Snoeck

  • Novatrice et pionnière, l'artiste franco-américaine Niki de Saint Phalle (1930-2002) a bâti en l'espace d'une cinquantaine d'années un corpus d'oeuvres aussi vaste que complexe. Son travail jouit d'une reconnaissance internationale dès lors qu'en 1961 elle participa à The Art and Assemblage, une exposition prestigieuse organisée au Museum of Modern Art de New York. A partir de ce moment-là, Saint Phalle a été invitée à exposer de nombreuses fois en solo aux quatre coins du monde.
    Ces joyeuses et lumineuses Nanas sont devenues sa griffe. L'artiste et son travail ne peuvent toutefois pas être appréhendés à la seule lumière de ces oeuvres. Le présent catalogue qui accompagne la première rétrospective exhaustive de l'artiste en Belgique - une rétrospective qui se tient aux Beaux-Arts Mons (BAM) - explore la pratique aux multiples facettes de Saint Phalle et se penche sur son travail pluridisciplinaire comprenant à la fois des peintures, des assemblages, des sculptures, des performances, des ouvrages publics, des projets architecturaux, des films et des pièces de théâtre.
    Il survole l'ensemble de la carrière de Saint Phalle et montre comment elle s'est servie de son imagination débordante et de sa vision unique du monde pour sortir de l'espace typiquement réservé aux femmes et devenir l'une des plus grandes artistes du XXe siècle. Le titre Ici tout est possible est une déclaration que Niki de Saint Phalle a faite à propos de son Jardin des Tarots, un parc émaillé de sculptures monumentales situé en Toscane (Italie).
    Dans le présent contexte, il demande cependant à être lu comme une référence à l'ensemble de son processus artistique qui, à ses yeux à elle, en est un aux possibilités illimitées. Ce catalogue exhaustif et richement illustré comprend de nouveaux textes érudits de Catherine Francblin, Alison Gingeras, Denis Laoureux, Camille Morineau, Kyla McDonald et Xavier Roland. A ces essais s'ajoutent des interviews avec Daniel Abadie et Marcelo Zitelli, qui ont été tous deux pendant toute leur vie très proches de l'artiste, ainsi qu'une biographie illustrée.

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  • Bonjour monsieur Courbet

    Musee Fabre

    A l'occasion du bicentenaire de la naissance du peintre Gustave Courbet (1819-1877), le musée Fabre consacre une exposition à l'un des chefs d'oeuvres de l'artiste.
    La rencontre, dit Bonjour M. Courbet (1854). Le tableau peint à l'occasion de la venue de l'artiste à Montpellier à l'invitation du collectionneur et mécène montpelliérain Alfred Bruyas en 1854 est l'une des oeuvres phares de la collection ainsi qu'un jalon essentiel dans l'histoire de la peinture au XIXe siècle. Cette exposition propose une analyse approfondie de l'oeuvre à travers trois axes : - un retour sur les sources iconographiques du tableau (imagerie populaire, pensée sociale utopique...) - sa réception critique au XIXème siècle (caricatures, compte-rendu d'exposition) - et la relecture contemporaine de l'oeuvre par des artistes de premier plan qui depuis les années 1990 se sont approprié le tableau (le musée conserve notamment une oeuvre de François Morellet). L'exposition sera inaugurée en 2019, anniversaire du bicentenaire de la naissance de l'artiste qui sera également célébré par le musée d'Orsay et le musée Courbet à Ornans.

  • Renaître à la culture, c'est renaître à la vie. Cette vie, ces vies, que le Covid-19 a attaquées, emportées et brisées parfois, suspendues toujours. Aujourd'hui, dans notre Centre d'Art La Malmaison, où nous respectons toutes les consignes sanitaires pour une sécurité maximale des visiteurs, nous rétablissons le lien indispensable entre l'art et l'humain. Et quel hasard - mais le hasard existe-t-il ? - que l'exposition de reprise organisée par le PAMoCC de la Mairie de Cannes, dont je salue la qualité et la constance du travail en cette période difficile, soit consacrée à Kehinde Wiley, ce prestigieux artiste contemporain dont toute l'oeuvre de peintre est consacrée aux anonymes et aux oubliés de l'histoire ? Certes Wiley, interrogé et choqué par le peu de présence sur les tableaux classiques américains des personnes afro-américaines comme lui, s'intéresse plus à l'origine qu'à la position sociale, mais comment ne pas mettre en parallèle le surgissement en pleine lumière de nos héros du quotidien durant cette pandémie : soignants, caissières, manutentionnaires, agents communaux et tant d'autres. À 43 ans seulement, Kehinde Wiley travaille et vit entre New-York, Pékin et Dakar, trois univers pour un même regard. Il a déjà derrière lui une carrière considérable et met en scène les invisibles, ceux que la société américaine tolère au mieux sans jamais vraiment les regarder. Il les magnifie dans une réflexion permanente sur les identités raciales et sexuelles. Les anonymes, les marginaux, mais pas seulement : il est aussi l'auteur d'un célèbre portrait de Barack Obama, l'un des hommes justement les plus visibles au monde. Cannes, qui a l'habitude de regarder la société à travers la culture, est heureuse et fière de présenter trente toiles et vitraux d'un artiste hors normes, témoin sans concession mais avec imagination de son époque qui est aussi la nôtre. Ensemble devant cette oeuvre unique, regardons, admirons, débattons et refaisons le monde. Le temps est venu pour chacun de se retrouver visible.

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  • Sans la réapparition sur le marché de l'art de quatre-vingt-onze dessins dont quatre étaient signés, le nom de Laperche / Delaperche, à peine identifié dans les répertoires, serait resté enfoui parmi les anonymes du xixe siècle. Artiste aussi singulier qu'énigmatique, il l'est avant tout par le peu de traces laissées sur son chemin, comme s'il n'avait été qu'une ombre mélancolique traversant en témoin silencieux l'Ancien Régime, les années de la Révolution, l'Empire, la Restauration et la monarchie de Juillet. Cet ouvrage reconstitue un puzzle fait d'indices qui, grâce à un travail d'enquêteur, ont permis de reconstruire la biographie de ce personnage hors du commun, qui recoupe celle d'une mère et d'un frère, également peintres. D'Orléans en Russie, du Paris révolutionnaire à Moscou en feu, chez les Rohan-Chabot, les Venevitinov ou la duchesse de Berry, d'annotations autographes en souvenirs de contemporains, le mystère se lève sur l'oeuvre fiévreux d'un peintre face aux tourments de l'Histoire, révélant des carrières atypiques qui ne rendent que plus attachante cette famille d'artistes dont l'histoire commence ici.

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  • Georg Baselitz s'est intéressé à la gravure dès le début de son parcours artistique. Bénéficiaire d'une bourse à la Villa Romana de Florence, il commence dès 1965 à collectionner le maniériste italien Le Parmesan. Ses premières gravures remontent à 1963/64, celles sur bois à 1966, suivies en 1977 par les linogravures - des travaux publiés par Fred Jahnà Johannes Gachnang dans un répertoire de ses oeuvres en deux volumes majoritairement en noir et blanc (1963-1974 et 1974-1982). Comme dans sa peinture et sa sculpture, ses gravures traitent de complexes thématiques tels que héros, bergers, aigles, arbres et bien d'autres.

  • Les musées d'Honfleur, de Sète et de Roubaix s'associent pour organiser, avec le soutien exceptionnel de la galerie de la Présidence et du musée d'art moderne de la Ville de Paris, une ambitieuse exposition monographique consacrée à « Marcel Gromaire (1892-1971). Élégance de la force » (titre provisoire) Marcel Gromaire, peintre français né à Noyelle-sur-Sambre en 1892, bachelier en droit, fréquente les académies Colarossi, Ranson et La Palette. Il reçoit les conseils de Matisse et se passionne pour le roman, le gothique et les primitifs. Il visite les pays du Nord, dont l'atmosphère influencera profondément son oeuvre. Après la guerre de 1914, où il est blessé à la bataille de la Somme, en 1916, il expose dans les Salons parisiens, où sa composition La Guerre remporte un éclatant succès aux Indépendants de 1925. Il est, dès lors, aidé par le Dr Girardin qui lui achète, pendant quelques années, toutes ses toiles et les lègue, à sa mort, au Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris.

  • Allan Kaprow (1927-2006) doit surtout sa renommée mondiale à ses performances artistiques. Mais il ne se contente pas d'être à l'origine du concept d'happening - une forme d'art qu'il a marquée à la fin des années 1950 à New York, ses Environments eux aussi - d'immenses installations variables de pneus de voitures, tonneaux ou blocs de glace - sont considérés comme des jalons essentiels de l'histoire de l'art récente. Pourtant, Allan Kaprow a commencé sa carrière artistique en tant que peintre, notamment dans le cadre de ses études auprès d'Hans Hofmann ; il a également étudié l'histoire de l'art chez Meyer Shapiro et la composition chez John Cage, et a donc affiché très tôt une ouverture à la théorie, mais aussi aux approches artistiques et interprétatives du monde les plus diverses. Il a alors évolué en permanence au coeur des ten - sions entre l'intuition, la forme ouverte et le rapport au temps d'une part, la pratique réfléchie du théoricien et historien de l'art d'autre part. L'exposition à la villa Merkel d'Esslingen est pour la première fois exclusivement consacrée aux premières oeuvres peintes de 1946 à 1957 et met en évidence les modèles qui ont guidé le jeune artiste et sur lesquels il a travaillé, tout particulièrement son intérêt pour les questions de l'espace et ses efforts pour faire se court-circuiter les prestations d'un Jackson Pollock et d'un John Cage. L'exposition couvre jusqu'aux créations du milieu des années 1950, qu'il appelait « collages actions » et auxquelles il a intégré petit à petit des matériaux du quotidien et des objets courants. L'exposition et le livre présentent abondamment des peintures de Kaprow qui n'avaient encore jamais été données à voir auparavant.

  • Le musée national de Port-Royal des Champs possède au total vingt-deux dessins de Bernard Picart (1673-1733).
    L'artiste a effet représenté la vie du Diacre Paris, figure essentielle du jansénisme parisien au XVIII e siècle, dont l'ensemble des dessins préparatoires à la sanguine ont pu être acquis par Port-Royal. En 2018 une Allégorie de la Foi terrassant l'Ignorance puis quatre dessins acquis en deux temps qui preparent l'ouvrage Histoire du Vieux et Nouveau Testament (dit Bible de Mortier) ont rejoint les collections du musée. Les recherches menées à l'occasion de ces deux achats ont révélé qu'un pan complet de la carrière de Bernard Picart n'était encore que très peu étudiée. Français exilé au Pays-Bas, c'est surtout pour son commerce de gravure et son rapport à la religion qu'il est étudié. Bien que sa veuve elle-même décrive le goût de Picart pour le dessin et la difficulté avec laquelle il du s'appliquer à la gravure, très peu de publications s'intéressent au dessinateur passionné trop souvent dissimulé derrière ses estampes.

    A partir de ses collections, le musée national de Port-Royal des Champs souhaite pouvoir présenter une exposition dédiée à la passion du dessin chez Bernard Picart. Un partenariat essentiel s'est alors imposé par l'ampleur de ses collections : le Rijks- museum qui dispose du fonds d'atelier du peintre. A l'aide de ces deux collections, généreusement rejoints par des collections privées françaises, il devient alors possible d'explorer le dessin de Bernard Picart. Pour la gravure les esquisses à la sanguine précèdent des feuilles plus détaillées à la plume. Mais au-delà de ce besoin professionnel, Picart explore de multiples aspects du dessin. Il le pratique d'après les maîtres ou d'après modèle. Il n'hésite pas à quitter l'atelier pour dessiner d'après la Nature, le théâtre et la rue. C'est aussi dans son environnement familial qu'il puise des sujets parfois difficiles, tels son fils mort prématurément à trois jours. Multiple par ses techniques et ses sources d'inspirations, le dessin chez Bernard Picart se révèle derrière les gravures comme une richesse encore trop méconnue.

    L'exposition Bernard Picart (1673-2733), dessinateur de Paris à Amsterdam est conçue pour devenir le deuxième tome d'une saison intitulée Le Dessin à Port-Royal née en 2018 avec Traits divins. Tous les ans le musée national de Port-Royal des Champs entend proposer une exposition dédiée au dessin ouvrant en même temps que le Salon du dessin de Paris. L'exposition est toujours accompagnée d'un catalogue rédigé par plusieurs spécialistes.

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  • Voilà longtemps que les images rayées de Barnett Newman, Kenneth Noland, Bridget Riley, Gerhard Richter, Frank Stella et Daniel Buren sont devenues légendaires. On trouve donc une certaine coquetterie au collègue artiste, qui reste néanmoins plus jeune même s'il connaît un grand succès, qui débarque et veut faire du neuf avec du vieux. Mais le fait-il seulement ? L'excellent petit livre qui donne un bon aperçu de ce groupe d'oeuvres aujourd'hui très connu d'Anselm Reyle fait parfaitement comprendre avec sa production luxueuse à impression en sept couleurs que les rayures ne sont pas ici simplement des rayures et que si le neuf reste lié à l'ancien, il lui ajoute malgré tout encore quelque chose d'entièrement nouveau. Et ce neuf ne se limite pas aux coloris particuliers des tableaux rayés d'Anselm Reyle. Ne s'agit-il pas avant tout et comme toujours dans la peinture depuis le début du 20e siècle d'une attitude - ou, selon les termes de Carl André : « La peinture de Frank Stella n'est pas symbolique. Ses rayures sont les chemins du pinceau sur la toile. Ces chemins seuls mènent à la peinture. » Anselm Reyle ne voit guère les choses autrement et ajoute pour compléter la déclaration de Carl André : « . si c'est une folie que j'ai trouvée dans la vitrine ou des trouvailles de l'histoire de l'art récente, comme p. ex. les images rayées ». Reyle utilise cependant toujours les matériaux (trouvés) comme des moyens de recherche : pourquoi ressentons nous comme harmonieuse une certaine combinaison de couleurs et de matériaux alors que d'autres nous paraissent radicales ? Pourquoi une combinaison de couleur et de matériel exerce-t-elle un charme, et pas une autre ? Dans quelle mesure ces jugements sont-ils influencés ? Comment les structures déterminantes, les influences peuvent-elles être revues ? Dans les pointes d'Anselm Reyle, le ready made est formellement à l'oeuvre, son langage se compose de reprises un à un, d'agrandissements ou de citations de matériel et de couleurs, l'artiste le voit comme une partie du monde marchand qu'il conçoit par conséquent comme un gigantesque ensemble ready made. L'exploit dans ces tableaux est incontestablement leur transformation radicale permanente qui, en restant engagée envers le contemporain, met directement le cap sur l'intemporel.

  • Jouets de plastique entassés dans la chambre d'enfants, Batman, montagnes de saucisse - tels sont les motifs qui caractérisent les peintures de Christa Dichgans (1940*). L'artiste, qui doit sa notoriété à ses premières oeuvres des années 1960, a récemment attiré l'attention dans différentes expositions collectives et compte incontestablement parmi les principales protagonistes du pop-art.
    Depuis cinquante ans, elle maltraite le rapport entre homme et objet avec en toile de fond un questionnement de la consommation de masse : au lieu de qualité, des affectations immatérielles de plus en plus nombreuses sont passées au premier plan, orientées vers la portée symbolique des objets et la connaissance de la marque qu'ont les consommateurs. Aujourd'hui, les motifs de Christa Dichgans rappellent les tableaux de vanités qui renvoient à la demi-vie raccourcie d'une culture accélérée.

  • Susanne Paesler, who was born in Darmstadt in 1963 and died in Berlin in 2006, is part of a generation of artists who distanced themselves from the modernist concept of the image as a place of ever new and competing aesthetics. Her artistic work examines the meaning of the artwork itself in a world full of already existing images and reproducible aesthetic structures. On the surface, she cultivates a geometric form language of an entirely self-referential constructivist artwork; pattern and choice of color, however, still always appear to refer to extra-pictorial contexts. Accordingly, her paintings are at times reminiscent of cheap woolen blankets, Burlington socks and Burberry coats - everyday objects that she uses as both motif and model for her works. Rather than following the principle of the readymade and mounting the fabric directly onto stretchers (in reference to Palermo's fabric works), the artist manually copies the patterns so that art, handicraft and design interchange and complement one another. Based on this strategic approach it is almost logical that during the 1990s, Susanne Paesler examined the motive of the frame - henceforth a painted (!) image boundary -, trompe I'oeil and the issue of the »picture within the picture«. The unique as well as the notion of authenticity are aesthetic visions that Paesler mistrusts. The book on the occasion of the first overview of Susanne Paesler's work at Kunstmuseum Bonn includes 40 works from 1991 to 2006.

  • During the 1990s, Amsterdam-based artist Jan van der Ploeg (*1959) gained international acclaim with his wall paintings. His abstract wall images are essentially part of the tradition of classical modernism, such as the forerunners of De Stijl in the 1920s, seeking a combi - nation of image, wall, space and architecture with color and form as his medium. When working temporarily with municipal, public or private spaces, Jan van der Ploeg initially examines in depth any given spatial structure, explores proportions and sightlines, checks out the functions of existing architectural and design elements, and he generally finds out about the use of spaces and squares. In an art-historical context, his abstract motifs and modular painting relate to Minimal and Conceptual Art: the famous mobiles by Alexander Calder, as well as the »blps«, scenic interventions by Richard Art - schwager, and the serial wall paintings by LeWitt. In one aspect, however, Jan van der Ploeg surpasses all his predecessors, as euphorically placarded by the Moti Museum Breda: »Overwhelming, grand and vibrant: words that apply to the work of Jan van der Ploeg. You get carried away by the grandeur of his images. Imagine yourself in a utopian universe of colors and contrasts! Van der Ploeg is inspired by art styles and movements from the past century and therefore connects the 20th with the 21st century. He creates graphic dream worlds in physical space.« This catalog presents a comprehensive overview of spectacular images. You may express your amazement with a resounding WOW!

  • He she it

    David Czupryn

    • Snoeck
    • 8 Novembre 2018

    Lorsque Calder, Dalí et Herold se partagent une appli !
    David Czupryn (* 1983) a fait ses études à Du¨sseldorf auprès de Georg Herold, Lucy McKenzie et Tomma Abts.
    C'est un maître du trompe l'oeil, cet art séculaire de l'illusion auquel son travail permet un retour inattendu. Au pinceau et à la peinture, il crée des imitations de surfaces, niant pour ainsi dire par provocation signature et geste.
    Les tableaux - David Czupryn travaille avec des contraste harmoniques forts et applique des couleurs translucides - apparaissent parfaitement homogènes, ils ne sont pas photo réalistes mais donnent l'illusion du tridimensionnel.
    Les flèches et autres éléments graphiques se joignent aux fonds calmes, aux surfaces portantes et aux motifs de mouvement. En plus des membres étendus, des symétries brisées, des objets chutant, flottant, reliés, croisés, ouverts et transparents attirent l'attention - pour ainsi dire des images dans l'image, mais aussi des éléments rapportés qui se jouent les uns des autres. On ne sera pas surpris d'apprendre que le peintre apprécie les Surréalistes, mais signale aussi une certaine préférence pour Alfred Kubin. Le mystère qu'il cultive ne s'inscrit cependant pas dans la tradition du romantisme noir, mais rappelle plutôt Alexander Calder et Naum Gabo, et bien sûr aussi l'oeuvre malicieuse de Georg Herold. Les tableaux de David Czupryn peuvent donc être compris sans complications comme des installations peintes qui ressuscitent ironiquement le constructivisme, le cinétique et le surréalisme.
    Ou, en français moderne :
    Calder, Dalí et Herold s'y partagent une appli.

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  • Gregor Hildebrandt (*1974) a d'abord vu chez un ami un cliché de Will Steacy, un photographe américain auteur d'une série sur les instituts de prêt sur gage (pawnshops) aux États-Unis. Les collages, panneaux peints, travaux photographiques et installations de Gregor Hildebrandt ont toujours suscité l'étonnement, on peut même dire qu'ils ont fait sensation, en raison notamment de son matériau de prédilection, des supports de données analogiques, soit des bandes magnétiques audio et vidéo et des disques, ainsi que leurs boîtiers et pochettes.

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  • Tobias Buckel est un peintre qui critique les images. Il se méfie de la communication visuelle des mass-médias dont les images éveillent des désirs impossibles à satisfaire. En même temps, il lutte contre l´accélération généralisée de notre présent, décrite par Paul Virilio dès 1990, sur un ton aussi critique que distancé, comme un « arrêt forcené ». Ses tableaux constituent un plaidoyer en faveur du travail persévérant et processuell. Car les espaces que peint Tobias Buckel ne sont en fin de compte pas des espaces réels, ils ne possèdent aucun volume propre, ne sont pas tenus d´obéir aux lois de la perspective ou de la gravité. Ces constructions s´attardent en suspens dans un fragile état d´incertitude qui équilibre figuration et abstraction.

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  • À première vue, la discontinuité détermine le travail d'Eberhard Havekost. Avec leur sens du réalisme, certaines de ses dernières peintures des années 2017-2019 sont pour ainsi dire parfaites. Le kangourou du titre fixe le spectateur, il a l'air aveuglé par la lumière vive, peut-être celle des phares d'une voiture. Son corps est comme pétrifié, l'attitude celle qui préfigure la rigidité cadavérique. D'autres images sont abstraites, associent les traits de pinceau dynamiques et gestiques à la peinture raclée. Sur d'autres encore des couleurs telles qu'un orange éclatant, jaune citron ou rouge écarlate coulent les unes dans les autres, suggérant un nuage de fumée. Puis de nouveau un vert soufré paraît uniforme et donc tirant sur le jaune comme s'il attaquait, acide, collant et mordant, la toile. Le processus pictural devient chimique lorsqu'Eberhard Havekost retire couche après couche de peinture à la térébenthine, la liquéfie donc de nouveau afin qu'elle donne l'impression de se dissoudre. Ses tableaux vont ainsi plus loin que la réalité. Ils tournent autour de la dissolution de l'objet car il s'agit dans son travail de reconstruction, voir quelque chose et le rebâtir. L'image cependant reste plane, n'est pas qu'imagination, mais reste objet, souple et peut donc être chargée de significations différentes.

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  • Dans sa série « Originals », Dag Erik Elgin se consacre depuis 1986, en tant que peintre de la re-création, à son propre canon, certes subjectif, mais pas pour autant inhabituel, de la peinture moderne. Il reproduit dans ses travaux les oeuvres sélectionnées, toutes issues du modernisme ou du modernisme classique, sans viser l'authenticité maximale à la manière copiste d'un faussaire.
    Les toiles ainsi créées représentent un cas limite entre appropriation complète et réplique d'étude, en elles Dag Erik Elgin revit en tant que peintre le processus de création des véritables oeuvres originales, telle une reconstitution, en même tems qu'il génère à partir d'elles une réflexion intellectuelle sur les concepts si sen - sibles d'original et de falsification, de peinture de sa main et de peinture copiée de sa main. Ses originaux sont d'une séduction esthétique extrême et ne résisteraient pourtant pas - en tant que faux - à une analyse critique sur le marché de l'art car leur matériau et leur façon ne dissimulent en rien qu'ils ont été réalisés à l'époque actuelle. Pourtant c'est la peinture elle-même, l'insistance d'une réalisation personnelle à l'huile sur une toile, qui fait de l'original un original, et ce à une époque où les possibilités numériques d'appropriation n'ont jamais été aussi parfaites et pourraient surpasser de beaucoup tout transfert artisanal d'un modèle peint.

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  • Carl Ostendarp

    Collectif

    • Snoeck
    • 31 Décembre 2019

    Ken Johnson écrivait en 2014 dans le New York Times à propos des travaux de Carl Ostendarp qu'ils font l'effet d'un rot dans une église pendant la messe. Cette constatation admirative est due à l'habileté « oxymoronologique » de l'artiste à concilier l'inconciliable : onomatopées sonores de la bande dessinée (« goofy signature letters » pour le NYT) et champ coloré cool ou peinture hard-edge (selon le NYT : high minded seriousness of the modernist monochrome). L'arrière-plan de la peinture véritablement divertissante de Carl Ostendarp est son intérêt pour le graphisme, qu'il partage avec de nombreux artistes de sa génération. Né en 1961 dans la ville universitaire libérale d'Amherst, dans le Massachusetts, il vit et travaille en tant que professeur d'art à l'université Cornell d'Ithaka, dans l'État de New York - là où Vladimir Nabokov fut aussi professeur de littérature et eut comme étudiant le futur auteur-culte américain Thomas Pynchon. Carl Ostendarp s'apprête aujourd'hui à sa première exposition individuelle de grande envergure au Kunstverein de Heilbronn, en Allemagne - après les expositions en cabinet de 2011 au musée Ludwig de Cologne et de 2007 au MMK de Francfort/M. Pour ses grandes apparitions solos, il a l'habitude de réaliser des tableaux muraux qui remplissent tout l'espace et rappellent des paysages sur lesquels il dispose des travaux sur papier et sur toile. Les images et discours qui apparaissent alors aux yeux du spectateur et l'incitent par leur caractère pictural sonore unique à répéter à voix haute scintillent et oscillent entre lecture et observation, la pensée de la musique et du rythme s'impose inévitablement : l'écoute rejoint ainsi la lecture et l'observation. La présence occasionnelle de mots exprimant la douleur (ARGH) ou le dégoût (ECH) ajoute à la joyeuse représentation une note critique, car il ne faut pas oublier que Carl Ostendarp veut exprimer dans ses installations l'état d'esprit social, politique et psycholo gique de la société d'aujourd'hui, selon ses propres termes. - Sa couleur préférée du moment est le : GRIS.

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  • Camille Godet (1879-1966)

    Collectif

    Le  musée  des  Beaux-­-Arts  de  Rennes  consacre  de  juin  à  début  septembre  2017,  une  exposition monographique  au  peintre,  dessinateur  et  pédagogue  rennais,  Camille  Godet.   Formé  à  l'école  des  Beaux-­-Arts  de  Rennes,  contemporain  de  Mathurin  Méheut  et  de  Jean-­-Julien Lemordant,  Camille  Godet  fut  une  figure  artistique  importante  de  la  Bretagne  des  années  1920-­- 1950.  Après  avoir  fait  la  Première  Guerre  mondiale,  Godet  s'installe  à  Rennes  où  il  obtient plusieurs  commandes  de  peintures  décoratives  destinées  à  l'Opéra,  à  l'hôtel  de  ville  et  à  la Maison  du  Peuple  de  la  ville.  Excellent  dessinateur  coloriste  d'une  grande  sensibilité,  Godet s'investit  également  dans  l'enseignement  artistique  et  participe  au  côté  de  l'architecte Emmanuel  Leray  à  la  création  d'une  école  de  préapprentissage à Rennes.   Après  la  Seconde  Guerre  mondiale,  l'artiste  peint  mais  exécute  de  très  nombreuses  vues  de  la Bretagne  qui  comptent  parmi  ses  plus  belles  productions.  N'ayant  jamais  bénéficié  d'une exposition  importante  et  aujourd'hui  oublié,  le  musée  des  Beaux-­-Arts,  qui  possède  le  fonds d'atelier  de  Godet,  montrera  pour  la  première  fois  une  sélection  importante  et  variée  des travaux  de  l'artiste  couvrant  toute  sa  carrière.  La  qualité  des  oeuvres  impose  Godet  comme  l'un des  meilleurs  dessinateurs  de  sa  génération  en  Bretagne  et  comme  l'un  des  meilleurs  témoins de  sa  région  natale.  

  • Luis Salazar présente au Musée La Boverie le fruit de quarante années de création. Au fil d'un parcours évolutif, l'artiste nous invite à saisir les mutations et les innovations qu'il insuffle graduellement dans son oeuvre. Comme un fil d'Ariane cependant, ses éternelles inquiétudes, son insatiable soif de vivre et son optimisme forcené dans le moment présent se lisent en filigrane tout au long de son chemin de création. Se faisant le réceptacle des courants contraires de l'abstraction, qu'elle soit géométrique ou lyrique, le peintre nous livre comme une alchimie nouvelle, une voie médiane, que l'on pourrait qualifier d'abstraction baroque. Vocabulaire et grammaire de formes, de couleurs créent un phrasé passionné, singulier et subtil qui n'échappe à personne. Pas même au poète Jacques Izoard qui fera de la peinture de Salazar un support à ses mots. La particularité première de l'abstraction de Luis Salazar, c'est qu'elle ne s'intègre pas dans les deux courants classiques de l'abstraction mais qu'elle les intègre l'un et l'autre. Elle n'est pas lyrique et pourtant, sa composition est éclatée, puissamment expressive. Elle n'est pas géométrique froide mais ses couleurs sont déposées dans un aplat strict et sa composition est rigoureuse, extrêmement construite. Wim Toebosh avait d'ailleurs dit de lui que sa peinture était un chaos organisé. Une deuxième spécificité de son oeuvre est la place royale accordée à la couleur : ses peintures sont une explosion colorée qui ménage des contrastes forts de chauds et de froids, de clairs et d'obscurs, de couleurs complémentaires mais aussi des contrastes beaucoup plus subtils entre le brillant et le mat, entre différentes nuances de couleurs, de bleus, de jaunes... Un troisième aspect qui permet de mieux comprendre la démarche de Luis Salazar, c'est l'extrême complexité de ses compositions. En partant d'un vocabulaire de formes personnel et récurrent dans ses peintures, certaines formes sont agencées de manière à constituer une nouvelle combinaison plus complexe, celle-ci devient alors une nouvelle base elle-même qui s'associe à d'autres bases pour obtenir un ensemble encore plus complexe qui lui aussi sera combiné avec d'autres ensembles de manière à en former un nouveau et ainsi de suite jusqu'à arriver à la peinture qui est cet ensemble complexe de formes, à 3, 4, 5, 6,.... niveaux différents. On pourrait ainsi dire que chaque peinture de Luis Salazar est une sorte de macrocosme mais aussi est un microcosme puisqu'elle est un maillon de la chaine constituée par l'oeuvre de toute sa vie. Expositions personnelles à Liège, Bruxelles, Gand, Anvers, New York, Copenhague, Heidelberg, Athènes, Lausanne, Saint-Pétersbourg, Berne, Rome ...

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