Odile Jacob

  • « Sommes-nous entrés dans l'ère du déclin démocratique, voire dans un âge post démocratique ? Admettons au moins l'existence d'une triple déception : la démocratie libérale souffre d'une terrible crise de la représentation, d'une grave impuissance publique et d'un profond déficit de sens. Autrement dit, elle aurait perdu, en cours de route, à la fois le peuple qui la fonde, le gouvernement qui la maintient et l'horizon qui la guide. » P.-H. T. Pour Pierre-Henri Tavoillot, ce que nous avions pris pour un progrès acquis - la démocratie - se révèle en réalité un vertigineux chantier. Avec ce livre qui renoue avec la tradition oubliée des traités d'art politique, il nous invite à réfléchir à ce qui fait le secret de l'obéissance volontaire. Car, en démocratie, l'art de gouverner est surtout un art d'être gouverné. Comment l'envisager aujourd'hui ? Entre le cauchemar de l'impuissance publique et le spectre de l'autoritarisme, comment réconcilier la liberté du peuple et l'efficacité du pouvoir ? Pierre-Henri Tavoillot est philosophe. Président du Collège de philosophie, il enseigne à Sorbonne Universités (faculté des lettres) et à Sciences Po. Il a notamment publié, avec François Tavoillot, L'Abeille et le Philosophe. Étonnant voyage dans la ruche des sages, qui a connu un grand succès. 

  • Comment fonctionnent les systèmes nationaux de renseignement ? De quels moyens disposent-ils ? Face aux défis nouveaux que sont le terrorisme international, l'espionnage économique, les cyberattaques, voire les cyberguerres, comment sont élaborées et conduites les politiques de renseignement ? Avec quels succès et quels échecs ? La mise en oeuvre des techniques du renseignement est-elle compatible avec l'exigence démocratique ? Comment définir ce que pourraient être des relations vertueuses entre l'exécutif et les professionnels du renseignement ? Telles sont quelques-unes des questions essentielles auxquelles ce livre, le premier du genre en langue française, écrit par deux professionnels reconnus, s'efforce de répondre. Pour la première fois, la pratique réelle du renseignement sort de l'ombre où elle était confinée. Très complet, fourmillant d'exemples et reposant sur de larges comparaisons internationales, cette nouvelle édition, à jour et enrichie, d'un ouvrage devenu de référence passionnera tous ceux qui s'intéressent au renseignement d'État mais aussi à l'intelligence économique. Jean-Claude Cousseran est diplomate de carrière et spécialiste du monde arabo-musulman. Il a été le premier directeur de la stratégie de la Direction générale de la sécurité extérieure de 1989 à 1992, puis son directeur général entre 2000 et 2003. Philippe Hayez, magistrat à la Cour des comptes, a exercé diverses fonctions au sein des ministères des Affaires étrangères et de la Défense. Affecté à la Direction générale de la sécurité extérieure de 2000 à 2006, il a cofondé le séminaire Métis de Sciences Po sur les politiques de renseignement. 

  • « Comment la France et l'Europe, menacées par le déclin économique et démographique sur toile de fond de crise politique et morale, peuvent-elles se défendre face à ces nouveaux prédateurs que sont la Chine - désormais superpuissance consciente de son rang historique -, la Russie - insatisfaite de l'ordre postsoviétique sur notre continent -, voire les États-Unis ? Pour tenter de répondre à cette question, il faut d'abord reconnaître les terrains de chasse de la prédation moderne. C'est à partir de là que nous pourrons apprécier les logiques de comportement des fauves avant d'analyser les options stratégiques qui s'offrent à nous, Européens, si nous ne voulons pas être leur proie. » F. H. François Heisbourg analyse les différentes formes de prédation - commerciale, industrielle, financière, bien sûr, mais aussi idéologique et politique -, souligne les retournements de l'Histoire - comment les pays européens sont passés de prédateurs à proies - et appelle nos pays à rassembler leurs forces pour résister à la prédation. Un livre écrit de main de maître, un appel urgent à penser la stratégie. François Heisbourg est conseiller spécial à la Fondation pour la recherche stratégique et a présidé l'International Institute for Strategic Studies de Londres et le Centre de politique de sécurité de Genève. 

  • Il faut réinventer l'État. Du mouvement des Gilets jaunes à la crise sanitaire, les Français nous interpellent sur la fin d'un modèle. Ce livre veut ouvrir une voie optimiste. Notre époque est celle d'une volonté d'action inédite de nos concitoyens. Mobilisation environnementale, solidarités dopées par les outils numériques, municipalisme, mouvement des « communs », relocalisations : autant de promesses pour résoudre par la base les grands défis du siècle. De la sphère publique, émerge aussi une foule de petits miracles pour libérer ce potentiel. Autant de signaux faibles qui montrent qu'un autre État est possible - c'est l'une des richesses de ce livre que de nous en fournir un panorama inattendu et stimulant. Après six années de présidence de l'Arcep, Sébastien Soriano livre un puissant appel à renouer avec « la radicalité du projet public » et dépasser le malaise qui s'est emparé des fonctionnaires de terrain. C'est un programme concret qui fait le pari de l'intelligence collective et de l'humain pour réconcilier les Français avec l'outil de leur destin commun. Une contribution décisive pour penser la souveraineté de la société à l'ère des réseaux numériques et du défi climatique. Haut fonctionnaire, Sébastien Soriano a mis sa formation d'ingénieur du corps des Mines au service de la transformation de l'État. Son mandat à la tête de l'Arcep, le « gendarme des télécoms », a fait de lui un partisan convaincu de la régulation et un défenseur d'Internet comme « bien commun » face aux grandes firmes technologiques. 

  • Le choc démographique

    Bruno Tertrais

    Sommes-nous prêts au choc démographique qui s'annonce. ? Vieillissement rapide de la population mondiale, urbanisation effrénée, immigration toujours plus importante... Ce n'est pas seulement le profil de notre quotidien qui change, mais aussi les équilibres stratégiques. La Chine peut-elle devenir la première puissance mondiale alors qu'elle s'apprête à «. vieillir avant même d'être devenue riche. ». ? Les États-Unis passeront-ils au second rang alors qu'ils vont conserver leur dynamisme démographique. ? Le déclin de l'Europe est-il inéluctable. ? Y aura-t-il vraiment une «. ruée. » des jeunes Africains vers le Vieux Continent. ? C'est à ces questions que répond Bruno Tertrais, à rebours des fantasmes et sans démagogie. Tandis que la crainte de l'islam devient universelle et alimente la thèse d'un «. choc démographique des civilisations. », que l'Afrique et le Proche-Orient semblent soumis à une instabilité durable, il explique comment ces évolutions pourraient, paradoxalement, augurer d'un monde plus pacifique. La démographie est une affaire politique. : ce livre nous en donne les clés. Bruno Tertrais est politologue, directeur adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique. Il a également publié aux éditions Odile Jacob Le Président et la Bombe (2016) et La Revanche de l'Histoire (nouvelle édition 2019)

  • La France est-elle un pays libéral ? Elle se plaint de l'être trop mais, selon Jean-Philippe Feldman, elle ne l'est pas et ne l'a jamais été. Capitalisme, libéralisme, économie de marché, profit et libre entreprise y sont voués aux gémonies comme si la puissance publique était faible, alors que l'État est omniprésent. En réalité, elle est le seul pays développé à cumuler autant de manifestations d'antilibéralisme. Elle constitue, à ce titre, « une - malheureuse - exception unique au monde ». Pour appuyer cette thèse, cet ouvrage retrace la genèse de l'étatisme français. Partant des origines et de la constitution de l'État, il se livre à un examen minutieux de son évolution. Seule l'histoire du temps long - 1 200 ans de Charlemagne à Emmanuel Macron - permet de comprendre pourquoi les Français, à la différence des Anglo-Saxons, sont amoureux de l'autorité plutôt que de la liberté, champions des prélèvements obligatoires, égalitaristes, nantis d'un État providence, d'une fonction publique pléthorique, rétifs au libre-échange et à la mondialisation. Seule, elle permet de comprendre pourquoi la France est une société bloquée. De cette enquête sans concession, mêlant avec acuité références théoriques et précision factuelle, il ressort un tableau peu reluisant de l'État : centralisé, interventionniste, protectionniste, mal géré et fiscalement oppressif, rivé à la fonction publique, profondément ancré dans l'étatisme. Richement nourri de sources historiques, d'analyses juridiques, économiques et sociologiques, le livre cherche à éclairer le présent en le replaçant dans une perspective élargie. Plaidoyer en défense du libéralisme, il apporte une contribution remarquable à un débat très vif : la France peut-elle être réformée ou transformée ? Jean-Philippe Feldman est spécialiste de l'histoire des idées politiques. Il est professeur agrégé de droit, maître de conférences à Sciences Po et avocat à la Cour de Paris. 

  • Dans son oeuvre fondatrice, Le Choc des civilisations, « l'un des livres les plus importants depuis la fin de la guerre froide », selon Henry Kissinger, Samuel P. Huntington soutenait qu'avec la fin de la guerre froide, les « civilisations » allaient remplacer les idéologies comme facteurs de conflits internationaux. Cette vision prophétique semble s'être en partie avérée. Voici qu'il fait porter son analyse sur l'impact que les autres civilisations ont sur les valeurs américaines et occidentales. Le 11 septembre a ravivé un certain patriotisme. Mais autour de quelle identité ? Quelles sont nos valeurs fondamentales ? Et quels sont les défis auxquels nous sommes confrontés au plus profond de nous-mêmes ? Une nouvelle fois, Samuel P. Huntington pose les termes d'un débat essentiel pour notre temps. « Éblouissant ! » Francis Fukuyama. « Un tour de force intellectuel : audacieux, provocateur ! » Zbigniew Brzezinski. Samuel P. Huntington est professeur à l'Université Harvard.

  • L'humiliation est devenue l'ordinaire des relations internationales. Rabaisser un État, le mettre sous tutelle, le tenir à l'écart des lieux de décision, stigmatiser ses dirigeants : autant de pratiques diplomatiques qui se sont banalisées au fil du temps. De quoi ces diplomaties de l'humiliation sont-elles révélatrices ? Les réactions des humiliés - de la conférence de Bandung en 1955 aux Printemps arabes - n'invitent-elles pas à une autre gouvernance ? Convoquant l'histoire et la sociologie politique, Bertrand Badie remonte aux sources de l'humiliation : les conquêtes occidentales du xixe siècle, la montée des revanchismes dans l'entre-deux-guerres, une décolonisation mal maîtrisée. Il montre que sa banalisation consacre l'émergence dramatique des opinions publiques et des sociétés sur la scène internationale, mais qu'elle trahit aussi l'inadaptation des vieilles puissances et de leurs diplomaties à un monde de plus en plus globalisé. Dès lors, il devient urgent de reconstruire un ordre international dans lequel les humiliés et leurs sociétés trouveront toute leur place. La montée des populismes et l'élection de Trump en 2016, le durcissement des gouvernements autoritaires d'Erdogan et de Poutine ou les provocations de la Corée du Nord confirment le rôle structurel de l'humiliation dans les relations internationales, avec cette inversion inquiétante : l'humilié d'hier devient aussi l'humiliateur d'aujourd'hui. Professeur des universités à Sciences Po Paris, Bertrand Badie s'est imposé comme l'un des meilleurs experts en relations internationales. Il est l'auteur d'une trentaine d'ouvrages qui font référence, dont La Diplomatie de connivence, L'Impuissance de la puissance et La Fin des territoires. Il codirige L'État du monde depuis douze ans. 

  • Promise à la première place mondiale, la Chine entend jouer un rôle décisif sur la scène internationale. Quelle est sa vision et comment aborde-t-elle le monde et la mondialisation ? Avec quelles conséquences pour l'Occident et l'Europe ? Écrit par deux fins connaisseurs de la Chine et de l'Asie du Sud-Est, ce livre montre comment le président Xi Jinping et le Parti communiste chinois ont recyclé l'antique formule du « Tianxia » - qui désigne traditionnellement « tout ce qui est sous le ciel » - pour placer la Chine au centre des flux mondiaux. Il explique aussi comment elle mobilise toutes ses ressources (influence économique, attrait de sa culture, propagande et intimidation) pour transformer les règles du jeu dans des domaines aussi divers que le droit, les normes industrielles, l'environnement, l'alimentation ou la recherche universitaire. Ce faisant, Pékin modifie à son avantage un système international largement dessiné par l'Occident. Dès lors se pose une question : l'ambition chinoise n'est-elle pas un risque, d'abord pour les Chinois eux-mêmes, mais aussi pour le reste du monde et les biens communs de l'humanité ? Sophie Boisseau du Rocher est chercheur associé au Centre Asie de l'IFRI (Institut français des relations internationales). Spécialiste de l'Asie du Sud-Est, elle étudie sur le terrain les relations de la région avec la Chine. Emmanuel Dubois de Prisque est chercheur associé à l'Institut Thomas- More et corédacteur en chef de la revue Monde chinois-nouvelle Asie. Il travaille depuis vingt-cinq ans sur l'Asie orientale et a vécu au Japon et à Taïwan. 

  • D'où procède le pouvoir, cette mystérieuse faculté qui engendre la peur ou suscite l'adhésion ? Est-il inné, inscrit dans les gènes ? La dominance s'enracine-t-elle dans des mécanismes neurophysiologiques imprimés au plus profond du cerveau social ? D'où provient cette disposition à la dominance, celle qui, universellement répandue dans toutes les sociétés humaines, et aussi chez les singes, permet de contraindre autrui à faire, ou conduit à le dissuader de faire ? Quelles sont les origines de la violence, celles de la cruauté qui anime les monstres politiques ? Mais, aussi, quelles sont celles de l'empathie et celles de la compassion ? Convoquant la neurobiologie, l'anthropologie et l'histoire, les conjuguant, encore une fois, avec son talent d'écrivain, Jean-Didier Vincent nous offre dans ce livre, après tous ceux consacrés par lui au pouvoir des passions, une vaste et riche fresque sur les passions du pouvoir. ?Jean-Didier Vincent est membre de l'Académie des sciences et de l'Académie de médecine, professeur émérite à l'université Paris-Sud et il a dirigé l'Institut Alfred-Fessard du CNRS à Gif-sur-Yvette. Il est notamment l'auteur du Voyage extraordinaire au centre du cerveau et de Biologie des passions, qui ont été de très grands succès. 

  • Daniel Sibony est de passage à Tel-Aviv lorsque les fusées attaquent la ville. Il livre ici ses impressions et ses pensées. Les roquettes lui rappellent, en plus violent, les pierres qu'il recevait enfant, à Marrakech, dans la médina. Il retrouve sa sérénité d'alors, cette force où l'on a en soi, presque en même temps, la détresse et la joie de vivre, et où l'on peut se sentir attaqué sans être détruit. D'ailleurs, non loin de là, une institutrice a innové ; lors des alertes, elle fait entonner aux enfants des chansons nouvelles : « J'ai peur, j'ai peur, mon coeur fait boum-boum, on doit courir aux abris. » Cette chronique écrite au coeur du conflit s'accompagne de réflexions inédites sur le djihad, les rapports entre l'islam et l'Occident, le conflit du Proche-Orient. La solution que Daniel Sibony propose se formule comme un paradoxe : la paix ne viendra que de la paix. Ce qui seul pourra affronter le grand malentendu. ?Daniel Sibony est psychanalyste et écrivain ; l'arabe est sa langue maternelle et il connaît aussi bien le Coran que la Bible et le Talmud. Il est l'auteur d'une quarantaine d'ouvrages dont Islam, phobie, culpabilité, De l'identité à l'existence, Don de soi ou Partage de soi, Lectures bibliques. 

  • Le vote du Brexit a provoqué un séisme au Royaume-Uni et en Europe dont les ondes de choc n'ont pas fini de se faire sentir. Il a plongé le pays dans un tourbillon d'instabilité que le chaos entourant les négociations sur les modalités de la sortie de l'Union européenne n'a fait que renforcer. Il a remis en question l'idée du Royaume-Uni comme modèle de démocratie parlementaire. Au-delà, le Brexit est aussi le révélateur d'une crise durable entre le système politique et les citoyens qui vaut pour toute l'Europe. Cet ouvrage tente de sortir de l'état de sidération et d'interrogation dans lequel nous sommes aujourd'hui. Comment le Royaume-Uni a-t-il pu basculer dans une crise politique d'une telle ampleur ? Ce délitement de la société et du système politique et médiatique est-il passager ou bien constitue-t-il un point de non-retour ? Quel avenir pour les Britanniques et, au-delà, pour l'Europe dans son ensemble ? Telles sont les questions auxquelles ce livre informé et érudit s'efforce de répondre. Pauline Schnapper est professeure de civilisation britannique contemporaine à l'université Sorbonne nouvelle-Paris-III. Emmanuelle Avril est professeure de civilisation britannique contemporaine à l'université Sorbonne nouvelle-Paris-III. Spécialistes de la vie politique britannique, les auteures sont régulièrement sollicitées par les médias sur le sujet. 

  • Parcourant presque quarante ans de vie politique (1981-2019), Pascal Salin dresse un constat implacable : pour lui, gauche et droite ont mené, peu ou prou, la même politique, imprégnée du même idéal collectiviste et égalitaire. Le changement de politique récent lui-même n'aura servi à rien si ce n'est à reproduire les erreurs du passé : loin des réformes dont la France a besoin, il n'y a, selon lui, rien de libéral dans les politiques mises en oeuvre. Cet essai est à la fois un livre d'histoire politique et d'histoire économique. Pourfendant les idées reçues, Pascal Salin explique clairement et simplement les fondamentaux de la théorie libérale, dont il montre la force insoupçonnée. Figure marquante du libéralisme en France, Pascal Salin, professeur honoraire de l'université Paris-Dauphine, est l'ancien président de la Société du Mont-Pèlerin et l'auteur de nombreux ouvrages sur le libéralisme qui font référence.

  • La rareté de certaines ressources naturelles devient un problème géopolitique majeur à mesure que croît la population mondiale. Le pétrole en est, depuis quelques décennies, l'exemple type, mais l'eau s'affirme peu à peu comme un ferment de conflits à venir. Longtemps partagée de façon plus ou moins empirique, l'eau des lacs et des fleuves, déterminante pour l'agriculture, est devenue un enjeu crucial dans plusieurs régions du monde. L'assèchement de la mer d'Aral et du fleuve Colorado sont des catastrophes écologiques majeures, tandis que le contrôle des eaux du Nil par l'Égypte aux dépens de l'Éthiopie, de l'Euphrate par la Syrie ou du Jourdain par Israël a eu, et aura encore, des conséquences politiques redoutables, que le réchauffement climatique en cours ne pourra qu'accentuer. Ressource stratégique et écologique majeure, l'eau implique une perception nouvelle : l'urbanisme actuel fait tout - à Londres comme à Paris - pour réconcilier la ville avec son fleuve. Puisse cette démarche inspirer la diplomatie des États contraints à partager cet indispensable bien commun. Frédéric Lasserre, géographe à l'Université Laval, dirige le Conseil québécois d'études géopolitiques (CQEG). Alexandre Brun est maître de conférences au département Géographie et Aménagement de l'université Paul-Valéry à Montpellier.

  • Philippe Bas, dans ce livre, s'attache à rendre vivant l'héritage de la République, à montrer ce que nous lui devons, mais il s'alarme de sa vulnérabilité grandissante. La République perd confiance en elle et se fragmente. Au lieu de lui redonner force, le débat politique sombre dans la caricature. Les institutions sont asphyxiées, les liens de la représentation démocratique distendus, la commune et les libertés locales malmenées. La solidarité nationale est incapable de venir à bout des nouveaux enjeux sociaux. La laïcité paraît en panne face au communautarisme et à l'islamisme. L'État est dépassé par des défis trop longtemps restés sans réponse, en particulier ceux de la dette et du réchauffement climatique. La République ne trouve plus, dans une Europe enlisée, le supplément de puissance nécessaire pour résoudre les problèmes des Français. Pourtant, contre les forces destructrices qui sont à l'oeuvre, le besoin de République ne cesse de grandir. Pour combattre le découragement, l'indifférence et le scepticisme, l'auteur explore les chemins d'une République retrouvée, vivante, concrète, audacieuse, déterminée, ne laissant personne de côté. Pour toutes celles et tous ceux qu'inquiètent les dérèglements de la démocratie, il donne des raisons d'espérer et d'agir plutôt que de se réfugier dans la nostalgie. Marqué par l'histoire de la République et imprégné de ses valeurs, tour à tour grand commis de l'État, membre du gouvernement, élu du bocage normand, Philippe Bas, sénateur de la Manche, préside depuis 2014 la commission des lois du Sénat. En 2018, il a conduit l'enquête parlementaire sur l'affaire Benalla. Ancien secrétaire général de l'Élysée et ministre de Jacques Chirac, ancien président du conseil départemental de la Manche, il fut aussi un très proche collaborateur de Simone Veil, de Jacques Barrot et du président du Sénégal, Abdou Diouf. 

  • L'avenir de notre pays se joue à l'école. C'est cette conviction, à la fois passionnée et réaliste, que Jean-Michel Blanquer défend dans ce livre. Refusant tout dogmatisme pour analyser avec lucidité les forces et les faiblesses de notre système éducatif, de la maternelle au lycée, il dessine ce que pourrait être une école où l'excellence et le mérite seraient au service du progrès social. En s'inspirant des réformes menées ailleurs dans le monde et des résultats des sciences du développement de l'enfant, cet ouvrage propose des mesures concrètes, qui pourraient être prises rapidement. Il nous revient de bâtir une école où la réussite de chaque élève pourrait être aussi celle de la France. Jean-Michel Blanquer est, depuis mai 2017, ministre de l'Éducation nationale. Il a été directeur général de l'ESSEC, après avoir été directeur général de l'Enseignement scolaire. Il a également été recteur de l'académie de Guyane et de l'académie de Créteil.

  • « Démocratie providentielle », « démocratie extrême », les notions forgées par Dominique Schnapper, une des grandes voix de la pensée politique française, sont passées dans le langage courant. Elle revient dans ce livre sur les thèmes qui sont aujourd'hui au coeur du débat public : le malaise des populations immigrées, le chômage, la place de l'islam, le rapport à la République et à la nation. Comment penser la démocratie en France ? Comment fonder des liens entre les individus et les groupes, afin qu'un avenir commun puisse être envisagé ? Loin des idéologues de l'identité comme des défenseurs du multiculturalisme, Dominique Schnapper analyse patiemment ce qui permet la relation à l'autre et donne du sens à la citoyenneté. Racisme, laïcité, remise en cause des institutions, intégration, judaïsme, individualisme et communauté, droits des minorités, aucune question n'est éludée et toutes sont abordées avec la même rigueur scientifique et morale. Dominique Schnapper, fille de Raymond Aron, est directrice d'étude à l'EHESS, membre honoraire du Conseil constitutionnel, auteur de nombreux ouvrages sur la citoyenneté et la démocratie, dont notamment Diasporas et nations (avec Chantal Bordes-Benayoun) et Travailler et aimer. 

  • « Nous ne sommes plus dans la série noire d'après-guerre ; désormais, sous l'action de puissances criminelles, les États eux-mêmes se trouvent contestés dans leur existence et doivent parfois battre en retraite. C'est la survie de nos démocraties qui est en jeu » : pour Jean-François Gayraud et François Thual, les phénomènes criminels sont bien loin d'échapper aux effets de la mondialisation, on le voit. Pourquoi la grande criminalité internationale a augmenté de façon exponentielle ; comment la lutte contre le terrorisme et le recul de l'État un peu partout l'ont favorisée ; quelles sont les luttes de territoires entre organisations ; comment des empires criminels se constituent, menaçant l'équilibre des États ; comment l'argent sale pèse sur l'économie mondiale ; pourquoi les élites sont fragilisées : deux spécialistes croisent criminologie et géopolitique pour nous révéler les vrais dangers de demain et peut-être déjà d'aujourd'hui ! Auteur du Monde des mafias et de La Grande Fraude, commissaire divisionnaire de la police nationale, Jean-François Gayraud exerce au Conseil supérieur de la formation et de la recherche stratégique (CSFRS). Auteur d'une quarantaine d'ouvrages de géopolitique, dont Le Fait juif dans le monde, ancien professeur à l'École de guerre et à l'École pratique des hautes études, François Thual est conseiller au Sénat.

  • ?Notre système de santé solidaire est à la croisée des chemins car il doit affronter plusieurs crises : économique, sanitaires, professionnelles... Les périls les plus lourds viennent des choix « libéraux » opérés depuis le début des années 2000. Le service public hospitalier est remis en cause. Le financement des soins courants connaît une privatisation rampante. En médecine de ville, la pratique des dépassements d'honoraires se banalise tandis que, sur le territoire, les déserts médicaux se multiplient. Cette politique qui sape un peu plus chaque jour les principes fondateurs de la Sécurité sociale n'est pas une fatalité. Une autre politique est possible, pour conforter et développer les services publics de la santé. Six principes doivent la guider : la solidarité, l'égalité, la prévention, la qualité des soins, l'éthique médicale, la démocratie sanitaire. Sur la base de ces principes, des propositions concrètes sont avancées dans ce manifeste. L'objectif est simple : faire de la santé un enjeu du débat public lors des prochaines échéances électorales. La solidarité est une politique d'avenir ; il n'y a pas d'avenir sans une politique de solidarité. André Grimaldi, professeur de diabétologie Didier Tabuteau, responsable de la chaire santé à l'IEP ParisFrançois Bourdillon, médecin de santé publiqueFrédéric Pierru, sociologue chercheur au CNRSOlivier Lyon-Caen, professeur de neurologie  

  • L'immigration

    Van Eeckhout-L

    Quelles ont été les grandes vagues d'immigration en France ? Combien d'étrangers franchissent chaque année nos frontières ? Qu'est-ce qu'un Français de souche ? Qu'appelle-t-on une société pluriethnique ou multiculturelle ? Quelle différence avec le communautarisme ? Existe-t-il une réelle politique communautaire en matière d'immigration légale et clandestine ? Qu'est-ce que l'immigration choisie ? Existe-t-il un lien entre immigration et trafics internationaux ? Y a-t-il une recrudescence des actes racistes aujourd'hui en France ? Comment est perçue la pratique du CV anonyme par les recruteurs ? Quelles sont les mesures de discrimination positive en matière d'éducation ? Qu'entend-on par « modèle français d'intégration » ?Débattre en étant informé ; débattre avec des arguments : 135 réponses aux questions que vous vous posez sur les grands enjeux de notre société. Laetitia Van Eeckhout est journaliste au Monde. Après s'être intéressée aux questions économiques et sociales, puis à la réforme de l'État et aux institutions, elle suit les questions d'immigration et d'intégration au sein de la séquence « Société » du quotidien.

  • Et si la crise financière dont nous subissons encore les effets était bel et bien une vaste fraude ?Voici un « autre récit » du krach. En tout cas, pas celui proposé en général par les économistes ou les financiers. Décryptant les mécanismes ayant permis une succession d'actes criminels, reprenant les événements pièce par pièce et les replaçant dans une histoire plus longue, Jean-François Gayraud va ainsi au-delà de la stigmatisation de quelques boucs émissaires ou de la dénonciation de certains excès. Des politiques aveugles et dogmatiques de dérégulation des marchés ont ouvert la voie à des comportements criminels de grande ampleur au point de déclencher la crise des subprimes. Dès lors, pour lui, il est impossible d'envisager un vrai assainissement, une reconstruction durable de la finance si ce diagnostic criminel n'est pas fait. Après la globalisation des phénomènes mafieux et la pénétration du monde du spectacle, Jean-François Gayraud poursuit son exploration des criminalités organisées qui gangrènent les sociétés contemporaines. Un document sans appel ! Auteur notamment du Monde des mafias, commissaire divisionnaire de la Police nationale, Jean-François Gayraud est docteur en droit, diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris et de l'Institut de criminologie de Paris.

  • La fameuse déclaration « L'État, c'est moi » de Louis XIV ? Un mythe ou, au mieux, une « sottise d'adolescent ». C'est avec une fantaisie et un humour déconcertants, quelques incursions dans notre vie politique contemporaine et le souci constant de « donner place aux faits plutôt qu'aux mythes » que James B. Collins s'intéresse à l'histoire de la société et de l'État français à l'époque moderne. Proposant de rejeter la notion « nébuleuse » d'absolutisme, il considère une évolution qui va d'une monarchie républicaine vers un État monarchique. Dans ce livre, l'auteur s'appuie sur des documents originaux, en privilégiant la province plutôt que Paris. Et, vue de là, la société française d'Ancien Régime n'est pas davantage immobile que le pouvoir royal n'est « absolu ». James B. Collins est professeur à l'Université de Georgetown (États-Unis). Il a publié l'une des synthèses les plus importantes sur l'État monarchique français à l'époque moderne (The State in Early Modern France). Il est également l'auteur du monumental From Tribes to Nation : The Making of France, 500-1799 et, en français, de La Bretagne dans l'État royal : classes sociales, états provinciaux et ordre public de l'édit d'Union à la révolte des Bonnets rouges. 

  • Que contient donc la mallette nucléaire, cette petite valise noire que porte l'aide de camp qui accompagne partout le président de la République ? Comment, à chaque passation du pouvoir présidentiel, s'effectue le rituel le plus secret de la Ve République, la transmission des codes d'engagement de l'arme nucléaire ? Riche de nombreuses révélations historiques surprenantes, fourmillant de détails techniques inédits, ce livre nous fait pénétrer au coeur du pouvoir, là où la responsabilité du feu nucléaire façonne la politique française, à l'intérieur comme à l'extérieur. Depuis 1958, chacun des présidents qui se sont succédé a entretenu une relation intime à la « Bombe ». Passionné, converti, dubitatif, réformateur ou apaisé, mais jamais indifférent, le président français est « Jupiter à l'Élysée ». Est-il légitime pour la France de continuer à disposer de cette arme ? Que nous apporte-t-elle ? Ne s'agit-il pas d'un luxe à l'heure des restrictions budgétaires ? Aucune de ces questions ne doit demeurer taboue à l'heure où la France s'apprête à entamer un nouveau cycle de renouvellement de ses moyens nucléaires. Les deux spécialistes réunis ici ont puisé aux meilleures sources - archives nouvelles, entretiens personnels avec les acteurs et les témoins - pour livrer le panorama le plus complet de la dissuasion française et permettre ainsi aux citoyens de se forger un avis informé sur un sujet qui engage l'avenir de la nation. Jean Guisnel est journaliste. Bruno Tertrais est politologue, maître de recherche à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS). 

  • La France dispose de richesses culturelles et artistiques exceptionnelles qu'elle doit autant à l'un des patrimoines les plus denses et fastueux au monde qu'à la vitalité de sa création contemporaine. Dans un monde troublé, la culture reste pour la France un atout incomparable, source de fierté nationale et de prestige international. Encore faut-il que la politique chargée de la protéger, de la valoriser et de la faire rayonner soit à la hauteur des enjeux. Encore faut-il qu'elle soit mise, ou remise, à sa vraie place, qui est centrale, notamment dans la perspective des prochaines échéances électorales. Analyse lucide de la situation présente de la politique culturelle, ce livre en examine sans concession les principaux thèmes - d'Architecture à Web, en passant par Artistes, Cinéma, Démocratisation, Galeristes, Histoire de l'art, Intermittents, Mécénat, Opéra, Patrimoine, Radio, Télévision, Union européenne -, tout en les assortissant de préconisations opérationnelles et de propositions concrètes. Guillaume Cerutti se fonde dans ce livre sur sa triple expérience dans le domaine culturel : comme haut fonctionnaire, notamment à la tête du Centre Pompidou entre 1996 et 2001 ; au plus près du pouvoir politique, en tant que directeur de cabinet du ministre de la Culture entre 2002 et 2004 ; dans le monde de l'entreprise, d'abord comme PDG de Sotheby's France puis comme président pour l'Europe et le Moyen-Orient de Christie's. Ce parcours lui a permis de se forger une doctrine originale sur la politique culturelle française, à rebours des dogmes qui l'ont figée depuis quelques années dans un immobilisme désespérant. 

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