ? Détective métaphysique, il poursuit ce questionnement et tente avec gaieté de percer ce mystère. Et au fil des pages nous invite à rêver, à espérer, à croire.
    " Grâce à Dieu, je vais mourir. Comme tout le monde. Comme vous. Avant vous sans doute : ma vie est déjà longue, j'approche du bout du chemin. Mais rien de plus capricieux que cette mort si certaine. L'histoire est imprévisible. Ce qu'il faut dire avec force dès le début de ce petit livre, c'est que personne n'est sûr de rien. " Ainsi s'ouvre Un hosanna sans fin.
    " Disons les choses avec simplicité, avec une espèce de naïveté : il me semble impossible que l'ordre de l'univers plongé dans le temps, avec ses lois et sa rigueur, soit le fruit du hasard. Du coup, le mal et la souffrance prennent un sens - inconnu de nous, bien sûr, mais, malgré tout, un sens. Du coup, je m'en remets à quelque chose d'énigmatique qui est très haut au-dessus de moi et dont je suis la créature et le jouet. Je ne suis pas loin de penser qu'il n'y a que l'insensé pour dire : " Il n'y a pas de Dieu. " Je crois en Dieu parce que le jour se lève tous les matins, parce qu'il y a une histoire et parce que je me fais une idée de Dieu dont je me demande d'où elle pourrait bien venir s'il n'y avait pas de Dieu. "

  • « Écrit le jour où l'on a brûlé mes livres en Allemagne. » Ainsi commence Le Livre de l'hirondelle d'Ernst Toller. Pour tenter de comprendre comment un tel événement a pu se produire, il entreprend alors de raconter, telles qu'il les a vécues, les années qui menèrent jusqu'à ce tragique autodafé de 1933 : son enfance dans une famille juive de Prusse orientale, puis la Grande Guerre, l'échec fracassant du spartakisme ainsi que la fin d'une révolution qu'il voulait pacifiste. Ensuite vinrent les années de prison où, telles ces hirondelles qui s'obstinaient à lui rendre visite dans sa cellule, Toller continua de rêver à une Europe réconciliée en écrivant des poèmes imprégnés d'espoir. Mais à quelques kilomètres de là, dans une autre prison, Adolf Hitler dictait un autre genre de livre.

    Comme Stefan Zweig, Walter Benjamin et Klaus Mann, Ernst Toller (1893-1939) appartient à la génération des écrivains juifs de langue allemande contraints de s'exiler à l'arrivée d'Hitler au pouvoir. Militant révolutionnaire et pacifiste, il est l'auteur d'oeuvres théâtrales traduites en 27 langues. Désespéré par le triomphe du nazisme et du franquisme, accablé par les difficultés financières, artistiques et amoureuses, il se donne la mort à New York à la veille de la Deuxième Guerre mondiale.

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