Flammarion

  • Au fondement des sociétés humaines, il y a du sacré.
    Autant le savoir, et apprendre le secret de fabrique de ce qu'en Occident on appelle le " politico-religieux ", en ces temps où le lien social se distend, où la logique communautariste et identitaire semble l'emporter sur ce qui rassemble. Ce livre est le fruit de quarante années de recherches menées par l'anthropologue français le plus discuté à l'étranger après Claude Lévi-Strauss, et dont le parcours a été marqué par quatre étapes majeures sur le chemin de cette conclusion fondamentale, chacune d'elles faisant ici l'objet d'un chapitre : il est des choses que l'on donne, des choses que l'on vend, et d'autres qu'il ne faut ni vendre ni donner mais garder pour les transmettre; nulle société n'a jamais été fondée sur la famille ou la parenté ; il faut toujours plus qu'un homme et une femme pour faire un enfant; la sexualité humaine est fondamentalement a-sociale.
    Sans jamais cesser de s'interroger sur l'histoire, les méthodes et le sens de l'anthropologie, Maurice Godelier livre ici un ouvrage de référence, qui vaut introduction à l'ensemble de son oeuvre.

  • Rsoudre les nigmes poses par les rgles du mariage aux ethnologues, notamment celle de la prohibition de l'inceste, telle est la tche que se proposaient initialement Les Structures lmentaires de la parent. Les deux chapitres introductifs, objets de la prsente dition, n'en abordent pas moins des questions philosophiques cruciales : o finit la nature et o commence la culture ? quelles sont les parts respectives de chacune en l'homme ? comment l'homme se distingue-t-il, sous ce rapport, de l'animal ?C'est ainsi du point de vue de l'ethnologie que le texte de Claude Lvi-Strauss apporte matire et mthode la rflexion philosophique.

  • Synthèse sur l'histoire de l'anthropologie sociale, ses enjeux, ses méthodes et sa démarche.

  • A partir des recherches de Marcel Mauss, cet ouvrage évalue l'importance et le rôle du don dans le fonctionnement des sociétés et dans la constitution du lien social.

  • Les baruya sont une société tribale de nouvelle-guinée, découverte en 1951 seulement, et qui, à cette époque, abandonnait ses outils de pierre pour des haches et des machettes d'acier dont elle ignorait totalement la provenance.
    En 1975, la nouvelle-guinée devint indépendante, et les baruya se retrouvèrent citoyens d'un etat membre des nations unies. maurice godelier a effectué chez eux de fréquents et longs séjours à partir de 1967, alors que les principes de l'organisation traditionnelle de leur société étaient encore présents dans toutes les mémoires des baruya. il nous livre, dans cet ouvrage classique, une fascinante reconstitution de leur ancien mode de vie ainsi que l'analyse des transformations qui ont suivi l'instauration de l'ordre colonial, l'arrivée du marché et de l'argent, celle des missionnaires et du christianisme.
    On y voit cette petite société, productrice de grands hommes, s'intégrer peu à peu dans le nouvel ordre mondial.

  • Vers quoi nous mènent les bouleversements en cours au sein de la famille ? Le contexte de cette interrogation est bien connu : on se marie de moins en moins, le taux de divorce augmente, les familles éclatent et se recomposent.
    Et si la filiation résiste lorsque les alliances se défont, la revendication du mariage gay (et lesbien) et du droit à l'adoption par les couples homosexuels modifie complètement la donne. Pour comprendre ce qui nous attend, Maurice Godelier rouvre ici le dossier de la parenté. à travers l'étude de l'expérience accumulée par l'ensemble des sociétés connues en matière d'alliance, d'organisation de la descendance, de sexualité et d'interdits sexuels.
    Revisitant parallèlement l'histoire de l'étude de la parenté depuis le XIXe siècle, il élabore des hypothèses fortes : nulle part un homme et une femme ne suffisent à faire un enfant ; nulle part les rapports de parenté ou la famille ne constituent le fondement de la société. Et si l'homosexualité n'avait jamais encore été revendiquée comme fondement de la famille, ce à quoi nous assistons depuis trente ans n'est pas la disparition de la parenté, niais une formidable métamorphose qui, paradoxalement, nous rapproche des sociétés " traditionnelles ", le terrain privilégié des ethnologues.
    Trois index, un glossaire. plusieurs cartes et une bibliographie accompagnent cette édition.

  • L'éthologie contemporaine a opéré une révolution majeure dont on n'a pas encore pris la mesure.
    Les représentations classiques de l'animal ne sont plus tenables : l'opposition entre nature et culture ne suffit plus à rendre compte de la différence qui sépare l'homme de l'animal. une véritable ethnologie est désormais nécessaire pour comprendre de nombreuses sociétés animales comme celles des chimpanzés, des éléphants ou de certains mammifères marins. réexaminant les notions d'outil, de communication, de rationalité, dominique lestel montre que les comportements culturels ne constituent pas une rupture propre à l'humain, mais qu'ils émergent progressivement dans l'histoire du vivant.
    Il suggère par ailleurs que certains animaux doivent être considérés comme d'authentiques sujets dotés d'une histoire, d'une conscience de soi et de représentations complexes. autant dire que le statut de l'humain doit être repensé de façon radicale : c'est là une des questions majeures du xxie siècle.

  • Cet essai de René Girard présente et résume les concepts clés de sa théorie : le désir mimétique, le mécanisme victimaire et la révélation judéo-chrétienne.
    Comparant l'histoire de Milomaki, héros des Indiens yahunas, avec la légende d'OEdipe et les textes de persécution du Moyen Âge, l'auteur démontre l'origine persécutrice de tous les mythes et l'universalité du phénomène du bouc émissaire. Pour la seule fois dans toute son oeuvre, René Girard débat ensuite avec trois anthropologues : Walter Burkert, Renato Rosaldo et Jonathan Z Smith. Cette discussion concerne le sacrifice et la domestication, mais aussi les " chasses aux têtes " et aux animaux sauvages.
    Répondant de façon très convaincante aux objections que soulève sa théorie, l'auteur éclaire d'un nouveau jour les origines sacrificielles de l'humanité. À l'heure où l'anthropologie connaît un regain d'intérêt, notamment dans le sillage du centenaire de Claude Lévi-Strauss, la traduction de ce texte majeur s'imposait. René Girard aura en effet remis l'anthropologie religieuse au premier plan en révélant le mécanisme victimaire au fondement de la culture.
    On se persuadera sans mal, en le voyant ici défendre son hypothèse, qu'elle constitue un apport scientifique essentiel.

  • Le chamanisme et la possession n'appartiennent pas au passé, bien au contraire.
    Partout, que ce soit en Sibérie, en Asie du Sud-Est, en Afrique ou aux Amériques, l'idée d'une alliance possible avec la surnature est vivante. Le désenchantement annoncé du monde tarde, car, lorsque le malheur frappe et ébranle les certitudes, le recours aux spécialistes des esprits demeure privilégié. En quoi le vaudou haïtien ou le chamanisme coréen permettent-ils de faire face à l'infortune, de surmonter l'adversité? Comment le tambour du chamane bouriate ou le couteau ensanglanté du possédé marocain peuvent-ils faire refluer la maladie ? Confrontant sa connaissance approfondie des cultes de possession au Maroc, en particulier celui des Gnawa, avec d'autres études, Bertrand Hell met en évidence le fondement anthropologique de ces pratiques.
    Pour cela, il nous invite à comprendre la place extraordinaire réservée, dans chaque société, à l'allié des esprits. Alors se dessine la figure universelle d'un maître du désordre associé à l'ambivalence, à la transgression et au «bricolage». Rompant avec les a priori réducteurs, cet ouvrage livre un éclairage original sur l'efficacité symbolique du chamanisme et de la possession.

  • Cet essai est né d'une rencontre avec des chefs indiens d'Amazonie. Que pensons-nous qu'ils ne pensent pas ? Que savent-ils que nous ignorons ? La science nous sauvera-t-elle, et son progrès n'est-il qu'heureux ? Ou bien est-elle devenue la cause de toutes sortes de méfaits ? Ces questions suscitent des débats d'autant plus vifs que les « accidents » se multiplient (nucléaire, dérèglement climatique, vache folle...). Pour Étienne Klein, c'est la question même du projet politique de la cité qui se trouve là posée.
    Galilée et Descartes sont ceux qui ont préparé l'avènement de la science moderne. Mais en mathématisant la nature, la science a instauré une hiérarchie que seul l'Occident reconnaît, avec l'homme en haut de l'échelle, et, réduits au rang d'entités utilitaires, les plantes, les arbres, les animaux...
    Cette conception a rendu possible l'exploitation de la nature. En un demi-siècle à peine, nous sommes passés d'un régime où science et technique étaient liées par de complexes rapports à l'empire d'une vaste technoscience, qui vise la seule efficacité. Cette efficacité n'est-elle pas en train de se retourner contre nous ? Allons-nous liquider la science au motif d'un mauvais usage du monde ?

  • A une époque où l'on parle à la fois de "mondialisation de la culture" et de " respect des différences ", l'anthropologie est plus que jamais nécessaire et possible.
    Elle est nécessaire pour analyser la crise du sens social généralisée à l'ensemble de la planète. Elle est possible dans la mesure où sa tradition, sa démarche et son objet (le rapport à autrui chez les autres) lui permettent de s'adapter aux changements d'échelle qui accompagnent l'accélération de l'histoire, le rétrécissement de la planète et l'individualisation des destins. Partant d'un réexamen des rapports de l'anthropologie avec l'histoire et d'une critique des théories qui privilégient les unes l'unité, les autres la pluralité des sociétés humaines, l'auteur examine quelques phénomènes caractéristiques de notre temps: les médias, la communication, le rituel politique, les cultes nouveaux ou renouvelés qui fleurissent sur tous les continents, l'espace chaque jour plus étendu des concentrations urbaines.

  • Les hommes, contrairement aux autres animaux sociaux, ne se contentent pas de vivre en société, ils produisent de la société pour vivre.
    Ils fabriquent de l'histoire, et ce, parce qu'ils ont dans leur nature propre la capacité de s'approprier la nature et de la transformer. S'approprier la nature, c'est, pour l'homme, inventer des moyens matériels et idéels pour disjoindre certains éléments des écosystèmes qu'il exploite et les faire servir à ses besoins. Cette action implique la mise en oeuvre de rapports sociaux qui lui servent de cadre et de support et qui, quelle que soit l'instance où ils se situent, fonctionnent comme des rapports sociaux de production, ou, selon un parler plus commun, comme des rapports économiques.
    Quel est le poids des réalités matérielles et quel est le rôle de la pensée dans la production des rapports sociaux ? Tout le mouvement du livre est là : de l'analyse des rapports sociaux de production à celle de la production des rapports sociaux. Où l'on verra que des deux forces qui composent celle d'un pouvoir de domination et d'exploitation, la plus forte n'est pas la violence exercée par les ordres ou les classes qui dominent une société mais le consentement des dominés à leur domination.

  • La Mentalité primitive est le livre le plus fameux de Lévy-Bruhl, dans lequel il s'attache à définir la "mentalité primitive" en la distinguant de la mentalité "civilisée ".
    Quand il paraît en 1922, son intérêt tient surtout à ce qu'il suscite chez ses lecteurs le désir de franchir le fossé entre "eux" et "nous", alors même qu'il présuppose ce fossé comme un produit du système colonial. Mais aujourd'hui, peut-on lire ce livre autrement que comme une justification idéologique de la domination d'une société sur d'autres au motif qu'elles seraient "primitives" ? Le progrès des sciences humaines ne nous a-t-il pas conduits à nous méfier de la notion de "mentalité" ? En réalité, Lévy-Bruhl décrit moins " comment les indigènes pensent " que la façon dont ils agissent sous l'effet de forces "imperceptibles aux sens et cependant réelles".
    Il se fait moins philosophe des autres modes de penser que sociologue et anthropologue, soucieux de décrire la pluralité des formes de vie en société. Comment les "sociétés primitives" expliquent-elles les accidents de la vie ordinaire ? Elles les imputent à des causes surnaturelles qui agissent de façon invisible, et dont toute la vie sociale vise à organiser les manifestations. L'énigme autour de laquelle tourne l'enquête ethnologique est donc moins celle de l'altérité d'un "primitif", dont la civilisation nous aurait fait perdre les enchantements, que celle d'un pouvoir social qui nous fait croire à des forces invisibles comme si elles étaient visibles.

  • En incarnant, par leurs collections et leur mise en scène, une identité - qu'elle soit nationale, locale ou communautaire -, la plupart des musées répondent à la question: "Qui sommes-nous?" C'est par contraste avec un Nous occidental que se sont définis les "musées des Autres", au cours du processus d'appropriation coloniale des continents extra-européens.
    Quel sens ont alors ces musées dans un monde postcolonial où sont redéfinies les frontières entre "Nous" et les "Autres"? Au musée du quai Branly, la France célèbre depuis 2006 la diversité culturelle en exposant les arts d'Asie, d'Afrique, d'Amérique et d'Océanie. Que doit cette mise en scène à celle de la diversité des peuples de l'Empire lors de l'Exposition coloniale de 1931 ou à la présentation de la variété des cultures humaines dans la pédagogie ethnologique du musée de l'Homme ? Tel un fil d'Ariane, le musée permet d'accompagner les ethnologues dans leurs expéditions lointaines, les débats autour de "l'humanisme colonial" et les métamorphoses du goût des Autres, de l'" Art nègre" au mythe de "peuples premiers" en harmonie avec la nature.
    Proposant un regard anthropologique et historique sur les façons dont les Européens ont défini leur identité en exposant les Autres, cet ouvrage apporte une contribution originale aux interrogations actuelles sur les héritages coloniaux.

  • Chacun cherche sa maison, la base à partir de laquelle il lui devient possible d'exister. On habite aussi les rues, les villes et les paysages. Tous ces lieux et ces espaces ont leur qualité propre, leur mémoire. Mais habiter, c'est également laisser des marques sur le sol, dessiner des surfaces, transformer la terre en une vaste demeure.
    Il y a plusieurs manières d'habiter : entendre son voisin, ce n'est pas forcément s'entendre avec lui ; déménager, ce n'est pas être en exil ni partir en vacances. Faisons-nous la différence entre une demeure habitée et une maison hantée ? Il faut donc raconter ces tables et ces lits, ces expériences concrètes, ces chemins où les hommes marchent et vivent.
    Variations philosophiques et littéraires sur nos façons d'être et de nous sentir en un lieu, ce livre est un traité du savoir habiter - et donc un savoir-vivre.

  • Le premier rasta

    Hélène Lee

    Qui sont les Rastas ? Comment une poignée de Jamaïcains illettrés, à peine sortis de l'esclavage, a-t-elle eu dans les années vingt la révélation de la divinité d'Hailé Sélassié, et fondé le mouvement mystique le plus populaire du XXe siècle ? C'est l'étonnante histoire de Leonard Percival Howell et, autour de lui, des premiers Rastas.
    Un voyage sur les traces de Howell, à travers la Caraïbe, sur les chantiers de Panama et dans le New York de Marcus Garvey et de la Harlem Renaissance. Au retour en Jamaïque, les débuts du mouvement sont marqués par les persécutions policières. Incarcéré, Leonard Howell, alias le Gong, ressort inébranlé de cette épreuve. Son charisme illumine le Pinnacle, la première communauté rasta, qui devient la première entreprise industrielle de production de marijuana.
    Mais, dès la fin des années cinquante, la communauté est contrainte de s'éparpiller, disséminant l'enseignement rasta dans tous les ghettos de l'île. Un jeune chanteur du nom de Bob Marley adopte le surnom du leader, " Tuff Gong ", et son message. Le reggae est prêt à exploser. Au-delà des clichés rastas, joint, reggae et locks, Hélène Lee donne une vision inédite d'un mouvement aux racines complexes.
    L'itinéraire exceptionnel d'un homme grâce auquel un peuple d'esclaves a réappris la fierté et imposé sa culture au monde.

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  • Black museum

    Alexandre Kauffmann

    A l'occasion d'un reportage sur les Hadza, dans le bush tanzanien, un journaliste parisien découvre l'envers du décor habituellement présenté aux touristes. Il décrit une véritable comédie destinée à alimenter les fantasmes des visiteurs autour des chasseurs cueilleurs de la savane africaine. Il montre que ces peuples chassent en effet, mais n'ignorent rien du monde occidental.

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  • Résoudre les énigmes posées par les règles du mariage aux ethnologues, notamment celle de la prohibition de l'inceste, telle est la tâche qui se proposaient initialement Les Structures élémentaires de la parenté.
    Les deux chapitres introductifs, objets de la présente édition, n'en abordent pas moins des questions philosophiques cruciales : où finit la nature et où commence la culture ? Quelles sont les parts respectives de chacune en l'homme ? Comment l'homme se distingue-t-il, sous ce rapport, de l'animal ? C'est ainsi du point de vue de l'ethnologie que le texte de Claude Lévi-Strauss apporte matière et méthode à la réflexion philosophique.


  • L'auteur s'interroge à partir des exemples actuels donnés par musées occidentaux exposant des arts premiers, sur la façon dont les sociétés non-occidentales ont été mises en musée, et si celle-ci correspond à une vision post-coloniale de l'art.


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  • Cinquante millions de personnes dans le monde sont victimes de déplacements forcés, provoqués par les guerres et la violence. C'est tout un «pays» qui se crée, une population définie par le seul qualificatif de «victime» et réduite à un seul impératif, son maintien en vie hors de chez elle. Réfugiés afghans, déplacés colombiens, déportés rwandais, refoulés congolais, Tchétchènes, Somaliens, ils ont connu les massacres, la terreur et l'exode. Puis les camps, l'assistance humanitaire et l'attente interminable. Ils sont les emblèmes d'une nouvelle condition humaine qui se forme et se fixe au loin, sur les bords du monde.
    Ce livre voudrait donner à comprendre le processus, actuel, de mise en quarantaine d'une partie de notre planète, et décrire ce qui se passe, ce qui est vécu : parler des souffrances, mais critiquer la victimisation dont les réfugiés sont l'objet. Montrer l'ambiguïté et la souillure des identités formées dans et par les guerres sales, mais aussi l'action qui permet aux réfugiés et aux déplacés de retrouver dans le camp même une place sociale, une humanité.

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