Calmann-Lévy

  • Je viens d´un pays qui est né à minuit.Quand j´ai failli mourir, il était juste midi passé.Lorsque les talibans ont pris le contrôle de la vallée du Swat, au Pakistan, une toute jeune fille a élevé la voix. Refusant l´ignorance à laquelle la condamnait le fanatisme, Malala Yousafzai résolut de se battrre pour continuer d´aller à l´école. Son courage faillit lui coûter la vie.Le 9 octobre 2012, alors qu´elle n´avait que quinze ans, elle fut grièvement blessée par un taliban dans un car scolaire. Cet attentat censé la faire taire n´a que renforcé sa conviction dans son combat, entamé dans sa vallée natale pour la conduire jusque dans l´enceinte des Nations unies. À seize ans à peine, Malala Yousafzai est la nouvelle incarnation mondiale de la protestation pacifique et la plus jeune candidate de l´histoire au prix Nobel de la paix.Moi, Malala est le récit bouleversant d´une famille exilée à cause du terrorisme ; d´un père qui envers et contre tout a fondé des écoles ; de parents courageux qui, dans une société où les garçons sont rois, ont manifesté un amour immense à leur fille et l´ont encouragée à s´instruire, à écrire, à dénoncer l´insoutenable et à exiger, pour toutes et tous, l´accès au savoir.

  • Le premier livre du journaliste primé
    du Prix Pulitzer 2018
    La politique étrangère des États-Unis subit une mutation désastreuse, modifiant pour toujours le rôle de l'Amérique dans le monde. Les institutions diplomatiques souffrent de coupes budgétaires drastiques et les diplomates, qui ont permis les plus fines négociations et protégé des citoyens aux quatre coins du monde, sont démis de leurs fonctions du jour au lendemain. Des bureaux entiers du ministère des Affaires étrangères restent vides, alors qu'à l'extérieur, l'industrie et l'armée reprennent les rênes tenues autrefois par les artisans de la paix.
    Dans une exploration fascinante des coulisses du pouvoir, de Washington jusqu'aux recoins les plus isolés et dangereux de la planète - Afghanistan, Somalie, Corée du Nord notamment - l'éminent journaliste Ronan Farrow éclaire l'un des changements les plus conséquents et les moins compris de l'histoire de l'Amérique. Son expérience d'employé du ministère des Affaires étrangères nous dévoile aussi une vision personnelle des derniers défenseurs de l'État, dont Richard Holbrooke, qui a obtenu la paix en Bosnie avant de la tenter en Afghanistan.
     
    S'appuyant sur des documents jamais dévoilés, et enrichi d'interviews exclusives d'éminences politiques (de Henry Kissinger à Hillary Clinton), Paix en guerre nous alerte sur une profession en voie d'extinction et dont la dégradation a débuté pendant l'ère Bush après des décennies de politique de la lâcheté et de manque de vue à long terme.

  • Des démocrates athéniens à Montesquieu, d'Aristote à Rousseau, personne ne songeait à faire de l'élection l'instrument démocratique par excellence ; démocratie n'équivalait pas à gouvernement représentatif, c'est le tirage au sort qui paraissait le mieux apte à respecter l'égalité stricte des candidats.
    Que s'est-il passé au tournant du XVIIIe siècle, en Europe et aux Etats-Unis, pour que se renverse cette conception multiséculaire et pour qu'advienne l'idée qu'une démocratie est, par essence, un gouvernement représentatif ? Le changement tient-il à la réalité des choses ou au regard que nous portons sur elles ?
    Ce livre présente une théorie du gouvernement représentatif, en s'attachant aussi bien à la tradition européenne qu'aux débats américains. Bernard Manin montre que le système représentatif n'a pas pour seule fonction de permettre au peuple de se gouverner lui-même. Le gouvernement représentatif mêle en fait des traits démocratiques et aristocratiques. L'élu n'est jamais le double ni le porte-parole de l'électeur, mais il gouverne en anticipant le jour où le public rendra son jugement.

  • Fétichisme des équilibres budgétaires, fanatisme du libre-échange, mépris de la préférence communautaire, subversion du politique par l'économie, des États par les marchés, du public par le privé...
    Comment peut-on être européen  ?
    L'Europe est aujourd'hui engluée dans un triple échec. Échec de l'union monétaire alors que ne cesse de se creuser la divergence entre Nord et Sud. Échec de l'union économique, pendant que la compétition entre pays membres se poursuit. Échec d'une union politique quand l'Europe préfère abandonner sa gouvernance à des autorités indépendantes plutôt que de privilégier la concertation entre les États.
    Au-delà de l'affrontement stérile entre souverainisme et fédéralisme, Jean-Marc Ferry suggère d'explorer une troisième voie, la co-souveraineté  : la possibilité de se coordonner afin de conduire ensemble des politiques publiques définies sous l'autorité d'une institution légitime, associant les parlements nationaux aux processus de décision.
     
    Jean-Marc Ferry plaide aussi pour l'instauration d'un socle social européen, reposant sur le double dispositif d'un revenu de base universel et du développement d'un nouveau secteur d'activité personnelle et autonome. Enfin, il revient, en philosophe, sur le sens même de la construction européenne face aux menaces toujours présentes de la misère, de la guerre et de la barbarie.

  • « Cela faisait une quinzaine de jours que les VTTistes tournaient dans le village. Ils avaient tout sillonné, tout monté, et Dieu sait que ça grimpe à Tarnac. Cette nuit de juillet 2008, les cyclistes avaient roulé jusqu´à la ferme du Goutailloux. Le temps était frais, idéal pour une sortie nocturne. Au second virage, à moins que ce ne soit le troisième, il faisait nuit, plus personne ne sait avec exactitude, les cyclistes se sont arrêtés et ont commencé à creuser la terre pour y colmater une vieille souche d´un conifère quelconque. À cette heure-ci, la montagne dort, hormis les biches qui profitent du calme pour se promener, et les cyclistes s´affairaient sans bruit. L´avantage de choisir une courbe, c´est d´être assuré que les voitures vont ralentir. Et pour l´appareil photographique que les agents de la direction centrale du Renseignement intérieur (DCRI) étaient en train d´installer dans le tronc d´arbre mort, cet atout est précieux. Pendant des semaines, l´appareil allait mitrailler automatiquement toutes les plaques minéralogiques de passage. Et quelques sauts de biches, aussi. Ensuite, on n´a plus jamais revu les cyclistes. Ils sont rentrés chez eux, en région parisienne, leur vélo dans le coffre.
     L´agent de la DCRI me sourit :  - Le plus pénible, c´était d´aller relever les bandes et recharger les batteries des caméras. À chaque fois, ça multipliait les risques de se faire gauler. » UNE CONTRE-ENQUÊTE AU COEUR D´UNE AFFAIRE D´ÉTAT.Sur l´affaire de Tarnac - du nom du village où furent arrêtés Julien Coupat et ses proches, suspectés de sabotages de lignes TGV en novembre 2008 -, un récit à la première personne, subtil et documenté.

  • Poutine

    Frédéric Pons

    Vladimir Poutine reste une énigme. Que veut-il ? Affirmer son pouvoir personnel et celui de son clan, quel qu'en soit le prix, dans la lignée des autocrates qui se sont succédé au Kremlin depuis des siècles ? Restaurer la grandeur de son pays, en faisant la synthèse de l'histoire russe, des tsars aux Soviétiques ? Comment le petit lieutenant-colonel du KGB qu'il fut à la fin de la guerre froide a-t-il pu s'imposer ainsi au sommet de l'une des premières puissances du monde ? Qui est cet homme qui semble en permanence porter un masque ? Un politicien cynique et brutal, assoiffé de pouvoir et d'argent, ou un patriote sincère, attaché à défendre les intérêts de son pays ? Au fil d´une enquête rigoureuse, nourrie de rencontres inédites à Saint-Pétersbourg et à Moscou, Frédéric Pons brosse un portrait saisissant du maître du Kremlin : sa formation, ses rêves et ses ambitions, sa passion et sa maîtrise de nombreux sports, la diversité et la force de ses réseaux de pouvoir et d'influence, les étapes décisives de sa formidable ascension, qui alterne la brutalité et la séduction. Sans occulter les ambiguïtés de Poutine, Frédéric Pons rappelle aussi les erreurs commises par l´Occident, aujourd'hui pris de court pour ne pas avoir voulu comprendre les craintes et les aspirations de la Russie après la chute du communisme, un « mépris » qui explique en partie les blocages actuels.


  • Peut-on encore être européen ? Trop de scandales, comme l'embauche de José Manuel Durão Barroso, l'ancien président de la Commission, par la banque d'affaires Goldman Sachs. Trop de compromissions, comme l'élection de Jean-Claude Juncker à la tête de l'exécutif européen, lui qui a transformé son pays, le Luxembourg, en paradis fiscal. Trop d'échecs, de l'économie au contrôle des frontières extérieures en passant par le social ou la défense. Trop de libéralisme débridé. Et trop peu de démocratie.
    Il est facile de dresser un acte d'accusation implacable contre l'Union en dissimulant la responsabilité des gouvernements nationaux dans ces dérives. Les salauds de l'Europe, ce sont à la fois les États, les maîtres de l'Union, qui ont trahi le rêve des pères fondateurs, et les démagogues qui essayent de faire croire qu'un retour vers le passé résoudrait tous les problèmes. Il est temps de redire ce que l'Union nous a apporté à l'heure où elle n'a jamais paru aussi fragile, menacée de l'extérieur par la Russie de Poutine et les États-Unis de Trump, et de l'intérieur par le Brexit et la montée des partis extrémistes.
    Dans ce livre percutant, l'un des meilleurs spécialistes de l'Europe reprend un à un les arguments de ses opposants en démêlant le vrai du faux et rappelle que la construction communautaire, aussi perfectible soit-elle, reste la dernière utopie pacifiste d'une planète au bord de l'abîme.
     

  • Dissuasion, subversion, persuasion. Ce sont les trois concepts qui désignent les composantes principales des diplomaties-stratégies. Au terme de son enquête, Raymond Aron tente de définir la morale de l'action diplomatique, la stratégie qui donne la meilleure chance de sauver la paix sans sacrifier la liberté. Enfin en un exercice de pensée utopique, il cherche les conditions de paix par la loi.

    En 1962, lorsque cet ouvrage paraît, ces conditions ne sont pas réalisées et la paix se résume à l'absence ou à la limitation des guerres. L'analyse de Raymond Aron prend place en pleine guerre froide et explicite les rapports de force qu'impose l'arme nucléaire détenue par quelques puissances militaires.

    C'est aussi une réflexion sur le devenir de l'humanité.

  • Il est une contradiction fondamentale au coeur de la démocratie  : la décision du souverain pour le bien commun doit être une, alors même que le peuple, avec la diversité légitime de ses opinions, est multiple.
    Tel est le problème qu'entreprend de résoudre De la Souveraineté.
    Bertrand de Jouvenel construit sa réponse en faisant retour sur les questions fondamentales de la philosophie politique. Pourquoi et comment les hommes s'associent-ils  ? Quelles sont les différentes formes possibles d'association  ? Qu'est ce qui caractérise la communauté politique au regard des autres formes d'association  ? En quoi consiste l'autorité politique  ? Pourquoi obéissons-nous aux lois  ?
    Au terme de ce parcours, il montre que c'est la délibération éclairée par la raison entre les membres de la communauté démocratique, grâce notamment à leurs instances représentatives, qui permet de résoudre la contradiction.
     
    Paru en 1955, dix ans après Du Pouvoir, De la Souveraineté est longtemps resté indisponible en librairie. Liberté de l'esprit met à nouveau à la disposition du public ce classique de la pensée libérale, enrichi d'une introduction de Vincent Descombes qui fournit un éclairage clair et pédagogique à la pensée de Jouvenel.
     
     
     
     
    Bertrand de Jouvenel (1903-1987), politologue, journaliste, professeur, a fondé la revue de prospective Futuribles ainsi que le think tank libéral la Société du Mont-Pèlerin, aux côtés de Friedrich Hayek. Il est avec Raymond Aron un des représentants les plus brillants de la pensée libérale française d'après-guerre.

  • "Qu´es-tu venu faire dans cette galère ? Mes amis n´ont cessé de me poser la question quand je me suis porté candidat à l´investiture d´Europe Écologie-Les Verts pour la Présidentielle 2012. Pourquoi entrer dans cette ronde du pouvoir après avoir passé tant d´années avec la nature, sa simplicité, sa puissance et le message d´humilité qu´elle ne cesse de nous prodiguer ? C´est justement par amour pour elle que je suis entré dans ce costume improbable. C´est Ushuaïa qui m´a mené vers ce combat.Qu´es-tu venu faire dans cette galère ? La réponse est dans l´itinéraire d´une vie. Une vie plus haute que mes rêves. Ces vingt-cinq années à travers les contrées les plus éblouissantes de la planète m´ont fait tisser un lien indéfectible et charnel avec la nature. Et j´ai compris que c´est aux hommes de sauver la beauté du monde qui donne un sens à leur existence. Aux hommes de préserver la terre, notre avenir. Ces pages sont l´écho de ce chemin qui part du coeur de la Terre vers le coeur des hommes pour la Vie."                        Nicolas Hulot, juillet 2013.

  • Emmanuel Macron a été porté au pouvoir par l'exigeant espoir  d'un renouveau de la vie politique.
    Aujourd'hui, la chute de sa popularité est vertigineuse.
    En jetant sur les faits un regard lucide et informé, Roland Cayrol montre la part d'excès de ce retournement de l'opinion, en même temps que la responsabilité du président lui-même.
    En quelques mois, Macron aura redistribué les cartes d'un jeu politique dont les Français ne voulaient plus et mis en oeuvre,au pas de charge, des réformes dans des secteurs importants  de la société.
    Mais, comme le rappelle Roland Cayrol, « on ne change pas la société par décret».
    Le véritable défi d'Emmanuel Macron reste de proposer un  projet politique lisible, de transformation de la société française  à cinq ou dix ans, et surtout d'inventer les moyens pour que les citoyens s'investissent dans cette transformation, qu'ils ont
    eux-mêmes voulue en le portant à la présidence.
    Ce qui est en jeu avec le macronisme, c'est la capacité des sociétés libérales européennes, aujourd'hui sous la menace populiste, à construire un avenir désirable.
    Politologue reconnu, directeur de recherche associé au Centre
    d'études de la vie politique française (Cevipof-Sciences Po), Roland
    Cayrol compte parmi les observateurs les plus perspicaces des mutations
    que traversent aujourd'hui nos démocraties. Il est l'auteur d'une
    oeuvre importante sur l'opinion et la vie politique française.

  • Karachi

    Bernard Cazeneuve

    8 mai 2002, Karachi, Pakistan, 8 heures du matin. Un attentat-suicide provoque la mort de 14 personnes dont 11 employés français de la Direction des constructions navales [DCN] qui s'apprêtaient à rejoindre le chantier des sous-marins Agosta 90B.Très vite, la piste d'al-Qaida est retenue, Oussama Ben Laden ayant salué l'action du kamikaze. Pourtant, près de dix ans après les faits, l'enquête n'a toujours pas abouti. L'attentat de Karachi devient une affaire d'État, un imbroglio franco-français mettant au jour des rivalités fratricides au sein de la droite.Député-maire de Cherbourg dont étaient originaires les victimes de l'attentat, Bernard Cazeneuve réussit à convaincre ses pairs d'ouvrir une mission d'information. Pendant des mois, il mène avec ses collègues la totalité des débats et auditions. Parmi les acteurs principaux du dossier, des têtes d'affiche : Édouard Balladur, François Léotard et Charles Millon.Pourquoi cette enquête est-elle impossible ? Contradictions des témoins clefs, entraves à la justice, manoeuvres de l'exécutif, course aux scoops des journalistes : Bernard Cazeneuve, en racontant de l'intérieur les difficultés qu'ont eues les députés à accomplir leur travail, illustre avec courage et précision les fragilités de notre démocratie.Un témoignage implacable et précieux pour mieux comprendre l'une des plus importantes affaires de la Ve République.

  • Depuis des décennies, le monde arabe connaît une interminable descente aux enfers. L'Occident porte une large part de responsabilité, mais aussi les dirigeants orientaux eux-mêmes, ou la pâle copie que sont leurs héritiers. Livrée aux appétits des puissances occidentales après la Première Guerre mondiale, cette région est devenue le terrain d'affrontement des rivalités. La découverte du pétrole en Irak et en Arabie saoudite dans les années 30 a aiguisé les convoitises européennes et américaines. La création de l'État d'Israël en 1948, vécue par le monde arabe comme « la catastrophe », n'est toujours pas acceptée. Génération après génération, les conflits se transmettent et s'élargissent. Aujourd'hui, nous assistons impuissants à l'énumération morbide des victimes, et de nombreuses questions se posent. Y a-t-il une fatalité pour que les Arabes ne connaissent ni le repos ni la paix ? L'islam est-il insoluble dans la démocratie ou dans la république ?
    Cette enquête sans complaisance, menée sur le terrain durant plusieurs années par deux spécialistes du monde arabe, Christian Chesnot et Antoine Sfeir, se veut une analyse clinique et complète des crises enchevêtrées du Moyen-Orient. Un examen pour mieux comprendre une région dont l'avenir est une des clés de notre stabilité.

  • Nous vivons aujourd'hui dans « l'empire » américain, dont la mondialisation n'est que l'expression économique. Le libre-échange mondial, instauré comme doctrine officielle en 1946  à Bretton Woods, était paré de toutes les vertus, car il était entendu qu'en dopant le commerce international, il allait profiter à tous. « Une marée montante soulève tous les bateaux », disait le proverbe cité en appui de cette thèse. « L'empire » américain a façonné ainsi le monde, mais en fragilisant les états dont il a coopté les élites au détriment du reste des populations qui ont vu les inégalités se creuser, et en traçant au coeur des nations une frontière économique invisible, mais bien réelle, entre les gagnants et les perdants du système. Résultat, la contestation, voire la colère des peuples gronde face au système international, perçu comme un « club des élites ». Avec le Brexit et l'élection de Donald Trump, l'utopie américaine d'une « mondialisation heureuse » est brutalement confrontée à la perspective d'un rejet, trente ans à peine après la faillite de l'idéologie communiste. Sous la pression de « l'empire », l'affaiblissement de l'état national est devenu en outre partout un fait patent. Le mal-être français, qui se reflète directement sur la vie politique, n'en témoigne que trop bien. Nous sommes désormais entrés dans une crise profonde, qui remet en question un système international fondé sur le libre-échange, ainsi que notre conception même de l'État. Il n'est pas trop tard, mais le temps presse. Les signes de la révolte doivent alerter les dirigeants occidentaux sur l'urgence qu'il y a à corriger les effets de la mondialisation sur les populations occidentales, dont ils ont oublié un peu vite qu'elles étaient aussi composées d'électeurs !

  •     Ravagé par un génocide, convoité par des voisins puissants et prédateurs, mis en coupe réglée par une nomenklatura corrompue, asphyxié par un régime néoféodal, le Cambodge est un pays martyr. Nul ne le sait mieux que Sam Rainsy. Né dans une famille patricienne de Phnom Penh proche du roi Norrodom Sihanouk, le jeune Rainsy connaît l´opulence, puis la déchéance lorsque son père, un homme politique de premier plan, est brutalement limogé et doit passer dans la clandestinité avant de finir assassiné.    Réfugiés à Paris, les Sam vont se résigner à une vie d´immigrés pauvres. Mais jamais ils ne perdront l´espoir ni la dignité. Élève surdoué, Rainsy fera des études brillantes qui lui permettront de devenir un financier de haut vol, spécialiste des fusions-acquisitions dans l´industrie du luxe...    Mais comment se contenter de gagner de l´argent et d´en faire gagner, quand son pays s´enfonce dans la barbarie aux mains d´un régime qui pratique le meurtre de masse ? De l´action humanitaire à Paris en faveur des victimes des Khmers rouges aux campagnes électorales sur le terrain après la chute du régime communiste, Rainsy et sa femme Saumura se lancent dans l´action politique, reprenant ainsi le flambeau de leurs pères respectifs : ceux-ci n´étaient-ils pas cosignataires des accords de Genève sur l´Indochine en 1954 ?     Pour ce couple de Cambodgiens occidentalisés, le retour au pays est rude. Ministre de l´Économie du premier gouvernement de l´après-guerre, Sam Rainsy met de l´ordre dans les finances de l´État, combat la corruption, ce qui lui vaut  un soutien populaire mais aussi de nouvelles inimitiés. Il passe alors dans l´opposition et crée un parti démocrate et libéral,  le PSR, une provocation que ne lui pardonnent pas ses adversaires. Il est la cible de plusieurs attentats qui tuent nombre des ses partisans. Aux agressions, Rainsy oppose un pacifisme d'essence bouddhique et maintient le cap, impavide et inébranlable, à 'image de ces arbres qui poussent dans la pierre des temples d'Angkor.

  • Le fait du prince est au coeur de l'histoire du pouvoir depuis la nuit des temps. Du général de Gaulle à Emmanuel Macron, les huit présidents de la Ve République ont tous très souvent agi en n'obéissant qu'à leurs humeurs, leurs passions publiques et privées, voire leurs fantasmes. Petits et grands caprices des gouvernants font le quotidien de notre vie publique. Parfois pour le meilleur, souvent pour le pire. D'un Falcon utilisé pour aller acheter des fromages à la décision toute personnelle de lancer un plan pour améliorer la sécurité routière, de
    nominations injustifiables à l'édification de musées exceptionnels, de l'intervention dans les programmes télévisuels aux faveurs accordées aux maîtresses, cette enquête nourrie de faits inédits raconte la grandeur et les faiblesses de nos présidents depuis 1958. Le vrai roman du pouvoir.
     

  • Éric Surdej a passé près de dix ans chez LG, l´un des leaders mondiaux de l´électronique de loisirs. Premier non-Coréen à être nommé patron d´une filiale majeure à l´étranger, en l´occurrence en France, il nous raconte ce qu´il faut faire et subir pour survivre, sinon réussir, dans une « boîte » coréenne : dix, voire douze heures de travail par jour sous l´oeil inquisitorial d´une hiérarchie obsédée de notation et de rendement, une soumission fanatique à l´entreprise, une vie privée réduite à sa plus simple expression, une tension extrême dans les rapports humains, des séminaires de motivation dignes d´une secte...
    Qu´allait-il donc faire dans cette galère ? C´est qu´Éric Surdej, en vingt ans de carrière dans l´électronique de loisirs, avait eu l´occasion d´admirer l´extraordinaire efficacité de ses concurrents coréens, leur souci de contrôler chaque détail lors de l´exécution d´une stratégie, leur capacité à mobiliser une énergie et une volonté presque illimitées pour parvenir à leurs fins. Voici un livre qui va donner des éléments de comparaison à tous ceux, nombreux en France, qui se sentent exploités par leur entreprise. Il explique aussi comment les chaebols coréens ont damé le pion aux keiretsus japonais, sans parler des entreprises occidentales, et contient quelques leçons dont ces dernières pourraient s´inspirer si elles veulent survivre dans une économie mondialisée où la Corée fait figure non plus de « jeune tigre », mais d´ogre à l´appétit insatiable.

  • Au terme d'une campagne complètement folle où rien ne s'est passé comme prévu, les Français ont élu Emmanuel Macron, 39 ans, président de la République. Une élection historique, marquée par d'innombrables rebondissements dont l'élimination des deux principaux partis de gouvernement dès le premier tour et la qualification de Marine Le Pen, quinze ans après son père, pour le second tour. Ce livre raconte les coulisses de cette campagne hors norme, placée sous état d'urgence et menace terroriste maximale, minée par les affaires et par une crise démocratique sans précédent, et dont tous les ténors ont été « dégagés » un à un : François Hollande qui renonce à briguer un second mandat ; Nicolas Sarkozy, désavoué par ses électeurs ; Alain Juppé et Manuel Valls, écartés dès les  primaires ; François Fillon, plombé par le Penelopegate... Pendant près d'une année, Laurent Neumann a décrypté la campagne au jour le jour, des primaires jusqu'au soir du second tour, et nous fait partager scoops, conversations secrètes et scènes inédites. Dans l'intimité des dirigeants, venez découvrir l'envers du décor politique et les ressorts de la fabrique à scandales. Oubliez tout ce que vous pensiez savoir, bienvenue dans le grand roman de la présidentielle 2017.

  • « Connais ton ennemi » reste l´adage le plus important dans la lutte contre le terrorisme.Si l´État islamique est présenté le plus souvent, dans les journaux occidentaux, comme un gang de criminels enchaînant les victoires, l´experte en terrorisme Loretta Napoleoni nous rappelle que l´ambition première de l´organisation est d´édifier une nation, en recréant l´ancien califat de Bagdad version XXIe siècle.Largement financé par l´étranger, l´État islamique utilise toutes les technologies modernes de communication pour recruter, collecter des fonds et séduire. Car son but est d´asseoir sa souveraineté et de créer une adhésion autour de son projet, à la différence d´Al-Qaïda et des talibans qui exploitent les populations locales et font régner la terreur. Grâce aux réseaux sociaux, 12 000 djihadistes, dont 2 200 Européens, ont rejoint ses rangs.Cette enquête est un document clé pour la compréhension de la nébuleuse État islamique engagée dans une guerre de conquête. L´EI n´est pas un réseau terroriste de plus, mais un ennemi puissant en phase avec le désordre mondial actuel, et « ignorer ces faits est plus que trompeur et superficiel, c´est dangereux ».

  • Marrakech, le XXIe arrondissement de Paris ? « Le Paris du Sahara », comme le disait Churchill qui venait poser son chevalet de peintre amateur dans les jardins de la Mamounia, le plus célèbre des hôtels de luxe du Maroc. C´est toujours vrai. De Nicolas Sarkozy à Dominique Strauss-Kahn, de Bernard Henri-Lévy à Jean-René Fourtou, le président du conseil de surveillance de Vivendi, les hommes politiques, de droite comme de gauche, les intellectuels de tous bords, les patrons du CAC 40, sans parler des vedettes du show-biz, se retrouvent à Marrakech. Ils y sont chez eux. Et c´est là, dans un riad de la médina, au bord de la piscine d´un palace, ou dans une villa au coeur de la palmeraie, que se nouent des pactes politiques et des alliances industrielles. En arrière-plan se dessine une Marrakech qui, sur fond de misère, offre des plaisirs sexuels interdits en Europe.L´attentat du café l´Argana qui, au printemps 2011, a coûté la vie de 17 personnes, dont 8 Français, a déjà fait vaciller l´engouement des Français pour Marrakech. L´entrée en force des islamistes au gouvernement va-t-elle définitivement détourner les touristes du royaume ? Et l´arrivée en France de la gauche au pouvoir sonne-t-elle le glas des relations franco-marocaines ?Dans une enquête fouillée, menée sur place et côté français, les auteurs de ce Paris-Marrakech dévoilent les relations quasi incestueuses et extravagantes qui unissent la France et le Maroc.

  •    Plus long que la Première et la Seconde Guerre mondiale, que la guerre d´Algérie ou que celle du Vietnam, l´interminable  conflit afghan a broyé les espoirs de « nation building » que nourrissait l´Occident. Plus de dix ans d´une guerre « asymétrique » contre un ennemi aussi insaisissable qu´omniprésent n´ont pas suffi à endiguer les calamités qui ravageaient l´Afghanistan : guérilla, terrorisme, rivalités ethnico-tribales, économie à la dérive, corruption endémique, pauvreté. Certains fléaux, comme le trafic de drogue, se sont même aggravés. L´Occident a payé son obstination au prix fort : plus de 3 000 militaires de la coalition tués, des dizaines de milliers d´autres blessés, des milliers de victimes civiles « collatérales » et 2 000 milliards de dollars partis en fumée...    À l´heure où les corps expéditionnaires des membres de la coalition lèvent le camp les uns après les autres, Hervé Asquin dresse le « post mortem » de cette guerre si longue et si coûteuse. Un bilan militaire et politique, bien sûr, mais également humain, car ce sont d´abord les soldats, les sous-officiers et les officiers américains, anglais ou français, et leurs protégés de l´Armée nationale afghane, qui ont payé le plus lourd tribut, celui du sang, à ce mirage.    Correspondant de l´AFP de 2006 à 2010, il a interrogé les ministres successifs de la Défense, les hauts gradés, accompagné de la Kapisa à l´Helmand les militaires français dans leurs opérations de « contrôle de zone », partagé la tambouille des engagés afghans. Il révèle aussi les tensions extrêmes qui opposèrent Chirac et Jospin au lendemain du 11 septembre 2001, lorsqu´il fallut se montrer solidaire des Américains jusque dans l´erreur.   Ce livre, qui alterne géopolitique et vécu à hauteur d´homme, explore au plus près du terrain les ressorts de la corruption et les errements stratégiques et diplomatiques qui ont entraîné le monde dans cette guerre, la plus longue, la plus chère et l´une des plus vaines qu´ait connu l´Occident depuis des siècles.

  • « Belle », « ardente », « enfant gâtée », « grande professionnelle », « exaspérante »... Les qualificatifs et les épithètes ne manquaient pas dès qu´on évoquait Anne Sinclair, avant. De fait, avant le tremblement de terre du 14 mai 2011, tout souriait à l´ancienne star de TF1 : son mari, directeur général du Fonds monétaire international et favori des sondages en France, allait annoncer sa candidature à la présidentielle. Dans un an, c´était à l´Élysée qu´Anne et Dominique réuniraient peut-être leur belle et grande tribu familiale et amicale.
    Jusque-là, l´existence d'Anne Sinclair avait plutôt ressemblé à un conte de fées pour enfant des Trente Glorieuses. Petite-fille d´un des plus grands marchands d´art de l´avant et l´après Seconde Guerre mondiale, fille d´un combattant de la France libre, elle a grandi dans le Paris bourgeois avant de concrétiser ses rêves d´adolescente. D´Europe Nº1 à France Inter en passant par TF1, avec ses émissions 7 sur 7 et Questions à domicile, la carrière d´Anne Sinclair a été récompensée par quatre Sept d´or et a fait d´elle une star.  Ce livre est le récit d´une existence exceptionnelle, avec ses parts de lumière mais aussi celles, moins connues, d´ombre. Il s´agit d´une biographie autorisée mais non approuvée : si Anne Sinclair a consacré beaucoup de son temps aux auteurs et leur a ouvert les portes de sa famille ainsi que de ses amis, elle n´a eu aucun droit de regard sur le manuscrit avant sa publication.  Le non-lieu prononcé à New York au bénéfice de DSK le 23 août, s´il lève l´hypothèque judiciaire, n´efface pas les cent jours de cauchemar qui ont ébranlé le monde d´Anne Sinclair, touché son coeur, fissuré ses sentiments et fait s´écrouler nombre d´ambitions sans pour autant la faire plier ni tomber. Car tout ce qui n´a pas tué la dame de coeur a renforcé la femme de tête. Elles se retrouvent aujourd´hui l´une face à l´autre afin de décider pour demain. Pour Anne Sinclair, peut-être le face-à-face le plus difficile de sa vie.

  • Affaire des foulards, procès pour excision : autant d'événements dont s'empare l'actualité quand nulle réponse n'est trouvée à la grande question de l'intégration, dans les démocraties d'Europe occidentale, de populations élevées dans le respect du culte musulman.
    En ce qui concerne le statut des femmes dans le monde arabe musulman, il faut savoir d'une part distinguer les valeurs de l'islam des survivances archaïques de la tradition locale ou des excès rigoristes d'un fondamentalisme mystificateur, d'autre part déceler la connivence profonde entre la logique politique de l'asservissement et l'exigence religieuse de la loi coranique. L'essai de Juliette Minces permet d'y voir clair. Il dénonce l'utilisation qui a été faite d'une religion pour maintenir la domination de l'homme sur la femme et préserver artificiellement un ordre social devenu caduc.
    La législation islamique (Charia) et le « statut personnel » qui s'en inspire font de la femme un instrument permettant à l'homme de constituer ou d'accroître sa lignée, une pure fonction dans le groupe familial, un rôle à tenir dans le clan plutôt qu'un individu à reconnaître.
    Ce modèle est aujourd'hui en crise. Mais s'il est vrai que les sociétés du monde arabe, touchées dans leur fondement par l'immixion occidentale, se sont trop profondément modifiées pour être en mesure de revenir au mode de vie antérieur ; comme le réclament les « intégristes » par surenchère nationaliste ; il reste que les efforts de la femme pour s'extirper de la bâtardise sociale risqueraient d'entraîner un effondrement des bases familiales et patriarcales sur lesquelles reposent ces sociétés.
    La femme voilée cimente donc à la fois l'ordre social et conventionnel. Elle demeure la survivance d'une civilisation en transition où le dogmatisme de la tradition n'est plus acceptable et où le progressisme de l'émancipation ne l'est pas encore.

  • Le Parti communiste français a publié vingt-huit listes noires de 1933 à 1945. Deux mille trois cents noms, « traîtres » ou supposés tels, militants stigmatisés pour leur conduite, leurs relations ou leurs choix politiques, sont inscrits sur ces brochures distribuées aux membres du Parti. Avant la guerre, ces militants sont discrédités. Souvent, le Parti communiste les désigne comme des agents potentiels de l´ennemi infiltré dans ses rangs. Pendant l´Occupation, certains sont assassinés, d´autres blessés.Les listes noires ne servent pas seulement à condamner d´anciens militants communistes. Elles servent d´abord à rappeler aux responsables locaux leurs obligations. Elles énoncent, via les motifs d´exclusion, ce que ces derniers ne doivent pas faire. Elles rappellent les conduites prescrites et les règles intangibles qui régissent le Parti. Car les listes noires sont une des marques du stalinisme à la française. Ce n´est pas un hasard si leurs auteurs ont été formés à Moscou.Pour décrypter ces listes noires, les auteurs ont consulté archives publiques et fonds privés, archives russes et françaises, nationales et départementales, policières et militantes. À travers cette étude, c´est l´identité même du communisme qu´ils interrogent et le rapport très particulier que les communistes ont entretenu avec la notion de trahison. La hantise du traître est constitutive de la représentation du monde telle que Lénine l´a lui-même défini. Le monde est en guerre, il n´y a que deux clans : qui n´est pas avec nous est contre nous.

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