Presses de Sciences Po

  • Violences politiques en France Nouv.

    Des attentats islamistes que notre pays subit depuis 2012 aux manifestations à dimension émeutière actuelles, nous sommes saturés d'images de violence. La France du XXIe siècle semble s'éloigner de la « civilisation des moeurs » amorcées au XVIe siècle avec la construction de l'État selon la thèse classique de Norbert Élias. La violence politique fait couler beaucoup d'encre, mais sa matérialité est rarement étudiée. C'est ce que propose cet ouvrage, qui effectue un recensement inédit des actes de violence politique en France de 1986 à aujourd'hui. Ce regard à la fois froidement statistique et historique permet d'objectiver la réalité de faits qui font souvent la une d'une actualité anxiogène. S'en dégagent plusieurs évolutions remarquables tranchant avec les représentations communes.

    /> Isabelle Sommier, professeure de sociologie politique à l'Université Paris-1-Panthéon-Sorbonne et chercheure au Centre européen de sociologie et de science politique (CESSP) dirige cet ouvrage en collaboration avec Xavier Crettier, professeur de science politique à Sciences Po Saint-Germain et François Audigier est professeur en histoire contemporaine à l'Université de Lorraine.

  • L'état sous pression ; enquête sur l'interdiction française du gaz de schiste Nouv.

    Comment l'interdiction de la fracturation hydraulique a-t-elle pu s'imposer en France en quelques mois? Le gouvernement, l'administration publique et ses experts, de puissants lobbies semblaient pourtant s'accorder sur l'intérêt économique de cette exploitation quand le grand public ignorait jusqu'à l'existence des gaz de schiste.
    S'appuyant sur une vaste enquête, ce livre donne à voir la politique en train de se faire. Il rappelle qu'une politique publique n'est pas écrite d'avance : elle est le produit de luttes entre divers acteurs qui mettent l'État sous pression. Menées tantôt dans les arènes discrètes de l'administration ou des lobbies, tantôt dans l'espace médiatique et public, ces batailles du sens permettent de comprendre comment se construisent les politiques publiques.

    Philippe Zittoun est chercheur HDR en science politique à l'Université de Lyon. Ses recherches portent sur le processus de fabrique des politiques publiques.
    Sébastien Chailleux est enseignant-chercheur au Laboratoire Passages (UMR5319) à l'Université de Pau et des Pays de l'Adour.

  • La République est trop souvent en France réduite à un slogan - "Vive la République!", prononcé comme allant de soi. Ceux qui l'invoquent le font toujours au nom des menaces qui pèsent sur elle, nous conjurant de les rejoindre pour la défendre. Mais que s'agit-il de défendre ? Sommes-nous au clair sur ce qu'elle représente, comme héritage à préserver, comme promesse à honorer ?Dans ce bref et alerte essai, Jean Picq nous invite à découvrir les sources originelles de l'idée de république. En pointant ces moments clés où se cristallisent des représentations politiques et s'affirment des principes de vie commune, il relate la singularité d'une histoire, la nôtre, par rapport à celle de nos voisins.

    Ancien président de la troisième chambre de la Cour des Comptes et professeur associé à l'Institut d'études politiques de Paris, Jean Picq est notamment l'auteur de Politique et religion. Relire l'histoire, éclairer le présent (Presses de Sciences Po, 2016).

  • Militer chez les verts Nouv.

    « Sympathiques » ou « khmers verts », « idéalistes » ou « arrivistes », les militants écologistes ont une image très contrastée auprès des commentateurs de la vie politique comme de la population française. Le principal parti vert hexagonal, Europe écologie les verts (EELV), passe pour une organisation divisée, « coupeuse de têtes » et cacophonique. Contrairement à d'autres militants, leurs moeurs et pratiques quotidiennes sont aussi exposés à la critique que leurs positions politiques, environnementales et sociales.Écrite à hauteur d'adhérent, cette enquête revient sur trente ans d'un parti qui entend faire de la politique autrement. Elle interroge les implications d'un engagement chez les Verts, de la prise de carte à la formation de semi-professionnels de la politique.

    /> Vanessa Jérôme est politiste, docteure associée au CESSP/Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Spécialiste du parti écologiste français, ses recherches portent sur l'engagement militant, la socialisation politique, le métier politique et les violences sexistes et sexuelles en politique.

  • Se dire d'un bord ou de l'autre a-t-il encore un sens aujourd'hui ? N'a-t-on pas élu en 2017 un président qui s'affirme « et de droite et de gauche » ? La politiste Janine Mossuz-Lavau, qui sonde les Français depuis les années 1970, constate au contraire la persistance du clivage droite-gauche.

    En s'intéressant aux valeurs que les citoyens placent derrière ces deux mots plutôt qu'aux théories politiques ou aux programmes des partis, elle relève la constance d'une opposition, à travers les époques, dans le rapport au reste du monde, dans les aspirations pour soi-même et pour les autres, dans la place que l'on accorde à l'argent et au travail, etc.

    Certes, à mesure que la gauche se « démarxise » et que la droite se « déchristianise », les antagonismes perdent de leur violence, mais la polarisation politique, inscrite dans l'histoire hexagonale depuis plus de trois cents ans, n'a rien perdu de sa vigueur au XXIe siècle.



    Janine Mossuz-Lavau est directrice de recherche émérite CNRS au CEVIPOF (Centre de recherches politiques de Sciences Po).

    Elle est notamment l'auteur de Les Français et la politique. Enquête sur une crise, Odile Jacob, 1994 et de La Vie sexuelle en France. Comment s'aime-t-on aujourd'hui ?, Points, 2019 [La Martinière, 2018].

    Janine Mossuz-Lavau est directrice de recherche émérite CNRS au CEVIPOF (Centre de recherches politiques de Sciences Po). Elle est notamment l'auteur de Les jeunes et la gauche, Presses de Sciences Po, 1979 et de La vie sexuelle en France (l'enquête sans tabous), La Martinière, 2018.

  • Face à la critique du système représentatif, la démocratie délibérative est de plus en plus fréquemment invoquée. Cet ouvrage revient, grâce aux contributions d'une quinzaine de spécialistes français et internationaux, sur les manières multiples de penser la démocratie délibérative mais aussi ses limites.

    Loïc Blondiaux est professeur de science politique à l'Université Paris-1 Panthéon-Sorbonne et chercheur au Centre européen de sociologie et de science politique (CESSP, EHESS-Paris-1-CNRS).

    Bernard Manin est philosophe, directeur d'études à l'EHESS et professeur de science politique à New York University.

  • « Chercheur embarqué », Frédéric Mérand a pu faire une immersion au sein du cabinet du commissaire européen Moscovici entre l'été 2015 et l'automne 2019. Passant deux mois par an au Berlaymont , il a suivi l'évolution de chaque dossier (crise du Grexit, surveillance budgétaire, taxe sur les GAFA, etc.) presque en temps réel. De la cantine aux rencontres internationales, il a observé le commissaire et son cabinet. Il a recueilli au quotidien, leurs stratégies et leurs espoirs mais aussi leurs étonnements, leurs craintes et leurs déceptions. L'objectif, scientifique, n'était pas de savoir si la politique menée fut bonne ou mauvaise, mais de comprendre et de raconter comment elle s'est faite dans les pratiques.
    Un voyage unique dans les arcanes de la politique européenne.

    Professeur de science politique à l'Université de Montréal, Frédéric Mérand y dirige le Centre d'études et de recherches internationales (CÉRIUM).

  • Si la crise de 2008 a généré un contexte budgétaire, financier et monétaire plus contraint, l'après-2008 a été l'occasion d'une politisation croissante des enjeux budgétaires et financiers notamment au niveau européen. La continuité a souvent prévalu au niveau national sur les politiques financières, mais aussi de défense, environnementales, de santé, etc. Partout, pourtant, l'emprise des acteurs financiers sur des questions budgétaires a demeuré.

    Sabine Saurugger est professeure de science politique, membre de l'UMR Pacte et directrice de Sciences Po Grenoble-UGA.

    Patrick Hassenteufel est professeur de science politique à l'université Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines.

  • « Le mot "international", j'en conviens, est nouveau ; bien que, j'espère, clair et explicite. » Ainsi s'exprimait le philosophe Jeremy Bentham en 1781 lorsqu'il conçut ce néologisme.Si le terme est passé dans le langage courant au XVIIIe siècle, avec la prise de conscience de l'essor des États-nations et de la multiplication des transactions entre eux, la discipline des Relations internationales a tardé à s'imposer dans le champ des sciences sociales, en France particulièrement. Pourtant, l'étude savante de ce qui se passe sur la scène internationale aide à comprendre le monde.Pédagogique et exhaustif, cet ouvrage destiné aux étudiants, enseignants, diplomates et journalistes, s'y emploie. Il présente l'environnement intellectuel et historique de la discipline, ses paradigmes, ses concepts et débats structurants, et s'interroge sur les liens entre théorie et pratique. Il propose un état de l'art en ce début de XXIe siècle, en France et dans le monde.Cette sixième édition, augmentée de deux chapitres sur l'apport des études féministes et sur la diplomatie, met à jour l'ensemble des analyses et des bibliographies de ce vaste champ d'étude.

  • Tous les ans, plusieurs milliers d'agents du secteur public chinois s'inscrivent dans un MPA (Master in Public Administration), un programme créé à la Harvard Kennedy School et arrivé en Chine avec le nouveau siècle. Une internationalisation qui peut surprendre.

    Comment la Chine, après avoir adapté les principes de développement économique, implante les techniques de formation des démocraties occidentales, tout en se dispensant de la démocratie ? À travers l'histoire de ces « Mandarins 2.0 », l'auteure éclaire la façon dont l'État-parti entend concilier le changement nécessaire au développement de la Chine et la stabilité de son pouvoir.

    Alessia Lefébure est directrice adjointe de l'École des hautes études en santé publique (EHESP), en charge des études. Docteur en sociologie des organisations et diplômée de Sciences Po, experte internationalement reconnue dans le champ du développement et de l'enseignement supérieur, elle est également membre du Centre de sociologie des organisations (CSO) et de l'UMR Arènes. Elle a été professeur associé à l'Université de Columbia (SIPA) et à l'Université Tsinghua à Pékin.

  • Paris, les 7,2 millions d'habitants du Grand Paris ou les 12,2 millions d'habitants de la région Ile-de-France sont des enjeux majeurs pour l'Etat, qui a créé au fil du temps des institutions, lancé des politiques publiques, souvent en tension avec les autorités locales, pour les gouverner.
    Quelle que soit l'échelle retenue, beaucoup estiment que la métropole parisienne est ingouvernable.
    Les auteurs de ce livre analysent la manière dont l'enjeu parisien est devenu un problème pour l'Etat français et comment la création d'institutions a tenté d'y répondre. Ils montrent les limites et les contradictions de l'action de l'Etat en lien avec les collectivité locales pour gouverner le foncier, le logement ou encore les transports.

    Doyen de l'école urbaine de Sciences Po, politiste et sociologue comparatiste, Patrick Le Galès est directeur de recherche CNRS au Centre d'études européennes et de politique comparée de Sciences Po et professeur à Sciences Po.

    Avec les contributions de Thomas Aguilera, Francesca Artioli, Christine Barwick, Emmanuel Bellanger, Renaud Epstein, Vlad Gross, Charlotte Halpern, Patrick Le Galès, Patrick le Lidec, Jacques de Maillard, Sébastien Pradella, Pauline Prat, Mathieu Zagrodski.

  • Longtemps, les violences sexuelles et conjugales ont été considérées comme un fait d'ordre privé. Longtemps, les sociétés ont nié qu'elles étaient la conséquence d'une domination masculine confortée par l'ordre établi. Si la question a été soulevée à partir du milieu du XIXe siècle en Europe et aux États-Unis, il faudra attendre les combats féministes de la fi n du XXe siècle pour que ces violences soient reconnues comme un phénomène social et que l'État s'en empare. C'est à ce bouleversement de perception, et à la transformation d'un combat en cause publique, que s'intéresse ici Pauline Delage. Elle montre comment, à partir des années 1970, les féministes ont identifi é les violences sexuelles et conjugales, proposé des moyens spécifi ques pour les traiter et élaboré une grille explicative les liant aux rapports structurels entre les femmes et les hommes. Dans une enquête minutieuse, réalisée à partir de cas français et américains (région parisienne et comté de Los Angeles), l'auteure révèle comment professionnelles et militantes se sont saisies d'opportunités institutionnelles et politiques pour faire reconnaître ces violences, et retrace les processus qui ont conduit à légitimer l'intervention de l'État dans le domaine de l'intime. Son approche comparée met au jour les mécanismes d'institutionnalisation d'une cause, leurs fondements communs et leurs spécifi cités. l'échelon territorial ! Telle est l'injonction contradictoire adressée aux universités françaises depuis les deux grandes réformes du système d'enseignement supérieur et de recherche initiées en 2000. D'un côté, l'État organise une compétition généralisée entre enseignants- chercheurs et entre universités. Les fi nancements sur projet de la recherche, la publicisation des évaluations et leur utilisation pour allouer les budgets à la performance, comme les très sélectifs appels à projets qui se sont succédé sans relâche depuis le Grand Emprunt de Nicolas Sarkozy, ont accru les écarts entre établissements et fait voler en éclat le principe sur lequel reposait jusqu'alors, en théorie, le système français : des universités équivalentes sur l'ensemble du territoire. De l'autre, un remodelage du paysage universitaire est à l'oeuvre. Il impose que les grandes écoles, les organismes de recherche et les universités d'une même région coordonnent leurs actions dans le but de rationaliser les coûts et de grimper dans les classements mondiaux. De nouvelles structures sont ainsi créées à marche forcée, sans qu'il soit possible de savoir si ces changements majeurs atteindront leurs objectifs et assureront un avenir radieux à l'enseignement supérieur français. Mitterrand il y a trente ans. Sans doute conviendrait-il d'ajouter « mais s'est-on donné les moyens d'apprendre ? » Car faute d'avoir suffi samment investi dans une évaluation véritablement scientifi que de nos politiques de l'emploi, notre connaissance sur les causes du chômage et sur notre capacité à le résoudre n'a guère progressé. Certains programmes de formation, de subventions à l'emploi et d'accompagnement mis en place dans les pays développés ont pourtant pu être évalués méticuleusement. La faiblesse de leurs impacts démontre que l'on ne saurait prétendre éradiquer le chômage par l'investissement dans tel ou tel type d'action. Mais ces programmes peuvent être améliorés et nous aider à venir à bout du chômage. Cela passe par une analyse minutieuse des besoins et des comportements ainsi que par un recours plus large à des évaluations rigoureuses. Finalement, n'est-ce pas notre impatience à tester des actions sans nous donner le temps d'étudier leurs effets qui nous a piégés dans le chômage durable ?

  • Les politiques publiques interviennent dans tous les domaines de la vie quotidienne des citoyen·ne·s et agissent sur l'ensemble de la société. Ce dictionnaire ne se contente pas de définir des notions telles que « fenêtre d'opportunité », « gouvernance », « dépendance au chemin emprunté » ou encore « policy feedback ». Il montre comment les grands concepts de ce champ d'étude se sont forgés, puis modifiés et enrichis pour prendre en compte les nouveaux acteurs et instruments à l'oeuvre. En faisant dialoguer les courants, en s'ouvrant aux autres disciplines et en accordant une large place aux recherches francophones et internationales les plus actuelles, il offre les outils intellectuels indispensables pour comprendre les transformations contemporaines de l'action publique.

  • Révolutions, rébellions, insurrections... Contrairement aux guerres interétatiques, qui se sont raréfiées, les guerres civiles ont beaucoup augmenté depuis le début de la Guerre froide. Elles représentent aujourd'hui la forme la plus importante de conflictualité violente, en fréquence, en durée comme en nombre de victimes.
    Comment expliquer la forte résurgence des conflits internes ? Certaines périodes, certains environnements sociaux, institutionnels ou économiques lui sont-ils propices ? De nouvelles approches, fondées notamment sur l'exploitation de données quantitatives, ont tenté de répondre à ces questions. La synthèse qu'en présente cet ouvrage aide à mieux cerner les causes profondes du phénomène.

    Raul Magni-Berton est professeur de science politique à Sciences Po Grenoble.

    Docteur en science politique, Sophie Panel est postdoctorante à l'Institut de recherche stratégique de l'École militaire.

  • 2e édition mise à jour et augmentée
    Transition écologique, clivages sociaux, inégalités entre les territoires, métropolisation, mobilisations citoyennes, territorialisation, transformations de l'État... Ces phénomènes qui affectent les villes et régions du monde intéressent et désorientent de nombreux acteurs et observateurs de l'action publique.
    Conçu dans une logique pluridisciplinaire, exhaustif et didactique, ce dictionnaire offre un point de vue original sur les dynamiques territoriales contemporaines et sur les notions clés qui servent à les appréhender. Son index thématique et les références bibliographiques permettent de saisir les sujets dans leur globalité, de comprendre leurs interactions et de prolonger leur étude. Véritable outil d'analyse et d'aide à la décision, il met un savoir clair à la disposition de tous : chercheurs, élus et collaborateurs politiques, acteurs de l'action publique dans les territoires, étudiants et candidats aux concours de la fonction publique.
    Conçue et dirigée par Romain Pasquier (CNRS/Sciences Po Rennes), Sébastien Guigner (Centre Émile Durkheim/Sciences Po Bordeaux) et Alistair Cole (Hong Kong Baptist University), cette nouvelle édition réunit les contributions d'une centaine d'universitaires et de praticiens.

  • L' Affordable Care Act de 2010 a permis à vingt millions de citoyens américains de bénéficier d'une couverture maladie. Réforme la plus ambitieuse en matière de santé depuis les années 1960 aux États-Unis, l'Obamacare est aussi une réussite politique. Même Donald Trump n'est pas parvenu à la faire abroger.
    Ce succès tient au travail de fond, à l'abri des regards, d'un petit groupe de « gardiens des politiques de santé », habitués de longue date aux arcanes washingtoniennes et fins connaisseurs des rouages du système de santé américain. En périphérie du pouvoir sous la présidence de George Bush Jr. puis au sein de l'administration fédérale sous celle de Barack Obama, ces insiders échaudés par l'échec de la réforme Clinton au début des années 1990 ont usé de leurs ressources politiques pour faire évoluer un système devenu obsolète. S'ils n'ont pu mettre en place une couverture universelle, du moins ont-ils accru les capacités de régulation de l'État fédéral dans le domaine de la santé, créant par là-même la possibilité de futures améliorations.
    L'enquête de William Genieys met au jour le rôle de ces nouvelles élites politiques américaines qui oeuvrent pour que l'État fédéral soit au service non pas des lobbyistes, mais de l'intérêt général.
    William Genieys est directeur de recherche CNRS au Centre d'études européennes et de politique comparée de Sciences Po.

    Willam Genieys est directeur de recherche CNRS. Il est notamment l'auteur d'une Sociologie politique des élites (Armand Colin, 2011).

  • La crise des réfugiés qui secoue l'espace européen depuis 2015 a mis en lumière l'incapacité des institutions politiques à fournir des réponses satisfaisantes à tous les profils de migrants.

    Fruits de globalisations contradictoires, les flux migratoires s'accélèrent à travers le monde. Alors même que des frontières se ferment et que des murs s'érigent, les catégories de migrants et de réfugiés se brouillent, les pays de départ deviennent pays de transit et d'accueil et inversement, le contenu de la citoyenneté se diversifie, l'expression d'un droit à la mobilité des personnes émerge partout dans le monde.

    Réel enjeu planétaire, longtemps oubliées des grandes questions mondiales, les migrations transforment et affectent les relations internationales, redéfinissent la souveraineté des États. Elles disent surtout l'urgence d'une diplomatie nouvelle intégrant leur gouvernance mondiale et régionale.

  • La deuxième gauche et le pouvoir (1988-1991)

    Les trois ans et cinq jours que Michel Rocard a passés à Matignon ont laissé peu de souvenirs dans la mémoire collective. Sans majorité au Parlement, coincé dans un tête-à-tête empreint de méfiance avec François Mitterrand, le champion de la « deuxième gauche » n'aurait pas su, selon le procès qui lui a été fait, incarner une autre pratique socialiste du pouvoir et se serait contenté de gérer le quotidien.

    L'accès récent aux archives publiques et à ses archives personnelles éclaire d'un jour nouveau le Premier ministre Michel Rocard. Son oeuvre législative, symbolisée par la création du RMI et de la CSG, a résisté au temps. Respectueux des vastes domaines réservés de la présidence, il a su rétablir la paix en Nouvelle-Calédonie, moderniser l'État, promouvoir la rénovation de l'Éducation nationale...

    Historiens, politistes, économistes, archivistes et grands témoins font revivre les temps forts d'une gauche de gouvernement aux prises avec la fi n de la guerre froide et proposent une réflexion sur les limites que la Ve République impose au pouvoir du Premier ministre.

    Alain Bergounioux est historien et inspecteur général honoraire de l'Éducation nationale. Il est notamment l'auteur, avec Jean-François Merle, de Le Rocardisme. Devoir d'inventaire (Seuil 2018).

    Mathieu Fulla est enseignant à Sciences Po et chercheur au Centre d'histoire de Sciences Po. Il est notamment l'auteur de Les Socialistes français et l'économie. Une histoire économique du politique (Presses de Sciences Po, 2016).



    Avec les contributions de : Claire Andrieu, Philippe Bezes, Antony Burlaud, Alain Chatriot, Élie Cohen, Michele Di Donato, Pierre Encrevé, Ismail Ferhat, Guy Groux, Gérard Grunberg, Pierre-Emmanuel Guigo, Veronika Isenberg, Jérôme Jaffré, Marc Lazar, Sarah Mohamed-Gaillard, Michel Noblecourt, Vivien Richard, Zénaïde Romaneix, Olivier Rozenberg, Christophe Sente, François Stasse, Matthieu Tracol.

    Alain Bergounioux, historien spécialiste du PS, est professeur associé à Sciences Po et préside actuellement l'Office universitaire de recherches socialistes (OURS).
    Membre permanent du Centre d'histoire de Sciences Po (CHSP), Mathieu Fulla est agrégé et docteur en histoire. Il enseigne à Sciences Po.

  • 2e édition mise à jour et augmentée
    L'Union européenne poursuit son intégration. Des outils d'analyse ont été très tôt forgés pour comprendre ce système politique spécifi que et la manière dont il s'est construit. Ils n'ont cessé de se complexifier à mesure que la communauté s'est agrandie et que ses compétences se sont accrues, dans le respect relatif des souverainetés nationales.
    Leur maîtrise est aujourd'hui plus que nécessaire face aux problèmes auxquels l'Union européenne est confrontée : résurgence du populisme en son sein, critique publique de son déficit démocratique, Brexit, incapacité à coordonner l'afflux et l'accueil des migrants et des réfugiés, difficultés à répondre à la crise économique et financière ou encore à celle de la pandémie de Covid-19...
    En les situant à chaque fois dans les discussions de leur temps, Sabine Saurugger fait le point sur l'ensemble des concepts et théories élaborés par la recherche française et internationale dans les champs de la sociologie politique, des politiques publiques, de la théorie politique et des relations internationales.
    Une synthèse claire et complète pour mieux débattre de l'intégration européenne, de ses forces et de ses fragilités.

    Sabine Saurugger est professeure de science politique, membre de l'UMR Pacte et directrice de Sciences Po Grenoble-UGA.

    Sabine Saurugger est professeure de science politique et dirige Sciences Po Grenoble.

  • Les liens entre terre et pouvoir semblent avoir été oubliés, au moins dans les sociétés urbanisées. Cependant, le vaste mouvement d'accaparement des terres qui se dessine un peu partout dans le monde, en particulier depuis la crise des matières premières de 2007-2008, a redonné à cette « agro-politique » une actualité ou du moins une médiatisation nouvelle.

    En revisitant l'histoire récente à l'aune de la question foncière, Pierre Blanc montre comment les terres cultivables constituent un facteur d'explication largement sous-estimé de l'instabilité politique et des logiques de puissance qui traversent la planète depuis le xxe siècle. Un ouvrage indispensable à la compréhension des (dés)équilibres géopolitiques de notre temps.

    Pierre Blanc est enseignant-chercheur en géopolitique à Sciences Po Bordeaux et à Bordeaux Sciences agro. Il est notamment l'auteur, aux Presses de Sciences Po de Proche-Orient : le pouvoir, la terre et l'eau (2012) et, avec Jean-Paul Chagnollaud, de Violence et politique au Moyen-Orient (2014).

  • Alors que la mobilité est reconnue comme un facteur essentiel de développement humain, les deux tiers des habitants de la planète ne peuvent circuler librement. Quant aux pays traditionnels d'immigration, ils ont fermé leurs portes, si ce n'est bâti des murs pour se protéger des migrants.

    Les effets pervers de la fermeture des frontières sont légion. Aux victimes, aux sans-papiers et aux sans-droits, s'ajoutent les camps de réfugiés, l'économie mafieuse du passage, les déficits économiques et démographiques liés à l'absence de mobilité, sans parler du coût exorbitant des politiques de fermeture et d'expulsion.

    Face aux inégalités criantes du régime des frontières, il est temps que se mette en place une diplomatie internationale des migrations et que soit reconnu un droit universel à la mobilité.

  • Pascal Perrineau, professeur des universités, politiste, a notamment dirigé le Centre de recherches politiques de Sciences Po (CEVIPOF) entre 1991 et 2013. Ces confrères, collègues et disciples soulignent l'importance de son apport à la discipline et aux sciences humaines et sociales au travers des contributions de cet ouvrage.

    Collectif

  • Surpris par l'irruption des « révoltes arabes », les régimes autoritaires d'Afrique du Nord ont, pour la plupart, fait preuve d'une certaine robustesse. Pour combien de temps encore ?

    Fin connaisseur de la région, Luis Martinez fait le point sur la situation de pays tels que l'Algérie, le Maroc, la Libye et la Tunisie. Il montre qu'en s'arcboutant aux deux fonctions héritées du pouvoir colonial, maintien de l'ordre et extraction des ressources naturelles, ces États ont omis de placer l'intérêt général au coeur de leur action. Incapables de se départir d'une obsession sécuritaire - partagée par la communauté internationale -, les yeux braqués sur la bande sahélo-saharienne, nouvel épicentre du jihadisme, leurs gouvernants paraissent ignorer le véritable défi qui se pose à eux : répondre à la colère d'une jeunesse nombreuse et au chômage, et gagner la loyauté d'un peuple qui paie le prix de la corruption, de modèles erronés de développement économique et d'une absence d'État-providence.

  • L'accès aux espaces publics d'une personne en fauteuil roulant a beau être inscrit dans la loi, là où la rampe fait défaut, ce droit reste lettre morte. L'école a beau se dire inclusive, si elle ne fournit pas à un élève non voyant les aménagements adaptés, elle ne l'est pas dans les faits.

    Au fil des ans et des mobilisations, une multitude de droits ont été reconnus aux personnes handicapées. En quoi ont-ils changé leur vie quotidienne ? À partir de récits biographiques recueillis auprès d'individus ayant des incapacités motrices ou visuelles, l'auteure montre que les droits associés au handicap, souvent imprécis dans les textes, souffrent de défauts majeurs de mise en oeuvre.

    Pourtant, face à ces droits vulnérables, les individus sont actifs, dotés d'esprit critique et porteurs d'innovations. À l'école, dans l'entreprise, auprès des administrations ou dans les transports publics, ils protestent, négocient, bricolent et aménagent leurs droits, pour rompre avec la citoyenneté de seconde zone qui leur reste assignée.

    Anne Revillard est professeure associée (HDR) en sociologie à Sciences Po, membre de l'Observatoire sociologique du changement (OSC) et directrice du Laboratoire interdisciplinaire d'évaluation des politiques publiques (LIEPP).

    Anne Revillard est professeure associée en sociologie à Sciences Po, membre de l'Observatoire sociologique du changement (OSC) et du Laboratoire interdisciplinaire d'évaluation des politiques publiques (LIEPP). Ses recherches récentes portent sur les évolutions et la réception des politiques du handicap en France.

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