• Seize années de travail, et une vie tout entière consacrée à l'étude de l'Islam, avaient été nécessaires au professeur Jacques Berque pour proposer un « essai de traduction » du Coran. À la fois savante et littéraire, cette oeuvre monumentale, témoignant d'une intime familiarité avec le monde arabe et la tradition de l'Islam, fut saluée comme un événement pour l'approche de cette culture par le public francophone.

    Après quatre ans de travail supplémentaires, Jacques Berque, qui fut l'infatigable explorateur des mille subtilités de la langue coranique, améliora son texte en y apportant des centaines de retouches d'après les remarques de lecteurs érudits, et particulièrement celles de cheikhs de l'Islam. Cette seconde édition, entièrement révisée, nous fait redécouvrir le Coran dans le souffle de ses origines, ouvrant les perspectives d'un Islam éclairé où foi et raison auraient toutes deux leur place.

  • « Je suis venu dire un seul mot et ce mot je le dirai. Mais, si la mort devait m'en empêcher, alors il sera dit demain. Car demain ne laissera aucun secret dans le livre de l'Eternité. ».

    Dans ces textes, Khalil Gibran nous propose une invitation à la méditation et à la réflexion. Le fil conducteur de ces poèmes, nouvelles, pièces de théâtre, maximes et manuscrits est l'amour, aux couleurs nuancées par les larmes et les sourires.
    Khalil Gibran livre ses réflexions sur l'art et la beauté, appelle à la renaissance du Moyen-Orient, parle de son amour pour Salma Karamé et pour l'humanité et chante l'essence du mysticisme.
    C'est toute l'âme de ce visionnaire « porteur de souffle » qui se découvre.

  • Le livre du dedans

    Rûmi

    "Le Livre du Dedans", c'est-à-dire de l'intériorité la plus profonde, est le principal traité en prose du grand poète mystique Rûmî, qui fonda dans l'Anatolie du XIIIe siècle la confrérie des Derviches tourneurs.

  • La Conférence des oiseaux est un des plus célèbres contes soufis, et l'un des chefs-d'oeuvre de la poésie persane. Mis par écrit par Farid al-Din Attar (1142-1220), influence majeure pour Rûmî, il raconte comment les oiseaux se mirent en quête d'un oiseau mythique, le Simorgh, afin de le prendre comme roi. Au terme d'une épopée mystique et existentielle, ils découvrent que le Simorgh n'est autre qu'eux-mêmes : « Le soleil de ma majesté est un miroir. Celui qui se voit dans ce miroir, y voit son âme et son corps ».
    De cette allégorie de la rencontre entre l'âme et Dieu, Jean- Claude Carrière a tiré une oeuvre théâtrale, mise en scène par Peter Brook à Avignon en 1979. Longtemps épuisé, ce classique contemporain a été enfin rendu à son public en 2008.

  • Comment fut élaboré le Coran ? Quels en sont les thèmes majeurs ? Qu'est-ce qui unit et sépare chrétiens et musulmans ? Quel est le statut de la femme dans l'islam ? Que lui doit- on sur le plan scientifique ? Pourquoi fait-il peur en France ? Quand fut lancé le premier djihad ?

    Souvent l'islam inquiète. Comme tout sujet mal connu, il suscite l'anxiété. Voilà pourquoi il était si important de demander au grand spécialiste Malek Chebel de revisiter son domaine de prédilection et de répondre avec clarté aux grandes questions que l'on est amené à se poser.
    Tous les aspects sont abordés : l'histoire, le prophète, le Coran, les rituels, les relations avec la France, l'Occident, l'amour et la sexualité, les autres religions, les arts, la littérature et la science, les réformesà venir...

    D'une plume vive, Malek Chebel nous livre en cent questions des dizaines d'années de recherche et de réflexion.

  • L'imaginaire musulman, en particulier salafiste, a tendance à présenter le règne des quatre premiers successeurs de Muhammad, celui des « califes bien guidés », comme un temps idyllique. Or les textes les plus anciens révèlent une toute autre réalité : celle d'une déchirure précoce avant même que le Prophète soit porté en terre. Ses plus proches Compagnons rivalisèrent alors de trahisons, de pactes secrets, de corruption et de menaces de mort pour s'emparer du pouvoir. Voici l'histoire stupéfiante des Califes maudits, dont ce premier volume révèle les enjeux et les acteurs.Fidèle à la méthode déployée dans Les Derniers Jours de Muhammad, Hela Ouardi est allée fouiller dans les replis des sources les plus classiques - mais en réalité très peu consultées - pour reconstituer cette histoire secrète. Les protagonistes sont tous des figures majeures de l'islam naissant : Abû Bakr, le plus proche Compagnon, 'Umar, son second impétueux et violent, 'Alî, le gendre bien-aimé, Fâtima, la fille chérie au destin funeste, qui lancera une terrible malédiction à ses spoliateurs, les futurs premiers califes. Entre tous ces personnages hauts en couleur se noue une véritable tragédie grecque aux conséquences durables. Car au-delà des querelles de personnes, c'est bien le destin de l'islam et, par conséquent, du monde entier qui se joue.

  • Il est difficile, ces temps-ci, de penser librement et encore plus de penser en athée. Affirmer que les idéaux de la philosophie des Lumières sont toujours d'actualité fait paradoxalement passer pour un réactionnaire, un islamophobe, voire un compagnon de route du Front national assimilé au fascisme. Dans ce livre, je me propose de réactiver la pensée des Lumières. Non pas en faveur ou en défaveur, mais en philosophe. Je lis le Coran, j'examine les hadîths et croise le tout avec des biographies du Prophète pour montrer qu'il existe dans ce corpus matière au pire et au meilleur : le pire, ce que des minorités agissantes activent par la violence ; le meilleur, ce que des majorités silencieuses pratiquent de manière privée. Comment la République doit-elle considérer ces deux façons d'être musulman ? Nous nommons barbarie ce que nous ne voulons pas comprendre. L'islam terroriste a été partiellement créé par l'Occident belliqueux. D'où la nécessité de se remettre à penser.
    M. O.

    1 autre édition :

  • Les Califes maudits est un cycle de cinq récits historiques qui reconstituent les règnes des quatre successeurs du Prophète Muhammad. Qualifiés de califes « bien guidés » par la tradition apologétique, ils n'ont cessé en réalité de s'entredéchirer, et ont tous connu une mort violente. Le premier volume, La Déchirure, publié au printemps dernier, nous faisait revivre comme une tragédie grecque la confrontation acharnée des prétendants au califat, et la malédiction proférée contre eux par Fatima, la fille du Prophète, dépossédée de son héritage. Ce deuxième volume nous entraîne, après le coup d'Etat d'Abou Bakr, dans ce que l'on a appelé les « guerres d'apostasie », la religion étant alors instrumentalisée dans les luttes meurtrières pour le pouvoir. C'est un baptême de sang que va connaître le Califat : les musulmans vont s'entretuer par milliers, dans une violence fondatrice dont les répliques se ressentent jusqu'à aujourd'hui...

  • Allah au féminin

    Eric Geoffroy

    À l'encontre de la misogynie ordinaire qui traverse tous les milieux sans épargner les plus « éveillés », il est indéniable que le Divin en islam présente des aspects profondément féminins. Dieu ne se nomme-t-il pas lui-même « le Tout-Miséricordieux » (expression coranique qui renvoie à la « matrice » de la femme) ? Ainsi, nombre de maîtres soufis ont exalté la précellence spirituelle du principe féminin, et se sont parfois adressés à « Elle » plutôt qu'à « Lui ».
    Éric Geoffroy, islamologue et spécialiste internationalement reconnu du soufisme, rend compte ici de cette face méconnue de l'islam, à travers ses développements sur l'androgynie originelle de l'humanité, l'évocation de grandes figures féminines comme Marie et des saintes soufies.
    Ce tableau étonnant débouche sur l'évolution actuelle du soufisme qui ouvre des voies nouvelles dans la pratique musulmane : nous découvrons des femmes théologiennes, des imames, et même des cheikhas de confréries, qui s'imposent par leur dimension spirituelle. Il nous permet aussi de mieux saisir en quoi le Féminin semble incarner l'avenir de nos sociétés.

  • Alors que les courants salafistes et dhjihadistes imposent une lecture atemporelle du Coran, ce livre passionnant analyse le discours du Prophète à la lumière du contexte historique et anthropologique où vivait Mahomet : l'Arabie tribale et désertique du début du viie siècle. Jacqueline Chabbi montre ainsi que les trois caractéristiques du divin correspondent aux trois piliers de la société tribale : Dieu est représenté avant tout comme celui dont l'alliance, la guidance et le don répondent aux nécessités vitales imposées par l'environnement.

    Cet éclairage inédit permet d'élucider un grand nombre de notions et renouvelle le sens de celles qui ont été figées par une certaine doctrine musulmane (djihâd, charia, etc.), tout en faisant apparaître combien elles ont pu évoluer au fil du temps et des transformations sociales.

    1 autre édition :

  • « J'ai découvert que toute notre histoire était falsifiée, fabriquée de toutes pièces et que ceux qui avaient créé la civilisation arabe et sa grandeur furent bannis, condamnés, rejetés, voire crucifiés. Il faut relire cette civilisation et la revoir autrement : avec un nouveau regard et avec une nouvelle humanité ».

    Dans ce livre d'entretiens, Adonis prolonge sa réflexion sur les thèmes abordés dans ses poèmes et dans nombre de ses essais - la religion, la radicalisation, les attentats, l'échec du Printemps arabe, la femme et la féminité... -, en plongeant avec audace dans les profondeurs de la culture arabe et en dénonçant les dérives des mouvements politico-religieux.

  • L'islam est-il une religion différente des autres, arc-boutée sur un texte provenant directement de Dieu, une théologie éminemment politique qui tolère la violence ? Ou bien l'opinion dominante est-elle tout simplement devenue islamophobe, incapable de voir dans cette tradition religieuse la rationalité, la spiritualité et la liberté de penser et de pratiquer qui s'y trouvent ?
    Opposés sur presque tous ces points, Rémi Brague et Souleymane Bachir Diagne discutent les extraits du Coran qu'ils connaissent tous deux en arabe, l'histoire de l'expansion de l'islam et son entrée dans la modernité. Ils n'éludent aucune question, de l'islamisme à la place des femmes, en passant par la question du djihad et le rapport aux autres religions.
    Un débat au sommet, érudit et vivant, sur le sujet le plus polémique de notre époque.

  • Traduit de l'anglais, présenté et annoté par Abdennour Bidar Préface de Souleymane Bachir Diagne La pensée de Mohammed Iqbal (1877-1938) connaît aujourd'hui un important regain d'intérêt auprès d'une jeune génération d'intellectuels musulmans en quête d'un Islam ouvert et moderne, en particulier dans le monde francophone. Iqbal, honoré au Pakistan comme un Père fondateur, a été formé en effet à l'école anglaise et s'exprime en anglais. La Reconstruction de la pensée religieuse en Islam, son livre majeur, publié en 1934, se propose de « repenser le système de l'Islam tout entier sans rompre avec le passé. » Il relit le message coranique à la lumière des philosophes occidentaux de son temps, notamment Whitehead et Bergson. Leur pensée, s'emploit-il à montrer, fait écho à l'« anthropologie dynamique » qu'il regarde comme le coeur de l'expérience spirituelle musulmane. L'entreprise d'Iqbal n'a pas seulement pour objet de tirer l'Islam de sa longue « pétrification » - il la fait remonter à la destruction de Bagdad en 1258. Il est également de répondre aux interrogations de la société contemporaine dans une perspective résolument universaliste. Il définit ainsi son programme : « L'humanité a besoin aujourd'hui de trois choses : une interprétation spirituelle de l'univers, une émancipation spirituelle de l'individu et des principes fondamentaux de portée universelle orientant l'évolution de la société humaine sur une base spirituelle ».Cette inspiration rigoureusement novatrice a conduit certains à qualifier Iqbal de « Luther musulman ». Elle est sans doute ce qui fait de son oeuvre une source essentielle pour les tenants d'un Islam anti-traditionnaliste et anti-fondamentaliste. D'où l'intérêt de la mettre à la portée des lecteurs français. L'ouvrage est traduit, présenté et richement annoté par Abdennour Bidar, l'un des chefs de file en France de cet effort pour définir un Islam adapté au monde actuel. Cet important travail éditorial contribuera à faire de cette tradition un livre de référence.

  • La renommée de Nasr Eddin s'étend du monde arabe aux pays balkaniques, en passant par l'Asie mineure et centrale.
    Tous les peuples qui connaissent ses aventures se sont approprié le mythique ouléma. Ukrainien, mongol, albanais, ou algérien, ce personnage est d'origine turque, et aurait vécu entre 1209 et 1284 à Ashkéhir, où il a sa tombe, vide.
    Voici rassemblées des centaines d'anecdotes, facéties, histoires drôles et/ou acides du Hodja.
    Ce volume d'inédits, qui fait suite aux précédents recueils publiés notamment chez Phébus où ils sont devenus des classiques instantanés, réjouit toujours autant par son irrévérence et sa sagesse paradoxale et joyeuse.

  • Comment fut élaboré le Coran ? Quand fut lancé le premier djihad ? Qu'est-ce que le salafisme ? Quel est le statut de la femme dans l'islam ? Peut-on savoir combien il y a de musulmans en France ? Parce qu'on le connaît mal, l'islam inquiète. Il suffit d'ouvrir un journal ou d'allumer la radio pour constater que le sujet occupe la scène médiatique, sur fond de polémique et d'angoisse. L'islam fait peur : doit-il faire peur ? Voici les réponses sans détour de l'éminent spécialiste Malek Chebel aux grandes questions que l'on peut se poser sur cette religion mal connue : son histoire, son prophète, son livre sacré, ses rituels, ses courants majeurs, sa vision du monde, les réformes à venir...
    40 questions, 40 réponses pour en savoir plus et que le fantasme ne nourrisse plus la crainte

  • À travers cinq études percutantes réunies dans cet ouvrage, Malek Chebel nous montre à quel point la faute et la transgression sont omniprésentes dans le monde musulman contemporain. Cet Inconscient de l'islam remonte aux racines de la religion et se nourrit de l'histoire des califes, pour mettre en évidence et éclairer la folie actuelle d'une partie de la communauté.
    Guerre sainte détournée, exacerbation de la figure du kamikaze, violence symbolique de la relation mère-fils, censure des livres, immolation au nom d'une purification sacrée : cette immersion dans le monde complexe des interdits et de leur transgression interroge les liens entre religion, politique et liberté dans la doctrine musulmane. Plaidoyer autorisé pour la mise à nu d'un inconscient longtemps nié et redouté, cet essai audacieux révèle les contradictions d'un islam aux prises avec le monde contemporain.

  • Depuis qu'il a fait irruption dans l'espace public occidental, l'islam n'a plus quitté les tribunes de journaux et les plateaux de télévision où il est questionné, scruté et jugé par une armée d'experts.
    Mais l'a-t-on pour autant bien compris ? Cet ouvrage de vulgarisation intelligente propose un déroulé historique et thématique de la civilisation musulmane : l'avènement de l'islam - le Coran, le Prophète - les différentes branches de l'islam - sunnisme, chiisme, soufisme, wahhabisme... - la science et les arts, le symbolisme, etc. Aucun aspect du monde musulman n'est mis de côté, car l'auteur a considéré que le tabou ou la censure sont contreproductifs. Sont donc traités avec la même rigueur et le même souci de précision l'art ou la science et certains sujets dérangeants, comme la violence religieuse...

  • Marie dans l'Islam

    Ameer Jaje

    • Domuni
    • 25 Juin 2020

    Marie tient une place considérable dans l'islam. Elue de Dieu, elle est dans la tradition musulmane une sainte parmi les saintes.

  • Self islam

    Abdennour Bidar

    Abdennour Bidar a grandi en Auvergne entre une mère française convertie à l'islam et un grand-père communiste et athée. Dans ce récit très personnel, il raconte cet itinéraire de musulman atypique, sa double identité et sa double culture. Il explique comment, dans son parcours de jeune intellectuel, les deux univers de la philosophie occidentale et de la doctrine islamique se sont durement affrontés puis lentement conciliés. Comment, enfin, il a ressenti la nécessité de faire partager cette expérience de l'adhésion à un islam personnel que chaque individu doit pouvoir choisir en son âme et conscience, selon ses propres besoins et ses aspirations spirituelles, et non en fonction de lois, d'habitudes ou de coutumes.

    1 autre édition :

  • Publié pour la première fois dans la « Couleur des Idées », en 2002 (Prix François Mauriac 2002), l'ouvrage propose une analyse de cette maladie propre à l'Islam, qu'est l'intégrisme.
    Comme l'intolérance a été la maladie du catholicisme et le nazisme celle de l'Allemagne, le ressentiment et le fondamentalisme sont de nos jours la maladie de l'Islam. Les attentats du 11 septembre à New York ont relancé la question d'une violence intrinsèque à la religion musulmane.
    Abdelwahab Meddeb montre qu'il n'existe pas un mal islamique en soi, un Islam par essence violent et fermé à toute altérité. La violence est actuelle : elle trouve sa source dans une profonde frustration et dans une hostilité toujours plus grande à l'égard de l'Occident et notamment de l'Amérique, incapables de reconnaître la culture islamique et soucieux uniquement de défendre leurs intérêts, au risque même de l'injustice.
    L'auteur propose de relire l'histoire de l'Islam, de la Médine du Prophète (VIIe siècle) en passant par les Croisades et la fondation du wahhabisme, pour comprendre le fanatisme actuel.

    1 autre édition :

  • Le plus grand des maîtres de la spiritualité islamique se devait d'écrire un traité sur l'amour, extrait de son oeuvre immense : Les Conquêtes mecquoises. L'islam, dernière religion révélée, inclut l'amour dans sa divine Loi et, contrairement à l'opinion occidentale courante, lui fait une large place. Dieu est tout à la fois l'Amant, l'Aimé et l'Amour. Il crée par amour de se faire connaître et ses créatures sont les manifestations de cet amour. Elles sont donc toutes éminemment et essentiellement concernées par l'amour sous son triple aspect divin, spirituel et naturel. Chacun alors se sentira attiré et engagé à vivre cet amour décrit d'une manière si captivante et exhaustive.

  • En tant que religion monothéiste, l'islam est supposé partager avec les deux religions qui l'ont précédé les grandes thématiques qui les caractérisent. Le Coran traite effectivement d'un Jugement destiné à évaluer les actions des hommes. Il décrit un enfer aussi bien qu'un paradis. Le dieu du Coran est également présenté comme le créateur des cieux et de la terre. On ne s'est guère avisé cependant que l'adaptation de ces emprunts à un nouveau milieu, celui des hommes de l'Arabie aride, les faisait entrer dans un nouvel espace de représentation du monde. Les grandes idées empruntées aux milieux bibliques ont dû se coraniser. C'est ainsi que l'idée de Création, abondamment traitée dans le Coran, ne l'est pas du tout dans l'optique biblique. Le mythe du premier homme est totalement ignoré ainsi que le paradis terrestre initial, dépossédant totalement Adam de son rôle fondateur. C'est d'emblée une société au travail qui est créée par un dieu bienfaisant. Celui-ci pourvoit à tout ce qui rend la vie possible et doit continuer à le faire dans un milieu surchargé d'aléas et de contraintes vitales. Réduit dans le Coran à un rôle anecdotique, Adam s'est néanmoins trouvé rétabli dans tous ses droits bibliques dans la tradition musulmane postérieure, dès lors que l'islam s'est construit comme religion, en dehors de son milieu d'origine, dans les sociétés multiculturelles des empires musulmans.

    L'enjeu de ce livre passionnant consiste à montrer, à partir de ce cas précis, que, pas plus qu'une autre religion, l'islam n'a échappé aux reconstructions de son imaginaire et aux évolutions de l'histoire.

  • « Face à la volonté des islamistes de bannir le mot même de laïcité, assimilée à l'incroyance, il nous faut intensifier le combat pour le restaurer et légitimer l'action conduite en son nom. Il faut lutter contre l'obscurantisme, la superstition, le fanatisme et l'exclusivisme - pour sauver la peau de l'islam. » Après La Maladie de l'islam et Contre-prêches, Abdelwahab Meddeb poursuit dans cet ouvrage sa relecture critique du Coran afin de débarrasser l'islam de l'islamisme. Interrogeant la relation de l'islam avec le droit, le recours à la violence au nom de Dieu et la question de l'altérité à travers la place des femmes et le rapport à l'étranger, il plaide pour un islam capable d'affronter les défis de la modernité et de s'adapter aux valeurs qu'implique la liberté de conscience et de culte.
    Abdelwahab Meddeb (1946-2014) Écrivain, poète et essayiste, il est l'auteur d'une trentaine d'ouvrages traduits dans plus de quinze pays. Il a également créé sur France Culture l'émission hebdomadaire « Cultures d'islam », qu'il a produit jusqu'à sa mort en novembre 2014.

    1 autre édition :

  • Ceux qui veulent diviser la société usent de raccourcis témoignant d'une grande ignorance pour associer islam et barbarie et sous-entendre qu'il existerait une violence intrinsèque à cette religion, une solidarité naturelle entre musulmans et terroristes.  En s'attaquant à plus de quatre-vingt-dix idées fausses, rumeurs, approximations concernant l'islam et les musulmans, Omero Marongiu-Perria propose une parole libre et apaisée, destinée à tous les citoyens, de confession musulmane ou non, qui refusent que cette religion soit stigmatisée.
    « Dans vingt ans une bonne partie des églises seront des mosquées. » « L'islam opprime les femmes. » « L'islam est inadapté au mode de vie moderne. » « L'islam est incompatible avec les valeurs de la République française. » « L'islam est la religion la plus violente de toutes les religions monothéistes. » Les clichés et idées reçues sur l'islam et les musulmans foisonnent, validées par un public malheureusement de plus en plus large. L'un des dangers est de résumer l'Islam, avec un grand « i » - vaste civilisation qui englobe une multitude de populations et de cultures, mais aussi un apport conséquent à l'histoire - à l'islam, avec un petit « i », une religion qui serait en contradiction avec les droits de l'Homme et la modernité.
    Dans un style limpide, rigoureux, pédagogique, articulant le Coran, en tant que source primordiale de l'islam, avec l'histoire des idées dans le champ islamique, mais également une analyse des pratiques religieuses et de la réalité de ce que sont les musulmans aujourd'hui, l'auteur montre combien l'islam contemporain est traversé par des questions, des tensions et de nombreux débats.
    Statut du Coran, relations avec les pays occidentaux, rapports hommes/femmes, rapports avec les autres religions, vie quotidienne, place de la religion dans la laïcité, violence... Autant de thématiques abordées qui montrent qu'il n'y a pas d'uniformité d'opinion et de modes de vie chez les musulmans et que les musulmans français sont, pour la plupart, à la fois sécularisés au plan religieux et assimilés culturellement à la France.
    Un livre stimulant dans le contexte de la campagne électorale, accessible à un grand public. Un outil indispensable, pour défendre un vivre-ensemble à construire dans une société interculturelle apaisée.

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