• Correspondance (1931-1944) Nouv.

    Antoine de Saint-Exupéry et Consuelo Suncín Sandoval se rencontrent à Buenos Aires en septembre 1930. L'auteur de Courrier Sud est alors chef d'exploitation de l'Aeroposta Argentina. Originaire du Salvador, la veuve du célèbre critique Enrique Gómez Carrillo est, elle, venue en Argentine pour traiter des affaires de son mari défunt. Entre ces deux trentenaires, le coup de foudre est immédiat ; après quelques semaines de vie commune en Argentine, ils choisissent de se marier en France auprès de la famille de l'écrivain. Mais la vie conjugale du couple, malgré tout ce qui les réunit - y compris dans leur imaginaire commun, peuplé d'étoiles, de petits animaux et personnages, de fleurs et de toutes sortes de trésors - , sera un parcours bien chaotique. L'aventureux « Tonio » attend de son épouse une stabilité, une attention, un réconfort de tous instants que le tempérament de celle-ci, éprise de liberté et douée d'une irréductible fantaisie, ne peut lui apporter continûment ; et l'écrivain lui-même est bien trop fantasque et exigeant pour que la vie à ses côtés soit vraiment vivable pour une femme qui n'entend pas se soumettre sans résistance au rôle de l'épouse docile et apaisante. Mais Antoine et Consuelo, malgré plusieurs périodes de séparation durant les quatorze années que durera leur « vie commune », ne se délieront jamais de leur union. Sacrée à leurs yeux, elles les réunira dans les moments les plus difficiles, notamment à New York où l'écrivain se trouve exilé entre 1941 et 1943. Et cette promesse réciproque d'un amour inconditionnel leur permettra de supporter, non sans souffrance, l'éloignement et l'inquiétude, lorsque l'engagement militaire d'Antoine de Saint-Exupéry les rendra inévitables - jusqu'à la fin tragique de juillet 1944.
    Cette correspondance croisée, riche de 160 lettres et illustrée de quelque 50 documents en couleurs, révèle l'esprit de cette union, ponctuée d'orages et d'accalmies, de doutes et de pleurs, de désillusions et de célébrations. Au-delà des récriminations domestiques, l'amour est là, passionnément vécu et entretenu, avec une émotion souvent déchirante. Les échanges les plus nombreux datent des années de guerre, entre la France, les États-Unis et l'Afrique du Nord. Ces années sont aussi celles de l'écriture, en exil, du Petit Prince - une fable qui illumine, en lui donnant son sens le plus profond, la vie commune d'Antoine et Consuelo, entre présence et absence, lumière et mélancolie, désarroi et authenticité. Un jeune prince voyageur, une rose et son globe : nous y sommes. « Je me souviens d'une histoire pas très vieille », écrit Antoine de Saint-Exupéry dans sa première lettre connue à Consuelo, en 1930 : « Il était une fois un enfant qui avait découvert un trésor. Mais ce trésor était trop beau pour un enfant dont les yeux ne savaient pas bien le comprendre ni les bras le contenir. Alors l'enfant devint mélancolique. » Édition établie, annotée et présentée par Alban Cerisier

  • Tout en prenant un malin plaisir à se déclarer réticent à ce genre d'exercice, Jean d'Ormesson déploie dans l'art épistolaire autant de brio et de virtuosité que de talents de stratège et de séducteur. Il laisse libre cours, dans cette version la moins « autorisée » de son autobiographie, à son franc-parler, sa malice, son goût de l'ironie et de la facétie.

    C'est tout l'arrière-plan de son parcours dans le siècle que l'on voit se dessiner au fil de ces échanges multiples, sous l'effet révélateur des relations qui ont le plus compté dans son existence. Le meilleur de sa correspondance, en dehors de ses grandes amitiés littéraires, gravite autour de quelques figures clés. De Raymond Aron ou Roger Caillois à Claude Lévi-Strauss, tous ont agi sur Jean d'Ormesson comme autant de maîtres et d'inspirateurs dans sa réflexion intellectuelle et philosophique et l'évolution de son oeuvre.

    « Les amitiés qui commencent par les livres sont peut-être les plus fortes », écrivait-il à José Cabanis. Cet ensemble de « messages portés par les nuages », selon la formule de Jean-Marie Rouart, en offre une vivante et savoureuse illustration. C'est le même amour fou de la littérature qui explique l'amitié paradoxale de Jean d'Ormesson avec des auteurs aussi distincts de lui que Michel Déon ou François Nourissier. À travers eux on découvre ici son autoportrait le plus inattendu.
    Jean-Luc Barré.

  • «Tu es entrée, par hasard, dans une vie dont je n'étais pas fier, et de ce jour-là quelque chose a commencé de changer. J'ai mieux respiré, j'ai détesté moins de choses, j'ai admiré librement ce qui méritait de l'être. Avant toi, hors de toi, je n'adhérais à rien. Cette force, dont tu te moquais quelquefois, n'a jamais été qu'une force solitaire, une force de refus. Avec toi, j'ai accepté plus de choses. J'ai appris à vivre. C'est pour cela sans doute qu'il s'est toujours mêlé à mon amour une gratitude immense.» Pendant quinze ans, Albert Camus et Maria Casarès échangent des lettres où jaillit toute l'intensité de leur amour. Entre la déchirure des séparations et les élans créateurs, cette correspondance met en lumière l'intimité de deux monstres sacrés au sommet de leur art.

  • Se construire avec patience ; lettres de liberté et de détermination Nouv.

    Depuis un presbytère perdu dans les bruyères anglaises, Charlotte Brontë mène à coups de lettres un combat calme et déterminé pour affirmer les raisons de son génie littéraire et le talent extraordinaire de ses soeurs. Les passionné.e.s de l'autrice trouveront dans cette correspondance la formation d'une intelligence, les péripéties d'un grand coeur et le parcours d'une vie secrètement intense.

  • Comment ne pas payer ses dettes ; lettres au bord de l'épuisement financier Nouv.

    Vivant résolument au bord de l'abime, talonné par la misère, Charles Baudelaire sut transformer l'adversité en un brasier d'art et de pensée. Depuis l'arrière-salle d'une auberge ou un glacial logement de fortune, le maître des symbolistes raconte dans ces lettres ses déboires financiers. Maudit par ceux qui lui prêtaient de l'argent, pétri d'orgueil et de colère, le poète surpassa toutes les crises, parvenant à incarner le mythe d'une vie de bohème et d'écriture.

  • La vie commence chaque jour : lettres de sagesse émue Nouv.

    Doué de l'indulgence des inflexibles, un grand poète apprend à regarder le monde comme s'il s'agissait du premier jour de la création et à affronter les difficultés comme un moyen de se découvrir soi-même.
    Trésors de sagesse et d'audace, les lettres de Rainer M.
    Rilke résonnent par leur profondeur et leur actualité : les réflexions d'un homme sachant exiger de la vie toute sa perfection.

  • Comment va-t-il ton petit cerveau ? lettres sur l'amour de l'étude Nouv.

    Élève modèle pour les enseignants, esprit à étouffer pour le régime fasciste, homme libre malgré sa détention, Gramsci transmet avec bienveillance sa passion de comprendre. L'intellectuel devenu la conscience morale de l'Italie se révèle dans ses lettres un père sévère et d'autant plus émouvant qu'il montre à distance le chemin de l'étude et de la connaissance à ses amis, neveux et enfants, ainsi qu'à chacun de nous.

  • « Très cher père, Tu m'as demandé récemment pourquoi je prétends avoir peur de toi. Comme d'habitude, je n'ai rien su te répondre... » Réel et fiction ne font qu'un dans la lettre désespérée que Kafka adresse à son père. Il tente, en vain, de comprendre leur relation qui mêle admiration et répulsion, peur et amour, respect et mépris.

  • Tout est encore à faire Nouv.

    De tous temps adulé et haï, Napoléon Bonaparte (1769-1821) a marqué l'Histoire de l'Europe. Sa correspondance, étonnamment méconnue, révèle toutes les facettes de ce caractère extraordinaire. Dans cette sélection de lettres et de discours, l'ambition du jeune élève de l'école militaire, l'enthousiasme citoyen du général de la Révolution et la rhétorique, contagieuse, du premier empereur des Français nous font découvrir la gloire de l'homme qui bouleversa le Vieux Continent et le monde entier.
    À l'occasion du bicentenaire de la mort de Napoléon, ce petit volume met enfin à disposition du public français une sélection de ses lettres et discours, véritables chefs-d'oeuvre de rhétorique et d'ambition.

  • Par son intensité et les personnages inoubliables qui l'ont peuplée, la vie de Mary Shelley fut un véritable roman, que l'on suit chapitre par chapitre à travers ses lettres. La créatrice de Frankenstein est saisie ici dans le tourbillon des glorieuses années du Romantisme : elle se passionne, souffre, ne cesse de revendiquer sa liberté. Shelley dépeint son formidable cénacle d'amis - parmi lesquels Lord Byron - qui jugeait la beauté du monde indissociable de ses vérités.

  • Dans un univers d'affections tout aussi étroit que tendre et explosif, la grande poétesse américaine contemple et juge le monde, le rejette en éruptions de lave ou le sublime jusqu'à le révéler dans une aveuglante lumière. Les lettres d'amour, ironiques ou poétiques d'une femme qui choisit le risque de la pensée et le nomma extase.

  • Jane Austen, la plume la plus cuisante du XIXe siècle anglais, déploie dans sa correspondance privée son incomparable prose et nous régale de l'élégante insolence de son ironie tranquille.
    Ce petit livre distille, lettre après lettre, un concentré d'intelligence pratique, sociale et littéraire inégalée, dessinant un parcours précis d'émancipation et de conscience artistique.

  • "Cher Guilloux, A propos du Sang noir, j'y ai remis le nez, poussé par l'amitié. J'ai eu honte et je me suis senti très petit garçon. Je ne connais personne aujourd'hui qui sache faire vivre ses personnages comme tu le fais. Il n'y a plus de romanciers parce que nous n'écrivons plus avec le coeur et la tendresse. Enfin, j'en étais tout remué". L'un est breton, l'autre algérien, Guilloux est habité par le noir et aspire à la lumière, quand Camus, plus solaire, est rongé par le doute.
    Pourtant, lorsqu'ils se rencontrent à Paris en 1945, une amitié se noue immédiatement entre les deux écrivains. Ces fils du peuple, qui ont connu la pauvreté, sont animés par l'esprit de justice et de fraternité. Cette correspondance croisée ponctue quinze années d'une profonde affection, nourrie d'innombrables causeries, lectures, promenades et repas partagés.

  • Les lettres les plus aériennes et audacieuses d'une icône de liberté et d'indépendance. Auteure incomparable, Virginia Woolf se révèle aussi une amie sans égale : directe et empathique, curieuse et attentive. L'écrivaine s'ouvre ici à ses amies d'une vie, celles qui, plus que toutes autres, ont pénétré son univers secret de passions et de pensée.

  • L'entrée de Barack Obama à la Maison-Blanche en 2009 a marqué un tournant dans l'histoire des États-Unis. Il s'est notamment imposé au fil des ans comme un orateur hors pair, et nombre de ses discours demeurent en mémoire. Cette anthologie en rassemble huit. Dans une langue tour à tour déterminée, grave ou encore exaltée, Barack Obama n'a de cesse de réaffirmer son amour et sa confiance en son pays et ses habitants et, quelles que soient les circonstances, de toujours véhiculer un message porteur d'espoir, à l'image de son slogan : Yes, We can !

  • «Je vous écris tandis que s'éteignent les dernières notes de notre "Alléluia". Souvent j'écoute ce chant. Il me parle de vous, Anne. Je pense qu'il vous ressemble, ou du moins, à une certaine Anne, la plus secrète, la plus vraie, la plus exigeante. J'aime que cette Anne-là existe. Pour l'atteindre il faut du silence et de la force. Ce n'est pas commode. Mais passionnant.».

    En 1962, un homme politique français de quarante-six ans rencontre à Hossegor une jeune fille de dix-neuf ans. Il lui écrira, jusqu'à la veille de sa mort, plus de mille lettres témoignant d'un amour secret et indéfectible. Ce recueil nous dévoile des aspects totalement inconnus de celui qui fut deux fois président de la République.

  • George Sand est sans conteste l'une des plus grandes épistolières françaises : sa correspondance comprend plus de 20 000 lettres.
    Ce volume offre une vue générale sur l'ensemble des femmes avec lesquelles George Sand a établi des relations épistolaires. Seront présentes ses trois destinatrices les plus célèbres : Marie d'Agoult, Pauline Garcia-Viardot et la comédienne Marie Dorval. Mais l'accent est mis aussi sur les femmes de son entourage familial, sa mère, sa grand-mère, sa fille, ses nièces, sa belle-fille ; sur ses amies, même si elles n'ont pas la notoriété d'une Marie Dorval, compagnes de couvent comme Émilie De Wismes ou les soeurs Bazoin, amies d'enfance comme Laure Decerfz, rencontres de voyages comme Zoé Leroy.
    Ces lettres, adressées par une femme à des femmes, nous permet de pénétrer plus avant encore dans les secrets de l'âme et du coeur de celle qui a toute sa vie assumée en tant que chef de famille et a revendiqué le statut de « camarade Sand ».

  • De la quasi-épouse d'un jour Mathilde Trampedach à la relation platonique avec Louise Ott, du triangle amoureux avec Lou Salomé et Paul Re´e à la passion pour Cosima Wagner : les amours que Nietzsche décrit dans ses lettres sont à la fois improbables et tragiques, décousues et légendaires. Le théoricien de la volonté de puissance s'abandonne à des élans de tendresse qui laissent entrevoir l'irréductible innocence de l'homme qui a fait exploser la pensée occidentale.

  • La correspondance de Verdi offre une porte d'entrée ans un monde d'enthousiasme et de créativité.
    On y découvre le portrait inédit d'un artiste au caractère prodigue et désinvolte, très conscient de son propre génie. Cette savoureuse sélection propose les lettres les plus drôles du maître de la musique italienne, qui vivait avec la passion du vin, de l'amitié et de la liberté.

  • Le discours de Toni Morrison qu'elle a écrit et lu pour la réception de son Prix Nobel.
    Ce texte magnifique est construit à partir d'une allégorie (ci-dessous) qui lui permet de déployer avec une rare poésie l'idée qui traverse toute son oeuvre : préserver le langage et la responsabilité individuellement et collectivement, de chacun, dans sa relation à l'autre.
    Toni Morrison commence ainsi son texte par «il était une fois», 4 mots qui a eux seuls portent la puissance de l'imaginaire.
    Il était une fois une vieille femme, fille d'un esclave, sage et aveugle. Au milieu des siens, elle incarnait la loi et la transgression. Un jour de jeunes gens, se méfiant de sa sagesse et pensant qu'elle est une imposteur, vont la voir et la provoquent en lui demandant si dans leurs mains se trouve un oiseau vivant ou mort. Après un long silence, la vieille femme dit ne pas savoir si l'oiseau est vivant ou mort mais elle sait que l'oiseau est dans leurs mains : si il est mort, c'est qu'ils l'ont trouvé mort ou qu'ils l'ont tué, si il est vivant, ils peuvent le tuer.
    Le discours de Toni Morrison, paru chez Bourgois en 1994, n'est plus disponible.
    L'éditeur l'a inclu dans le recueil La source de l'amour propre : 432 pages, 23 euros.
    Ce premier livre accompagne Happy Family de Kathleen Collins. Les deux autrices, provenant de deux continents différents, partagent les mêmes convictions littéraires et politiques.

  • Dans sa correspondance aux mille nuances, Giacomo Leopardi se montre généreux et ardent, tendre avec ses frères et ses neveux, indomptable face à l'adversité. Depuis sa solitude peuplée d'amis, il écrit sur le réconfort que les hommes se doivent les uns les autres. Ses lettres nous révèlent un poète enthousiaste, avide de gloire et de liberté. Loin d'être un « sombre amant de la Mort?», c'est un homme au désir de vie inextinguible.

  • Vingt-cinq lettres pleines d'esprit, écrites dans les années 1960, par un Doisneau dont elles fixent l'image au quotidien, côté vie et côté métier, restituant la voix si singulière d'un homme de talent qui jamais ne perdit sa fantaisie. À lire ces pages savoureuses que Robert Doisneau (1912-1994) adresse à Maurice Baquet (1911-2005), célèbre violoncelliste et acteur français, à voir les réjouissantes photos qu'il fit de lui, on comprend que ces deux-là s'étaient juré de ne pas se prendre au sérieux, et qu'ils tinrent parole. Ce livre est donc une histoire d'amitié en même temps qu'un hommage. Pour saluer l'artiste. Les artistes.

  • Dans une splendide correspondance, vive et émouvante, le fondateur du roman psychologique moderne mène l'enquête sur son propre coeur et celui de ses proches.
    À travers ses confessions et confidences d'une brillante tendresse, Stendhal partage joies et tourments avec ses happy few adorés. La meilleure porte d'entrée dans l'oeuvre du « plus heureux des écrivains ».

  • Les étonnants paradoxes de l'âme humaine et les fragiles labyrinthes du psychisme de l'enfant exposés dans les lettres où Kafka analyse le comportement de l'« animal-famille ». Questionnant le joug familial, il s'extirpe du lacis de ses fiançailles et démolit, non sans émotion, la figure paternelle. Le plus surprenant prosateur du vingtième siècle se révèle être un pédagogue subtil et d'une extrême lucidité.

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